Un contrat quadriennal signé et bientôt 30% d’élèves boursiers

Sciences Po a signé hier  son contrat quadriennal avec l’Etat et s’est engagé à passer le % d’élèves boursiers de 20 à 30% en 4 ans . Valérie Pécresse a solennellement appelé toutes les grandes écoles à se donner les mêmes objectifs.

Sciences Po a signé mardi 10 novembre avec Valérie Pécresse le contrat quadriennal conclu entre l’établissement et le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche pour la période 2009-2012. La ministre, les équipes de Sciences Po et un public nombreux composé d’élèves des lycées liés à notre établissement par la Convention Education Prioritaire et d’étudiants de Sciences Po boursiers étaient réunis au Ministère, rue Descartes.

Dans ce contrat, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a décidé d’allouer un soutien accru à Sciences Po. Il sécurise et intensifie donc le financement public de notre institution. Cette sécurité est essentielle car elle apporte de la sérénité. Elle permet de nous concentrer sur nos cœurs de métiers: travailler à améliorer la qualité de ce que nous faisons, la qualité de la production scientifique, de l’éducation, de notre bibliothèque et des services.

La stratégie universitaire de Sciences Po se développera autour de trois chantiers majeurs : 1/ parachever la structuration des cursus de Sciences Po en un niveau Collège (l’ensemble des 1ers cycles), un niveau Master (les écoles professionnelles et les masters), l’Ecole doctorale (les parcours doctoraux)  ; 2/ accroître et renforcer le potentiel de recherche en SHS  ; 3/ poursuivre l’élan de la politique de mixité sociale du corps étudiant.

La signature de ce contrat a aussi été l’occasion pour Sciences Po de renouveler son engagement pour la promotion de la mixité sociale dans un des grands amphithéâtres des anciens locaux de l’école Polytechnique rue Descartes. Je ne le répèterai jamais assez mais c’est par l’enseignement supérieur que les jeunes accèdent aux postes de responsabilités. Si nous ne voulons pas aggraver encore dans notre pays la coupure entre les élites professionnelles et la société dans son ensemble, il est urgent de donner, à ceux et à celles qui le méritent, la possibilité de réussir des études supérieures et ensuite de réussir professionnellement.

Aujourd’hui nous avons 20% de boursiers (contre seulement 6% en 2000). Notre objectif est d’aller jusqu’à 30% de boursiers. La ministre Valérie Pécresse a solennellement demandé à toutes les grandes écoles de se donner le même objectif. «Je souhaite que le nombre de boursiers se porte à 30% dans toutes les grandes écoles. Sciences Po s’engage, Sciences Po est pionnière. Chiche ! Que les autres l’imitent.», a-t-elle déclaré.

J’ai proposé qu’une équipe de chercheurs accompagne le mouvement en analysant la façon dont l’accroissement du % de boursiers dans les classes prépas se traduira de façon effective – ou pas – par l’accroissement du nombre de boursiers dans les grandes écoles elles-mêmes.

31 commentaires

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Vous proposez qu’une équipe de chercheurs analyse la performance des grandes écoles en matière de diversité sociale. Bonne idée.
Mais il y a déjà des chiffres. Ils montrent que ScPo, avec 20% de boursiers, n’est pas le leader que vous prétendez (cf. Le Monde d’hier), plusieurs grandes écoles font mieux que lui :
-ENS Cachan : 30,17 %
-Sup-Aéro : 23,73 %
-ESCPI ParisTech : 23,44 %
-ENS Lyon : 21,43 %
Et pourquoi une telle recherche devrait se limiter aux grandes écoles, dont ScPo ne fait pas partie ? La seule comparaison pertinente consiste à analyser l’ensemble des diplômes de niveau master.

comme cela ne t’a pas échappé, ce classement du Monde ne concerne que les grandes écoles scientifiques (cf le titre du diagramme)…

Or les sciences « dures », les maths en particulier, sont moins discriminantes que les disciplines littéraires (histoire, langues etc…)

Il aurait donc été intéressant d’avoir un comparatif des parts d’étudiants boursiers au sein des écoles non scientifiques (Ecole de commerce, Sciences Po, les autres IEP de province…) Mais on connait déjà le résultat ou presque.

Pourquoi est-ce important de se focaliser sur les Grandes écoles? tout simplement parce que c’est là que le problème de non mixité se pose et c’est là que se forment – à qq exceptions près (médecine, droit etc) – les élites.

