Excellence et diversité dans un même mouvement : c’est possible.

Lors de la signature du contrat quadriennal entre Sciences Po et la Ministre Valérie Pécresse, j’ai rappelé la volonté de notre institution de continuer à conjuguer excellence et diversité.

A Sciences Po, notre refus du malthusianisme s’est traduit par le doublement des effectifs en dix ans. Le nombre des élèves est passé de 4 250 à la rentrée de 1999 à plus de 9 000 à la rentrée 2009.

Nous avons la conviction que la diversité est une source de richesse et que les recrutements des établissements d’enseignement supérieur doivent s’effectuer sur une base élargie, afin de former de futures élites professionnelles fortes de tous les talents.

Les autres grandes écoles semblent encore craindre cette ouverture. Pour beaucoup, accueillir plus d’élèves signifierait que le niveau baisse et donc que le prestige du diplôme s’en trouve dévalué. Il ne faudrait ainsi jamais augmenter les quotas. Dans cette logique, l’Ecole polytechnique ouvrit ses portes à 400 étudiants lors de ses premiers cours en 1794. Aujourd’hui, 215 ans plus tard, le concours d’admission de cette école a chaque année… 400 élus français toujours.

Dans le même temps le nombre de bacheliers et de personnes suivant des études supérieures a explosé. Jacques Attali, polytechnicien pourtant, estime lui dans son Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française (P.38, en PDF), que pour améliorer l’excellence universitaire française, il faudrait

faire passer progressivement de 12500 à 25000 le nombre d’étudiants de ParisTech et quadrupler les promotions de l’École normale supérieure, de l’École polytechnique et de quelques autres grandes écoles ».

A Sciences Po, nous avons désormais le recul suffisant pour démontrer que notre choix de refuser le malthusianisme n’a en aucun cas été synonyme de nivellement par le bas, ni de perte d’identité.

Notre politique d’aide sociale, couplé au succès des Conventions Education Prioritaire dans le combat contre l’autocensure des jeunes lycéens défavorisés, a permis à l’établissement d’élargir considérablement son vivier de recrutement. Plus Sciences Po s’est ouvert a la diversité, plus le nombre et la qualité des candidats et des élèves admis se sont élevés. Les candidatures à l’entrée en 1ère année ont plus que doublé, de 3 600 a 7 600 et les Bacheliers mention Très Bien se pressent aux portes de la rue Saint-Guillaume. Ils étaient 1 700 en 2008, contre 1 200 en 2007 et seulement 450 en 2001. Tous les élèves admis en 1ère année à la rentrée 2009 par la procédure d’examen sont détenteurs d’une Mention, dont 60 % une Mention Très Bien et 34 % une Mention Bien

12 commentaires

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« Les autres grandes écoles »… ah bon, on n’est plus une « université internationale ». Encore un problème d’identité. C’est à la mode.

L’excellence ça se prouve, ça ne s’auto-proclame pas.
« A Sciences Po, nous avons désormais le recul suffisant pour démontrer que notre choix de refuser le malthusianisme n’a en aucun cas été synonyme de nivellement par le bas, ni de perte d’identité. »
Pour affirmer cela il faudrait avoir des résultats probants. Or vous ne démontrez rien. Vous vous vantez, c’est tout. Ou alors dites-nous quelle évaluation externe démontre l’excellence du diplôme de ScPo ?

Martin, je suis à la fois ravi que vous soyiez aussi attentif à mes propos et surpris qu’il vous faille point par point les contester ou les mettre en doute de telle sorte que je raconte des carabistouilles en permanence.

Pour vous répondre : nous n’avons jamais eu autant de candidats ; ceux ci n’ont jamais été aussi nombreux à avoir la mention Très bien au Bac.

80 % des élèves de 1ère année (2009-2010) ont eu une mention TB au Bac ; pour la procédure « mention très bien » le jury n’a retenu que 20 % des candidats, avec 17/20 de moyenne aux épreuves de Français (écrit), de philo, d’histoire, de langue et, le cas échéant, de SHS. Voilà : ce sont des résultats.

