Et à Sciences Po, où en est la mixité sociale ? (2ème partie)

Pour répondre aux commentaires (@Philippe) suscités par mes deux précédents articles, voici l’évolution à Sciences Po du nombre de boursiers par échelon de bourses.

Graphboursierparechelon

Premièrement, on voit parfaitement que l’augmentation la plus sensible est celle des boursiers  échelon 5 et 6, c’est à dire les étudiants qui ont le moins d’argent. Ils représentent près de la moitié des boursiers de Sciences Po. Une preuve que la récente augmentation du nombre de boursiers ″échelon 0″ en France n’est pas à l’origine de l’augmentation du nombre de boursiers à Sciences Po.

Tableauboursierparechelon

Deuxièmement, on ne peut pas comparer le nombre de boursiers dans les CPGE, qui préparent à l’entrée d’une école,  et le nombre de boursiers à Sciences Po. Comparons alors si vous le souhaitez le nombre de boursiers à Sciences Po et le nombre de boursiers admis dans les Grandes Ecoles…

Si d’autres établissements rendent public ce genre de statistiques, vous pouvez me les communiquer, par mail ou sur ce blog.

25 commentaires

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Pourquoi dites-vous « on ne peut pas comparer le nombre de boursiers dans les CPGE, qui préparent à l’entrée d’une école, et le nombre de boursiers à Sciences Po » ? Cela n’a pas de sens de comparer les taux de boursiers d’un côté au niveau bac +0 et de l’autre au niveau bac +2 ou +3.
Il n’y a au contraire rien de plus comparable, au niveau bac +0, que ces deux filières menant au master en cinq ans (bachelor de 3ans, plus master de deux ans à ScPo, et classes préparatoires de 2 ans + école de 3 ans pour les grandes écoles). Pourquoi refusez-vous la comparaison ? Parce que les classe préparatoires font 30 % et ScPo seulement 20 % ?

parce que le concours barre les boursiers !

C’est une affirmation sans preuve. Avez-vous le moindre chiffre pour démontrer cela ?

Bonjour,

allez-vous aussi lancer le débat sur le fait que l’épreuve de culture généale au concours empêche certains de le réussir.
Si SCPO veut rester une grande école attractive, il faut qu’elle conserve l’aura d’être l’antre de la culture politique et générale.
Il faudrait plutôt envisager que des préparations de culture générale soient organisées dans les lycées pour tous ceux qui visent ce concours.
A propose de concours, sciences po me dit que l’on ne connaitra pas les dates avant décembre……

ce qui peut barrer aussi les boursiers…. ce sont les prépas parisiennes privés à plus de 2000 euros pendant l’été !!! être boursier et provincial est aussi un handicap !!!

Boris, il ne vous a pas échappé qu’entre les prépas et les écoles, il y a les concours … et qu’entre les années de Bachelor de Sciences Po et les années de Master, il n’y a pas de concours ? Et que cela fait une différence objective ?

En quoi cela empêche-t-il de comparer les taux de boursiers à l’entrée dans le supérieur, à l’entrée dans le cycle master, au niveau du diplôme ?

Ces chiffres ne veulent rien dire s’il ne sont pas accompagnés des pourcentages de boursiers dans le nombre total d’étudiants. Cette étude mériterait également une étude de l’évolution des pourcentages de boursiers par voie de sélection

Bonjour Richard Descoings. Ainsi donc vous confirmez par la pratique que vous n’avez pas une grande aisance dans la lecture des tableaux de données. Vos commentaires sont pour le moins tendancieux ! Le nombre de boursiers à taux zéro est celui qui a le plus augmenté au cours de la période, et particulièrement au cours de la dernière année. Les boursiers à taux zéro représentaient 9,4% des boursiers de Sciences Po en 2004-2005 ; leur taux est passé 14,7% en 2008-2009. Cordialement. Irnerius

Cher Mr Dubois,
Vous n’êtes pas au bout de vos découvertes. Vous gagnerez du temps en considérant l’hypothèse que les interprétations tendancieuses des chiffres par Richard Descoings ne doivent rien au hasard.

Mais pourquoi avoir maintenu le concours à fin aout pour continuer d’alimenter les caisses d’Ipésup et autres officines dites de préparation ?
Est-ce vraiment un gage de démocratisation ?

bonsoir,

Vous dites qu’être boursier et provincial est un handicap pour entrer à sciences po. Mon fils est boursier, provincial et a été admis sur mention tres bien. Ce ne sont plus des handicaps aujourd’hui il faut seulement en vouloir et beaucoup travailler.