A noter du reste que la proposition de R. Descoings est assez maligne: la hausse des effectifs de boursiers en prépa n’offre pas de garanties absolues sur leur réussite aux concours face à une population « WASP », et sa proposition permettrait de le faire constater… donc d’invalider la stratégie « Essec » vs la stratégie Sc Po.

On le vérifie dans … 3/4 ans ?!

« La proposition de R. Descoings est assez maligne » dites-vous, ce qui veut dire qu’elle vise à favoriser ScPo. et qu’elle n’a rien d’honnête. C’est bien ce que j’avais compris.
On savait que RD et l’honnêteté intellectuelle ne font pas bon ménage. Mais si les professeurs font de même…

Désolé pour la confusion de nom. Vous n’êtes pas professeur. Mais mon avis sur le fond reste le même.

Faut-il en déduire que 30% des élèves ayant le niveau pour entrer à l’IEP de PAris ont le statut de boursier, mais qu’un facteur perturbateur réduit leur part à 20% ??

les candidats à Sciences Po ne passent pas par les classes prépas … en tous cas je vois avec plaisir que ma proposition et l’engagement de la ministre ne passent pas inaperçus … c’est fou ce que ça dérange de réussir à inverser les tendances lourdes de l’enseignement …

Seul le mécontentement fait du bruit…

Moi je vous soutiens. Bravo. Bonne chance.

« Votre proposition ». De quelle proposition parlez-vous ? Dans votre plan pour 2013 vous proposiez comme objectif un taux de boursier de 25 % en 2013. C’est donc à la ministre que l’on doit un objectif plus ambitieux de 30%, pas à vous.
Quant à « réussir à inverser les tendances lourdes de l’enseignement supérieur », attendez, avant de vous en vanter, de faire mieux que les autres.
Pour l’instant ScPo n’a fait que rattraper son retard. C’est bien. Mais de là à se présenter comme modèle…
Car ScPo est, avec un taux de boursiers de 20 %, nettement derrière les classes préparatoires aux grandes écoles (30 %), dans la moyenne des écoles de commerce (20,7 %) et un peu en dessous de celle des écoles d’ingénieurs (22,9%) (chiffres du Ministère ; voir l’article de La Tribune de ce jour).

Augmenter le taux de boursiers est louable. Mais qu’en est-il des classes moyennes ? Ne sont-elles pas trop oubliées dans l’affaire ?

75% des boursiers en prépa admis cette année sont boursiers échelon 0. Sachant que cet échelon a été crée pour les classes moyennes et que son assiette a été élargie en 2008, non, on ne peut pas dire que les classes moyennes ont été oubliées.

Réduire les classes moyennes au échelon zéro est mal connaître le problème. Les classes moyennes représentent 50% de la population (30% CM inférieures et 20% CM supérieures). Les boursiers échelon 0, c’est moins de 3% de la population étudiante en France! Les échelles ne sont pas tout à fait les mêmes.
Beaucoup d’étudiants issus des classes moyennes n’ont pas accès aux bourses.
Pour le reste, sur le chiffre de 75%, si l’on dope artificiellement le nombre de boursiers à Sciences Po en recrutant des boursiers échelon 0, on est loin des objectifs affichés : Quand Charlotte affirme que « 75% des boursiers en prépa admis cette année sont boursiers échelon 0″, ils ne représentent qu’environ 10% de la population de boursiers en France.
Tout ceci mérite quelques éclaircissements M. Descoings.

Étant moi même boursier, et préparant le concours avec La documentation française pour accéder à la première année, je trouve cette nouvelle très positive… Et cela m’encourage dans mon travail.

N’allez pas croire que c’est la voie du concours d’entrée qui permet à Sciences Po- Paris de recruter ses boursiers. C’est d’ailleurs pour cette raison que Mr Descoings en souhaite la suppression ; c’est trop aléatoire, donc pas assez démocratique. Car ce qui lui permet réellement d’établir la politique d’intégration des boursiers, ce sont les CEP et les mentions TB. En effet, pour les premiers on comprend immédiatement pourquoi, et pour les seconds, c’est parce que très souvent ils s’accompagnent, le cas échéant, d’un dossier social, permettant de pouvoir trier les boursiers des non-boursiers. Ainsi, je pense que le % de boursiers admis par mention TB au bac doit être important, et en tous les cas bien plus importants que le % de boursiers admis par la voie du concours d’entrée. En d’autres termes, si vous êtes boursiers et que vous souhaitez intégrer Sciences Po- Paris, oubliez le concours d’entrée, ayez la mention TB au bac, ou déménagez près d’un lycée ZEP conventionné Sciences Po- Paris.

