Pourquoi les universités nationales passent en mode international

Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges

La mondialisation a radicalement bousculé les traditions universitaires. Alors que les universités s’étaient développées partout dans le monde sur un mode national, parfois nationaliste, elles vivent désormais dans la compétition. Et subissent la loi des classements internationaux – ni plus ni moins que le sport. Comme pour les titres olympiques, chacun rêve de faire reconnaître sa discipline, ses règles du jeu, ses héros. Ce culte de la performance n’est pas pour rien dans la volonté de 33 nouvelles universités françaises de franchir le pas de l’«autonomie» à partir du 1er janvier.

Or, jusqu’à très récemment, qu’il s’agisse de la durée des cycles de formation, la nature mono ou pluridisciplinaire des enseignements, la valorisation des diplômes, le moment de l’entrée dans le monde du travail et le retour ou non sur les bancs de l’enseignement supérieur après une première expérience de vie professionnelle, tout différait d’un pays à l’autre, d’un système d’enseignement supérieur à l’autre. Et plus encore les conditions faites aux étudiants : l’accès aux professeurs, les bibliothèques, les logements, les activités sportives et culturelles, l’aide à l’insertion différencient autant les établissements que la qualité des enseignements.

Tout a changé. D’abord, les étudiants qui en ont les moyens, ou plutôt qui ont des parents suffisamment éclairés et fortunés pour leur fournir ces moyens, voyagent, comparent et choisissent. C’est une infime proportion des étudiants de chaque pays, mais c’est celle des meilleurs étudiants, ou, plus précisément, celles et ceux qui occuperont plus tard les principaux postes à responsabilités dans les entreprises, les institutions internationales, les grandes ONG, les médias, et même les administrations publiques. Ces étudiants-là, toutes les universités de rang international cherchent à les attirer, y compris en leur proposant des bourses attribuées sur des critères académiques et pas du tout sur des critères sociaux.

Ces étudiants sont recherchés pour une raison de court terme : ils sont les plus passionnants pour les professeurs et placent le métier d’enseignant parmi les plus captivants qui se puissent imaginer. Pour une raison de moyen terme : les futurs diplômés se feront les hérauts de leur université et constitueront entre eux de solides réseaux d’amitié et de travail. Pour une raison de long terme enfin : s’ils réussissent leur vie professionnelle, les anciens auront peut-être la capacité et l’envie de soutenir financièrement leur aima mater. L’exigence de qualité exprimée par ces étudiants tire ainsi vers le haut toutes les universités… qui peuvent suivre. Et la compétition n’est plus entre écoles d’ingénieurs ou entre écoles de commerce, ou encore entre universités et grandes écoles; le champ de la compétition n’est plus «domestique» mais international.

Tout a changé aussi parce que la réussite dans les domaines scientifiques est devenue le thermomètre de la valeur des universités. Or s’il y a bien une mondialisation réussie, c’est celle de la communauté scientifique internationale. Les travaux de recherche sont évalués à l’échelon de la planète pour toutes les grandes sciences et les technologies de pointe. En mathématique, en physique, dans les sciences du vivant, celles du numérique, en économie, les communautés scientifiques se connaissent, s’évaluent, se rencontrent, débattent. La cote des départements s’établit et n’est jamais acquise. Pour les meilleurs professeurs-chercheurs, un marché du travail mondial s’organise, avec ses spécialités, ses hiérarchies, ses salaires, donc son coût. Pour les découvertes qui se traduisent par des inventions, des brevets se déposent, se défendent, se vendent. Les transferts de technologie ont une origine, un cheminement, une destination.

Et un coût. L’argent qui va à la recherche universitaire est mobile. Bien sûr, chaque Etat veille sur «ses» universités, «ses» organismes de recherche, «ses» savants. A des degrés bien divers, d’ailleurs. Mais l’argent public ne suffit jamais. Les fondations, les entreprises, les particuliers jouent un rôle tout aussi important. Si tel n’était pas le cas, alors pourquoi reprocherait-on à Pierre Berge d’avoir lancé une polémique sur le Téléthon ? Ou pourquoi s’émeut-on de la formidable force de frappe en recherche et développement de Microsoft, Google ou Apple – qui freine considérablement l’accès aux marchés qui en découlent ? L’argent de la recherche va aux meilleurs et seulement aux meilleurs : il est extrêmement concentré – certains trouvent qu’il l’est trop, ne laissant alors pas l’espace de liberté créatrice nécessaire à toute recherche véritablement novatrice. Mais la dispute ne porte que sur une question de degrés…

Dans cette compétition inéluctable, les sciences de l’homme et de la société sont absentes. Celles-là-même qui donnent à réfléchir sur le sens de notre existence, individuelle et collective. Un manque fâcheux.

