Quelle mouche a piqué la Conférence des grandes écoles ?

La première question qu’on peut se poser est la suivante : pourquoi la Conférence des grandes écoles a t elle décidé de lancer sur la place publique une provocation sociale aussi violente, là, maintenant, en ce début du mois de janvier 2010 ?

La réponse ne va pas de soit.

La crise financière a d’abord été une crise des élites – pas du tout seulement en France bien sûr ! Ce ne sont pas les anciens élèves des grandes écoles françaises seuls qui ont inventé les bonus, les subprimes, les produits dérivés, etc. En revanche on sait que les meilleurs traders français ont été formés dans les toutes meilleures écoles d’ingénieur et les toutes meilleures écoles de commerce. A tel point d’ailleurs que pour les autres secteurs de débouchés professionnels, la concurrence devenait très dure aussi bien sur le montant des salaires que sur l’attrait des professions.

On sait aussi que du temps de la splendeur de la City de Londres, beaucoup de jeunes diplômés français se sont installés outre manche. Qui le leur reprocherait ?! Ou à Singapour, ou à NYC, etc.

Ce ne sont pas les jeunes diplômés de l’Essec ou de Polytechnique ou de Dauphine qui ont fait la crise financière mais une part importante d’entre eux a participé de l’engouement général : je ne leur jetterai en aucun cas la pierre.

Mais la crise financière a violemment touché l’économie réelle et le chômage qu’on croyait durablement décroissant a explosé à nouveau. Et les Etats ont investi massivement pour sauver les banques, les financiers. Ils ont eu raison : sauver les banques, c’est d’abord sauver les épargnants, à commencer par les petits épargnants. En attendant, les déficits publics sont devenus des gouffres, on cherche les moyens de réguler la finance, de lutter contre l’excès de cupidité (« greed »).

Choisir le début 2010 pour affirmer qu’élargir la base sociale du recrutement des futurs diplômés des grandes écoles serait prendre le risque de faire « baisser le niveau » de ces écoles et/ou de ces diplômés, c’est vraiment agiter le chiffon rouge face à un taureau blessé.

Attention les pauvres, trop nombreux vous feriez baisser le niveau !

C’est cette tranquille impunité dans l’outrage social qui m’a exaspéré. Un peu de pudeur, ne croyez vous pas que cela serait de circonstance ?

Des personnalités aussi peu « gauchistes » ou « anti-élites » que Minc ou François Pinault ne s’y sont pas trompées. Dans des termes très forts, elles ont condamné les formulations employées par les dirigeants actuels du lobby des grandes écoles. Le plus grand danger pour les entreprises aujourd’hui est bien que l’immense mépris manifesté à l’égard des classes populaires et des classes moyennes soit imputé aux dirigeants d’entreprise, aux DRH, à toutes celles et tous ceux qui savent que dans la vie professionnelle, ce qui compte c’est moins le concours auquel on a été reçu à 20 ans que la compétence, le charisme, l’humanité dont on fait preuve tout au long de la vie professionnelle.

Alors quelle mouche a piqué la Conférence des grandes écoles ?

à suivre

32 commentaires

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Le responsable est l’auteur de ces lignes (en particulier la dernière phrase) publiées il y a un mois dans la presse. Il se reconnaîtra sans peine :
 » Et, depuis l’amphithéâtre Gay-Lussac dans les locaux du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, là où se trouvait autrefois l’Ecole polytechnique, la ministre vient de lancer un appel solennel pour que les grandes écoles sachent accueillir en leur sein la même proportion de boursiers que celle désormais constatée dans les classes préparatoires. A ne pas répondre positivement à la ministre, les écoles risquent fort de voir se réaliser la fameuse prophétie d’un préfet de la République : «Nos têtes finiront en haut d’une pique !»

Je fais partie des deux mondes (Sc Po et les GE) et suis prêt à venir vous l’expliquer. Il y a des choses que malgré toute votre intelligence, que j’admire sincèrement, vous ne comprenez pas, sans doute faute d’un vécu personnel.

François (EcoFi 70)

La CGE ne refuse pas l’ouverture sociale, elle refuse l’extension du « système Sciences Po ». Nulle « provocation sociale » de sa part, mais le refus du système des quotas.

Soyons bien clairs: la CGE partage l’objectif de 30% de boursiers, juste comme Richard Descoings. Ne vous laissez pas berner par la démagogie du directeur: il n’y a pas de cénacle réactionnaire ni de Robin des bois qui s’affronteraient autour d’un objectif social.

La querelle porte sur les moyens: un système du type « Convention ZEP », qui présente avantages et inconvénients, mais dont on peut noter qu’aucune école, en France et dans le monde, n’a souhaité suivre l’exemple (aucune). Ou un système d’accompagnement au concours, de renforcement de la préparation, etc. C’est l’option défendue par la CGE. Avantages et inconvénients également.

Notons simplement une chose. Quand Richard Descoings explique que les élèves issus des Conventions ZEP ont le même niveau à la fin de la première année que les bacheliers mention TB à 18 de moyenne, on ne peut que se réjouir: mais n’est-ce pas le meilleur argument en faveur du système défendu par la CGE? Si le niveau est indépendant du milieu social, pourquoi tout le monde ne passerait-il pas le même concours?

C’est dire que Richard Descoings est sur ce sujet à la fois malhonnête et contradictoire. What do you think?