Bravo Chevez pour ce commentaire vraiment pertinent.

Tout à fait, ce quotas c’est augmenter les procédures ZEP et dévaloriser une fois de plus le concours. Seule épreuve pourtant à pouvoir se prétendre juste —> suventionnez des prépas, GOSH! Les hypokhagnes permettaient une préparation égale, quelque soit le revenu de ses parents! Quelle bêtise d’avoir supprime l’admission bac+1!!!!

Certes, étant moi-même boursière je trouve qu’il s’agit d’un exellente initiative. En revanche, je trouve que qu’augmenter c’est les procédures ZEP c’est avant tout, dévoloriser les élèves et agrandir le fossé entre les classes sociales. On ne peut pas accepter qu’un élève de ZEP prenne la place d’une personne meilleur sous un pretexte de quotas. En revanche, il faut donner au élèves de ces zones prioritaires la volonté de viser ces écoles dès le collège. Je parle en connaissance de cause en disant qu’on n’ouvre pas assez les jeunes des cités à de grands projets scolaires.

Un point me chagrine régulièrement dans vos discours: l’aggravation des inégalités, avec pour conséquence une coupure encore plus importante entre élites et société.
Vous tentez de réduire des inégalités 18 ans après leur commencement. La possibilité de faire des études supérieures n’est pas entravée à la sortie du bac, elle l’est bien plus tôt. On se contente de soigner les symptômes?

Par ailleurs, de quel chapeau sort le chiffre 30? Quelle proportion représentent les boursiers sur les bacheliers? Comment comptez-vous augmenter le nombre de boursiers? Un quotient agrégeant note au bac, situation familiale, revenu du foyer?

Enfin, très bonne idée votre équipe de chercheurs. A quand la même transparence pour Sciences po? La différence entre les diplômés CEP, MTB, concours, élèves entrés en master pourrait être étudiée par exemple? Accroître le nombre de boursiers dans une école, soit, mais vérifier que cela leur a été profitable, c’est mieux non? Et puis ça correspond à votre pensée: » la possibilité de réussir des études supérieures et ensuite de réussir professionnellement. »

Hormis la campagne publicitaire que pourrait en retirer Sciences Po- Paris (à l’instar des produits « -30% matières grasses », on aurait une Ecole « +30% boursiers » ? ) je me demande bien ce que ça peut faire que 30% de « boursiers », avec tout ce que le terme comporte comme généralité, entrent à Sciences Po-Paris. La vraie question c’est plutôt de savoir si tous ceux qui y entrent, le méritent, et si tous ceux qui n’y entrent pas ne le méritent pas. Le reste, c’est du blabla politique, à la limite de l’indécence du seigneur qui joue le destin du manant aux dés.
D’ailleurs, cette communication autour des taux de boursiers me fait doucement rire, puisque s’il y a effectivement deux grands ensembles à distinguer, les boursiers et les non-boursiers, il convient aussi de distinguer les sous-ensembles qui se cachent derrière le mot « boursier » (c.f des réflexions que j’ai déjà eues ici…). On se fiche que Sciences Po- Paris accueille 30% de boursiers, si ce sont tous des boursiers échelon 0 ou 1 qui, à peu de chose près, n’ont jamais eu de problèmes d’argent. Car c’est bien de cela dont il s’agit, du fait que dans un pays comme la France, le manque d’argent soit intimement lié au manque d’éducation ; et non pas que les pauvres sont des bêtes qui n’aiment pas réfléchir, mais que le système fonctionne comme une entreprise qui vend le savoir au plus offrant, écartant donc de son portefeuille client, celui qui n’a comme seuls arguments de poids, sa matière grise et non sa ferraille grise.
Quelle est donc cette politique d’ouverture qui se vante d’accueillir la classe moyenne au sein de l’élite, quand c’est la question de l’intégration de la classe la plus pauvre au sein de l’ensemble décisionnaire du pays qui devrait être soulevée ?
Mais en tous les cas, j’admire la galipette intellectuelle. Vous me fascinez Mr Descoings.

C’est cette article dont je parlais… Super !

Augmenter les effectifs d’élèves boursiers jusqu’à 30%, pourquoi pas ? Mais quelle est leur part dans la population des bacheliers ? À partir de quel moment cessons de rattraper les inégalités sociales pour favoriser les classes défavorisées ? L’objectif devrait être une plus grande représentativité de la population étudiante française au sein de l’école,et non simplement un pourcentage de boursiers de plus en plus important, non ?

