Qualité, efficience et solidarité : quel lien établir entre le service rendu aux publics de Sciences Po et la rémunération des salariés ?

Fondation reconnue d’utilité publique,  institution d’enseignement supérieur et de recherche, Sciences Po a pour vocation de rendre le meilleur service possible à ses étudiants, ses professeurs et maîtres de conférences, ses chercheurs, ses lecteurs, ses stagiaires de formation professionnelle continue, l’ensemble de ses publics, donc, et plus largement, à la société.

La recherche de l’amélioration de la qualité du service rendu dans tous les secteurs de son activité est une quête par définition inachevée. On peut toujours faire mieux. On doit toujours chercher à améliorer ce qui ne va pas. On est en permanence tiré vers le haut par la comparaison faite de Sciences Po avec les autres universités, écoles, centres de recherche, en France, en Europe, dans le monde. Et la qualité ne s’autoproclame pas : elle se démontre avec des critères d’évaluation précis.

Parmi ces critères, citons en quelques uns : le nombre des candidats à l’admission à Sciences Po augmente t il ? stagne t il ? baisse t il ?

Le nombre des étudiants déçus de façon globale [chacun(e) d'entre nous est forcément déçu(e) sur tel ou tel point, sinon nous serions tous des ravis du village] est-il important ? Se marque t il par des départs ? Les Anciens élèves conservent-ils un souvenir positif/favorable/heureux de leurs études à Sciences Po ?

Parmi les professeurs et les chercheurs, y a t il beaucoup de départ vers d’autres universités, en France ou ailleurs ? Y a t il au contraire des chercheurs et professeurs nombreux qui souhaitent s’agréger à la communauté scientifique de Sciences Po parce qu’ils y trouvent la liberté intellectuelle, l’esprit d’innovation, l’encouragement à leurs travaux auxquels ils aspirent ? Et les moyens financiers et matériels de mener à bien leurs projets ?

Les lecteurs à la bibliothèque sont-ils satisfaits des services rendus par les bibliothécaires et les agents de bibliothèque ? Leurs observations, leurs critiques, leurs suggestions sont – elles prises en considération ?

On pourrait multiplier les cas où ce qui définit la qualité c’est l’évaluation. De la production scientifique par les pairs ( la communauté scientifique, en France, en Europe et dans le monde). Des formations par les étudiants, les recruteurs. De la bibliothèque par les lecteurs, etc.

Ces réflexions valent pour tous les établissements d’enseignement et de recherche. Au moins en principe.

D’autres valeurs peuvent être ajoutées à celles que je viens de mentionner et qui ne sont, elles, pas forcément partagées de la même manière, ou, plus exactement pas mises en oeuvre avec la même détermination.

Quelques exemples : l’égalité des chances, la lutte contre les discriminations, la tolérance sont-ils de simples mots rituellement prononcés ou bien y a t il des actes qui les concrétisent ? Y a t il – ou pas – quelque 600 étudiants ou diplômés de Sciences Po qui ont été sélectionnés via les conventions Education prioritaire ? Y a t il – ou pas – bientôt plus de 70 lycées, en métropole et outre mer qui ont souhaité partager ces partenariats ? Ce qui faisait polémique il y a 10 ans est il aujourd’hui accepté et même valorisé par tous les acteurs ?

Le % d’étudiants boursiers a t il – ou pas – triplé en 10 ans à Sciences Po alors que ni les grandes écoles ni les universités pour leurs diplômés ne donnent d’indication ? Celles qui existent sont celles donnés pour les classes préparatoires et il a fallu attendre un gouvernement de droite pour qu’une action volontariste soit menée à l’égard des prépas. Or, par définition un(e) élève de prépa n’est pas dans la même situation qu’un(e) étudiant(e) de Sciences Po : entre les deux il y a l’admission -  ou non – dans l’école ou les écoles concernées par ces prépas.

D’autres valeurs encore peuvent être ajoutées à une université qui cherche à exercer sa responsabilité sociale. Les partenaires sociaux et la DRH de Sciences Po viennent de le faire en signant un accord d’intéressement.

Sciences Po vient de créer un dispositif d’intéressement qui lie une partie de la rémunération des salariés de Sciences Po à la qualité et à l’efficience des services rendus aux étudiants, lecteurs de la bibliothèque et professeurs chercheurs. Un Plan d’Epargne Entreprise (PEE) vient d’être ouvert au bénéfice des salariés qui souhaitent placer tout ou partie de leur intéressement en épargne salariale.

Sciences Po a fait le choix délibéré d’appuyer la mise en œuvre de son système d’intéressement sur les résultats atteints par ses salariés dans 3 domaines clés directement liés à la qualité de l’accueil et du service rendu aux différents publics de l’institution, la capacité de l’institution à accueillir et intégrer des salariés en situation de handicap et enfin la diminution des coûts de fonctionnement pour améliorer l’efficience des dépenses.

Ces objectifs collectifs non financiers, déterminés en accord avec les délégations syndicales, découlent de la nature même de l’activité de Sciences Po – établissement d’enseignement et de recherche – et se font l’écho des ambitions du projet de développement ‘’Sciences Po : Objectif 2013’’ : « investir massivement dans l’excellence intellectuelle, accroître encore la qualité de ses formations et de sa recherche, améliorer les conditions d’accueil et de travail des élèves, des professeurs, des chercheurs, des lecteurs et des salariés, tout en allant plus loin dans l’affirmation de sa responsabilité sociale ».

Sur chacun de ces 3 axes, il s’agira de mesurer les progrès réalisés par les salariés de Sciences Po et d’illustrer concrètement la capacité de chacun à se mobiliser et à apporter sa contribution individuelle à la réussite commune :

- Sur la mesure de la qualité de l’accueil et du service rendu aux différents publics de l’institution : des enquêtes seront réalisées chaque année auprès des stagiaires de la Formation Continue, des usagers de la Bibliothèque et des étudiants de Sciences Po, pour mesurer leur satisfaction s’agissant de leurs conditions d’accueil et de travail et de la qualité des services offerts. Le taux de satisfaction devient l’une des variables du calcul de la prime annuelle d’intéressement.

- Un autre objectif porte sur la capacité de l’institution à accueillir et intégrer des salariés en situation de handicap dans les différents services : le nombre d’embauches réalisées au cours de l’année considérée permettra de calculer une valeur d’indice entrant dans le calcul global de la prime d’intéressement annuelle.

- Enfin, sur l’objectif de diminution des coûts de fonctionnement, en particulier sur le poste « Télécommunications » (fixes et portables), chacun doit pouvoir apporter sa contribution individuelle, quelle que soient sa place et sa fonction dans l’institution, en maîtrisant sa consommation. Un indice sera là aussi calculé en fonction des économies réalisées (de 0 à 6 % sur le ratio dépenses / nombre de salariés en équivalent temps plein – ETP – sur l’année considérée) par rapport à un indice de référence 2008.

Aucun commentaire

Connectez-vous tweeter connect

Le commentaires sont fermés.

Additional comments powered by BackType