Vives critiques contre le texte de la Conférence des Grandes Ecoles

Les réactions suite au texte polémique de la Conférence des Grandes Ecoles (lire l’article du Monde et mon interview) sont nombreuses de la part des politiques et des personnalités syndicales et associatives (et sur mon wall Facebook aussi !)

Petite sélection:

Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances, sur France Info:

« Les pauvres ne menacent pas la qualité de nos écoles et des élèves qui en sortent, c’est absolument scandaleux de le dire. »

Luc Chatel, ministre de l’Education, sur France Info:

« Imaginer que cela abaisserait le niveau parce qu’on ferait appel à des élèves de milieux défavorisés, je trouve ça particulièrement choquant ».

http://www.dailymotion.com/videoxbqyst

Jean-Baptiste Prévost, président de l’UNEF:

« M. Prévost a parlé de « position scandaleuse » et demandé « qu’on cesse de faire fonctionner les grandes écoles dans un vase clos », une situation qui traduit un « sentiment d’autodéfense d’une élite sociale qui ne veut pas s’ouvrir ». » (Le Figaro)

Patrick Lozès, président du CRAN, sur son blog sur le nouvelobs.com

« Outre qu’un « objectif » n’est pas stricto sensu un « quota » dire que les enfants de milieux défavorisés baisseraient le niveau de l’enseignement me semble inacceptable, rétrograde et parfaitement malvenu de la part d’enseignants ! »

10 commentaires

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Tout cela est navrant… rien d’autre à ajouter, déjà que Zemmour il se pause là dans la connerie, mais alors si même les patrons de grandes écoles s’y mettent… Pour une fois je suis d’accord avec Chatel

Quelqu’un sait où il est possible de trouver le communiqué de la CGE ? J’en trouve des morceaux dans tous les articles mais impossible de trouver le communiqué en tant que tel.

« Cela fait beaucoup. Jean-Pierre Helfer, directeur général de l’école de management Audencia Nantes et cosignataire du texte, ne le cache pas :  » Derrière la critique sur la diversité sociale, il y a une attaque du modèle même de la grande école française, dit-il. Utiliser des pourcentages, donner des oukases, c’est facile, mais cela masque la réalité de ce qu’est l’enseignement supérieur en France. Nous sommes un peu facilement pris comme boucs émissaires d’une réalité sociale qui nous dépasse largement.  » Et les grandes écoles de rappeler que la trop grande homogénéité sociale qu’on leur reproche se retrouve… à l’université, au niveau master. » Le monde du 5 janvier.

Encourager à rectifier des inégalités 20 ans après le début, c’est pratique pour un gouvernement qui n’agit pas, mais quel est votre intérêt? Votre conscience?

Pendant que j’écrivais ma note précédente, RD faisait ce que j’avais prévu : publier toutes les interviews reprenant les mêmes calomnies que lui.
Ce que je conseille à tous les lecteurs de ce blog, c’est de ne pas confondre la com de RD avec la réalité. Allez voir les commentaires sur les différents sites qui publient ces interviews. Vous verrez que l’immense majorité des commentateurs est contre les quotas et pour l’égalité.

Tout en saluant vos positions, je vous propose d’analyser le sujet des bourses dans les grandes ecoles differemment:

Si TOUS les eleves de grandes ecoles etaient remuneres par un systeme de bourse ou de contrat, on n’opposerait pas de reticentce a vos idees, car l’economique n’interfererait pas avec l’academique. En effet, cela est justement le cas des institutions les plus prestigieuses de France: Polytechnique, Ecoles Normales Superieures (ou sont probablement rassembles les elements les plus brillants de la nation). Pourtant, le principe de selection academique y est rigoureusement identique pour tous, seul l’acces a l’examen est injuste puisqu’il faut entretenir la soif du savoir et l’ambition pour y parvenir pendant les annees preparatoires. Faute de moyens ou de soutien, les esprits les plus hardis se resignent a l’abandon. Il faut alors proteger la soif et l’ambition, car l’argent est effectivement un frein, qui fige les barrieres sociales cheres a certains.

A titre de comparaison, les prestigieuses universites americaines proposent des bourses pour les plus meritants a l’entree. La scholarship est d’ailleurs une marque d excellence et de prestige, qui reste un element distinctif sur leur curriculum vitae. Ceux la memes seront appelles a de grands desseins, entre responsabilites, decouvertes ou autre prix Nobel. Le modele scandinave (Danemark, Suede, …) le propose dans ces pays ou foisonnent idees et genie humain, qu’on ne tente pas d’etouffer de peur de perdre d’egoistes privileges.

Pour conclure, se desaffranchir de l’argent ne baisse donc pas le niveau des institutions. Au contraire, cela stimule la passion intellectuelle et encourage l’ambition. Alors, je ne pense pas qu’il faille critiquer votre proposition d’encourager les bourses, il faut sans doute etre plus audacieux et la GENERALISER.

« Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple » Georges-Jacques DANTON

Monsieur Descoings,

si des élèves boursiers n’intègrent pas les grandes écoles, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont pas le niveau et non pas parce qu’ils sont « discriminés socialement ». Les boursiers qui intègrent les CPGE préparent les mêmes concours dans les mêmes conditions que tous les autres autres élèves : c’est ça l’égalité des chances ! Dans la logique nauséabonde que vous adulez, ceux qui seront discriminés seront les élèves non-boursiers mais méritants qui verront passer devant eux des élèves d’un niveau inférieur mais dont la l’origine sociale voir ethnique sera considéré comme une qualité indéniable.