Pas d’accord.
Oui à la mixité sociale, mais non aux quotas.
Car que devient Sciences Po si on ne sélectionne non plus les élèves sur leurs propres capacités mais sur le revenu de leur parents?
Est-ce juste, même au nom de la mixité de sociale, de refuser un élève non boursier mais excellent au nom de quotas? On lui préfèrera un élève moins bon mais boursier?
Bien sur, pas de sélection sur le revenu par l’épreuve du concours.
Comment respecter ces quotas alors? En augmentant le nombre d’élèves entrant par la procédure ZEP. Des élèves qui peinent en première année, qui redoublent ou quittent Sciences Po.
Le seul moyen d’assurer une mixité sociale juste est à mon sens d’offrir aux élèves qui le souhaitent, après le bac, une prépa intégrée. Deux ans s’ils le faut pour ceux qui en ont besoin,

mais stop à la discrimination sur le revenu des parents.

Le concours d’entrée, ce n’est pas seulement une sélection par l’argent. Par les capacité et le travail aussi. Rentrer dans ue prépa d’été ne garantit pas l’admission, même la meilleur ne « case » qu’un peu plus de la moitié de ses élèves à SciencesPo.
Le concours sélectionne des élèves avec la plus grande connaissance et les meilleures capacité de synthèse et de raisonnement.Et il faut reconnaître qu’être issu de milieux favorisés est un avantage, mais cela ne fait pas tout.

Charlotte a dit :
« Bien sur, pas de sélection sur le revenu par l’épreuve du concours. »

tinurys, lorsque vous lui répondez « Le concours d’entrée, ce n’est pas seulement une sélection par l’argent. » avez-vous réellement bien lu ce qu’elle a dit ? Bien sûr que le concours ne trie pas sur les revenus, car quand bien même les élèves issus des milieux les plus pauvres ne sont peut-être pas admis en grand nombre (euphémisme à la mode), il est une évidence que ce ne sont pas non plus les plus riches qui le sont. C’est justement pour cette raison que le concours pose problème : on ne peut choisir à l’avance qui le réussira, sauf en trafiquant la notation, mais je doute que des enseignants se portent volontaires pour ça. Et quand bien même ce puisse être le cas, supprimer purement et simplement le concours provoquerait moins de conséquences négatives que de le corrompre, car un jour ou l’autre, tout se sait. On en revient donc au point de départ, à vouloir des chiffres pour soigner son image, Mr Descoings se prend pour Dieu, et tolère de moins en moins que la voie du concours d’entrée échappe à son commandement. En d’autres termes, supprimons le concours sous prétexte qu’il défavorise les milieux les plus pauvres, de la sorte il ne reste plus que la voie des mentions TB et la procédure CEP, autrement dit, la liberté la plus totale pour recruter les élèves que l’on désire, qu’ils soient boursiers pour gonfler des statistiques qui deviendront un argument politique pour la future carrière de Mr Descoings, qu’ils soient très riches pour gonfler la trésorerie via les frais d’inscription. Et encore, si j’en crois l’article, et le contrat dont il est question, il y a fort à parier que les Grandes Ecoles qui verront leur taux de boursiers grimper auront une récompense. Qui nous dit que l’Etat ne subvensionnera pas tout ceci ? Car j’aimerais bien qu’on m’explique comment une entreprise scolaire comme Sciences Po- Paris peut-elle tenir la route avec en son sein 1/3 de boursiers, si in fine ça ne se transformait pas en source de revenus.

Jamais de bons sentiments en politique, jamais.

Il me semble important de réfléchir à la signification de cet objectif de 30% de boursiers.

Il a déjà été dit que l’ensemble « boursier » comprenait une diversité de situations importante, notamment entre boursier échelon 6 et boursier échelon 0. Il est évident que 30% de boursiers essentiellement échelon 0 ne représente en aucun cas une réelle démocratisation de l’entrée à Sciences Po.

Il est également important de souligner que donner un objectif chiffré, s’il se transforme en quota, n’est pas forcément une bonne solution: à quand les 3% d’étudiants de la Creuse, les 5% d’étudiants des Ardennes, les 13% d’étudiants du Nord?

Tout comme Chevez, je serai plutôt d’avis que ce 30% a plutôt vocation à devenir un argument politique pour la carrière future de M. Descoings.