@ Dexter

« Quand Richard Descoings explique que les élèves issus des Conventions ZEP ont le même niveau à la fin de la première année que les bacheliers mention TB à 18 de moyenne »

Votre phrase me dérange dans le sens où vous sous entendez une opposition ( incompatibilité?) entre élèves issus de ZEP et les mentions très bien…
Je vous invite seulement à vous renseigner sur leurs résultats au bac, qu’il préparent tout au long de l’année en même temps que leur entrée à Sciences Po. Vous pourriez être étonné.

Bruce, si les résultats au bac des CEP étaient les mêmes que ceux des autres, ne suffirait-il pas d’étendre la sélection sur mention TB plutôt que de créer une procédure de recrutement spécifique? Là est le sophisme. A vouloir défendre l’idée que ces jeunes ont le même niveau que les autres, on rend superflue la procédure défendue par RD. C’est une question de logique.

Ah non je n’emploie pas le conditionnel, les chiffres et les statistiques sont là! Cependant je ne tiens pas à comparer le niveau d’Henri IV avec certains lycées de banlieue et même la majorité pour être honnête. Même si l’on sait les méthodes de certains grands lycées parisiens pour obtenir des résultats si brillants, tel que écarter les élèves susceptibles de faire passer le taux de réussite de 98,8 à 98,7%.
Je pense sincèrement que la majorité de « ces jeunes » ont le même niveau que « les autres ». Ils le prouvent par le travail et leurs résultats aux différents partiels et examens qui sont les MEMES pour tous, certains ont fini major de leur promotion. Je dis bien la majorité car il est vrai que certains se cassent vraiment la figure par manque d’adaptation ou de préparation tout simplement. C’est là que je vous rejoins: agir en amont, pas forcement au lycée ce qui serait titanesque et ne se ferait pas en quelques mois mais à l’échelle des prépas. Ainsi tous auraient la possibilité de passer le concours avec un écart de chances de départ réduit.
Concernant les TB, je crois qu’a la base la voie par mention très bien était un peu « exceptionnelle » elle est aujourd’hui victime de son succès. La voie TB comporte seulement un entretient, la voie zep comporte un dossier à monter sur plusieurs mois, un oral d’admissibilité, un deuxième dossier à préparer pour les admissibles et enfin un autre oral devant un jury composé de professeurs de sciences po et de personnes du monde du travail(DRH en général).Les faire tous passer par la première option réduirait la difficulté de l’épreuve, ce dont vous ne voulez pas je suppose. Vous avez dit sophisme?

Bruce, votre tentative sur la difficulté comparée du recrutement sur mention TB et de la voie « Convention ZEP » est un paralogisme de désespéré. Je n’y répondrai même pas. Pour le reste, nous tombons partiellement d’accord mais encore une fois: s’il est vrai qu’il suffit d’un an pour que les élèves issus de ZEP puissent égaler ou dépasser en niveau les élèves des grands lycées, pourquoi ne pas argumenter en faveur du système proposé par la CGE? Et si ce n’est pas le cas… alors il est contradictoire de jouer les mères-la-vertu effarouchées sur le thème: « comment peut-on dire que la diversification sociale va faire baisser le niveau? », avec la larme à l’oeil et le poing serré. Si vous le souhaitez je vous propose de continuer la discussion sous le post de Philippe qui a précisé et complété l’argumentation que je propose.

@ Dexter.
Richard Descoing n’a jamais dit que le niveau était homogène entre élèves sortant de ZEP et élèves sortant de lycées parisiens, au moment d’entrer dans l’enseignement supérieur. Personne ne le dit par ailleurs, puisque c’est faux: les derniers cités sont largement avantagés par leur vécu social et éducatif, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont très représentés dans les grandes écoles.
Le niveau est extrêmement dépendant du niveau social. Ce qui en est indépendant, c’est le potentiel de chacun, qui ne peut s’exprimer que dans des conditions favorables. Faut-il sélectionner les gens sur leur potentiel ou leur niveau ? Le potentiel me répondrez-vous, puis qu’après deux ans de formation, celui-ci se sera exprimé et le niveau sera devenu ce qu’il aurait du être.

Mais ce n’est pas ce que font les concours: eux, ils demandent à des individus avec des vécus complétements hétérogènes de faire preuves des mêmes capacités. C’est injuste. Un système de quotas permet de donner leur chance à tous, et les résultats à la fin du cursus en son la preuve: il n’y a plus de différence de niveau, le potentiel de chacun à pu librement sortir au grand jour.

Quentin, s’il suffit de deux ans aux élèves des CEP pour que leur potentiel rejoigne leur niveau, pourquoi ces deux ans ne pourraient pas être ceux de la classe prépa? Pourquoi l’idée d’une préparation plus soutenue au concours ne pourrait être retenue pour atteindre cet objectif? Alors tout le monde pourrait passer le même concours. C’est exactement ce que demande la CGE. Et surtout, vous avouez ce qu’en fait Richard Descoings refuse de dire et que l’on stigmatise dans le discours du président de la CGE: il y a bien une difficulté liée à l’hétérogénéité des niveaux. Encore une fois, deux possibilités: les quotas, ou une préparation renforcée à des concours qui seraient les mêmes pour tous. Les quotas, c’est la solution SciencesPo, que depuis 2001 aucune école ni en France ni à l’étranger n’a voulu imiter. La préparation renforcée, c’est la solution républicaine. Pourquoi la CGE devrait être conspuée parce qu’elle est plus républicaine que Richard Descoings?