Sont-ils probants ? On peut aussi prétendre que la mention Très bien au Bac, ça ne veut rien dire, que tout le monde l’a et que le niveau baisse. et patati et patata

par ailleurs, je pense que c’est mon job de « vanter » la qualité des élèves de sciences po ; assurément.
m’enfin

La force par le nombre ? Amusant comme argument. Mais comme je ne postule pas que vous soyez quelqu’un de stupide (mais à l’inverse quelqu’un d’extrêmement intelligent), je pense que vous avez déjà réfléchi à cette question : quelle valeur a une distinction dont tout le monde est couronné ? Une valeur symbolique. Voulez-vous faire de votre diplôme un symbole ? De votre lutte un symbole ? Je crois que c’est ce que vous êtes en train de faire pourtant.
Me voilà donc, par la force des choses, dans l’attente de vous voir entrer dans le cirque politique français, car je pense que vous allez y faire des ravages. Pas étonnant que vous fassiez peur à certains, vous êtes tellement sincère quand vous mentez, et tellement passionné quand vous avez tort.

Les résultats se mesurent en fin de parcours, pas au début.
Autrement dit c’est le sort des diplômés qui compte, pas l’afflux des candidats trompés par vos « carabistouilles ». Et c’est quand même plus facile de se présenter à ScPo que de préparer les concours des grandes écoles.
Si on regarde les vrais indicateurs de résultats :
- ScPo est dramatiquement largué dans les classements internationaux
- ScPo est absent des classements nationaux, car vous craignez que le public réalise que, derrière le discours sur la « prestigieuse institution », il y a un diplôme qui ne vaut sur le marché guère plus que celui d’une école de commerce moyenne.
- vous refusez de publier les chiffres de l’enquête emploi 2008 (une promesse pourtant) en camouflant les chiffres du chômage et en ne publiant pas les chiffres des salaires.
Vanter la qualité des élèves est légitime. Mentir sur les résultats de l’institution, donc les vôtres, ne l’est pas.

17/20 de moyenne dans les matières littéraires …
Je suis mal parti avec mon 15/20 à l’écrit de francais alors .

Pour ce qui est de l’admission des élèves de Zep… je la trouve un peu trop rigide… Les élèves de lycée moyens sont tout aussi méritants, et ils n’ont pas de procédures à eux… Il faudrait éviter les quotas et prendre d’autres facteurs en compte sinon cette bonne idée en apparence pourrait se révéler défaillante…

N’allez pas trop vite non plus, tous les élèves de ZEP n’entrent pas à Sciences Po- Paris. Seuls ceux qui sont dans un lycée conventionné avec ledit établissement le peuvent… après qu’ils ont passé plusieurs entretiens, accessoirement. Mais vous savez, les compétences, ça compte si peu de nos jours. Ce qui intéresse, c’est ce que vous représentez ; ce que vous savez faire, on s’en moque. Mr Descoings est comme ce Président de la République qui ne nomme pas ses Ministres en fonction de leurs compétences, mais de ce qu’ils « représentent ». Tâchez de représenter quelque chose qui en vaille la peine Mr Vayer, et alors vous mériterez d’entrer à Sciences Po- Paris. Si vous n’incarnez pas quelque chose qui puisse être utilisé à des fins marketing, alors vous n’êtes rien. Plaignez-vous en silence et cessez d’indisposer Mr Descoings qui se bat comme un diable pour « inverser les tendances éducatives », qu’on vous dira. Et l’argument fatal, digne d’une cours de récréation donc digne du cirque médiatique : en vrai vous êtes jaloux, pas vrai ?

Je comprends cette ambition de faire voir SciencesPo à l’international, en augmentant le nombre d’élèves. Cependant, il m’arrive de penser que ce recrutement devient de plus en plus incontrôlé ! Dans ma triplette, certains (recrutés par Mention ou Concours ou Convention ZEP) font de graves fautes d’orthographe et de syntaxe, savent à peine écrire, ce qu’il est difficile d’accepter dans une école d’un niveau de Sciences Po… Alors oui à l’ouverture, mais pas les yeux fermés.

[...] Descoings poursuit sur son blog l’apologie de Sciences Po : “Excellence et diversité dans un même mouvement, c’est possible“. Doublement des effectifs en dix ans grâce en particulier à une implantation en province [...]

Chronique commentée dans le numéro 2 de la revue de blogs du Blog « Histoires d’universités » : http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/11/15/revue-de-blogs-2/
Cordialement. Irnerius

Faire tout de suite le grand saut ? Je suis d’accord qu’il faudrait commencer à ETUDIER la possibilité d’élargir la base d’admis dans les grandes écoles.
A étudier ? Car on peut craindre que l’excellence ne soit diluée si de trop grands contingents n’emplissent les amphis des prestigieuses écoles… Enfin, c’est vous l’expert.

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