Cela dit, je reviendrais volontiers sur la démarche de la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Valérie Pécresse. En effet, la ministre donne un objectif de 30% aux Grandes Ecoles.

Je n’apprendrai rien à personne en rappelant que les Grandes Ecoles, les IEP et autres établissements d’enseignement supérieur « d’élite » nécessitent la plupart du temps de leurs étudiants qu’ils s’éloignent de leur domicile familial pour se rapprocher de leur lieu d’étude.

Il se trouve qu’un étudiant boursier n’a, par définition, pas les moyens de se loger dans le parc locatif privé, notamment dans la région parisienne, au vu des prix en cours actuellement.

Or, la ministre en exercice depuis déjà un moment n’a toujours pas fait avancer le plan Anciaux qui prévoit la réhabilitation et la construction de logements étudiants partout en France, alors qu’aujourd’hui seulement 3% des étudiants ont une place en cité U en région parisienne, et 8% au national.

Pire encore, elle assiste sans broncher à la destruction en cours de la cité U d’Antony, la plus grande d’Europe, qui représente 16% du logement étudiant d’Ile-de-France, et dont l’emplacement est destiné à accueillir une « coulée verte », autrement du gazon et des arbres!

Pendant ce temps, les étudiants, qu’ils soient boursiers ou non d’ailleurs, continuent de dépenser une part de plus en plus grande de leur maigre budget pour se loger.

Pour qu’il y ait plus de boursiers en Grande Ecole ou a Sciences Po, la ministre ferait peut-être mieux de faire en sorte que cela soit tout simplement POSSIBLE pour un étudiant d’étudier dans ces établissements, qui, rappelons-le, sont payant (exception faite de Sciences Po qui est gratuit pour les boursiers).

Si les étudiants boursiers étaient sûrs de pouvoir bénéficier d’un logement public à prix abordable, d’une bourse régulièrement versée d’un montant leur permettant de subvenir réellement à leurs besoins, de conditions d’études viables, alors là oui, peut-être que les étudiants boursiers seraient plus nombreux en Grande Ecole, et même plus nombreux tout court!! Souvenez-vous que le taux d’inscription en études supérieures, fac compris, a baissé pour la première fois cette année par rapport aux années précédentes, comme par hasard dans un contexte de crise sociale et d’agrandissement des inégalités.

A mon humble avis, faire preuve de réelle ambition pour Valérie Pécresse ce n’est pas donner un objectif et promettre des sous à des Grandes Ecoles privées qui en reçoivent déjà trop de l’Etat, à quelques mois des régionales pour lesquelles elle se présente elle-même.
Faire preuve d’ambition se serait engager des fonds pour fournir à TOUS les étudiants de France, et non pas simplement « l’élite », les moyens d’étudier de façon viable. C’est arrêter de supprimer des postes dans l’Enseignement Supérieur, c’est embaucher du personnel pour encadrer les étudiants et leur permettre de mieux réussir, c’est garantir l’accès à un maximum d’étudiants à des logements de qualité où ils pourront s’autonomiser et étudier dans des conditions favorables, c’est revaloriser les aides sociales pour tous les jeunes, c’est investir dans un Enseignement Supérieur public qui garantirait à tous des conditions d’études optimales, et ne plus permettre qu’elles soient réservées aux seuls étudiants des Grandes Ecoles, c’est tout simplement investir dans la jeunesse, dans l’avenir.

Il ne faut pas dire n’importe quoi. « faire preuve de réelle ambition pour Valérie Pécresse ce n’est pas donner un objectif et promettre des sous à des Grandes Ecoles privées qui en reçoivent déjà trop de l’Etat »
Il faudrait un peu sortir des idées fausses et des inventions pures.
-Il y a des grandes écoles publiques qui non seulement ne font pas payer, mais payent leurs élèves : les écoles Normales, Polytechnique, l’Ena, l’ENM, etc.
- Il y a des écoles publiques qui font payer des droits plus ou moins élevés (Mines, Ponts, Centrale, Hec, etc.)
- il y a des écoles privées qui font payer des droits élevés, mais elles ne reçoivent aucune aide de l’Etat (Essec, Supelec, etc.)
Et personne n’a entendu Valérie Pécresse promettre des sous aux grandes écoles en contrepartie de l’objectif de 30% de boursiers. Elles aimeraient bien, sans doutes. Mais c’est une pure invention.

Cher Martin,

l’Etat à l’heure actuelle investit environ 12 000 euros par an par étudiant en CPGE et seulement 6 000 euros par an par étudiant en université.