Là, vous vous surpassez. Vous apparaîssiez comme un mégalomane, démagogue et bluffeur avec un joli talent de communicateur. On voit maintenant que c’est plus grave : vous êtes un menteur pervers. Récapitulons.
1) Vous avez dépensé une énergie exceptionnelle depuis trois jour sur tous les médias pour faire croire au bon peuple que la CGE avait dit, « non aux boursiers » par haine des pauvres, alors que celle-ci a dit « oui aux boursiers, mais non aux passes-droit des quotas ». Bien entendu vous êtes trop bien informé pour ne pas avoir compris la logique de la position de la CGE. C’est donc volontairement que vous avez répandu cette interprétation calomnieuse. En expert de la communication, vous l’avez renforcée par la diffusion des prises de position « scandalisées » de ceux qui, eux, n’avaient pas lu le texte de la CGE (il ya une bonne raison, ce texte n’est pas public) mais n’avaient entendu que la version tordue que vous en donniez.
2) Non content de cet exploit communicationnel, hier vous avez eu l’audace de dire à France Inter « mais personne n’a jamais parlé de quotas », en suggérant que c’était une invention de la CGE. Or vous savez fort bien que la CGE n’a fait que réagir à une menace de création de quotas de boursiers applicables dans chaque école. Idée qui circulait entre les administrations et les cabinets de Luc Chatel, Valérie Pécresse et Yasid Sebag depuis octobre 2009. Luc Chatel a d’ailleurs confirmé mardi 5 sur France-Info qu’il considérait que les « quotas » étaient « la seule solution » pour démocratiser les grandes écoles.
3) Vous passez à l’échelon supérieur de la calomnie avec votre question faussement naïve : « Quelle mouche a piqué la CGE ? ». Mesdames et Messieurs, non seulement ces affreux réactionnaires de la CGE ne veulent pas des pauvres dans les grandes écoles, non seulement ils on pris position contre les boursiers alors que personne ne leur demandait rien ni ne parlait de quotas, mais c’est par goût pernicieux de « l’outrage social » qu’ils ont choisi d’agiter le « chiffon rouge » de leur refus devant les pauvres méritants.
Il fallait l’inventer. Vous l’avez fait.
Les hommes politiques mentent souvent, mais sont peu créatifs. Ils parlent la langue de bois, qui est au mensonge ce que le code civil est à la littérature. Une misère. Vous, vous êtes un artiste de la calomnie, ce mensonge créatif qui donne des frissons de plaisir à celui qui l’invente, en un mot, un pervers.

Philippe, quand il ne reste plus comme argument que de traiter son « adversaire » de pervers … c’est que le débatteur est un peu perdu. Je ne vous en veux pas mais c’est un peu triste. Au fait, c’est quoi un « pervers » pour vous ?

Par ailleurs, est ce que oui ou non c’est la Conférence des grandes écoles qui a lancé son brûlot fin-décembre/ début janvier ? Est ce que François Pinault et Alain Minc ont pris publiquement la parole pour condamner sans réserve la position de la CGE dans Le Monde ? Est ce que le Gouvernement a tort de vouloir reprendre un processus de démocratisation des futures élites professionnelles alors que depuis 3 décennies on assiste au phénomène inverse : plus la démocratisation gagne le lycée, plus les grandes écoles se recroquevillent sur une base sociale beaucoup plus étroite aujourd’hui qu’il y a 30 ans ???

Monsieur Descoings, je ne vous ai pas « traité » de pervers, j’ai démontré votre comportement pervers. Selon Le Robert le pervers est celui qui se plait à faire le mal ou à l’encourager. Celui qui ment et calomnie publiquement de façon répétée et opiniatre, ce que j’ai démontré, peut donc être qualifié de pervers.

Vous me posez des questions. Je vais y répondre. Mais le lecteur peut constater que vous vous êtes bien gardé de contester les faits et les mensonges que je dénonce dans mon poste précédent. Vous préférez faire diversion. Ca se comprend. Venons à vos questions.

1) Est ce que oui ou non c’est la Conférence des grandes écoles qui a lancé son brûlot fin-décembre/ début janvier ?
La CGE a annoncé à cette date être opposée aux quotas obligatoires de boursiers par école dont le projet se faisait jour au gouvernement. C’est vous qui en avez fait un « brûlot » en disant que les grandes écoles étaient anti-pauvres.

1) Est ce que François Pinault et Alain Minc ont pris publiquement la parole pour condamner sans réserve la position de la CGE dans Le Monde ? Peut-être considérez-vous ces auteurs comme des autorités morales, pas moi. Mais ce sont les premières victimes de votre calomnie. Ils n’ont pas lu le texte de la CGE et réagissent à la version mensongère que vous en avez donnée. De nombreuses autres réactions indignées ont eu la même source. Votre blitzkrieg médiatique contre la CGE est un réussite totale, qu’on enseignera aux apprentis lobbyistes. A ce détail près qu’elle est une honte morale.
2) Est ce que le Gouvernement a tort de vouloir reprendre un processus de démocratisation des futures élites professionnelles, (etc.) ? Bien entendu non. Il est indispensable d’ouvrir davantage le recrutement des grandes écoles, à commencer par l’ENA, alimentée presqu’exclusivement par des bourgeois blancs-bleus passés par ScPo. Mais est-ce que cela doit passer par une voie, les quotas, qui détruit la logique des concours républicains et méritocratiques ?
a. Vous avez fait ce choix pour ScPo. Rappelez-vous, vous avez dû expliquer que c’était une expérimentation pour que cela passe juridiquement. L’ennui est que l’exprience n’a jamais été évaluée sérieusement (je mets à part vos proclamations d’autosatisfaction). Et à supposer que l’expérience soit positive, ce qui vaut pour ScPo, qui n’est pas une GE, ne vaut pas automatiquement pour celles-ci.
b. Quelle légitimité avez-vous, comme directeur de ScPo, à décrêter ce que doit être la politique de recrutement des GE, dont ScPo ne fait pas partie et dont vous ne faites que dire du mal ? Si vous avez un « projet politique », démissionnez et engagez-vous en politique (c’est sans risque pour le Conseiller d’Etat que vous êtes) plutôt qu’entraîner dans vos prises de positions mensongères l’image de ScPo, que vous prenez en otage.
c. Enfin et surtout ce n’est pas parce que l’objectif de démocratisation est juste que vos mensonges et calomnie sont justifiables.

