MJN - La revanche des juristes « new look » et leur nouvelle formation ?

Lire l’article dans la revue du mouvement jeune notariat (pdf, page 5)

Sous la III ème  république, avant 1914, le personnel politique était, dans bason ensemble, de formation juridique. L’opinion publique en avait conscience. On vit apparaître cette expression « La République des Avocats ».

Après la première guerre mondiale, le monopole des juristes dans le cadre du Pouvoir fut combattu par la montée en puissance des Normaliens, dont Edouard Herriot a été l’illustration parfaite. Cela donnera lieu à une nouvelle expression « La République des Professeurs ».

Avec la IV ème République, mais surtout la V ème République, l’Ecole Nationale d’Administration est devenue le vivier des hommes politiques, de droite comme de gauche. Ce fut le règne de « l’Enarchie ».

Après les dernières élections présidentielles et législatives, on constate que les postes clefs de la politique sont occupés désormais essentiellement par des juristes.

Il faut ce demander si ce retour en faveur des juristes est un phénomène passager ou s’il correspond à une mutation dans les formations de nos élites politiques.

Pour tenter de sonder l’avenir, on peut regarder l’origine professionnelle des politiques chez nos principaux voisins anglo-saxons : aux USA, mais aussi en Angleterre, la plupart des leaders charismatiques des 40 dernières années sont de formation juridique. Il suffit de se rappeler la formation de KENNEDY, NIXON, BUSCH, CLINTON, Tony BLAIR, Barack OBAMA (*).

Ces exemples ne sont pas en soit la démonstration d’une réorientation dans la formation de nos élites, même s’ils donnent une orientation.

Plus significatif, la tendance de plus en plus fréquente pour les Enarques, d’embrasser une deuxième carrière, une profession juridique (avocat -service juridique d’une entreprise, etc..) L’évolution de notre système juridique devrait confirmer cette orientation. A un droit fondé sur de nombreux textes d’ordre public, on substitue progressivement le principe de la liberté contractuelle. Le droit nouveau nécessite imagination, rigueur, innovation. Il ne suffit plus de connaître la règle de droit, il faut la créer. Cette révolution est de nature à attirer les esprits les plus brillants comme cela a été le cas dans le monde anglo-saxon, où la règle d’ordre public est l’exception et la liberté contractuelle la règle.

Parallèlement, les enchevêtrements de normes juridiques européennes, nationales, font apparaître
un droit de plus en plus compliqué, propre à séduire les esprits les plus ambitieux.

Faut-il en conclure à la fin programmée de l’énarchie ? Cela serait excessif. On peut, pour le moins, saluer le grand retour du droit et des juristes, mais des juristes dotés de l’esprit de synthèse en plus de leur esprit traditionnel d’analyse. L’ère des juristes, ouverte à l’économie, à la sociologie, à la stratégie, semble avoir sonné. De technicien, le juriste de demain sera devenu un possible décideur politique, économique et social.

Aussi, il est normal que le rapport DARROIS, sur la réforme des professions juridiques et judiciaires soulève le problème de la formation des praticiens du droit. Il faut adapter le contenu et les méthodes d’enseignement du droit à cette révolution silencieuse. Le Notariat ne doit pas rester à l’écart de ce mouvement. Il devrait, rapidement proposer une réforme drastique de son système de formation en privilégiant le système de la tête bien faite au système de la tête bien pleine.

Au niveau de la réflexion, le Barreau a pris une longueur d’avance en présidant la Commission d’experts chargée d’étudier la création d’une pseudo Faculté de Droit au sein de Sciences-Po Paris. Le Notariat doit prendre le train en marche, sinon il restera sur le quai.

Par Bernard Monassier (notaire)

8 commentaires

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Ecrire sans faute, peut-être ? Même les prénoms des hommes politiques, même étrangers : Barack et non Barak ?

Cela pourrait aider….

Quel torchon ! Entre fautes d’orthographe et fautes de style, on ne sait pas si les avocats « new look » vont prendre le pouvoir mais une chose est certaine : les notaires ne sont pas prêts de les concurrencer s’ils écrivent aussi mal…

Mais nooooon, vous n’avez pas compris! Le seul intérêt de cet article aux yeux de M. Descoings est qu’il mentionne la « pseudo » (c’est même pas moi qui le dit…) faculté de droit de Sciences Po.. Cela permet d’associer cette pseudo formation juridique au caractère sois disant new look des juristes d’aujourd’hui qui restent formés à 95% dans les « non pseudos » facultés de droit…

J’écris vite et sans relire, vous aurez corrigé de vous mêmes les petites coquilles…

Même en 2ème année de droit on nous met 2 à la 2ème faute d’orthographe !
Je suis outrée !

Je travaille en cabinet d’avocats d’affaires. Je constate que les stagiaires juristes sortant de Sc-Po ou des écoles de commerce ont à 70% un niveau de connaissances juridiques très inférieur à celui de ceux sortant de 5e année de Master 2 (ex-DESS/DEA).

Leur seul et unique avantage (de carrière) systématique : ils ont le « passeport » école de commerce, ils font partie du « club ».

Certes, des connaissances correctes en finance et gestion d’entreprise ne sont pas inutiles. Du tout.

Mais les juristes font d’abord du droit. Ce qui manque à mon sens aux formations juridiques des facultés, ce sont des enseignements pratiques et plus d’intervenants praticiens. Bien plus que d’avoir 4 ans de gestion, management et finance derrière eux.

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