Certes CPGE n’est pas égal à GE etc. je reconnais un certain abus de langage de ma part, mais reconnais toi-même qu’il existe une certaine tendance générale du gouvernement à privilégier les étudiants en Grande Ecole ou du moins destinés à l’être (cf. la nouvelle bourse pour immigrés, réservés aux étudiants qui font tout sauf aller à la fac…).

Par ailleurs, c’est un peu triste que tout ce que tu retiennes de mon message ce soit cela. L’enseignement supérieur français est dans la nasse, et plus particulièrement l’université qui va de mal en pi. La condition étudiante se dégrade d’année en année et les promesses faites, les engagements pris de la part des divers ministres de l’enseignement supérieur qui se sont succédés, ne sont pas tenus.

Plutôt que de chipoter sur les termes, ne ferait-on pas mieux de nous concentrer sur l’essentiel et de dénoncer ce blabla électoral de ministre qui nous détourne des vrais problèmes et des vrais besoins de l’Enseignement Supérieur?

NB: l’objet initial du post est l’annonce du plan quadriennal accordé à Sciences Po pour un objectif qui est d’avoir 30% de boursiers, c’est bel et bien de l’argent en échange de l’objectif de 30% de boursiers…

« Et personne n’a entendu Valérie Pécresse promettre des sous aux grandes écoles en contrepartie de l’objectif de 30% de boursiers. Elles aimeraient bien, sans doutes. Mais c’est une pure invention. »

Les amendes, vous connaissez ?

@ R.K.
Tout à fait d’accord sur le problème grave de la condition étudiante. Mais on ne sert pas une bonne cause en utilisant des arguments faux ou approximatifs.
Et Pécresse donne bien de l’argent à ScPo en échange de l’objectif de 30% de boursier, sauf que ScPo n’est pas une une grande école, encore moins une « grande école privée ».

salut Mr le Directeur
je voudrais juste vous demander une bourse d’études qui va me permet de bien gérer mes études,c’est pourquoi je viens auprès de votre haute personnalité déposer ma demande de bourse d’études.
pour année 2010/2011.
Veuillez Agréer Mr le Directeur.
Recevez mes salutations le plus distingue

BACKNICK Patrick loko

Pourquoi vouloir 30% de pauvres parmis les grandes ecoles?..Pour retablir l’Egalte ne devarit-on pas aussi avoir 30% de riches parmis les maçons?..par exemple, le fils a Nicolas?(et d’autres)…On tjrs une facon assez etrange de vouloir corriger les inegalites en France…

Voici une méthode qui permettrait de faire passer rapidement à plus de 35% le pourcentage de boursiers à l’X sans baisse de niveau.

1- Maintenir le concours actuel en réduisant de 400 à 200 le nombre de places offertes aux Français. Le pourcentage de boursiers de cette voie risque de tomber à 7 ou 8% (15 élèves). Les vrais génies (boursiers ou non) seront toujours reçus,

2 – Ouvrir à Palaiseau 2 x 7 classes préparatoire (2 promotions de 245 élèves) ouvertes à des Français ayant obtenu des mentions TB au bac. Sélectionner sur dossier (inclure éventuellement un entretien). Au bout des 2 ans de classes préparatoires, 200 de ces élèves seront dispensés du concours d’entrée dans le cycle polytechnicien.
Les candidatures seront d’excellent niveau, puisque l’accès au cycle polytechnicien par cette voie sera presque assuré (200/245) alors que le bachelier rentrant en classe préparatoire à Louis-le-Grand court un risque important de n’être reçu « qu’à » Centrale ou aux Mines.
Dans une masse importante de candidatures de mentions TB (pour info Sciences Po en recueille 1700 tous les ans) le jury :
- examine les dossiers scolaires et les notes au bac,
- donne la priorité à ceux qui cumulent bons résultats et bourses d’échelons le plus élevé possible (correspondant aux revenus les plus faibles des parents).
Il est certainement possible d’arriver à trouver 155 boursiers et 90 non-boursiers d’excellent niveau. Si certains déçoivent pendant les 2 années de classes préparatoires, ils feront partie des 45 qui ne pourront pas entrer dans le cycle polytechnicien.
Ne jamais parler de cette voie d’accès aux médias.

3 – Inventer quelques accès sur quotas pour des minorités (quartiers défavorisés, etc.). Donner une large publicité à travers les médias à ces recrutements. Ne jamais communiquer de statistiques sur la réussite scolaire ou l’employabilité des élèves entrés par cette voie.

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