A Philippe …et a ceux s apprécieront ou non comme ses semblables,

Il y a Sciences Po, et certainement dans d autres écoles, plusieurs voies d entrée, et ce, a divers niveaux du cursus. En procédant via des types de sélection différents, et qui ont tous en commun un haut degré d exigences, il est permis la sélection de talents multiples et divers. Harvard ou LSE en sont de bons exemples

Notre système éducatif (tout du moins au niveau supérieure, pour le moment !) vit l’internationalisation comme une absolue nécessite de notre temps, celui de la mondialisation.

Très certainement nous rendons nous compte en France, avec un léger retard (cf. les indicateurs économiques des 20 dernières années en chute libre, le rayonnement moindre de la France a l échelle mondiale…), du besoin si crucial d une meilleure compréhension du monde….afin de rester compétitifs et pourquoi pas être a nouveau perçue comme un modèle.

L internationalisation de nos écoles (accueil d étudiant étrangers, multiplication des échanges, développent de nos bibliothèques, d infrastructures, de centre de recherches…) participe de cette exigence. Ainsi favorisant nous de plus en plus l entrée d étrangers via des sélections spécifiques au sein de nos écoles ! …..Incroyable !!

Y a t il pour autant débat quant a des quotas ? Y a t il baisse de niveau ?

Non et non…

Non, car l internationalisation et encore une fois une richesse et un besoin. Non, car les étudiants internationaux sont de brillants individus, et ainsi est facilite un fructueux échange mutuel avec nos étudiants nationaux ….et qui sera tres certainement utile pour leur carrière future.

Tout comme l ouverture internationale de nos écoles, l ouverture sociale réponds de la même exigence d altérites et d excellences. Tout comme notre pays a besoin de connaitre le monde pour mieux nous faire progresser, notre pays a besoin de mieux se connaitre pour préparer au mieux l avenir. Ainsi le mouvement d ouverture internationale de nos écoles est indissociable de l ouverture sociale.

L argument des quotas ne tient pas ! Comment d un cote s enorgueillir que de jeune esprits brillants New Yorkais, Londoniens, Brésiliens, Tokyoïtes s assoient sur nos bancs d écoles et partagent ainsi leur différentes richesses….et de l’autre s offusquer que sur les mêmes bancs s assoient de jeune esprits tout aussi brillants du 93 ? N ont t il pas, ces jeunes qui ont vécu dans les milieux les plus multiculturelles, microcosmes de la mondialisation, des richesses à partager ? Quel paradoxe !! Comment penser qu’une altérité serait meilleure qu’une autre ?

Certains se targuent d esprit ouverture et d’autres se défendent de ne pas en manquer. Pour différentes raisons ils voyagent entre NY, Rio, Tokyo et Sydney…ou car confortablement assis derrières leurs écran a Londres ou Singapour. Ni la capacité d’ouverture d esprit, ni l altruisme, ni même la compréhension du monde ne serait être juge a un nombre de tampons sur un passeport et /ou a un statut social !!!…

Ni l’intelligence, le gout pour la curiosité, l initiative et l entreprenariat, (qu’on appelle ailleurs la débrouillardise) ne serait être le monopole des bien nait ; ni même la non assimilation de certains codes (car pour diverses raisons, inégalités face a cet apprentissage), ne serait être une barrière infranchissable a la réussite.

Nul besoin de revenir sur le non neutralité de nos concours ……Etre ne quelque part est toujours un hasard… et conditionne fortement … mais n’enfermera jamais totalement un individu dans une condition. Quitte a déplaire a certain !

Cher Rachid,
Vous prêchez un convaincu. Je suis totalement pour l’ouverture des rectutements, etc.
Mais vous n’avez pas compris deux choses :
1) Appliquer des quotas est techniquement impossible dans un vrai concours. Appliquer des les quotas c’est donc soit créer un concours parallèle en discriminant sur un critére social par exemple, ce qui est contraire au principe d’égalité, soit renoncer au système du concours. C’est ce qui explique la position de la CGE. Elle ne veut pas des quotas parce que toute l’histoire et l’identité des grandes écoles fait une place centrale au concours égalitaire. Ce qui n’empêche pas des gens comme moi de penser que les GE sont coupables de ne pas avoir fait évoluer leurs concours pour faciliter l’ouverture. Richard Descoings sait très bien ce qu’il fait. En fait son rêve est de détruire le système des concours des GE. Puisqu’il ne peut pas les battre « à la loyale », il essaie de les affaiblir.
2) Il ne faut pas confondre la fin et les moyens. On peut, comme moi, être diplômé de ScPo, être fervent partisan de la démocratisation des grandes écoles et être scandalisé par les mensonges et les calomnies de Richard Descoings dans cette affaire. Voir mes notes précédentes.

