Ressourcer les programmes de formation proposés aux étudiants d’une université, aux élèves d’une école, est une ardente nécessité qui doit s’imposer régulièrement. Car le risque pris dans la situation inverse, le statu quo ante, pèse directement
…sur ces jeunes qui confient tout ou partie de leur éducation supérieure à telle ou telle de ces institutions.
Ce n’est pas forcément simple : chacun a ses habitudes, ses références, se rassure de ce qui a déjà existé et s’inquiète de ce qui est à découvrir. Surtout en France, où l’on ne s’enthousiasme pas d’être pionnier, où l’on s’émeut au contraire de devoir « essuyer les plâtres ». La patine l’emporte sur la fresque.
Sciences Po ne peut pas, ne doit pas échapper à ce principe de réflexion sur soi-même, de mise à distance. Ce n’est pas nouveau : le tournant des années 1990 a, par exemple, été refondateur pour la nature et le contenu des études fondamentales dans le cursus de Sciences Po. C’est Alain Lancelot qui en fut l’âme et je voudrais en retracer les choix.
Alain Lancelot se voit confier la direction de Sciences Po en janvier 1987 ; il a déjà une solide expérience de la recherche et de l’enseignement. A 19 ans, il travaillait auprès de Jean Meynaud, le premier secrétaire général de la Fondation nationale des sciences politiques. A 22 ans, il devint assistant de Jean Touchard, à l’Association française de science politique. Il aiguise son sens de l’analyse électorale avec François Goguel. Il devient chercheur, puis professeur, en sociologie et en science politique. Il a dirigé le Centre de recherche politique de Sciences Po, le CEVIPOF et a créé le premier DESS consacré aux études de marché et au marketing.












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