Félicitations à votre fils Carol mais cette filière est très très étroite. La plupart des admis ont hélàs suivi les prépas payantes. Quelques lycées proposent cependant la prépa gratuite les mercredis après-midi mais ils sont rares.
L’admission sur mention très bien quoique aléatoire parait plus juste que le concours qui lui fait appel soit au porte monnaie soit à une culture générale liée à une prédisposition du milieu d’origine.

boursier et provincial est une difficulté (sauf pour une entrée sur mention TB qui se fait sur dossier) … pour celui dont les parents n’ont pas les moyens de payer une prépa d’été à Paris dont le coût varie entre 2000 et 3000 euros (sans compter les frais de logement et de nourriture). J’ai lu (sur des forums) la façon dont certains jeunes qui sortent de ces prépas, ont traité les sujets du concours de cette année… à vous couper le souffle : ils sont très très bien préparés !!!! et là ce n’est plus le niveau d’un concours bac+0 !!!

Permettez-moi, Véronique, de vous reprendre sur un point: les prépas d’été ne varient pas entre 2000 et 3000 euros: la prépa appelée « Lakanal » et qui se déroule depuis l’été 2008 à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur à Saint-denis propose un tarif dégressif selon le revenu des parents, avec un maximum de 900 euros.
De ce fait, cette prépa est la meilleure en terme d’intégration de l’école, avec plus de 60% de réussite chaque année. Elle a su déclencher une dynamique positive qui fait que le concours d’entrée dans cette prépa est devenu la plus sélective des prépas d’été.
Nous revenons au fait que le travail est la clé du succès.
Quant au fait que le niveau du concours n’est plus un bac 0, je suis assez d’accord avec vous, sans pour autant m’en indigner. Le niveau du baccalauréat étant ce qu’il est, une sélection supplémentaire qui force les bacheliers à se mettre au niveau attendu par l’enseignement supérieur est plutôt, il me semble, positive.

Merci Guillaume pour ce commentaire plein de bon sens qui remet les choses à leur place.
A l’inverse (pardonnez-moi pour cette provocation), on pourrait dire qu’être Parisien et issu d’un bon lycée est un handicap pour entrer sur mention TB !

je ne m’indigne pas du niveau demandé pour entrer à Sciences Po, ni du travail personnel qu’un tel concours exige, au contraire. Ce qui me semble pas du tout égalitaire, ce sont ces prépas d’été intensives et très efficaces, qui ne sont pas accessibles à tous les budgets ou à ceux qui habitent en province. Il me semble qu’un concours en début d’été, après le bac, comme le pratiquent les iep, serait plus démocratique. Les étudiants motivés qui auraient préparé ce concours toute l’année seraient ainsi dans les conditions plus équitables. (même s’ils y ont passé leurs mercredis et samedis après-midi en prépas payantes !)

Je parcours depuis quelques temps les interventions des uns et des autres . Pour moi l’égalité des chances n’existera jamais quelque soit le choix de la selection pour parvenir à entrer dans ces iep et Paris d’autant plus .
Pour parler de ma propre expérience ma fille de 17 ans recue au bac avec mention Bien ( 18,5 en histoire , 16 en philo, 17 en Anglais ) ,reçue à cette prépa selective qu’est Lakanal avec des notes assez honorables s’est vue échouer au concours Iep Paris avec des notes désastreuses ( 9 en Anglais , 6 en philo , 4 en histoire !!! ).
Parrallèlement elle avait été reçue à Lille (avec une moyenne de 16,5 )et cela malgré la concurrence de Bac+1 à ce concours !!! J’ai à ma connaissance plusieurs étudiants que je qualifierais de brillants qui se sont « ramassés  » pour le concours de Paris . Comment m’expliquer une telle différence de notation ?
Si ce n’est le hasard pur de tomber sur le bon ou le mauvais correcteur ?
Que sa copie soit la 5ème de la pile ou la 657ème doit avoir son importance en fin de journée ?
Ni y a t’il pas à l’avance une sélection des dossiers bons ou mauvais ? Ma fille étant boursière, provinciale, ne venant pas de Zep et avec des parents ouvriers , elle cummule les handicaps. Le niveau est il si différent à Paris ?
Je trouve en tous les cas que ces concours ne veulent pas dire grand chose et resterons une sélection sectaire d’entrée aux grandes écoles.