Philippe, vous avez mis au jour les mensonges de Descoings avec un raisonnement implacable. Je l’avais fait quelques lignes au-dessus de vous, mais avec peut-être moins de brio. Merci en tout cas. Pour ceux qui auront pris le temps de vous lire, ou de nous lire, apparaitra l’incapacité totale de Descoings à se situer sur le plan du débat argumenté (ou en dehors des slogans mensongers en direction des journalistes ou des donneurs de leçon trop pressés comme A. Minc et F. Pinault).

Merci de ce commentaire, Dexter, et surtout de votre vigilance. Nous ne sommes pas assez nombreux à dire que soutenir et aimer ScPo n’est pas soutenir Richard Descoings, qui fait honte à ScPo.
Deux remarques supplémentaires :
- Il est pour moi d’une tristesse infinie de constater que si aucun professeur de ScPo ne soutient RD, aucun n’a le courage de dénoncer son attitude indigne. Voilà ce qu’est devenu la liberté académique à « la cour du roi Richard » selon la juste formule de Jade Lindgaard dans son enquête publiée sur Médiapart
- Plus fondamental, les Présidents d’Université prennent leur distance avec les positions de RD. Loin de condamner la position de la CGE, la Conférence des Présidents d’Université (CPU) se réjouit du rapprochement en cours entre universités et grandes écoles et vient de qualifier la polémique activée par RD de « futile » (http://www.cpu.fr/Lettre_du_8_janvier_2010_n.955.0.html).
On comprend mieux l’agitation pathétique de RD, dont la politique a fait de ScPo une institution fragilisée, ni grande école, ni université en France. Hors de portée des accréditations internationales (alors que Dauphine a obtenu l’accréditation européenne Equis). Et totalement dominée dans les classements internationaux (même pas dans les 200 premières universités européennes dans le classement du Times Higher Education).
Richard Descoings a échoué. Seule la formidable machine de communication qu’il a constituée lui permet encore de faire illusion.
Mais l’heure de vérité approche.

En faisant une petite recherche sur Google, je suis tombé sur un texte qui semble plein de bon sens. Voici le lien:
http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=4812&Itemid=111
Bonne lecture

Cet article ne comprend pas un point fondamental: on ne demande pas aux Grandes Ecoles de réparer la totalité des échecs du système éducatif sur l’ascenseur social.

On leur demande simplement de continuer a recruter les meilleurs élèves mais sur une base sociale élargie. Pour cela, elles doivent faire évoluer leurs outils de sélection.

Ce n’est pas la même chose que de leur demander de prendre des élèves moins bons.

Oui, il faut demander aux GE de faire évoluer leurs outils de sélection pour recruter sur une base sociale élargie. Elles ont eu tort de ne pas le faire d’elles-mêmes.
Mais leur imposer des quotas, c’est très différent. C’est précisément leur demander de prendre des élèves moins bons. S’ils étaient assez bons, il n’y aurait pas besoin de quotas. Est-ce clair pour vous ou faut-il que j’explique davantage ?
Et la politique du gouvernement revient effectivement à demander aux GE de réparer les échecs du système éducatif sur l’ascenseur social. Les GE ne demandent que ça d’avoir plus de bons candidats. Le problème est qu’avoir plus de bons candidats des classes défavorisées exige de rendre plus efficace et plus juste socialement l’ensemble du système scolaire. Ce qui suppose de le réformer, d’en augmenter les moyens, d’augmenter le nombre et le montant des bourses. Les GE ne peuvent rien à ce niveau. C’est l’affaire du gouvernement. Celui-ci trouve que cela coûterait trop cher. Que ça coûte moins cher et que ça fait illusion d’imposer des quotas aux GE. CQFD.

@ Philippe,

Cette histoire de quota n’est pas encore tout a faire claire dans mon esprit. Il me semble que les 30% ne sont pas un quota mais un objectif relativement souple. Mais laissons cela de cote pour l’instant.

Je ne suis pas d’accord avec toi sur le fait que cet objectif ou quota impose de prendre des élèves moins bons. Si tu considères que l’outil de sélection actuel est inefficace puisqu’il ne sélectionne pas les meilleurs éléments de la population mais seulement les meilleurs éléments d’un de ses segments, alors le fait de passer a un outil plus approprie ne fera pas baisser le niveau.

Ce débat est conditionne par le fait de croire ou non en l’efficacite de l’outil de selection actuel. Si celui-ci est efficace, effectivement un objectif de 30% ferait baisser le niveau des élèves. Si ce n’est pas le cas, il n’y a pas de raison de penser que cet objectif devrait faire baisser le niveau.

@BJD: « l’outil de sélection actuel est inefficace puisqu’il ne sélectionne pas les meilleurs éléments de la population mais seulement les meilleurs éléments d’un de ses segments »: c’est cela qui n’est pas clair! En quoi les épreuves de maths et de physique de Polytechnique sélectionneraient-elles les « bons » favorisés et non les « bons » moins favorisés? D’ailleurs la proportion de boursiers dans les GE n’est pas si négligeable… Alors, reconnaissons-le: le biais social est lié au manque de préparation en amont. La mixité sociale, il faut la promouvoir dans les prépas d’Henri-IV. Pas par un système de quotas anti-républicain.

@ Dexter,

C’est une ambigüité voulue. Les outils de sélection doivent etre analysés école par école.
Et sans avoir fait cette analyse, je pense en effet qu’il est plus difficile d’affirmer que les épreuves techniques sont socialement discriminantes que celles reposant sur le vécu social.
Cela étant dit, les élèves venant d’universités étrangères pour étudier a l’X sont ils tous moins bons que les Français? Ils ont pourtant été sélectionnés par d’autres méthodes.