16 commentaires

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C’est bien dommage que Sciences-Po n’apparaissent pas dans le classement académiques des universités mondiales, parce que l’IEP y mérite sa place. Est-ce parce que ce n’est pas vraiment une université (Grande école, dit-on, c’est un peu différent), ou parce que, comme l’indique la fin de l’article, les sciences sociales sont mises à part? Notons par ailleurs que d’autres écoles françaises comme HEC ou Polytechnique ne figurent pas dans ce classement. Les universités qui y figurent (la plupart américaines) offrent un large panel de cours dans tous les domaines (droit, santé, économie, art, etc), et sont particulièrement reconnus pour certains d’entres eux. C’est quelque chose qui ne se fait pas encore en France ; on rêve des grandes universités « à l’américaine », avec un énorme campus, un choix « à la carte » parmi de nombreux cours et un budget de plusieurs milliards d’euros comme à Yale ou Harvard…

MERCI! C’EST EXACTEMENT LA RAISON QUE BEAUCOUP DE GENS NE COMPRENNENT JAMAIS QUAND ILS VOIENT LES RANKINGS…

Tout est dit : « les étudiants qui en ont les moyens, ou plutôt qui ont des parents suffisamment éclairés et fortunés pour leur fournir ces moyens, voyagent, comparent et choisissent. C’est une infime proportion des étudiants de chaque pays, mais c’est celle des meilleurs étudiants ». Donc le niveau, pour M. Descoings est lié à l’origine sociale… Phrase à noter dans les annales.

Surtout quand elle vient du même Monsieur qui nous explique qu’il a des « hauts le coeurs » si la CGE s’oppose à un quota de boursiers et que ces salauds lient le savoir à l’origine sociale.

Cette polémique permet évidemment d’éviter aux idiots utiles (genre UNEF) et aux imbéciles heureux de ne pas se poser la question du montant des bourses (400 euros sur 10 mois, à peine de quoi ne pas crever). 30% de boursiers, oui mais alors surtout qu’iils n’aient pas les moyens de se concentrer sereinement sur les études et aillent bien se faire exploiter la gueule chez Mc Do.

L’exact inverse du modèle républicain. Et comme la crasse pédagogiste ayant éradiqué la « culture bourgeoise » du lycée, on peut être tranquille pour poursuivre le reproduction sociale des élites en mode incestueux.

Intéressant aussi la fin de l’article pour qui sait lire entre les lignes : le modèle plouto-mondialocrate implique une augmentation des frais d’inscription.

Et tout ce beau monde de gôôche caviar (avec votre ami le recteur de Créteil) va manger dans la main de la Sarkozie.

Magnifique preuve de cette ignoble collusion, de cette fornication répugnante entre la gauche bien-pensante, bobo, larmoyante, dégoulinante, kouchnéro-show-biz d’une part et la droite plouticrate, mondialiste, arriviste, inculte, le droite financière, la droite des beaufs, du bling-bling et des DRH formatés d’autre part.

Tout cela ne me donne pas des « hauts le coeur » mais directement la gerbe, M. Descoings.

@ Rodolphe,

Cessons un peu les commentaires non reflechis sur les droits d’inscription.
Si les frais d’inscriptions garantissent a la fois, une meilleur qualite educative, et plus de justice sociale (pas de frais d’inscriptions et des bourses plus importantes pour les plus modestes), il est difficile de voir en quoi cela represente un recul.

Je te rapellerais que toutes les universites sont payantes, que ce soit de maniere directe ou indirecte. Les vraies questions sont simplement celles du montant absolu de leur ressources et de l’allocation de celles-ci entre les divers payeurs (contribuables, etudiants, anciens, entreprises…)

@ BJD

C’est vrai qu’avec la gôôche, on a bien décérébré la jeunesse sur cette question des droits d’inscription. la lobotomie est stupéfiante. Petit récaputulatif de cette affaire :

En 1980, il y a avait juste 100 balles de frais de dossier (boursiers exonérés) + la sécu étudiante gratuite.

