Un cabinet privé chargé de recruter des préfets

Faire l’ENA pour devenir préfet c’est fini ? Non, bien sûr, mais le ministère de l’Intérieur a annoncé une petite révolution dans le recrutement de son corps préfectoral.

Selon un document diffusé auprès des préfets,  « Le secrétariat général du ministère, avec le concours du Pôle Public de  MERCURI URVAL, souhaite professionnaliser la détection de profils présentant la  motivation et les qualités requises pour exercer des fonctions dans le corps  préfectoral.

La recherche doit permettre la constitution de deux viviers, l’un de préfets et l’autre  de sous-préfets, répondant l’un et l’autre aux critères professionnels, personnels et statutaires autorisant respectivement une nomination dans le corps des préfets ou un détachement dans celui des sous-préfet ».

Un cabinet privé est donc chargé de recruter une partie des hauts fonctionnaires de l’Etat. Cette politique viserait principalement à élargir les viviers de recrutement des membres du corps préfectoral sur le fondement de deux axes stratégiques : la diversité sociale et la parité hommes-femmes.
 Comme je le rappelais dans ma tribune publiée dans Challenges, les haus-fonctionnaires semblent incapables aujourd’hui de comprendre les attentes des Français et la diversité de notre pays. L’élite, en soi, n’est pas un problème mais le rétrécissement de la base sociale dans laquelle ces élites sont recrutées et formées est lui source de péril car cause d’exclusion et de sentiment d’injustice sociale.

A Sciences Po, nous nous battons chaque jour pour que cette réalité change. De 6% de boursiers en 2000, nous sommes aujourd’hui à 21% et nous avons pris l’engagement d’atteindre rapidement 30%.

De plus, les élèves venant des CEP réussissent aussi bien que les autres. Surtout, ils ont surmonté l’autocensure qui touche trop d’élèves. Ils s’autorisent à tenter l’ENA, comme Anyss Arbib, ou d’autres concours prestigieux car ils savent qu’ils en ont les moyens. Nous nous devons d’achever le temps du règne du « ce n’est pas pour moi. »

6 commentaires

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Cher Richard,
Comme après l’effondrement du second Empire, Sciences Po a été créée par Emile Boutmy pour régénérer les élites puis reconduite en 45 par le Général de Gaulle dans ce même rôle, il semble qu’après l’explosion de la crise actuelle, la mission de notre maison du 7ème arrondissement est bel et bien de Refonder l’Avenir.
Cette école, que tu diriges avec maestria, a des armes pour y réussir. D’ailleurs la France ainsi que les entreprises et les banques françaises surmontent plutôt mieux que d’autres la période actuelle… peut-être parce que la proportion d’anciens Sciences Po parmi ses cadres dirigeants y est relativement forte. A Sciences Po n’apprend-t-on pas à réfléchir avant d’oser, contrairement à d’autres écoles concurrentes?
Cependant, réhausser la proportion de boursiers dans le recrutement ne suffit pas à mes yeux pour régénérer les élites. Ensuite, Il s’agit de les accompagner pour se projeter dans l’avenir, en s’affranchissant de leur cadre de référence familial.
C’est cet accompagnement pour développer ma capacité à construire un parcours qui reflète l’excellence de ma formation initiale qui m’a manqué, issu des classes modestes et diplômé de ScPo dans les années 90.
Quant à l’initiative de confier à un cabinet spécialiste du recrutement ce type de poste, cela me parait de nature à éviter le népotisme et à favoriser l’énergie et la motivation plutôt que le carriérisme et le calcul politique.
J’aimerais que le grand établissement public au sens de la loi Savary de 1984, auquel j’ai humblement proposé mon profil, ait eu recours à un tel cabinet pour favoriser la transparence et l’efficacité de son recrutement. Surtout lorsqu’il s’agit de préparer l’avenir, 8 mois (et ce n’est pas fini) pour identifier celui ou celle qui en aura la responsabilité, sont 8 mois qui ne se rattraperont pas dans la compétition que se livre les grandes écoles…
Bien à toi,
Nicolas
Ensemble, Refonder l’Avenir