Je partage également ton analyse sur les biais sociaux en amont des concours. Pour autant, pourquoi ne pas agir a la fois en amont et en aval? Ameliorer l’outil de selection des meilleurs n’est pas antirepublicain, bien au contraire.

Les choses sont compliquées à comprendre parce que le gouvernement a plusieurs voix. Luc Chatel et Yasid Sebag se sont prononcé sans ambigüité pour des quotas. Valérie Pécresse, après avoir hésité, a finalement choisi de dire que les 30% de boursiers étaient un objectif.
La différence est essentielle : l’objectif est indicatif, le quotas est obligatoire. Or le quota est contradictoire avec un concours. Les examinateurs à l’X ou à l’ENS ne savent pas qui est boursiers quand ils corrigent une copie anonyme ou quand ils interrogent à l’oral. Les candidats sont classés selon le total de leur notes, les x premiers sont admis. Et c’est seulement à ce moment qu’on peut savoir combien il y a de boursiers parmi les admis. Fixer un quota rend obligatoire, s’il n’y a pas spontanément assez de boursiers admis, d’affecter des places à un deuxième concours réservé aux boursiers. D’où la rupture de l’égalité, car si ce concours est nécessaire, c’est que certains de ces boursiers au moins ont un niveau inférieur aux candidats du premier concours. Donc des candidats moins qualifiés ont pris la place de plus qualifiés. Ce sont les multiples recours contre cette injustice, construite avec de bonnes intentions, qui ont conduit à l’abandon des quotas aux USA.
@BJD ne pas confondre un concours avec les procédures opaques type scpo. A l’X les candidats étrangers sont aussi sélectionnés selon le principe d’un concours (jury indépendant, épreuves, notes, classement, admission d’un nombre fixé à l’avance, etc.). Certaines écoles ont autant de voies d’entrée que ScPo, mais ce sont des concours sur mérite, donc incompatibles avec des quotas sur critères extra-scolaires.
Il faux adapter les concours, pas les détruire. C’est un acquit de la Révolution. Qui veut revenir à l’ancien régime, au népotisme et aux passes-droits ?
Le vrai problème est en amont. S’il n’y a pas assez de boursiers de bon niveau c’est que l’école n’a pas rempli son rôle. Ce n’est pas la faute des grandes écoles si la moitié des enfants d’ouvriers n’atteignent pas le niveau du bac, si beaucoup de bacheliers ne maîtrisent pas la langue française et encore moins l’anglais.

@ Philippe,

Tout a fait d’accord avec toi sur le point des quotas. Je pars du principe qu’on parle ici d’objectifs. Et je considère ces objectifs raisonnables.

Je ne suis cependant pas d’accord avec ton jugement sur les concours actuels. Tu pars du principe que ceux-ci sont justes et fondés (uniquement) sur le mérite. Clairement, si tu penses cela, il n’est nul besoin de reforme. Mon point de vue est que ces derniers ne capturent pas uniquement le mérite (même si tous les admis sont clairement méritants). Les statistiques semblent démontrer ce point, sinon la question ne se poserait pas.

Deuxièmement, je n’accepte pas non plus l’idée que la prise en compte de critères extra scolaires soit incompatible avec le mérite. Ne penses tu pas, par exemple, qu’avoir réussi une scolarité brillante et une classe préparatoire sans avoir ni d’argent ni les clés du système démontre un certain mérite?

Enfin, arrêtons d’opposer amont et aval. Les deux sont nécessaires, d’autant plus que l’aval n’est pas neutre sur l’amont. En outre, on ne demande pas non plus aux Grandes Ecoles de recruter des étudiants qui n’ont pas le brevet des collèges. Juste de sélectionner les plus méritants d’entre eux independament de leur milieu social, ce qui n’est pas le cas actuellement.

@BJD
Si tu parles d’objectif il n’y a plus de problème. Les grandes écoles sont d’accord sur ces objectifs, elles étaient seulement en désaccord avec le fait de satisfaire cet objectif par le moyen de quotas contraignants par école. C’est Richard Descoings qui a fait croire le contraire.

Il y a malentendu entre nous sur le mot mérite. Tu l’interprètes au sens moral (être méritant) alors que je l’ai utilisé au sens habituel pour désigner les concours sur épreuves, au sens « performance académique ». Dans ce sens les concours (tous différents et tous imparfaits) sont fondés essentiellement sur le « mérite »comme performance académique, la personnalité et des aptitudes comportementales étant prises en compte aussi à l’oral dans beaucoup d’écoles. Mais les concours sélectionnent indépendamment du milieu social, contrairement à ta dernière phrase. Le problème vient de ce critère n’est pas « justes » au sens social, puisque la capacité à atteindre la performance requise est fortement influencée par le milieu social. Contrairement à ce que beaucoup disent ce ne sont pas les gosses de riches les plus favorisés, mais les enfants d’enseignants. Ce qui montre la nécessité impérieuse d’agir en amont.
Il faut que les GE prennent leur part du fardeau, certes, mais il faut rappeler les limites de l’exercice. On ne va pas demander aux GE de prendre plus de boursiers qu’il n’y en a parmi les bacheliers. Et les GE c’est 6% des étudiants. Si on veut renforcer la diversité dans les fonctions supérieures, la solution majeure passe par les universités.
Merci de cette conversation.