En 1986, on était déjà à 400 balles (Merci Mitt’rand). Quand Devaquet proposa de passer à 800 balles, tout le monde descendit dans la rue (on connaît l’histoire : Malik Oussékine et tutti frutti).

Mais en 1993 – à la fin du mittérandisme corrompu – j’ai payé 1500 balles mais personne n’est descendu dans la rue. Les beaufs trouvaient désormais ça normal : c’était le temps de Ballamou et d’Егор Гайдар (Egor Gaïdar), le libéral-fasciste qui enfonça la Russie. C’était en France le temps du grand retour du conservatisme et de la connerie dont Sarkozy est l’héritier direct.

Et qu’on ne vienne pas me dire que les prix n’ont plus rien à voir ! J’étais gosse mais je me rappelle parfaitement – comme si c’était hier – du SMIC à 4000 balles quand les inscriptions étaient à 400 balles et les piaules à 300 balles ! Aujoud’hui, le SMIC est à 900 euros pour 400 euros d’inscription, et les piaules à 500 euros. Vous le voyez, contrairement aux veaux de Français dans leur majorité, je n’ai pas la mémoire courte, ce qui développe chez moi 2 ou 3 vilaines rancunes politiques.

Que l’on arrête aussi de nous dire que les droits d’inscription sont inéluctables. Cette pensée unique est démentie, encore, dans de nombreux pays (Finlande, Russie par exemple mais aussi l’Ecosse qui refuse pour ses étudiants le système blairo-thatchérien) ; cette conception est encore contestée dans les pays du Nord de l’Europe : ainsi au Pays-Bas, les gens restent attachées fortement à la gratuité et au libre-accès malgré les « réformes » de merde qu’on leur a imposées. Mais c’est vrai que pour les mondialo-ploutocrates, le « Monde » se limite aux Etats-Unis et à la GB.

Enfin, il y a un truc débile avec ces histoires de bourses. Quand les enfants sont mineurs, donc dépendants des parents, on verse des allocs et on assure la gratuité de l’école primaire et secondaire. Mais quand ils deviennent majeurs, on coupe les allocs au moment où il y en aurait le plus besoin ; en plus on définit le coût des études en fonction de la situation des parents alors que les étudiants sont majeurs donc censés indépendants de la situation familiale. C’est profondément débile.

A la limite, là où il faudrait une inscription en fonction des revenus parentaux, c’est dans le primaire et au collège ! Vous n’y aviez pas pensé, hein ? Un peu de maths et de logique vous auraient sorti de votre formatage !

Ceux qui ont créé un tel système kafkaïen, absurde, tordu, avec cette logique inversée et ne sont même pas capables de s’en rendent compte méritent parfaitement la remarque de la prof de maths de M. Descoings : « totalement dépourvu d’esprit de synthèse et incapable de suivre la classe supérieure ». Je la contresigne, en tant que prof de sciences naturelles !!

Le meilleur système, le plus juste, reste la gratuité totale associée à un vrai maillage territorial pour éviter les loyers. L’inverse exact de ce que tous les crétins de tecchnocrasses considèrent comme le seul modèle envisageable et pour lequel « there is no alternative » (gauche poubelle en tête).

@ Rodolphe,

Ma lobotomie ne me donne probablement pas les moyens de suivre ton raisonnement, mais je ne comprends pas en quoi la gratuite totale serait necessairement juste.

1: Ce que tu apelles la gratuite totale est simplement le reglement de la majorite des frais de scolarite par les contribuables. Les benefices d’une education superieure etant en partie, individuels, il ne me parait pas anormal que les etudiants participent a cet investissement.

2: En outre, la « justice » d’un systeme de gratuite pour tous ne me parait pas aller de soi. Il me semble meme qu’il y a plus de justice quand ceux qui peuvent payer financent la gratuite et les bourses des plus modestes.

Ravi de devenir moins « formatte », mais il faut pour cela qu’on me donne des arguments plus convaincants…

Bien a toi,

« Ma lobotomie ne me donne probablement pas les moyens de suivre ton raisonnement »
C’est juste un truc tout simple : vous prenez les étudiants pour des gosses à charge des parents et en couche-culottes ; moi j’y vois des jeunes adultes, je ne vois donc pas en quoi le revenu des parents compterait après 18 ans.

