Nicolas Sarkozy: « Les grandes écoles, c’est pour tout le monde: pourvu que l’on travaille, qu’on le mérite et que l’on ait du talent! »

Lire l’intégralité du discours de Nicolas Sarkozy lors des voeux au monde de l’éducation. Plateau de Saclay. Lundi 11 janvier 2010

(…) Le rapprochement des universités et des grandes écoles doit être l’occasion pour celles-ci de s’ouvrir davantage à des publics nouveaux. En ce domaine, beaucoup a été fait, y compris par les grandes écoles elles-mêmes, dont certaines ont été pionnières, je pense à Science Po Paris ou à l’ESSEC. Mais nous ne pouvons en rester à des initiatives isolées, trop modestes eu égard aux enjeux. Tout étudiant qui désire se former dans les meilleurs établissements, suivre les meilleures formations, et qui en a le potentiel, doit pouvoir y trouver sa place. C’est un défi pour la méritocratie républicaine et son idéal d’ascension sociale, dont les rouages sont aujourd’hui grippés. L’ascenseur social ne marche plus ou insuffisamment. Ce défi, notre pays doit y répondre, en prenant des mesures audacieuses.

Mesdames et Messieurs, je vais vous parler franchement et le dire sans détours : je ne comprends pas les réticences qui se sont exprimées ces derniers jours sur le sujet. Pour tout dire, je les trouve même invraisemblables et parfaitement déplacées. Tout doit être mis en œuvre au contraire pour faire comprendre à tous les jeunes que les grandes écoles, ce n’est pas réservé à quelques initiés ou à quelques enfants de la grande bourgeoisie. Les grandes écoles, c’est pour tout le monde : pourvu que l’on travaille, qu’on le mérite et que l’on ait du talent !

Nous sommes fiers de nos grandes écoles. Elles sont le fleuron de notre système éducatif et forment, pour certaines depuis plus de deux cents ans, une grande partie des élites de notre pays. Mais depuis plusieurs dizaines d’années, et même si elles ne sont pas les seules responsables, elles ne jouent plus suffisamment leur rôle dans le renouvellement des élites, recrutant dans un public socialement de plus en plus favorisé. Mais ce n’est pas moi qui le dis, ce sont toutes les études qui le montrent.

Je l’ai dit il y a un peu plus d’un an dans mon discours à Palaiseau : cette situation ne peut plus durer. Nous devons ouvrir les meilleures formations aux plus talentueux, quels que soient leur lieu de naissance et leur origine sociale. L’égalité des chances n’est pas seulement un devoir moral, c’est également l’identité de la France, qui s’est toujours construite sur le talent de ses enfants et pas sur la couleur de leur peau ou le statut social de leurs parents.

J’ajoute que les grandes écoles ont tout à gagner à diversifier leur recrutement. Enfin Mesdames et Messieurs, un pays qui recrute ses élites dans 10% de sa population, c’est un pays qui se prive de 90% de son intelligence. Comment ne peut-on pas comprendre cette vérité ! Pour moi, ce n’est pas un sujet de discours, c’est matière à prendre des décisions.

L’objectif que j’avais fixé de 30% de boursiers dans chaque lycée à classe préparatoire est d’ores et déjà en passe d’être atteint, avec un an d’avance sur le calendrier : c’est un très beau succès, que nous devons confirmer à la rentrée prochaine.

L’étape suivante est de parvenir à ce même taux, 30%, dans chaque grande école : je dis bien dans chaque grande école. Mais également, car ce sont des secteurs où la reproduction sociale est tout aussi importante, dans les études de droit ou de médecine.

La solution n’est évidemment pas l’instauration autoritaire de quotas de boursiers à l’entrée de chaque institution. Je n’accepterai jamais un système où certains candidats seraient reçus à un concours pour la seule raison qu’ils sont boursiers – au détriment d’autres candidats plus méritants et plus travailleurs. C’est une évidence.