Je suis complètement d’accord avec vous pour dire que le système à besoin d’une réforme en amont des grandes écoles, qui ne sont que le dernier maillon de la chaîne et doivent donc assumer les déficiences de l’ensemble du système. Néanmoins une telle réforme sera forcément longue et surtout difficile à mettre en place, comme c’est le cas pour toute les réformes scolaires. Du coup, au nom de l’efficacité et du réalisme, n’est-il pas préférable de biaiser avec les concours ? Et si on accepte ce principe, au moins en attendant une réforme, c’est à la fin du système qu’il faut agir, puisque c’est là que se joue finalement la réussite ultérieur (plus personne ne regarde le reste de votre parcours scolaire quand vous sortez de polytechnique).

Philippe,

Je note que pour vous les personnes qui s expriment de façon simple et claire sont soit des  »pro de la communication » soit des  »Tartuffe »…

Je réponds à vos deux points :

1/ Nous sommes d accord sur le fait que les quotas ne sont pas une solution. Mais encore une fois, pourquoi vous obstinez vous sur les quotas ? Il n y en a pas!!! Un chiffre, un objectif n’est pas un quota. Il n est pas question de faciliter ni de favoriser l entrée d étudiants parce que boursiers ou bien nait…. Il y a un constat simple que le pur concours écrit n est pas neutre. Il s agit la d un mythe bien aristo-français!!! Il y a donc choix élargissement du concours à sa base qui permet d apporter un peu plus d égalité afin que nos concours tendent vers l idéal Républicain.

Je suis d accord a 300% voir 400 avec BJD sur l idée qu’effectivement les étudiants qui entrent a Sciences Po via le concours dit classique sont méritants, mais BJD a raison, uniquement sur leur segment!!!!!! Celui des biens nait. Alors on va chercher sur les autres segments discrimines. Encore une fois je fais le lien avec les concours pour étudiants étrangers et étudiants Zep, puisque pour des raisons différentes le concours classique leur est discriminatoire.

Alors quand vous dites « l’histoire et l’identité des grandes écoles fait une place centrale au concours égalitaire”, vous rendez vous compte de votre ineptie ?

2/ Ne pas confondre fin et moyens ? BRAVO nous sommes d accord. Notre ancienne Garde des Sceaux, qui continue a s illustrer a sa manière, est la pour nous le rappeler! Alors si pensez vraiment attendre une réponse du pouvoir politique face a l urgence de la situation c est que soit vous êtes soit un grand naïf soit un doux rêveur ….puisque vous n’êtes pas un bobo vous !

C est bizarre puisque lors de ma scolarité a Sciences Po, j ai rencontre beaucoup de personnes qui défendaient becs et ongles les plus beaux idéaux, l égalité des droits des chances, le pluralisme, le respect des différences mais qui s opposaient a toute forme d actions allant dans le sens de ces combats et de leur présupposé idéaux sous couvert de respect de traditions ou autres …. Si je vous résume : attendons que le gentil pouvoir politique reforme l éducation nationale en amont ! (Peut être espérer vous ne plus être la pour voir cela ?) … Face a l urgence de la situation, l ACTION n est pas urgente ? Je pense que soit vous avec une profonde méconnaissance de votre pays, auquel cas je puis vous aider, soit vous êtes un honnête hypocrite, et la….

Le travail en amont a commence, il y eu une réflexion sur la reforme des lycées qui est certainement encore en évolution. Le travail en aval est complémentaire et non pas oppose comme vous le précisez.

Si vous connaissiez bien votre pays, chose dont je doute, vous rendriez vous compte que le temps de l action est nécessaire. Il s’agit la d un devoir patriotique. Fini le blabla !

Rachid, s’il vous plait, pouvez-vous nous préciser par quelle voie vous êtes entré à ScPo ?

Philippe,

La voie par laquelle je suis entre a Sciences Po ? vous etes bien drole vous…vous etes bien le premier a me poser cette question depuis la fin de mes etudes. Quelles conclusions allez vous tirer selon que ma reponse soit A ou B. Je vous le demande ? Vous rendez vous compte de l idiotie de votre question ??

Les idees de Mr Descoings sont plus que majoritairement acceptes au sein de la Communaute Sciences Po independamment des origines et couleurs politiques de chacun, et ce, jusqu au sommet de l Etat. Les lignes de clivages ne sont pas la ou vous reveriez qu elles soient.

N etes pas de ceux qui sont frustee de l integration au sein de Sciences Po de jeunes de banlieues ?…qui deviennent Diplome en plus!! Sans plus de difficultes que leur camarades ? Mais comment font ils?

Vous avez peur?

@Philipe

Je comprends votre position et vous la défendez avec ardeur. Néanmoins, c’est justement de telles positions qui ont menées au statu quo d’aujourd’hui. Ces débats ont des dizaines d’années, et on en revient toujours au même écueil, le concours qui serait le symbole de la méritocratie (et qui n’est pratiqué nul part ailleurs) contre la sélection sur dossier nid du népotisme et de l’injustice. Ce qui est étrange c’est que ce fameux concours a conduit à avoir en France l’une des mobilités sociales les plus faibles. Beaucoup de gens qui sont contre les quotas ou toutes formes de rééquilibrage social sont en réalité en crise de légitimité. En effet, on leur dit qu’ils n’ont réussi en grande partie grâce à leur milieu social d’origine. Oh ! Quelle infamie ! Je pense que l’humilité serait la bienvenue mes amis car la réussite malheureusement est plus due à la chance et au hazard qu’à un quelconque self made man. Comme le dit très bien Richard Descoings, les Grandes Ecoles ont oublié leurs objectifs, ce n’est pas le rôle de l’X de fournir les traders, les grandes écoles (vous remarquerez qu’il y a école dans le nom) ont un rôle avant tout d’instruction et de promotion sociale au mérite. Mais pas le mérite dans le sens d’un formatage des candidats à des concours qui lorsqu’ils sont sortis du champ du concours ne savent pas grand chose. On pourrait débattre des heures sur « richard descoings est le mal incarné qui veut imposer une vision stalienne aux grande écoles au détriment de la réelle réussite qui n’appartient qu’aux gens issus de milieux favorisés ». Vous êtes comme tous ces gens qui dès qu’ils entendent parler de vraie justice sociale ont le reflexe pavlovien du « non à la rupture de l’inégalité ». Alors même que cet égalitarisme français fait de la France un pays profondément inégalitaire. Ajoutons un peu d’équité et peut être un jour, on pourra parler de mérite…

