Ne pas sacrifier la mixité sociale du corps étudiants sur l’autel des classements internationaux
Sciences Po a mis en place en 2005 un système d’aide financière directe innovant qui permet de majorer les bourses du CROUS jusqu’en 2008 d’un montant de 50% et, depuis la rentrée 2009, de 75% ; afin d’accompagner son objectif d’accueillir 30 % de boursiers à l’échéance 2012.
Ce dispositif unique en France est intégralement financé par Sciences Po sur ses ressources propres, notamment dans le cadre de partenariats noués avec des entreprises. On constate entre 2004 et 2009 un très fort accroissement du nombre de boursiers du CROUS, dépassant très largement la dynamique induite par la montée en puissance des Conventions Education Prioritaire.
En six ans, le taux d’élèves boursiers à Sciences Po est passé de 8 à 20 %, soit plus de 1100 élèves. Plus intéressant encore, cette évolution positive porte en particulier sur les échelons 4, 5 et 6, donc sur les étudiants issus des familles aux revenus les plus modestes.
De son côté, la part consacrée l’aide sociale dans le budget a été multipliée par 10 entre 1996 et 2008, passant de 0,4 à 4,3 millions d’euros. Sciences Po compte y consacrer plus de 5 millions d’euros en 2010.
5 millions d’euros, cela correspond au budget annuel de 40 chaires de professeurs d’Economie supplémentaires. 40 chaires créées cela permettrait de gagner 50 places en un an dans les classements universitaires internationaux.
Certes, nous aspirons à être le mieux classé possible mais cela ne doit pas être aux dépens de nos convictions profondes. Pour certaines grandes universités internationales, la mixité sociale du corps étudiant n’a pas d’importance. Pour nous, notre responsabilité sociale nous impose d’aller chercher les talents partout où ils se trouvent, ce qui suppose de diversifier les procédures de sélection et d’améliorer les aides sociales.
Continuer de recruter dans un même vivier social homogène les élites professionnelles entraînerait deux effets liés et également dangereux :
- les élites professionnelles finiraient pas se couper complètement d’un corps social qu’elles ne connaissent pas ou plus ;
- les classes sociales ou les groupes sociaux, qui sauraient d’avance être privés d’accès aux études supérieures et à leur réussite, ne pourraient que ressentir un sentiment d’injustice puissant et perdre confiance en notre société démocratique.












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