Mais à cet objectif concourt bien évidemment l’augmentation du nombre de boursiers dans les classes préparatoires. Une autre voie, que je souhaite, c’est que l’on diversifie les modes d’accès aux grandes écoles : ce qui permettra d’élargir la base sociale de leur recrutement et de les ouvrir à de nouvelles formes de talents. Il faut aussi augmenter considérablement le nombre de places pour les bacheliers technologiques dans les écoles d’ingénieurs et sans doute dans le cadre d’un concours spécifique. Il faut développer de façon significative les admissions parallèles – destinées aux étudiants non issus des
classes préparatoires. (…)

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Nicolas Sarkosy désavoue Richard Descoings dans ce paragraphe : « La solution n’est évidemment pas l’instauration autoritaire de quotas de boursiers à l’entrée de chaque institution. Je n’accepterai jamais un système où certains candidats seraient reçus à un concours pour la seule raison qu’ils sont boursiers – au détriment d’autres candidats plus méritants et plus travailleurs. C’est une évidence. »
L’essentiel est dit, le reste n’est qu’habillage.

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/12/comment-democratiser-l-acces-aux-grandes-ecoles-reelitisons-le-lycee-par-pierre-rochette_1290759_3232.html

Au delà des débats trop passionnés (on sait très bien que ces quotas ne verront jamais le jour), croyez-vous que l’assouplissement du niveau des concours est réellement démocratique? ? Le constat de M. Rochette est fort. Il me semble que dans le débat, on oublie de dire que le niveau des élèves des très grandes écoles est sensiblement fonction de l’extrême dureté de la sélection, à laquelle le lycée ne prépare plus.

L’expansion du nombre d’élève est nécessaire, vous faites très bien de le rappeler à ceux qui veulent des promos de 200 élèves à jamais, mais elle ne peut se fonder sur des quotas sociaux, ni même sur des critères autres que le pur niveau dans les matières demandées. On ne s’improvise pas ingénieur, mathématicien, germaniste ou philosophe. Il serait faux par ailleurs de dire que le niveau à l’X, à Centrale etc a baissé. Ces écoles sont peu mixtes socialement, mais n’en demeurent pas moins excellentes. Les X comme les Supélec ne sont pas recrutés par hasard ou piston, mais parce qu’ils sont les meilleurs de leur domaine.

Les clés ne sont-elles pas dans le niveau trop faible du lycée et l’abandon de la compétition et de la sélection? Ne peut-on pas penser qu’il y a un standard (NSup, X, les parisiennes) et que le lycée n’est pas à sa hauteur? Après tout, la vraie force des grands lycées, c’est de plonger les élèves dans la compétition, saine par ailleurs puisque, malheureusement pour ceux qui n’y entrent pas par manque d’information, elle se fait entre égaux. Force est de constater que les excellents professeurs y sont souvent adeptes des anciennes méthodes, et ce de la primaire à la prépa, dans le privé comme dans le public.

On a du mal à croire que c’est un moyen « bourgeois » d’exclure les autres de la sélection aux grandes écoles, qui elles n’ont que peu varié dans leur mode de sélection. C’est surtout un constat masqué mais assumé en interne de l’échec des méthodes actuelles de formation au lycée. Un élève objectivement bien formé rentrera dans l’école de son choix, même si l’habitus joue à Sciences-Po, HEC, et autres écoles où l’oral, les humanités jouent un grand rôle. Le lycée ne délivre simplement plus ce service de formation d’élite à ceux qui le veulent. Le reste n’est que littérature, et ce n’est pas au niveau de l’Université qu’on pourra faire du rattrapage.

Arrêtez de dénigrer le lycée : il est parfait, c’est le Ministre qui l’a dit il y a deux ans.

Position du ministère donnée au Sénat le 1/11/07 à un sénateur qui s’inquiétait de l’incroyable inflation du nombre de mentions TB au bac ; on est passé de 400 mentions TB en 1967 (pour 130 000 reçus au bac général) à 16 000 mentions TB actuellement pour environ 270 000 reçus au bac général.

 » Cette progression importante du nombre de mentions « très bien » et « bien » ne traduit nullement une « dévalorisation » du diplôme. Ce dernier postulat, traditionnellement évoqué ici ou là pour expliquer la spectaculaire progression de la part d’une génération obtenant le baccalauréat depuis une quarantaine d’années, ne repose sur aucune analyse scientifiquement avérée. La croissance du nombre de bacheliers, et parmi ceux-ci, de ceux qui obtiennent une mention, traduit bien plutôt une élévation du niveau de formation dans un contexte où le baccalauréat n’est plus conçu comme un diplôme réservé à une élite scolaire mais favorisant l’acquisition par une majorité d’élèves scolarisés d’une culture indispensable à la compréhension du monde moderne et de ses enjeux. Il convient de rappeler à cet égard que l’objectif fixé par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) à l’horizon 2010 est d’atteindre 65 % d’une classe d’âge au niveau baccalauréat (contre 63,5 % actuellement) « .

