le parisien.fr - Le patron de Sciences-po défend « la cagnotte »
S’il n’en reste qu’un à voler au secours de Martin Hirsch, c’est lui. Chargé de la réforme du lycée l’an dernier par Nicolas Sarkozy, le directeur de Sciences-po, Richard Descoings, défend haut et fort l’expérimentation lancée par le haut-commissaire à la Jeunesse : allouer une cagnotte collective de 2 000 € (susceptible de grimper à 10 000 €) à six classes de trois lycées professionnels de l’académie de Créteil, pour monter un projet de fin d’année, sous condition d’assiduité.
« L’océan de bien-pensance qui se déverse depuis quelques jours me hérisse ! J’admettrais qu’on critique l’initiative si elle était présentée comme la dernière méthode parce que tout le reste aurait échoué. Les critiques techniques, oui, mais pas les jugements d’ordre moral », s’écrie Richard Descoings. « En quoi cette cagnotte est-elle scandaleuse si elle peut susciter un phénomène d’entraînement ? Il ne s’agit pas de payer les gens qui viennent en classe, mais de reconnaître un mérite, collectif et solidaire, à ceux qui s’accrochent ! » poursuit le patron de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris.Tollé incessantDepuis que le projet, financé par le Fonds d’expérimentation pour la jeunesse, a été dévoilé dans nos colonnes, il y a une semaine, le tollé n’a pas cessé. Des syndicats enseignants, de gauche comme de droite, aux élus de tous bords en passant par les deux fédérations de parents d’élèves, les critiques s’indignent que l’on fasse ainsi entrer la notion de récompense pécuniaire à l’école. Au point que Martin Hirsch, qui présentait hier une demi-douzaine des expérimentations élues par son haut-commissariat (dont la cagnotte de Créteil), a dénoncé un « procès en sorcellerie ».
« Je ne vois pas en quoi il est immoral de donner de l’argent à un jeune pour qu’il fasse des études, continue Richard Descoings. Si c’est le cas, alors tout le système de bourses est immoral. Quand on attribue une bourse sociale à un étudiant, il s’agit bien aussi d’argent, qu’on lui octroie pour qu’il puisse étudier sans avoir à travailler. » Certes, l’expérimentation de l’académie de Créteil n’est pas exactement une aide sociale destinée aux élèves défavorisés, puisque l’argent doit servir à payer le Code de la route ou un voyage. Mais le directeur de l’IEP de Paris balaie l’argument : « Quand on a lancé le lycée expérimental de Sciences-po en banlieue, on a aussi emmené les jeunes en voyage en Chine : tout ce qui peut leur apporter ouverture et confiance en soi est bon à prendre. »












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