L’intégration à l’iep de Paris n’est il pas finalement une simple histoire de snobisme mal placé ou le miroir d’une revanche sociale pour certains ?
J’écris cela sans aucune aigreur, je suis finalement plutôt satisfaite de son orientation actuelle décrochée à mon sens avec brio. Et d’autant plus satisfaite de la qualité de l’enseignent qu’elle recoit actuellement.

Valérie, je peux vous dire d’expérience que la plupart des élèves admis à Lakanal ont le niveau pour entrer à Sciences Po. Malheureusement pour votre fille il s’agit d’un concours et non d’un examen ; des gens tout à fait capables seront donc refusés. Pour avoir discuté avec certains correcteurs du concours, je ne pense pas qu’être la 657ème copie soit un si grand désavantage. La part aléatoire du concours réside aussi dans la forme du candidat et pas uniquement dans celle du correcteur !
Notez aussi qu’une grande partis des admis à Sciences Po sur concours n’ont pas passé les épreuves des IEP, on ne peut donc pas comparer les classements obtenus aux différents concours.

Je souhaite répondre à Valérie. Mon fils a été admis sur mention tres bien à paris (18,29 au bac, 19 en histoire, 18 en philo, 19 en éco, 17 en anglais). Il avait réussi aussi les tests à lakanal. Mon fils est provincial, boursier, je l’élève seul avec une paye de petit fonctionnaire de mairie et ne fait donc pas partie d’une classe privilégiée et je n’ai bénéficié d’aucun appui. Et de plus il ne sort pas d’un lycée classé zep car il y a pas de choses à redire quant à ces recrutements. Certaines personnes inscrivent intentionnellement leurs enfants dans ces lycées afin de pouvoir accèder à pas mal d’avantages.

Nanterre/
Des classes d’élite pour redorer le blason de Joliot-Curie
Education
Frédéric Mouchon | 31.10.2006

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LE LYCÉE Joliot-Curie de Nanterre accueillera dès la rentrée prochaine une hypokhâgne, classe préparatoire littéraire aux grandes écoles. Une vraie révolution pour cet établissement classé en ZEP où 1 300 lycéens étudient dans des locaux vétustes hérités des années 1970. Le conseil régional ayant donné son feu vert à la rénovation de l’établissement à partir de septembre 2007*, l’ouverture de cette filière d’enseignement d’élite est perçue par tous les élus du secteur comme une cerise sur le gâteau. D’autant que l’inspection académique des Hauts-de-Seine a en fait décidé de transférer à Nanterre deux classes prépas (hypokhâgne et khâgne) du lycée Pasteur de… Neuilly. Tout un symbole. « Cette décision est une nouvelle victoire pour tous ceux qui, depuis des années, travaillent à redonner au lycée Joliot-Curie toute son attractivité », a déclaré hier le maire communiste de Nanterre, Patrick Jarry. « Perspective valorisante » La première classe (l’hypokhâgne) ouvrira dès la rentrée 2007 et la seconde (khâgne) en 2008. Une soixantaine d’élèves y seront encadrés par quatorze professeurs. « Nous revendiquions de longue date cette création car les lycéens de Nanterre doivent avoir des filières d’excellence accessibles », explique le socialiste Philippe Lacroix sur son blog. Elu PC à la mairie mais aussi professeur d’économie au lycée Joliot-Curie, Gérard Perreau-Bezouille parle de « perspective valorisante » pour l’établissement. « Ce lycée a un besoin absolu de revalorisation, admet également le président du groupe UMP au conseil régional et candidat à la mairie de Nanterre, Roger Karoutchi. Avec le lancement des travaux de rénovation et l’ouverture de classes prépas, les meilleurs élèves de Nanterre n’auront plus la tentation de partir faire leurs études ailleurs. » Consciente que l’image de l’établissement « est plutôt médiocre, notamment en raison de l’état des locaux », la conseillère régionale PS de Nanterre, Marie-Laure Meyer, estime que le combat visant à redorer le blason du lycée Joliot-Curie sera vraiment gagné « quand les élèves des lycées d’à côté se battront pour venir chez nous ». * Le chantier coûtera 45 millions d’euros et devrait durer cinq ans.
Le Parisien

MR Descoing, le lycée dont il est question plus haut a signé une convention zep avec l’iep de Paris… Que pensez-vous de cette initiative de déplacer une classe prépa dans un établissement classé ZEP. Je dois reconnaitre que si l’initiative de départ était belle la résultat actuel n’en est pas moins laborieuse, manque de moyen,bibliothéque casi-inexistante, effectif de 17 élèves en hypokhagne à la rentrée 2009 sur une classe de 45 élèves…des enseignements menacés parce que trop peux d’élèves!