Pour ma discipline (SVT), il me semble que la progression des bonnes notes provient de la disparition d’une pratique profondément idiote qui consiste à dire qu’un très bon devoir ne peut valoir plus de 15.

Cela signifie évidemment que le corrigé du prof, sur cette base, ne vaut au maximum que 15, ce qui devrait l’interroger sur ses propres compétences.

Il y a aussi le départ en retraite de toutes ces vieilles biques qui pour une trace de gomme retirent tout de suite 3 points sur un dessin. Ca a dégoûté pas mal d’élèves des sciences dès le collège.

là encore, ça interroge la compétence de ces gens. Plus on est bête, plus on s’attache à la forme, à la taille des marges mesurées au millimètre. Plus on est bête, plus on exige des patits cahiers avec grands carreaux et des grands cahiers avec petits carreaux. Ca permet de meubler ses séances et de cacher son vide scientifique. C’est à la longueur des listes qui plombent le budget des parents que l’on reconnaît immédiatement le niveau de certaines bécasses qui sévissent en collège.

la question est bien sûr : comment on a pu donner le CAPES a ça.

la progression des mentions au bac, du moins pour ma matière, indique peut-être une élévation du niveau… des profs…

Bonjour,

en me connectant sur le site institutionnel de Sciences Po, je tombe sur ça :

« Dépêche : L’objectif du gouvernement « 30% de boursiers dans les grandes écoles » est contesté par la Conférence des Grandes Ecoles. »

Que vous utilisiez ce blog pour diffuser vos élucubrations et vous montrer en train de vous faire mousser dans les médias est une chose, mais que vous utilisiez le site officiel de Sciences Po pour cela me choque profondément. D’autant plus que le corps de la dépêche (qui parle du % de boursiers à Sciences Po) n’a aucun rapport direct avec le titre (qui caricature la vérité pour la n-ième fois : la CGE est opposée aux quotas (rejointe en cela par Sarkozy lui-même), non à l’objectif de 30% de boursiers proprement dit).

Vos méthodes me dégoûtent, et me donnent envie de finir ma scolarité dans cette école au plus vite…

Bien à vous (quand même).

Richard Descoings, c’est la honte de ScPo. Non content d’avoir répandu son fiel dans tous les médias, il reproduit ses diffamations sur le site officiel de l’établissement.
Et personne ne réagit. Les directeurs, des carpettes aux ordres. Les profs titulaires, le collier de l’asservissement au cou, ils n’ont plus d’universitaires que le nom. Les syndicats, ils sont achetés ou complices. C’est pourquoi le Conseil de direction est une chambre d’enregistrement. Quand au Conseil d’Administration, ses membres ne comprennent rien et gobent, comme les journalistes qu’ils lisent, tous les bobards du gourou.
Ainsi va, dans le mur, ScPo sous le règne de Richard le malfaisant.

Quel fiel !
Avancer ainsi, sans preuves et masqué … Cela ne nous apporte rien de vous lire.
Les rancunes amères d’un individu ne sont pas des arguments.

Le débat reste le suivant : quel enseignement supérieur voulons-nous ? Un grand tout universitaire qui sélectionnerait au fur et à mesure des cycles ; ou un système inique et bancal avec le pré carré protégé face au troupeau en campus.

J’espère seulement que les universitaires qui seront démarchés pour intégrer Sciences Po repenseront à cette épisode peu glorieux avant de donner leur réponse…

Dissert, tu n’as rien compris. Il faut lire les épisodes précédents. Les arguments ont été très bien exposés.
Chacun peut avoir son opinion sur l’enseignement supérieur de ses rêves. Mais rien n’excuse les manipulations mensongères de RD. Un diffamateur qui donne des leçons de morale, c’est quoi ? Un Tartuffe.

Eh oui, le « management » par la terreur, comme à France Telecom, est une des lubies de Richard Descoings.

