Beau chahut sur les grandes écoles

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Il est d’usage de déplorer l’insuffisante sérénité de certains débats trop enflammés, voire leur nocivité. On n’en dira pas autant de celui qu’a soulevé la réaction négative des dirigeants de grandes écoles, révélée le 28 décembre par « Les Echos », à un hypothétique quota de 30 % d’élèves boursiers qui pourrait leur être imposé. Quels que soient ses excès, ce débat est salutaire parce qu’il porte sur un vrai sujet sur lequel la France doit avancer d’une manière ou d’une autre : la diversité sociale du recrutement des grandes écoles, et notamment des plus grandes, n’a pas progressé et a plutôt eu tendance à régresser. Ceux qui refusent ce débat « méconnaissent le grondement qui vient du fond de la société », écrivent justement Alain Minc et François Pinault dans un point de vue d’une rare vivacité adressé au journal « Le Monde ».

Il est exact que les grandes écoles, avec plus ou moins d’enthousiasme, ont commencé à donner des signaux positifs aux élèves moins favorisés par l’origine sociale. Elles avaient sans doute raison de percevoir une menace de quotas dans ce qui n’était pour le moment que des objectifs dans la bouche de la ministre de l’Enseignement supérieur. Il est techniquement vrai que de tels quotas créeraient un recrutement à deux vitesses s’il n’y a pas assez de candidats boursiers. On pourrait même s’inquiéter de la pertinence du critère choisi et de ses possibles manipulations. Pierre Tapie, patron de l’Essec et président de la Conférence des grandes écoles, a certainement raison de mettre en cause la filière scolaire, qui n’encourage pas assez les élèves à fort potentiel d’extraction modeste. D’autres que les responsables des grandes écoles pourraient aussi critiquer les entreprises qui ne donnent pas assez leur chance aux profils atypiques. Certains disent également que le débat est dépassé parce que les grandes familles n’envoient plus leurs enfants dans les écoles françaises.

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Jean Claude Hazera

3 commentaires

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Bonjour,
Dans ce débat j’ai le sentiment qu’on oublie les finalités réelles de chacune des filières sélectives ainsi que le contenu de l’enseignement sanctionné par les masters 2 en cause qui restent dieu soit loué contrairement au baccalauréat une référence y compris à l’international. Polytechnique, HEC, droit et médecine ne se donnent pas comme objectif de former des grands dirigeants, des ministres, ni même des présidents de l’EPAD. Pour ces métiers-là de telles formations ne sont pas indispensables même si une réelle discrimination positive est nécessaire. Par contre nous avons besoin de bons médecins et chirurgiens, de scientifiques d’excellence, de juristes experts et de cadres supérieurs commerciaux performants. On ne modifiera donc pas par conséquent quelque soit le parcours d’entrée et quelque soit le niveau toujours déclinant du secondaire, le contenu des formations, qui durent 5 ans et non 3 lorsqu’on parle des GE puisque les GE se situent dans le prolongement de la prépa (faute de quoi d’ailleurs il y aurait incohérence avec le format LMD). Si j’évoque l’X par exemple qui est une formation que je connais (je ne l’ai pas suivie avec l’aide de mon père qui était au chômage lorsque j’ai passé le concours de cette école à la fin des années 70, et où heureusement les élèves étaient payés), il est intéressant d’intégrer davantage d’élèves issus des filières techniques en effet…mais ces élèves ne devront pas décrocher lors des premières compositions de l’école où on vérifiera la compréhension de la mécanique quantique ou de l’analyse stochastique. Il faudra donc nécessairement adapter en conséquence les filières de prépa concernées, voire la terminale S pour y densifier l’enseignement des mathématiques et de la physique en rétablissant tout simplement ce qu’étaient les terminales C et E. Par conséquent le 1er problème est surtout de supprimer toutes les barrières financières (ce dont j’ai bénéficié quand j’étais jeune) et le deuxième problème et de détecter et stimuler les talents très tôt à l’école (ce dont j’ai également bénéficié à l’époque avec mes professeurs du secondaire maintenant morts ou en retraite). Donc ne nous trompons pas de problème (il ne s’agit pas de recruter quelques grands patrons ou ministres) ni de solutions (3 ans après le bac, c’est trop tard).

Hélas nos gouvernants ne semblent pas conscients d’un quelconque problème au niveau du lycée.

Position du ministère donnée au Sénat le 1/11/07 à un sénateur qui s’inquiétait de l’incroyable inflation du nombre de mentions TB au bac ; on est passé de 400 mentions TB en 1967 (pour 130 000 reçus au bac général) à 16 000 mentions TB actuellement pour environ 270 000 reçus au bac général.

» Cette progression importante du nombre de mentions « très bien » et « bien » ne traduit nullement une « dévalorisation » du diplôme. Ce dernier postulat, traditionnellement évoqué ici ou là pour expliquer la spectaculaire progression de la part d’une génération obtenant le baccalauréat depuis une quarantaine d’années, ne repose sur aucune analyse scientifiquement avérée. La croissance du nombre de bacheliers, et parmi ceux-ci, de ceux qui obtiennent une mention, traduit bien plutôt une élévation du niveau de formation dans un contexte où le baccalauréat n’est plus conçu comme un diplôme réservé à une élite scolaire mais favorisant l’acquisition par une majorité d’élèves scolarisés d’une culture indispensable à la compréhension du monde moderne et de ses enjeux. Il convient de rappeler à cet égard que l’objectif fixé par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) à l’horizon 2010 est d’atteindre 65 % d’une classe d’âge au niveau baccalauréat (contre 63,5 % actuellement) « .

c’est quoi une ‘grande famille’ ?

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