Les Echos.fr - Les stratégies des jeunes diplômés pour s’en sortir
A lire sur le site des Echos…
Et sur le site de Sciences Po, la présentation du module « Career Building »…
[ 01/09/09 ]
Pour maximiser leurs chances sur un marché du travail tendu, les jeunes qui viennent d’obtenir leur diplôme n’hésitent pas à prolonger leurs études, à démarrer par un stage, à passer des concours administratifs ou à partir à l’étranger.
Pour la cuvée 2009 des jeunes diplômés, la rentrée s’annonce morose. « Ils sont angoissés, car ils lisent la presse et s’aperçoivent, même s’ils ne l’ont pas encore expérimenté, que l’arrivée sur le marché du travail sera difficile »,constate Christian Darantière, directeur délégué de l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (Afij). Le vent a tourné ces derniers mois et la concurrence s’annonce, de fait, très rude pour les nouveaux venus, qu’elle provienne de jeunes diplômés de 2008 toujours sans emploi ou de cadres expérimentés au chômage. Pour contourner l’obstacle, les diplômés de 2009 multiplient déjà les stratégies d’évitement. Passage en revue.
l Poursuivre les études
C’est une tendance amorcée depuis quelques années. De nombreux jeunes diffèrent leur arrivée sur le marché du travail, en s’engageant dans une nouvelle spécialisation – diplôme universitaire en un an, second master -, même après un long parcours universitaire ou un diplôme d’école à bac + 5. A Sciences po Paris, les « gros bagages » sont légion : « 30 % à 40 % des étudiants du master Affaires publiques ont un double cursus, et viennent souvent d’écoles de commerce ou d’ingénieurs », explique Karim Amellal, responsable de ce master phare de l’école.
l Obtenir un stage
Acquérir de l’expérience pour séduire les recruteurs devient la priorité. Beaucoup de diplômés ont joué le jeu pendant leur cursus. L’enquête de la conférence des grandes écoles sur l’insertion de leurs jeunes diplômés 2008 soulignait ainsi une hausse du nombre de diplômés passés par des cursus en alternance ou en apprentissage, qui concernait 12 % d’entre eux. Mais la voie la plus courue reste le stage, qui permet de développer réseau et compétences. A Sciences po Aix, comme dans les facs d’Aix, Lyon-II ou l’IEP de Toulouse, un diplôme universitaire d’« expérience professionnelle » a même vu le jour. Il offre la possibilité aux ex-étudiants d’obtenir des conventions de stage pendant plusieurs mois, « un tremplin pour permettre à nos diplômés d’entrer dans le monde de l’emploi », estime Frédéric Ferrazzola, responsable de la scolarité à l’IEP d’Aix.
l Passer des concours
Offrant un emploi garanti, les concours administratifs continuent d’attirer. « La vraie poussée d’inscription à des concours devrait avoir lieu à la rentrée », estime Gérard Larguier, directeur d’Ipesup, un établissement privé de préparation à ces concours. A Sciences po, la filière de préparation « attire effectivement de plus en plus d’élèves », constate Karim Amellal. Mais les places offertes sont de plus en plus rares, et les jeunes le savent.
l S’expatrier
« La conjoncture amène les jeunes à envisager dès maintenant des projets de départ à l’étranger qu’ils prévoyaient pour plus tard »,constate Tania Jibot, consultante dans un centre de l’Apec à Paris. Mais la crise touche la plupart des pays, leur rappelle-t-elle. Chef de service au Civi, le Centre d’information sur le volontariat international, Stéphane Perchenet constate une spectaculaire hausse du nombre de CV déposés sur le site, avec 50.000 jeunes prêts à partir pour ces missions de six mois à deux ans, contre 40.000 il y a un an. En juillet, les 6.366 jeunes en VIE étaient légèrement moins nombreux qu’en janvier et le nombre de propositions des entreprises commençait à ralentir, surtout dans le secteur automobile. Il stagne dans les milieux bancaires et financiers.
l Décrocher un petit boulot
C’est une nouvelle tendance qu’a constatée cette année Hervé Lecat, président de Complétude, organisme de soutien scolaire. « Enormément de jeunes diplômés 2008 donnent des cours particuliers pour nous, parce qu’ils n’avaient pas trouvé de travail. Ils maintiennent ainsi un certain niveau d’activité compatible avec leur recherche d’emploi. »A l’Afij, on préfère conseiller aux jeunes un petit boulot plutôt qu’un certain déclassement en acceptant un emploi déqualifié dans son secteur « car il est très difficile de remonter ensuite ».
GAËLLE FLEITOUR, Les Echos












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