Edito du Monde du 5 janvier : « Grandes écoles »
Lire l’édito du Monde sur le site Internet et dans l’édition papier datée du 5 janvier. Consultez aussi l’article « les grandes écoles opposées aux quotas de boursiers » et mon interview.

L’avenir est-il à la fusion entre l’université et les grandes écoles ? L’Etat impulse une recomposition majeure de l’enseignement supérieur en investissant massivement dans l’université et la recherche. Il prône des regroupements accélérés entre universités mais aussi avec les grandes écoles par l’intermédiaire des pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES). Des PRES qui préfigureraient le visage de l’enseignement supérieur de demain ?
Leur efficacité dépendra de la capacité des établissements qui les composent à faire de leurs différences une force. Les universités apprendront des écoles à constituer des réseaux d’anciens solides. Elles devront mieux accompagner leurs étudiants. Si les grandes écoles sélectionnent les leurs par un concours d’entrée, les universités sont de plus en plus sélectives et éliminent, au fil des ans, par l’échec.
Les grandes écoles trouveront dans ces regroupements un moyen de s’ouvrir davantage, comme l’a fait l’Institut d’études politiques de Paris, à la diversité sociale et de remettre en marche l’ascenseur social, en panne depuis trop longtemps pour certaines catégories. Elles bénéficieront de la force de frappe des universités en matière de recherche.
A ce stade, rien n’est gagné. La crise universitaire du printemps 2009 a révélé le degré de crispation des universités. Les grandes écoles grognent lorsqu’on leur demande d’accueillir davantage de boursiers. Mais l’importance de l’enjeu requiert une recomposition du paysage de l’enseignement supérieur. Sans doute est-ce la seule voie pour construire une économie de la connaissance.












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