Il est évident qu’il existe des inégalités criantes mais les grandes écoles n’ont pas à être les infirmières d’un système scolaire à la dérive depuis trente ans et qui accentuent les inégalités sociales existantes. Vous savez très bien qu’il y a cinquante ans la proportions des enfants d’ouvriers ou d’agriculteurs à l’X ou une ENS était bien plus importante qu’aujourd’hui. Et pourtant, depuis cette époque, on constate que la baisse d’exigences continue à l’école est remarquablement symétrique avec la baisse constante de représentation de ces mêmes enfants issus des classes populaires dans les grandes écoles. Normal ! Plus le niveau d’exigences moyens baisse et plus les classes aisés se trouvent être les seules à avoir les moyens de chercher un enseignement de qualité ailleurs (la majorité des cas dans le privé).

Face à constat que personne n’ignore mais que peu assume malheureusement, la solution pour réduire les inégalités scolaires semble tout trouver : relever impérativement le niveau des exigences dans l’enseignement public ! Ainsi, même les enfants défavorisés bénéficieront d’un enseignement de qualité et donc d’une culture commune avec celle des élèves aisés.

Pourtant, les gouvernements successifs ont détruit l’école de la République depuis trente ans, on se demande bien pourquoi il la sauverait aujourd’hui… Instaurer des quotas n’est qu’un moyen pour le gouvernement d’éviter de faire le sale boulot. De même que l’on parlait « d’idiot utile du capitalisme », je pense que les défenseurs de ce système pervers de discrimination positive sont les idiots utiles du gouvernement actuel.

Bonjour

J’ai 40 ans. J’ai été boursier durant toute ma scolarité et au taux le plus fort.
J’ai fait une prépa. J’ai passé des concours et intégré une (grande) école d’ingénieur. Je n’ai ni honte ni fierté pour mon parcours.
Je ne dois ma position qu’à mon travail et à aucun quota ou passe droits. J’ai les mêmes compétences que quiconque.
Je suis, à vrai dire, scandalisé par cette idée de quota.
Pourquoi ne pose t on pas la vraie question : le coût pour les familles des deux ou trois années de prépas (et de l’école ensuite) : comment loger à proximité du lycée (il n’est plus à coté) comment se payer les livres ? comment se payer à manger ?
mais non…
on va faire des QUOTAs de boursiers : cela ne leur donnera aucun moyen en plus et ils auront le label « je fais partie du quota ». Super !

Il faudrait d’ailleurs analyser les motivations sous jascentes ou inconscientes des promoteurs des quotas : si on propose le quota et pas une aide pour les boursiers, n’est ce pas parceque « on » est persuadé de leur moindre valeur ?
C’est bien comme cela que moi, ancien boursier, je perçois cette propositon..

Cher M. Descoings
Juste pour vous dire que je vous soutiens entièrement dans votre démarche et vos propos. J’ai lu ce matin par ailleurs que la Grande Ecole de cinéma La Femis au concours ultra sélectif va s’ouvrir à un recrutement en ZEP
Très cordialement

Monsieur Descoings,

Je ne suis ni boursier, ni membre du « vase clos » social des grandes écoles et j’ai du mal à comprendre le réel but de votre démarche.
Il est évident que le système éducatif français n’est pas égalitaire, que l’accès aux formations soit disant les plus prestigieuses est très difficile pour des personnes aux revenus modestes; toutes les études le confirment.
mais croyez-vous réellement qu’en instaurant un quota, ou en réalisant une admission parallèle pour certaines personnes, vous répondrez au problème? sans compter, l’injustice que vous créez en proposant à différents étudiants de suivre la même formation sans avoir eu la même sélection.
Le problème n’est-il pas un manque d’accès au savoir? à la connaissance même que telle ou telle formation existe,… Ouvrir l’enseignement des Grandes Ecoles – qui sert ici selon moi de bouc émissaire pour toutes les formations supérieures- ne doit pas signifier imposer des personnes actuellement sous-représentés. Dans ce sens, la démarche d’accompagnement réalisée par l’Essec me semble beaucoup plus juste et saine. Accompagner des jeunes vers des concours communs me semble beaucoup plus adéquat.

Enfin, je reprendrai un des commentaires précédents concernant la notion même de boursier. Pourquoi doit-on définir un boursier en fonction des revenus de ses parents? Pourquoi ne posons-nous pas enfin le débat des bourses au mérite, qui dynamiseraient l’éducation, pousseraient les jeunes à travailler et récompenseraient à leur juste valeur leur travail, leurs compétences et leur potentiel.

Arrêtons la démagogie avec cette histoire de quotas ou de modernisation des concours aux grandes écoles. Je suis actuellement étudiant boursier dans une grande école d’ingénieurs (Centrale)et je viens de Montfermeil dans le 93, plus connu pour ces émeutes que pour le potentiel de ses habitants. Le problème se trouve en amont des concours et des grandes écoles. Il est au niveau de l’orientation des élèves. Il faut agir dès la classe de seconde pour inciter les élèves à se diriger vers des classes préparatoires. Ensuite, l’inscription aux concours est déjà gratuite pour les boursiers. Ce qu’il faut faire, c’est soutenir les élèves défavorisés dans la vie quotidienne au cas ou leurs classes prépa se trouve dans une ville différente de la leur.

NE TOUCHEZ PAS AUX CONCOURS POUR LESQUELS NOUS SOMMES TOUS EGAUX

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