Dans « Libé » d’hier, la journaliste spécialiste de l’education et de l’enseignement supérieur, Véronique Soulé, a conduit une enquête sur le montant du financement de l’enseignement supérieur (Libération du 8 octobre 2009, p. 5). Combien l’Etat dépense-t-il par étudiant ? Et comment se situe Sciences Po dans ce financement public ?
Dans la nouvelle maquette de « Libé », il existe une rubrique intitulée des(intox). Dans l’édition du 8 octobre, cette rubrique est consacrée au montant que le ministère de l’enseignement supérieur investit par étudiant.
Après enquête, Véronique Soulé dégage un certain nombre de faits certifiés.
1/Il faut distinguer le financement public par l’Etat et les autres financements : par les collectivités publiques, les entreprises, les chambres de commerce et d’industrie, les étudiants et leurs familles.
2/Il faut distinguer la dépense, d’une part, par étudiant de l’enseignement supérieur dans son ensemble (donc en prenant en considération à la fois les universités et les Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles, les IUT et, d’autre part, la dépense par étudiant des seules universités (hors IUT, hors CPGE).
3/En menant ces distinctions, on aboutit aux résultats suivants :
- En 2006, la dépense de l’Etat par étudiant était de 7 200 €.
- En 2007, cette dépense était de 7 800 €
- En 2010, cette dépense sera de 9 500 €
Ces chiffres concernent les seules universités (sans CPGE et IUT). Comme le note Véronique Soulé, l’augmentation entre 2007 et 2010 s’établit à + 1 700 €, soit + 21%.
Les moyennes par étudiant en incluant les CPGE et les IUT sont plus élevées parce que l’Etat investit plus dans ces derniers que dans les universités.
La moyenne par étudiant, prise globalement, était de 10 150 € en 2007 (je n’ai pas les chiffres en 2009)
4/Comment Sciences Po se situe dans cet ensemble ? Combien l’Etat investit-il par étudiant de Sciences Po ? : 8 700€ en 2009.
Soit beaucoup moins qu’en classe prépa (13 000€). Très sensiblement moins que la moyenne de l’enseignement supérieur dans son ensemble. Et moins que par étudiant à l’université.
Comment aboutit-on à ce montant de 8 700 € ? En comptant tout : la subvention annuelle de fonctionnement, les subventions d’investissement, les salaires des universitaires et les salaires des chercheurs du CNRS.
La différence avec les CPGE est d’autant plus grande que celles-ci ne font pas de recherche et ne disposent pas de bibliothèque comparable à celle de Sciences Po.
Mais le plus intéressant est évidemment que, à très juste titre, le ministère de l’enseignement supérieur aide aujourd’hui plus, en moyenne par étudiant, les étudiants des universités que les étudiants de Sciences Po.












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