Antonin , vous écrivez:
« Notez aussi qu’une grande partis des admis à Sciences Po sur concours n’ont pas passé les épreuves des IEP »
Pourquoi nommer Paris « Sciences PO » et la province des « Iep », il y aurait il une différence ?? Il me semble pourtant que tous ces établissements Paris et province confondus sont des Iep , serait ce une affaire élitiste ou de parisianisme surdimensionné dailleurs pas exclusive aux Iep ?

Je l’exprime à nouveau mon état d’esprit n’est pas celui d’une revancharde et que je suis tout fait à l’aise avec la réussite de candidats billants et motivés à Paris. Il est évident que grosso modo 10% de candidats recus en laisse un grand nombre voués à une autre orientation .
J’essaie simplement de prouver qu’à niveau égal 1 candidat sera pris et pas l’autre et ne faites pas croire qu’une copie qui serait passée entre plusieurs correcteurs aurait la même note ? Pour m’en convaincre ,au cours d’une réunion d’inscription dans une prépa Hypokâgne d’un lycée parisien,il me reste les propos tenus par un professeur de lettres assez hostiles aux candidats du concours de Paris. Ouvertement il indiquait à ses futurs élèves présents qu’il connaissait la volonté de certains de passer le concours Science po Paris mais (je résume) que leur niveau était faible, que faire une prépa même selective (illusion à Lakanal)ne servirait à rien et que de toutes les façons les 3 premières années passées en Iep ne valaient en rien celles d’une prépa Hypokâgne !! Certes il défendait son enseignement qu’il croit être le meilleur sauf qu’à la fin de son allocution il a précisé avec une certaine satisfaction et d’un sourire entendu qu’il était lui même correcteur à ce fameux concours !!!
Quelle conclusion en tirer ?? ma copie entre ses mains vaudra 5 et 12 par un autre correcteur ?? J’en reviens à cette part de chance qu’il faut avoir .
L’intégration à ces grandes écoles faites par un suivi des appréciations et des notes à partir d’un certain barême fixé à l’avance ne serait elle pas plus l’exact aptitude d’un candidat ?

Ce que vous critiquez, ça n’est pas le système du concours de Sciences Po, mais le système de recrutement en général; les correcteurs ne se valent pas, et il y a et aura toujours une part de hasard dans un concours, c’est tout.

Concernant le prétendu parisianisme de SP que vous citez dans vos premières lignes, c’est risible. SciencesPo Paris et le premier des IEP et le plus difficile, il est normal qu’il se différencie totalement des IEP de Province…

Enfin concernant ce « professeur », réaction toute simple, il a peur de se faire piquer ses élites, c’est tout à fait compréhensible. Et le fait qu’il prétende que 2 années de Prépa valent mieux que le premier cycle de SP, cela ne fait que prouver son ignorance, ce sont deux choses qui ne sont pas comparables…

Et en pourcentage ça donne combien ?
Il est facile d’avoir de pareils chiffres quand le nombre d’étudiants augmente lui aussi considérablement…

Bonjour à tous,

Je suis tout à fait d’accord avec Chro, un concours présente beaucoup de variables aléatoires: la forme du candidat, les sujets qui tombent ou encore les correcteurs.

Un point non évoqué ici: on peut rentrer à Sciences Po Paris sans faire de prépa. Les prépa privées et chères introduisent il est vrai une inégalité certaine mais ce n’est pas pour ça qu’il faut se résigner et ne pas essayer. Ainsi il y a un certain nombre d’élèves (faible il est vrai) qui réussit le concours sans préparation autre que celle reçue au lycée et ils ne viennent pas de lycées prestigieux.

Les 3 voies d’accès à Sciences Po (que les IEP de Province ne proposent pas) permettent à des élèves de milieux complètement différents d’accéder à Sciences Po. Les mentions très bien privilégient en général les très bons élèves qui ne sont pas de Paris (ce qui me paraît normal car quand on habite à La Réunion il est difficile voire impossible de passer le concours à Paris).

Une sélection ne peut jamais être parfaite et si la réforme du concours actuellement en cours à Sciences Po peut aider à corriger certaines inégalités (en avançant le concours notamment)on ne peut en rien garantir une égalité parfaite à tous les candidats!

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