« mais je ne comprends pas en quoi la gratuite totale serait necessairement juste. »
Tout simlplement parce que les parents peuvent refuser des études aux enfants ou même être en difficultés financières malgré une belle déclaration (surendettement, etc.). Cela vous a échappé ? La gratuité totale élimine ce problème.

« 1: Ce que tu apelles la gratuite totale est simplement le reglement de la majorite des frais de scolarite par les contribuables. Les benefices d’une education superieure etant en partie, individuels, il ne me parait pas anormal que les etudiants participent a cet investissement. »
Idem pour l’école primaire ! J’exige donc la création de frais d’inscription du CP à la 3ème.

« 2: En outre, la « justice » d’un systeme de gratuite pour tous ne me parait pas aller de soi. Il me semble meme qu’il y a plus de justice quand ceux qui peuvent payer financent la gratuite et les bourses des plus modestes. »
Et l’impôt progessif, ça sert à quoi alors ?

« Ravi de devenir moins « formatte », mais il faut pour cela qu’on me donne des arguments plus convaincants… »
le trux est là justement : incapable de comprendre une logique autre que celle qu’on vous a inculqué, vous ne serez jamais convaincu même par un raisonnement éclatant. Mes réponses ne s’adressent pas à vous mais aux lecteurs pour qu’ils démasquent votre système et ne tombent pas dans le piège à cons.

Bien a toi,

« (pas de frais d’inscriptions et des bourses plus importantes sur les plus modestes) ».

Ca aussi c’est une belle foutaise et une belle escroquerie intellectuelle. Dès que les parents gagnent 1500 euros, ces salauds de « riches » n’ont plus droit à rien et nos socialopes-néolibérales proposent en plus de leur foutre 6000 euros de frais d’inscription !

Les enfants de commerçants / artisans sont exclus des bourses, peu importe ce qu’ils gagnent. C’est bien connu, ils sont tous pleins aus as, et s’ils sont pauvres, c’est qu’ils fraudent !

Les frais d’inscription plus chers pour soi-diant plus de « justice sociale » (sic) est l’une des pires impostures de la gauche bobo blairo-kouchnérienne. Je préviens un maximum de gens de ne pas tomber tans ce piège à cons dont Descoings est l’un des zélateurs les plus repoussants.

Pharse à corriger :

« les jeunes majeures à 21 ans étaient toutefois assez grands à 18 ans pour se faire envoyer casser la gueule en Algérie mais pas pour voter »

jeunes majeurs… décidément !

Et on vous paye pour écrire ce genre de banalités ?
Il semble que vous n’avez écrit ce papier que pour le dernier paragraphe. Il vise à faire croire que ScPo est largué dans les classements internationaux uniquement parce que les sciences sociales y sont maltraitées. Ce qui est complètement faux.

@ Rodolphe,

Permettez-moi de vous répondre point par point

a) Le cas de base demeure le fait que les étudiants sont aides par leurs parents . Vous parlez ici d’un cas particulier (un élève completement séparé de la situation de ses parents). Je crois que le système actuel de bourses prend ce genre de cas en compte

b) Encore une fois, cas bien spécifique que celui d’une « belle déclaration » cachant une situation financière difficile. Je crois que la meilleure réponse est d’étudier les demandes de dérogation au cas par cas lorsque le besoin se présente

c) L’école primaire universelle est considérée comme un bien public dans notre pays. C’est pour cela qu’elle est obligatoire, et c’est parce qu’elle est obligatoire qu’elle est gratuite. Les études supérieures ne sont pas obligatoires.

d) Les frais d’inscriptions (en tout cas a Sciences Po) sont échelonnés (pas de tout ou rien), donc le principe de progressivité y est respecté

Cordialement,

a et b : parfaite remarque de bureau où tout est beau sur le papier. En réalité, pour être reconnu indépendant des parents il faut prouver avec 50 paperasses que l’on est détaché du foyer depuis 2 ans. Evidemment, ce petit détail bureaucratique complique légèrement le problème. Et puis, il y a une gentille assistante sociale qui vous explique que vous pouvez toujours intenter un procès à vos parents.