Cher Vendetta,
Il semble que vous n’avez pas suivi le débat depuis son début. La discussion sur le mérite dans les concours n’est qu’une annexe à la question sur laquelle je suis intervenu : les calomnies répandues par Richard Descoings sur la CGE et les grandes écoles en général pour les discréditer sur le plan de la morale sociale. Permettez-moi de rester sur ce terrain.
Richard Descoings a le droit d’être partisan de la discrimination positive et de l’appliquer à ScPo. Il n’a pas le droit de calomnier la CGE, en lui faisant dire exactement le contraire de ce qu’elle a dit, pour la clouer au pilori médiatiquement. D’autant que la réalité de sa pratique est en totale contradiction avec les « idéaux » qu’il prétend incarner. Savez-vous que les élèves de ZEP, dont il n’arrête pas de parler, ne représentent que 5,5% des étudiants de ScPo ? Et qu’à côté il recrute en masse dans les lycées français à l’étranger, qui sont les repaires des enfants de diplomates et de la haute société locale ? Que les droits de scolarité ont été multipliés par 10 sous sa direction ? Que 66% des étudiants de ScPo appartiennent aux 10% des familles les plus riches de France ? Le ScPo de Richard Descoings, c’est un peu de pauvres, pour la façade « sociale », et beaucoup de super-riches.

Richard Descoings n’est donc pas pour moi « le mal incarné » parce qu’il attaque les concours. Ca, c’est la critique qu’il adore, car elle fait de lui le Saint Sébastien de la diversité. « Regardez le martyre que je subit pour la cause de la justice sociale ». Emotion dans les chaumières. Je n’ai pas non plus de « réflexe pavlovien » me conduisant à nier les injustices sociales liées à la pratique des concours. J’ai plutôt le réflexe contraire. Et je suis tout à fait partisan d’ « ajouter un peu d’équité », et même beaucoup dans le recrutement des GE. Mais pas sur la base de contre-vérités et avec des pseudo-solutions qui ont pour vrai objectif la destruction ou l’abaissement des grandes écoles.
Pour résumer, les GE ont eu tort de ne pas agir plus fort, plus tôt. La CGE a été nulle en communication face à un pro tel que Descoings. Mais cela ne saurait servir d’excuses aux calomnies et aux manipulations de ce Tartuffe, qui doivent être dénoncées.

Quand on parle de réflexes pavloviens, c’est que l’on refuse le débat. Non, parler de justice sociale ne suffit pas pour ranger vos opposants dans la catégorie des machines.
« Le rôle de l’X n’est pas de fournir des traders. » Former les gens au mérite c’est bien, mais après la formation il faut sans doute leur trouver un métier. Et vous insistez sur les traders, mais ils fournissent aussi ceux qui dirigeront les plus grandes entreprises du pays.
Mais le débat est tout de même assez comique : d’un côté la CGE annonce qu’elle ne veut pas d’un quota de 30% pour ne pas faire baisser le niveau, mais qu’elle attend que la démocratisation des prépas conduisent à une démocratisation des GE. Et de l’autre côté RD annonce que les GE refusent de se démocratiser par peur des pauvres et attachement dogmatique au concours. tout le monde est d’accord sur le fond : il faut démocratiser, le vrai débat devrait porter sur les mérites de la discrimination positive (u négative envers certains, cela dépend du point de vue)face à la démocratisation de la prépa. Et le choix de l’opinion publique est rapide : on ne touche pas au concours. D’où la nécessité de détourner le débat sur les boursiers refoulés à l’entrée des GE. (comme dans toutes les formations longues dans le supérieur, même en université, et donc même sans sélection).
À qui le « crime » profite ? À R.Descoings, bien sûr. La question est de savoir ce qui se cache derrière cette manoeuvre. Une bonne publicité pour remplir les nouveaux campus ? Un objectif personnel ?

Vous touchez juste à mon sens et d’autres avant vous on mis le doigt sur le dessein poursuivi par le Directeur. Absent des classements internationaux, ne pouvant lutter face aux meilleures écoles de commerce (et Dauphine), également derrière les facultés de droit, le Celsa et autres, M. Descoings tente de bouleverser le système le moins mauvais espérant ainsi tirer profit du « souk » engendré.
Pendant ce temps, universités et grandes écoles se rapprochent pour mettre en commun leurs qualités respectives, pour exemple:
http://www.u-psud.fr/fr/news/2009/double_diplome.html
J’avais écrit ici même pour dire à M. Descoings combien sa propension à l’ »hégémonie » allait conduire Sciences Po dans le mur. A se mettre l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur, il va réussir une seule chose: ternir l’image de l’Institution qu’il prétend promouvoir…
Tant pis…

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