Le ravage de la bien-pensance! Absentéisme et décrochage dans les lycées professionnels.

Qu’est ce qui est méritoire pour un lycéen de lycée professionnel ?

De s’accrocher ! Parce que pour la plupart d’entre eux, ils ont été orientés dans le dénigrement : « on » leur dit qu’ils n’étaient pas au niveau, pas capables, pas « bons » quoi. Parce que ce sont des lycéens qui, souvent, ont très peu de moyens. Ils appartiennent à des groupes sociaux qui sont défavorisés par l’argent, par la culture…par notre société et l’entourage social les encourage peu à persévérer. Heureusement qu’ils ont leurs professeurs, les lycéens professionnels, qui eux, les soutiennent, les encouragent. S’accrocher dans la vie professionnelle, et dans la vie personnelle, est-ce que ça n’est pas une formidable qualité humaine ? S’accrocher, c’est méritoire, quand autour de soi rien, ou si peu, y engage.

Coup de tonnerre dans le ciel de la bien-pensance.

Deuxièmement, de quoi s’agit-il ? D’une bourse de mérite collective et solidaire. Un soutien financier de l’Etat permettant aux élèves de se concentrer sur leurs études, vous appelez ça comment vous ? une bourse ou une cagnotte ? 20 à 50% des lycéens travaillent à temps partiel, en général seize heures par semaine au minimum. Et c’est à Créteil que Jean-Michel Blanquer, le très remarquable recteur propose l’expérimentation d’une incitation collective. Quelle horreur méprisable que de donner une incitation financière collective à des classes de lycées professionnels pour que ces élèves développent un projet collectif  au sein de leur lycée et s’accrochent à leurs études pour réussir!

Alors pour un mot malheureux, « la cagnotte », quelle inondation de bien-pensant de droite –on s’y attendait-, comme de gauche – ce qui est tout de même un peu plus surprenant ! Et plutôt que de condamner sur le terrain moral, une expérimentation avant même qu’elle soit mise en œuvre, laissons aux recteurs qui connaissent le terrain, plutôt que ceux qui se sont exprimés sur le grand principe, le soin de tester ou pas, des initiatives qui permettront aux élèves de réussir – ou pas.

2 commentaires

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Je me demande si les parents qui critiquent cette méthode (qui reste de plus une expérience pour le moment) ne sont pas ceux qui paient leurs enfants pour des menus travaux domestiques ou leur offrent des récompenses, à la maison, après certains résultats scolaires…
évidemment une catégorie sociale n’ayant jamais vécu elle-même la réalité d’un lycée situé dans une zone peu favorisée économiquement

Je tombe sur votre blog par hasard et ait rapidement lu votre plaidoyer ci-dessus. Quelque chose me dérange tout de même…
C’est bien de s’accrocher, bien sûr. Et c’est mal de critiquer tout ce qu’on pourrait essayer de faire pour améliorer l’ordinaire.
Mais la critique de la « cagnotte » n’est-elle pas quelque chose de plus profond ? C’est hypocrite de donner une bourse pour que des élèves persévèrent là où ils se sentent mal et malheureux.
« Ils ont été orientés dans le dénigrement » et peut-être pas toujours bien orientés. Cette orientation est-elle le résultat de leurs aspirations et de leur choix ?
Donner une bourse pour que l’on persévère à être malheureux, cela s’appelle corrompre. Et c’est cela qui me dérange. Et peut-être aussi ce qui dérange le citoyen moyen qui s’interroge sur cette affaire, qu’il mette ou pas le doigt dessus.

Je ne peux pas résister à citer votre biographie :
« Ce fut un soulagement ; j’étais non seulement nul en math-physique-chimie, mais j’étais aussi malheureux comme les pierres. »
Vous avez peut-être décrit le sentiment profond d’un certain nombre de ces élèves.
Vous auriez été sensible à l’appel d’une bourse ? Belle corruption. Et ayant cédé à l’argent, quelque part vous ne vous sentiriez pas mieux.

Cette histoire me semble tout tirer vers le bas.

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