Le contre-appel des scientifiques incultes

Cet appel a été publié dans le journal Libération daté du 11/12/2009

Les historiens qui ont signé l’appel des vingt demandant l’annulation de la décision de rendre optionnelles l’histoire et la géographie en terminale S s’inquiètent du déclin des humanités dans la formation des lycéens scientifiques.

En revanche, ils semblent s’inquiéter moins de la place des sciences et des techniques dans la formation des lycéens littéraires. En tant que scientifiques, il nous serait plus facile d’être d’accord avec eux s’ils s’émouvaient autant de ce que le lycée forme des littéraires ignares en sciences que de ce qu’il forme des scientifiques incultes ; et si leurs propositions relevaient de la solidarité pédagogique globale, plutôt que d’une vision corporatiste.

Si l’histoire – notamment celle des sciences et des techniques – et la géographie, sont indispensables pour se situer dans le monde d’aujourd’hui, les mathématiques, la physique et la chimie, la biologie et l’informatique sont des savoirs tout aussi indispensables pour trouver à se situer dans ce monde. Or, ces savoirs sont déniés aux lycéens chaque année davantage, alors que l’histoire et la géographie restent, rappelons-le, obligatoires dans chacune des classes de la sixième à la première.

L’affirmation des signataires selon laquelle la décision de rendre l’histoire et la géographie optionnelles en terminale S relève d’un « utilitarisme à courte vue ». Elle reflète le préjugé fréquent qui assigne aux sciences et aux techniques un rôle exclusif d’outil, niant leur rôle intellectuel, libérateur de la pensée.
Seule la démarche scientifique a permis à un Galilée, à un Darwin, à un Turing, de défier les idéologies auxquelles ils étaient confrontés et de modifier profondément notre histoire.

Ce qui, bien au contraire, nous semble impératif aujourd’hui est de donner aux sciences et aux techniques la place qui leur revient dans la formation intellectuelle initiale de nos concitoyens, ce qui passe, entre autres réformes, par la création d’une véritable série S au lycée, pour laquelle la lettre S signiefierait « science » et non « sélection ».

Martin Andler, Mathématicien, professeur à l’université de Versailles Saint-Quentin, Gérard Berry, Professeur au Collège de France, Michel Cosnard, PDG de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), Gilles Dowek, Professeur à l’Ecole Polytechnique, Malik Ghalab, Directeur scientifique de l’Inria, Claude Hélène, Directeur de recherche à l’Inria, Hélène Kirchner, Directeur scientifique adjointe à l’Inria, Pierre Laszlo, Historien des sciences, professeur honoraire à l’Ecole polytechnique, Maurice Nivat, membre de l’Académie des Sciences, Michel Serres, Membre de l’Académie Française

Lire aussi: Les maths en quête de mathématiciens, Pour l’épreuve d’histoire dès la classe de première, « Cela va rendre la filière S moins élitiste »

9 commentaires

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Moi je ne comprends pas pourquoi M. Descoings a un blog si il ne repond a aucun message qui contredit ce qu’il dit, qui le questionne.

A ce moment la, fermez les commentaires a tout le monde et faites une page web sans participation.

Vous engendrez le debat puis apres vous vous cachez. Pratique M. Descoings.

C’est pourtant simple, cher « Pratique » Richard Descoings se moque éperdument des commentaires publiés sur ce blog. Alors pourquoi des commentaires ? Pour l’apparence. Il tient par dessus tout à donner de lui l’image d’un homme de diaaalooogue. D’où le grand cinéma médiatique lors de sa mission sur le lycée. D’où l’apparence de ce blog avec un pseudo débat. Mais il ne répond jamais sur le fond aux commentaires. On voit seulement quand il ne les aime pas : il « balance » plusieurs posts d’un coup pour faire disparaître ces avis dans les oubliettes des archives. Mais derrière l’apparence qu’il croit se donner, c’est un autocrate qui croit tout savoir, même vis à vis d’universitaires dix fois plus savants que lui. Tu devrais lire le reportage de Médiapart. Il est sur le Forum.

Pour revenir sur le post : il ne me semblait pas que l’épreuve de mathématique soit menacée de devenir facultative… contrairement à l’histoire géographie en série scientifique.
Quand à l’argument de la baise du niveau en math ou en science en général… si on parlait du niveau d’histoire et de géo ? (et au passage, il ne semblait pas que les médailles field soient si peu nombreuses en France et que les universités scientifiques française soient si mauvaises…).
Sortir l’argument corporatiste, c’est vraiment petit.

Les universités françaises sont si mauvaises que ça en mathématiques ? Cela me paraît contestable. Pour reprendre le classement (critiqué) de Shanghai, Paris VI (Pierre et Marie Curie)finit 6eme en Europe et Paris XI-Sud 8eme, toujours en Europe. Pas trop mal, pour des universités si mauvaises …
Et l’argument corporatiste est justifié. Combien de réformes ont été refusées ? Quand ce n’est pas les profs d’Histoire-Géo, c’est les profs de SES. À critiquer sans cesse, on perd toute crédibilité.

Le corporatisme n’est pas un argument en soi : je ne dis pas que cela n’existe pas, mais là c’est surtout un argument disqualifiant alors que le problème soulevé est réel.

Le corporatisme n’est effectivement pas un argument en soi, il ne fait que limiter la portée des réclamations des professeurs. Certes le problème soulevé est réel, mais il faut bien se rendre compte que la nécessité de réformer le lycée est elle aussi bien réelle. et ce depuis longtemps, mais peu de réformes approfondies ont abouti.

Descoings se fiche des commentaires mais aussi il n’est pas celui qui pilote ce blog. En effet lorsqu’il est parti à NY, il a envoyé … 3 profils FB pendant son voyage … alors que téléphone portable est interdit dans l’avion et que trouver un réseau iphone c’est difficile à 10 000 pieds .

And so ?
Je regarde le fond, pas la forme…

Je lis : <>

Question : en quoi la réforme proposée contribue-t-elle à la création d’une véritable série S au lycée ? Je constate moins d’heures de cours en maths, en physique et moins de dédoublements de classe … Quant aux programmes, on pond la coquille, on la remplira plus tard …

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