Grandes écoles : la polémique va accélérer les réformes

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Prise pour cible, la Conférence des grandes écoles persiste et signe : elle ne veut pas se voir imposer 30 % de boursiers par école. En revanche, elle réfléchit à une éventuelle réforme des concours. Reste à savoir comment doivent évoluer les épreuves.

Trop élitistes, les grandes écoles ? La controverse n’a cessé de croître, ces derniers jours, après la prise de position de la Conférence des grandes écoles (CGE), hostile à l’instauration d’un quota de 30 % de boursiers par école (« Les Echos » du 28 décembre 2009). Une position qui leur avait attiré les foudres de la communauté éducative et leur a encore valu hier, dans « Le Monde » une tribune « indignée » d’Alain Minc et de François Pinault.

L’objet de cette interminable polémique ? Le refus de la CGE d’avancer au même rythme que le gouvernement, qui a fait grimper en deux ans le nombre de boursiers en classes préparatoires à 30 % à la rentrée et souhaiterait voir ce seuil se répercuter rapidement - mais sans quota formel -dans les écoles. Or nul ne sait encore comment se fera la répartition de ces boursiers entre les différentes écoles dans deux ans, une fois qu’ils auront passé les concours. Et les écoles n’ont guère envie d’être logées à la même enseigne. De fait, d’importantes différences demeurent entre elles : les établissements de la CGE comptent en moyenne 23 % de boursiers, mais ils ne sont que 19 % dans les écoles de management (24 % chez les ingénieurs) et moins de 13 % au sein des écoles les plus prestigieuses (HEC, Essec, Polytechnique, Mines…).

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Laurent Albert

2 commentaires

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Mais si, les quotas sont la solution à tous les maux de la société française, la preuve :

France, année 2025. Que ce fut dur ! Mais finalement, le lobbying de la droite libérale et de la gauche communautariste a payé. Désormais, les équipes de football de division d’honneur auront droit à un quota d’accès de 30 % à la sélection de l’équipe de France.
Il y a bien eu quelques protestations, ici et là. Mais le président de la République et ses ministres avaient bien rodé leur rhétorique, portés par plus de quinze ans de pratique quasi générale en haut lieu. Toute contestation de ce nouveau mode de sélection des joueurs était déclarée « profondément choquante ».

Les joueurs de football de division d’honneur ne sont-ils pas aussi méritants que ceux de Ligue 1 ? Sont-ils moins capables de courir, moins dignes ? Non évidemment ! Alors pourquoi faudrait-il perpétuer cette pratique scandaleuse qui consiste à ne recruter les meilleurs que parmi les clubs de Ligue 1 ?
La France populaire, nourrie de jeux télévisés rassembleurs et de fast-food informatique numérique, applaudit en majorité. Après tout, les clubs de division d’honneur étant bien plus nombreux que les clubs de Ligue 1, pourquoi leur refuserait-on l’accès à la sélection nationale ? Les intellectuels français bien en vue et bien en cour se réjouissent, pour la plupart. Quel bonheur d’engranger, au travers de cette décision symbolique, les dividendes de quinze années de combat pour la justice !
Cela avait commencé dès 2010, lorsque le gouvernement et ses affidés avaient décrété que 30 % des étudiants boursiers devraient obligatoirement réussir les concours d’entrée aux grandes écoles, au grand dam du principe républicain d’égalité d’accès au concours (boursier ou non, Blanc ou Noir, fille ou garçon, les critères d’entrée sont les mêmes).
Beaucoup avaient alors protesté, osant jusqu’à suggérer qu’il s’agissait d’une solution antirépublicaine. De misérables pisse-froid, justement brocardés par Richard Descoing sur toutes les radios, s’étaient même permis de dénoncer une mesure démagogique et bon marché, qui cache derrière de grands mots un trivial souci d’économie. Il est moins coûteux d’établir des quotas pour les défavorisés dans les concours, que de lutter en amont contre les discriminations sociales par un encadrement scolaire plus ambitieux et un système renforcé de bourses.
Mais la révolution vers la justice a suivi son cours. Une fois réglé le sort de l’école républicaine, on s’est attaqué à d’autres domaines. En 2014, des pressions croissantes sur la Fédération française de football avaient conduit à diversifier le recrutement des sélectionnés de l’équipe de France à tous les clubs de Ligue 1, renonçant au favoritisme scandaleux qui voyait les grands clubs privilégiés par rapport aux petits. En 2019, ce fut le tour de la Ligue 2.
Désormais, l’équipe de France est plus juste et belle que jamais : avec 30 % de recrutés au niveau division d’honneur, quelle meilleure image de l’excellence du modèle français ? Que les grincheux prennent garde : gare à eux s’ils osent protester au cas où la France perde 12 à 0 contre le Brésil à la prochaine Coupe du monde ! Toute allusion à une baisse de niveau à cause des nouveaux quotas de sélection sera poursuivie devant les tribunaux comme « profondément choquante ».

Sébastien Fath est historien, chercheur au CNRS (laboratoire Groupe sociétés religions laïcités), ancien élève de l’Ecole normale supérieure lettres et sciences humaines.

D’après cet article, les épreuves de culture G sont soupçonnées d’être les plus discriminatoires :http://www.lefigaro.fr/formation/2010/01/06/01015-20100106ARTFIG00422-pecresse-veut-modifier-les-oraux-discriminants-.php

On avait dit la même chose au sujet de l’épreuve de culture G des épreuves d’entrée à Sciences Po, mais il avait été finalement conclu que c’était l’épreuve d’histoire qui paraissait la plus injuste.

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