Vous devenez insupportable et exaspérant en ce moment monsieur Descoings, dans cet article se trouvent un nombre d’inepties à faire peur à tout élève de scpo.
- Concernant la mise en place de ce cabinet spécial, plusieurs remarques: premièrement cela va être une nouvelle fois un gachi de fonds public incroyable. Ensuite, quand assumerez-vous votre position sur la suppression de l’ENA? Un peu de courage, écrivez une tribune « supprimons l’ENA, ce lieu de reproduction social de monstres endogames » et publiez là. Et après assumez en les conséquences. Non mais c’est vrai que finalement si on empêche la fonction publique de recruter à l’ENA, pourquoi ne pas empêcher les hôpitaux de recruter dans les facs de médecine, les boites de BTP dans les écoles d’ingénieurs? Oui et bien sûr les haut-fonctionnaires ne comprennent pas les français, mais vous RD avez compris la France dans sa diversité. Vous êtes définitivement très fort monsieur Descoings mais cette position montre un orgueil assez révoltant.

- Rétrecissement de la base sociale: Comment pouvez-vous l’affirmer? Des chiffres, des exemples? En effet, il est vrai que c’est ce que l’on apprend en Histoire: depuis 1 siècle (fin XIXe-début XXe), la base sociale s’est considérablement rétrecie comme le montre le taux de scolarisation, l’égalité en France a reculé: la France est toujours un pays dirigé par des aristocrates issus de l’Ancien Régime, le pays est devenu un des pays les plus pauvres du monde où la démocratie n’existe plus.

- Les élèves de scpo issus de CEP réussissent aussi bien que les autres? Des statistiques pour le prouver? On veut des preuves de ce que vous affirmez, être le directeur de scpo et être incapable d’argumenter son raisonnement est quand-même désolant pour les étudiants de cette institution.

- Sur l’auto censure des CEP à l’intérieur de Scpo, c’est simple, elle n’existe pas. Tout élève de scpo est informé sur les master et les débouchés disponibles. S’ils ne se destinent pas à l’ENA c’est qu’ils n’en ont pas envie

- Enfin arrêtez de nous bassiner avec ce Anyss Arbib qui s’est avéré être un mythomane de première catégorie (je vous renvoie à tous les commentaires de votre article sur le sujet) en recherche de visibilité médiatique.

En ce moment, vous faites honte à scpo monsieur Descoings et pour cela devenez excessivement énervant.

« la France est toujours un pays dirigé par des aristocrates issus de l’Ancien Régime, le pays est devenu un des pays les plus pauvres du monde où la démocratie n’existe plus. »

Cette seule phrase suffit à discréditer votre commentaire.

Eum, t’es idiot ou tu le fais exprès? Il faudrait penser à apprendre l’ironie et le second degré avant de critiquer.Ou alors tu penses réellement que cette enumération est exacte et dans ce cas tu manques de culture, de connaissances et d’ouverture sur le monde.

« De plus, les élèves venant des CEP réussissent aussi bien que les autres ».

Faux. Bel exemple d’hypocrisie. M. Descoings, cessez de vous voiler la face. Il existe un gouffre abyssal entre ceux que vous ne cessez de clamer au monde et la réalité des salles de conférences. Non, les élèves de CEP ne réussissent pas aussi bien que les autres. Oui, ils ont plus de difficultés. N’importe qui vous fera part des décalages observés dans les triplettes de 1ere année. Combien d’élèves de ZEP parmi les félicitations du jury ? Personne n’a déja eu l’idée de comparer les taux de redoublements ? Par ailleurs, s’ils réussissaient aussi bien que les autres, cela voudrait dire qu’ils seraient tout a fait capable d’intégrer par les memes voies de séléctions que les autres … La flière ZEP perds du coup toute sa crédibilité ! Mon professeur d’IP en 1ere année nous avait confié que les examinateurs avaient des consignes de clémence envers les élèves de ZEP. Vous-meme ne vous genez pas pour dire que les élèves rentrés par CEP disposent de postes assurés a la sortie dans le cadre de conventions avec des entreprises partenaires, comme Loréal.

Arretez l’hypocrisie, M. Descoings.

Excellente analyse. Merci.

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