Loin de répondre point par point, vous éludez les enfants de petits artisans, ces fils de salauds de fraudeurs n’ont droit à rien. Vous pourrez toujours arguer qu’on examine les situations individuelles, mais après combien de paperasses, après avoir écumé combien de bureaux à la con et au bout de combien de mois ? (on peut bouffer des clous plus longtemps que le temps nécessaire à la déclaration d’une cachexie, ça c’est sûr).

Il y a d’ailleurs un de vos amis nommé Christian Morrisson qui, à l’OCDE, donne des conseils au politicards pour qu’une bonne bureaucratie puisse réaliser le néolibéralisme tout en conservant, sur le papier, les grands principes. http://dcalin.fr/ocde.pdf

Déjà, les bourses sont versées en décembre voire en février – avec le remboursement des frais d’inscription à ce moment pour certains dossiers. Alors c’est simple : on promet aux gueux des bonnes bourses, mais quand ils arrivent la gueule enfarinée en septembre on leur expliquera qu’il faut payer d’abord et qu’éventuellement, après examen de leur dossier, on les remboursera peut-être dans 6 mois. Ca existe déjà, si, si. Qu’ils s’arrangent avec leur banque pour l’interdit bancaire. les grands principes « sociaux » des faux intellectuels sont très au-dessus de ces basses préoccupations et ne s’embarrassent de ces minables détails populistes et poujadistes.

Evidemment, tout cela ne vous vient pas à l’esprit. Vous êtes difficilement capable de conjuguer des grands principes juridiques abstraits, déconnectés dans la réalité réticulaire sociale ; et les inégalités sociales ne sont pas les seules : il y a aussi les inégalités spatiales. La tendance à la concentration dans des « pôles d’excellence », nouvelle foutaise technocrasseuse, ne va rien arranger en concentrant tout à Paris.

c)Quand à la liaison gratuité-obligation, c’est parfaitement fallacieux. Il y a bien des choses obligatoires et payantes. Et si la carte d’identité, de fait indispensable, a été rendue gratuite, ce n’est pas pour satisfaire à ce grand principe mais juste pour organiser un petit fichage des empreintes. D’ailleurs je sens qu’un péteux de juriste va venir ergoter et me dire « la carte d’identitén n’est pas formellement obligatoire », je le sens).

Dans certaines armées du monde, le service militaire est obligatoire mais il faut payer son uniforme. la France n’a pas été exempte de ce genre de petite saloperie qui déroge aus grands principes fumeux de droit : les jeunes majeures à 21 ans étaient toutefois assez grands pour se faire envoyer casser la gueule en Algérie. Ce sont nos magnifiques élites de sciences-po de l’époque qui ont admis ça sans s’interroger. Rappelez-vous la prof de math de M. descoings : « totalement dépourvu d’esprit de synthèse et incapable de suivre la classe supérieure ». Quand on voit les lois à la con qui sont pondues sans cesse, on peut généraliser…

d) Vous pouvez toujours justifier par une bonne conscience « sociale » les frais d’inscription à sc-po, il s’agit clairement d’une expérimentation néolibérale. Elle se double d’une gestion « managériale » (le management, nouvelle connerie à la mode) des enseignants. Vous le savez très bien. Il y a un moment où il faut arrêter la mauvaise foi.

Phrase à corriger : « les jeunes majeures à 21 ans étaient toutefois assez grands à 18 ans pour se faire envoyer casser la gueule en Algérie mais pas pour voter »

Monsieur Descoings,

Un mot sur votre dernier hommage, attribué par l’association pour la Défense de la langue française ? Je veux bien sûr parler du « prix de la Carpette anglaise », dont vous êtes le vainqueur pour l’édition 2009 ?

En effet, j’applaudis des deux mains ce « prix » qui vous a été remis. Sous couvert de « mondialisation » et « d’ouverture », l’américanisation accéléré de Sciences po, tant dans la forme (le « collège universitaire » pour parler des 3 premières années) que le fond (le cycle de Reims exclusivement en anglais), est simplement insupportable. Oui, il est possible de faire rayonner une grande école française en jouant justement sur sa spécificité. Et non, le modèle universitaire américain n’est pas le seul à avoir / à faire ses preuves.

Merci beaucoup.

Le prix de la carpette, tout court, lui irait encore mieux. RD se la joue américain, juste pour faire croire qu’il est international, alors qu’il a fait toute sa carrière dans trois arrondissements de Paris

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