Tribune d’Alain Minc et François Pinault: « Boursiers: la réticence des grandes écoles est indigne! »
Lire l’intégralité de la tribune, Boursiers : la réticence des grandes écoles est indigne !, par Alain Minc et François Pinault dans le Monde du 6 janvier 2010.
PROMOTION SOCIALE
Comment ne pas comprendre que l’équilibre de la société passe par le rétablissement de la promotion sociale et qu’à cette aune-là le respect absolu des modes de recrutement traditionnels est suicidaire ?
Quelle bonne conscience aveugle-t-elle les patrons de grandes écoles au point de leur faire croire que le système actuel de recrutement est la garantie absolue, pour la France, de disposer des meilleures élites ?
Nous ne nions naturellement pas la réussite, pendant des décennies, d’un mode de sélection qui a fourni à l’économie française des gestionnaires et des ingénieurs d’un excellent niveau international. Mais, parce que justement ce système est solide et efficace, il n’est pas menacé par une inflexion à la marge.
Qui peut imaginer que le rayonnement de l’Ecole polytechnique ou d’HEC disparaîtra parce que le recrutement aura été légèrement transformé à des fins de promotion sociale ? Ceux qui ont, en toute sérénité, signé ce manifeste méconnaissent le grondement qui vient du fond de la société. Ils ne mesurent ni les urgences ni les priorités du moment.
Ils pourraient au moins faire leur, à défaut d’une réaction plus ouverte, la philosophie du prince de Lampedusa : « Il faut que tout change pour que tout reste pareil. »
Mais s’ils acceptaient d’aller plus loin et de mettre leur incontestable intelligence au service d’un minimum de changement social, ils penseraient qu’il faut qu’un peu change afin que tout change vraiment.
Alain Minc, consultant et essayiste; François Pinault, président d’honneur du groupe PPR












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