Un de mes bonheurs de manager est d’avoir rendu Sciences Po attractif à des cadres – notamment universitaires – de très haut niveau et extérieurs à une institution où ils n’ont pas fait leur carrière mais dont ils apprécient la stratégie et à laquelle ils souhaitent apporter leur concours.

Un de ces premiers bonheurs fut de convaincre Bruno Latour (62 ans), philosophe et professeur des universités en sociologie, directeur d’un laboratoire important de l’Ecole des Mines de Paris, chercheur de très grand renom, notamment aux Etats-Unis, de venir à Sciences Po et, très vite, d’en devenir directeur-adjoint et de prendre la responsabilité de la direction scientifique. C’est grâce à Erhard Friedberg que j’ai connu Bruno Latour, au moment où Erhard, directeur de recherche au CNRS devenu professeur des universités à Sciences Po dirigeait le Centre de sociologie des organisations (UMR CNRS-Sciences Po).

Autre bonheur, dû cette fois-ci à Jean Paul Fitoussi, qui su convaincre ses collègues économistes de l’élire professeur des universités titulaire à Sciences Po, l’arrivée de Philippe Weil (52 ans), aujourd’hui directeur de l’Ecole doctorale. Philippe Weil a un PhD de Harvard et dirige un centre de recherche à l’université libre de Bruxelles.

Hervé Crès (42 ans) a pris il y a un an la succession de Laurent Bigorgne comme directeur adjoint, directeur des études et de la scolarité. Hervé est un ancien élève en mathématique de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm. Il est docteur en mathématique et docteur en économie. Il a commencé sa carrière d’universitaire à UPenn sur une tenure track, puis a été élu à HEC où il a été successivement directeur de l’école doctorale et directeur de la grande école.

Françoise Mélonio (58 ans) est professeur des universités à la Sorbonne en histoire politique. Elle est normalienne et agrégée. Elle a été directrice-adjointe de l’ENS Ulm pour les humanités et les sciences sociales. Elle était directrice d’UFR à Paris 4. Elle est devenue cet automne doyenne du collège universitaire de Sciences Po (rassemblant l’ensemble des 1ers cycles).

Mais ce n’est pas seulement pour les responsabilités académiques que Sciences Po est attractif : François Cavalier (53 ans) est devenu directeur de la bibliothèque de Sciences Po il y a deux ans. Il est Inspecteur général des bibliothèques (corps d’Etat) et dirigeait précédemment la bibliothèque universitaire de Lyon 1.

Ce sont là les recrutements les plus récents.

Les autres membres du Comité exécutif de Sciences Po illustrent également la diversité des parcours et la qualité des personnes :

  • Francis Verillaud (56 ans), directeur-adjoint et fer de lance de la politique internationale de Sciences Po, est professeur de l’enseignement secondaire, a vécu 20 ans de sa vie professionnelle hors de France avant de rejoindre Sciences Po.
  • Michel Gardette (48 ans), directeur- adjoint, directeur de l’information scientifique est diplômé de Sciences Po. Il a dirigé la section Communication et ressources humaines au sein de la direction des études puis a été directeur de la bibliothèque.
  • Nadia Marik (52 ans) est diplômée de Sciences Po et a accompli la première partie de sa carrière dans le secteur privé. Devenue énarque, elle est juge au Tribunal administratif de Paris, en détachement à Sciences Po depuis l’année 2000. Elle a été responsable de la section Service public et de l’année de préparation aux concours administratifs avant de créer la direction de la stratégie et du développement.
  • Stéphane Auzanneau (39 ans) est diplômé de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE), diplômé de Sciences Po, titulaire du double diplôme Freie Universitat de Berlin/ Sciences Po. Il est directeur des systèmes d’information.
  • Cyril Delhay (37 ans) est normalien, agrégé d’histoire. Il a créé et développé les programmes « égalité des chances » de Sciences Po et a pris tout récemment la direction de la communication.
  • Isabelle François (39 ans) est titulaire d’une Maîtrise de sciences et techniques comptables et financières.  Elle a obtenu le Master de finance de Sciences Po (executive education). Elle est directrice financière.
  • Aurélien Krejbich (31 ans) est diplômé de Sciences Po, diplômé de la LSE, avocat. Il est directeur des ressources humaines.
  • Alexia de Monterno (38 ans) est diplômée de Sciences Po, diplômée de l’Essec. Elle est directrice de la formation continue.
  • Grégory Rouca (37 ans) est ingénieur ESITC. Il est directeur des services généraux et de l’immobilier.

