« Il est assez incompréhensible de faire un lien entre le pourcentage des boursiers et la baisse du niveau » sur France Inter le 6 janvier

J’étais, avec Pierre Tapie, Président de la Conférence des Grandes Ecoles et Directeur Général du groupe ESSEC, l’invité ce matin du 6H30/10H sur France Inter de Nicolas Demorand.

Réécoutez le débat ici (en cliquant sur « l’invité d’Inter »)

Les vidéos (je m’exprime principalement dans la deuxième):

http://www.dailymotion.com/videoxbrdpd http://www.dailymotion.com/videoxbrekq

13 commentaires

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Bonjour,
Je vous ai écouté avec intérêt ce matin. Trop court pour un vrai débat ! J’ai apprécié votre mise en cause du principe du concours d’entrée et le rappel du fonctionnement ds d’autres pays : entrée ds filière sélective après plusieurs années d’études généralistes.
Je crois que c’est vraiment le principe des classes préparatoires – antichambres des GE- qui est à remettre en cause. Pourquoi un enseignement supérieur à deux branches dès l’après-bac ? Surtout que l’un joue complètement avec des dés pipés dès le départ. Les classes prépas gardent des élèves triés et homogènes ds un cocon, au sein d’un cadre connu, avec un grand nombre d’heures (pas toujours de grande qualité mais les parents sont rassurés …). L’université reste toujours un peu « foutraque » du point de vue administratif et matériel – c’est légendaire mais cela ne fait plus rire ! – et la qualité des cours en L 1, 2 et 3 souffre de la prééminence de la recherche dans la carrière des enseignants, qui voient leurs cours plus comme une obligation que comme un travail intéressant et valorisant. Ce petit monde doit balayer devant sa porte pour mériter le soutien de la société et s’enthousiasmer pour la pédagogie.
Je suis choquée ( un « haut-le-coeur » ?) que l’on veuille jeter aussi l’université, comme le collège unique, sans lui donner les moyens et les objectifs pour fonctionner correctement.
Enfin, il serait utile de ne plus tout miser sur la formation initiale, comme ds tant d’autres pays ; et reconnaître les voies diverses pour se perfectionner, apprendre.

Mr Descoings,
On n’est pas vraiment fier de vous voir mentir tout le temps pour dire du mal des grandes écoles. Dans vos interviews, depuis deux jours, vous essayer de faire croire que les écoles sont « contre les pauvres » alors qu’elles sont contre les quotas de boursiers, qui remettent en cause l’égalité dans les concours, ce qui est totalement différent.
Ici vous ajoutez un nouveau mensonge en disant que le gouvernement n’a jamais parlé de quotas. Ce qui est faux. Et vous le savez forcément. La preuve ? Vous avez publié hier, sur ce site, une interview de Luc Chatel dans lequel celui-ci explique même que « les quotas sont la seule solution » pour démocratiser les écoles, ce qui est naturellement faux, mais passons. Yasid Sebag aussi à parlé des quotas de boursiers. Chacun peut vérifier.
Si vous vous occupiez d’améliorer ScPo, plutôt que de passer votre temps à cracher sur des écoles qui offrent de meilleurs débouchés à leurs élèves que ScPo. A propos, quand allez vous publier les salaires par master de l’enquête annuelle sur l’emploi des diplômés ?

Hervé a raison.
C’est insupportable ce directeur qui poursuit ses lubies personnelles au détriment de son institution. Et qui n’a pas trouvé mieux que d’essayer d’abaisser les autres pour camoufler son propre échec.
Répétez après moi : Descoings, démission ! Descoings, démission !

Bonjour,
Il y avait en 2007-2008 15,9% d’élèves boursiers dans le second cycle en enseignement général. Ce qui serait logique et montrerait qu’il n’y a pas de discrimination « anti-pauvre » serait que l’on retrouve ce même pourcentage (ou un approchant) dans les Grandes Ecoles. Vouloir un quota de 30% est aberrant et inégalitaire.