Voilà pourquoi il attaque le statut des enseignants et voilà pourquoi le « modèle managérial » est l’autre volet de la « réforme » de sc-po Paris, complémentaire de l’augmentation des frais d’inscription.

C’est la mise au pas des enseignants comme à l’hôpital Sarkozy et sa clique ont voulu mettre au pas les chirurgiens et les médecins sous la coupe de guignols administratifs sortis de l’ENSP.

Derrière cela, il y a une certaine vision de la société particulièrement répugnante que l’on doit examiner, concevoir, comprendre, analyser afin de la combattre et de l’abattre.

Cette forme de soumission a atteint son paroxysme dans certaines organisations sectaires comme la scientologie. Les manuels de « management » la répandent :
http://www.bakchich.info/IMG/pdf/reussir_ACT_J2_v12.pdf

Le débat actuel se focalise sur le taux de boursiers dans les grandes écoles. Ce sujet est un enjeu majeur pour notre enseignement supérieur.
Pour autant, il est un dossier complexe qui ne doit pas souffrir de caricatures, de manipulations ou de diffamation.
La discussion doit être menée avec rigueur et dans un contexte apaisé.
Aussi, il est inacceptable qu’un directeur instrumente l’établissement public d’enseignement supérieur dont il a la charge en utilisant son site officiel pour communiquer des mensonges et diffamer toute personne ou organisation.

Ref: http://www.sciences-po.fr/portail/fr-fr/actualites.html?id=383

Pour répondre à Richard Descoings, directeur de Sciences Po et chantre de la discrimination positive, qui accusait les grandes écoles de « réaction antisociale », le directeur de l’Essec a rappelé le contre-exemple américain :«La Cour suprême des États-Unis a annulé la politique d’“affirmative action”. Les étudiants noirs sortant de Princeton ou de Harvard s’entendaient dire en arrivant sur le marché du travail : “Si vous êtes passés par cette voie, vous n’êtes pas si bons.” »

Une analyse partagée par le philosophe et ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry, dans le Parisien : « Ça a été une catastrophe qui a failli détruire l’université américaine. Le grand exemple de Barack Obama, c’est qu’il n’est pas issu de la discrimination positive. Il a été élu au mérite. Son parcours est 100 % méritocratique, c’est l’antiquotas. Il n’est pas président par le fait du prince, comme d’autres en France se retrouvent ministres sans avoir rien fait ni avant ni après… »

Curieusement, dans cette offensive contre les grandes écoles dirigée par la droite, c’est du syndicat lycéen Fidl qu’est venu un soutien inattendu à la CGE. Estimant qu’« on ne lutte pas contre les discriminations par d’autres discriminations et contre des injustices par d’autres injustices », l’organisation classée à gauche redoute que ce système jette « la suspicion sur des diplômés de grandes écoles provenant de milieux défavorisés, dès lors qu’il sera possible d’imaginer qu’ils ont été recrutés en fonction de leur origine sociale et non pas de leurs compétences. »

De fait, on peine à comprendre la logique du gouvernement. Difficile en effet d’acquérir cette “culture classique”, jugée si discriminatoire, dès lors qu’il envisage de supprimer l’enseignement de l’histoire et de la géographie en terminale S. Décidément inspirée, la Fidl apporte une première réponse : « pour atteindre cette égalité, notre République bénéficie d’une arme redoutable : l’école. » Qui peut dire le contraire ?

Arrêtons de parler des grandes écoles et de la croisade idiote menée par Richie. Notre problème c’est : comment s’en débarrasser ?

En le faisant nommer Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Mais le remède ne sera-t-il pas pire que le mal ? (pas pour Sciences Po, mais pour le pays).

Les résultats de la prep ena de paris 1 ont été mis en ligne (curieusement M. Descoings est resté assez discret à ce propos…). 11 admis sur 40 viennent de cette prépa. On note par ailleurs que tous les publics sont représentés: 5 ENS, 2 IEP, 1 HEC et 3 « faqueux » (et après on dit que les étudiants de fac ne sont pas bons aux concours…).
Face à ces résultats, je ne serais pas étonné que M. Descoings s’en prennent désormais au monopole de l’ENA pour l’accession aux grands corps…
Ah oui, j’oubliais, la preuve:
http://www.univ-paris1.fr/universite/actualites/actualite-detaillee/article/11-etudiants-de-paris-1-admis-a-lena/

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