9 commentaires

Connectez-vous tweeter connect

Super ! Alors maintenant on sait que les docteurs d’ailleurs viennent à Sciences-Po (qui se fait gloire de ne pas recruter ses propres docteurs). Et les docteurs de Sciences-Po, ils vont où ?

Les docteurs de ScPo vont nulle part !! Sciences Po utilise des vacataires à la pelle ! Mal payés, la plupart d’entre eux sont docteurs de Sciences Po. Ils enseignent zillions cours/semaine dans l’instabilité et dans des conditions précaires en espérant qu’un jour ils auront un poste. Aucun respect pour les docteurs de ScPo.

Bravo au p’tits jeunes de Sciences Po, notamment Aurélien Krejbich, le benjamin, DRH de Sciences Po… La classe! Mais apparemment, sicences po fait confiance à ses (futurs) DRH!

Monsieur Descoings, jetez un oeil à la Une de Mediapart…

j’ai vu la Une de Médiapart, les amis ! Juste, en ce qui me concerne, j’avance des faits et des noms. Après on pense ce qu’on veut : c’est la loi de la démocratie ! Mais franchement, vous les voyez vivre dans la « terreur » les membres du COMEX ? C’est gag !

Botter en touche, c’est facile. La réalité est qu’aucune institution universitaire ayant une prétention internationale n’a un directeur non universitaire et ayant un pouvoir aussi total sur les carrières de ses collaborateurs. Sans compter le fait de recruter comme directeur son épouse, dont le cursus n’a rien à voir avec l’enseignement supérieur.

Ce qui compte le plus ce sont quand même les résultats (même si la fin ne justifie pas les moyens hein). En toute honnêteté, votre action a été grandement bénéfique à l’institution que vous présidez.
Mais bon, quand les journalistes préfèrent s’intéresser aux jeux de pouvoirs…

Salut Bibu,
Je viens de voir médiapart… on comprend mieux l’urgence de passer la brosse à reluire aux cadres dirigeants !

Pour revenir à ce qui dit Prof

Je ne suis pas gêné par le fait que le Directeur n’est pas un académique. Il a d’autres qualités managériales que les académiques n’ont pas. Ce qui me gêne le plus est le fait que la majorité des chargés de missions n’on même pas un Master spécialisé dans les différentes disciplines où ils prétendent avoir une expertise (communication, relations internationales, etc). Ce manque de crédibilité académique se reflète dans les relations avec les étudiants, avec les professeurs et surtout dans les maquettes pédagogiques.

Dans une université qui se respecte le personnel administratif en charge avec les maquettes pédagogiques et avec les relations profs – étudiants devrait avoir un PhD. Cela confère une certaine crédibilité et évite de déconsidérer constamment leurs décisions. Avec l’internationalisation cela me paraît encore plus nécessaire. Un PhD c’est une carte de visite valorisante surtout dans le monde anglo-saxonne. Sans parler du fait qu’en tant qu’enseignants on n’a pas forcement envie de se faire dire quoi faire par qqn qui a moins d’études que nous !

En Amérique du Nord le management de la recherche est fait par des PhD compétents et non pas par des personnes qui atterrissent de n’importe quel domaine directement à al scolarité. Il faudrait peut-être demander aux étudiants étrangers ce qui pensent de l’accueil administratif de ScPo (en terme de qualité académique).

Additional comments powered by BackType