Les grandes Ecoles:
2 jours ont suffi pour dénaturer la proposition d’augmenter le % de boursiers dans les grandes écoles, ce qui dans ces termes n’est contesté par personne.
1er débordement: on parle de quota.
2ème débordement: on remplace le terme boursiers par « jeunes des quartiers difficiles », »quartiers défavorisés » ..etc
Comme s’il n’y avait pas des pauvres ou des chômeurs dans nos campagnes berrichonnes, savoyardes, lorraines ou d’ailleurs.
Le sujet prend déjà une tournure discriminante. On remplace ce qui pourrait être une analyse nécessaire des moyens pour atteindre l’objectif par un débat stérile qui ranime les vieilles querelles.
De plus, que les débatteurs parlent enfin et seulement de ce qu’ils connaissent:
la candidature d’un lycéen de terminale à une classe préparatoire est accessible à tous, sans frais d’inscription, sur le dossier scolaire de l’élève , seul motif du choix par l’établissement d’accueil.
Il n’y a pas de département qui n’ait une ou plusieurs classes prépas. Cette orientation s’est beaucoup démocratisée, laissons les concours communs remplir leur rôle et aidons financièrement ceux qui auraient des difficultés à s’acquitter des droits d’inscription ,des frais de scolarité et de logement dans l’école qu’ils intégreront, par leur mérite, sans discrimination aucune.
C’est cela et seulement cela l’Egalité et la Solidarité Républicaines.
On me dira que toutes les prépas ne sont pas identiques, les lycées non plus –la perfection n’est pas de ce monde – mais l’ascenseur social reste cependant possible par cette voie des prépas qu’il faut sauvegarder, en l’adaptant peut-être et en l’associant à l’Université. Toutes les universités et pas seulement des pôles d’excellence.
Pas de quota, pas de notion de quartiers et n’attisons pas le feu, déjà allumé par l’identité nationale.
Mais tout ne restera possible que si on ne casse pas l’Ecole : 2h hebdomadaires en moins en primaire, des heures de cours en moins à la rentrée au lycée, les classes prépas menacées, les IUT qui fonctionnaient bien dépossédés de leur indépendance, la formation pratique des enseignants supprimée de fait, c’est cela qui va laisser des jeunes au bord du chemin.
S.VDP

Bien sûr il n’y a pas de lien entre le pourcentage de boursiers et la baisse du niveau. Et personne n’a jamais dit cela. C’est vous qui avez déformé les propos de la Conférence des Grandes Ecoles pour l’accuser de « réaction sociale ».
N’y a-t-il personne dans le corps professoral qui ait le courage de dire que vous faite honte à votre institution ? N’y a-t-il personne dans le Conseil d’administration de la FNSP qui ait assez de sens moral pour vous arrêter dans votre combat pervers ?

Bonjour M. Descoings,

Attentif depuis longtemps à l’évolution de notre systeme éducatif archaique, c’est avec joie que je suis vos reactions et les differents coups de pieds dans la fourmilière.

Je suis 100% d’accord avec tout ce que vous dites, et c’est de la pure hypocrisie de n’etre pas d’accord.

Mais notre systeme educatif est hypocrite.
Lancer des idées de baisse de niveau car plus de boursiers en est la preuve c’est aberrant de dire cela, d’autant plus que normalement les ingénieurs ne sont pas diplomés à bac+2 mais à bac+5, et ca tout le monde l’oublie, comme le fait de dire que certaines très grandes écoles sont des camps de vacances post-prépa avec promesse d’un job à la clef sans rien faire ou presque ….

Je cite – les grandes écoles à prépa intégrée, dans lesquelles on entre après le bac, sont beaucoup plus ouvertes. Mais ce ne sont pas les écoles chics. Les ‘écoles chics’, ce sont celles qu’on intègre après une année de taupe, une khâgne ou une prépa HEC ! C’est Normale Sup, c’est l’Essec, c’est Polytechnique. La différence, c’est que les anciens des très grandes écoles accèdent, par leur talent mais pas seulement, à toutes les positions de responsabilités dans notre société (…). Une poignée de très grandes écoles forment une poignée d’élèves – au demeurant souvent excellents – mais de moins en moins ouverts sur la société française. = 100% d’accord

Cela est quand même fou que ca soit les établissements d’enseignements privés (collèges, lycées, grandes écoles) qui fassent marcher l’échelle sociale et qui ont le plus grand nombre de boursiers !

Je cite – « Il faut faire sauter la barrière du concours, car (ils servent) soit à confirmer un statut social – on est titulaire d’un concours de père en fils ou de mère en fille – soit à le conférer. (…) On a oublié ce qu’était le but des grandes écoles et celui des concours. Ceux-ci ont été formidablement utiles pendant 100, 150 ou 200 ans, mais le monde a changé, peut-être qu’il faut changer d’instrument. »

Encore une vérité ! Le système est hypocrite car avant d’accéder aux meilleures écoles il faut accéder aux meilleures collèges, lycées et prépas ….

Tout cela doit évoluer et permettre à nouveau l’échelle sociale ET SURTOUT une diversité des élites ; il suffit de regarder les formations des PDG du CAC40… et le taux de fils d’ouvriers dans très grandes écoles … celui de Polytechnique a été divisé par 5 en 30 ans ou presque.

Je salue donc votre mentalité, et regrette de ne pouvoir actuellement étudier à Sc Po Paris … cela aurait été pour moi un passage très intéressant.

Ma dernière remarque sera pour l’admission sur titre pour les Masters de ScPo Paris, que j’avais regardé il fut un temps, ou lorsqu’on est ingénieur d’une école ne faisant pas parti d’une certaine liste nous devons passer les épreuves concours de niveau L3 (à Bac+5). Pourquoi quelques écoles et pas toutes (n’allons pas dans le sens de l’élitisme ciblé) ? Pourquoi ne pas refondre ces admissions spécifiques à la manière des AST de l’ESSEC de votre ami de querelles (process intéressant) ?

Bien cordialement,

Un ingénieur en école + DEA en université, qui voudrait que l’éducation française évolue par ce qu’il a vu dans les deux mondes.

Bonjour,
C’est avec un grand intérêt que j’ai écouté le pseudo-débat de ce matin sur France-Inter et je dois dire que j’ai été choqué par la malhonnêteté intellectuelle que vous avez manifesté en déformant sciemment les propos de la conférence des grandes écoles. Il ne s’agit pas de dire comme vous l’avez caricaturé que les étudiants modestes aux origines variées sont moins bons que les plus aisés. Il s’agit de dire que si l’on impose un quota d’élèves boursiers dans les grandes écoles ils seront sélectionnés non plus seulement pour leurs compétences dans les matières du concours mais sur leur appartenance à un groupe socio-économique.
Pour faire simple comme vous le faites à l’antenne, si la barre pour rentrer à l’X est à 18/20, un élève boursier qui a eu 16 serait admis parce qu’il faut atteindre le quota: le niveau des écoles baisserait. Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre…
Par contre en analysant un peu le recrutement à Sciences-Po, on s’aperçoit qu’il y a fort à dire. De nombreux étudiants passent une année de préparation dans des établissements privés très onéreux pour augmenter leurs chances! Quel modèle!

Sauf si tu admets que le 16/20 d’un etudiant boursier et le 18/20 d’un etudiant non boursier ne refletent pas leurs niveaux intellectuels relatifs, juste le resultat d’une preparation a un type d’exercice particulier, avec tous les avantages que l’origine sociale procure a cette preparation

Ne deformons pas les propos dans l’autre sens…

Bine sûr que cela reflète un type de préparation particulière. Mais si elle est requise pour entrer, c’est d’une part pour faire la sélection, mais aussi parce que ces qualités acquises et travaillées sont nécessaires à la scolarité. C’est vrai, on pourrait très bien recruter à Sciences Po avec des épreuves de maths et de physique moins discriminantes socialement. Mais on a choisit la culture générale et l’histoire (entre autre). Il y a sans doute une raison. Voilà pourquoi il faut donner la chance à tous de pouvoir travailler le concours comme les autres, et non créer des voies d’admissions parallèles.

Bonsoir,

@Nessuno
Les exigences concernant les élèves boursiers seront moins basses, et il se pourrait, peut-être, que certain « volent » les places d’autres élèves, plus aisés, qui rempliraient pourtant les conditions d’admissions. Soit. Mais deux choses sont à prendre en compte. D’une part, qu’un niveau inférieur au moment de l’entrée ne signifie pas une baisse de niveau à la sortie de la formation. Pourquoi ? C’est le deuxième éléments d’importance : un élèves boursier n’a pas le même vécu qu’un élève non-boursier. Et il n’a pas choisi ce vécu, il a du l’affronter, et c’est particulièrement vrai pour les hauts échelons. Oui on peut s’en sortir malgré un milieu social défavorisé. Mais il faut fournir 2, 3, 10 fois plus d’effort que si ce n’était pas le cas. Et c’est ça qui est injuste.
Enfin, il ne me semble pas choquant une seule seconde que des boursiers « volent » des places. Parce que ceux qui se seront fait « voler » leurs places iront juste faire une autre école, un peu moins bonne certes, tandis que l’admission du boursier changera peut-être profondément sa vie et jouera un vrai rôle d’ascenseur social.

Du coup tu devrais peut-être penser à faire l’ENA, pour comprendre…

Ainsi donc, il faut « casser » le concours… qui novi sub sole ? ;)

Bonjour,
Je vous invite à aller lire l’entretien de François Taddéi, directeur de recherche à l’INSERM, et qui est l’auteur d’un rapport pour l’OCDE, « Former des constructeurs de savoirs créatifs et collaboratifs »
http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6602

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