Le Figaro - Descoings-Blanquer : les nouveaux maîtres à penser
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L’un dirige Sciences Po, l’autre devient un homme clé de l’Éducation nationale.
Richard Descoings, le héraut des ZEP
Jean-Michel Blanquer, l’homme de la «cagnotte»
Le premier n’en finit plus de faire parler de lui. Il est de toutes les batailles. Surtout quand elles ont pour objet cette «diversité» dont il s’est fait le chantre. Le second a créé la polémique en annonçant la mise en place dans trois lycées de son académie d’une cagnotte pour récompenser les élèves assidus, avant d’être nommé à la Direction générale de l’enseignement scolaire (Degesco). Richard Descoings, le directeur de Sciences Po, s’est taillé une cote à sa mesure dans les médias. Et Jean-Michel Blanquer, ancien recteur de l’académie de Créteil, est peu à peu apparu comme la «boîte à idées» d’une éducation nationale mal en point. Enfants chéris des médias et des politiques, ils réussissent, dans la controverse ou dans le consensus, à faire événement et à polariser le débat. Et si le premier est, certes, plus en vue que le second, dont la nomination à la tête d’une administration «pachydermique» risque de brider la verve, tous deux incarnent, en se parant des plumes chatoyantes de la modernité, un certain avenir de la maison Éducation nationale.
Richard Descoings, le héraut des ZEP
Le grand public a découvert le très actif directeur de Sciences Po en 2001, quand il a lancé sa filière d’accession parallèle pour certains élèves de zone d’éducation prioritaire (lire l’encadré). Depuis, il n’a plus quitté le devant de la scène, prenant position sur chaque sujet, en avançant comme caution la réussite d’une réforme ZEP autoévaluée. Il promet aux médias la création d’un lycée d’excellence en Seine-Saint-Denis, qui ne verra jamais le jour ; il tonitrue contre l’«élitisme républicain» et se fait l’apôtre de l’ouverture sociale d’un enseignement supérieur qu’il voudrait voir ressembler aux grandes universités américaines.
Annoncé ministre d’un bord ou de l’autre, il est finalement chargé par Nicolas Sarkozy de sauver la réforme du lycée. Il part donc à la rencontre des lycéens, récolte leurs doléances, avant de rendre le 2 juin 2009 un rapport consensuel, très loin de la révolution amorcée par le ministre. De Richard Descoings, ceux qui l’ont vu mener sa mission auprès des lycéens disent qu’il est «habile», «très compliqué», et même «dissimulé». «Il fallait faire croire aux lycéens qu’on les écoutait, lâche un artisan de la réforme. Il fait ça très bien. Il en a sorti un rapport très prudent. Finalement, la réforme actuelle est beaucoup plus ambitieuse que ne l’était son rapport. »
Alors que certains le voient déjà remplacer Xavier Darcos, il retourne rue Saint-Guillaume. Non pas que cet homme de gauche ne puisse être tenté par une proposition émanant de Nicolas Sarkozy. D’aucuns murmurent même qu’il aurait l’heur de plaire à la première dame. «Il avait exigé comme condition un gel des suppressions de postes », affirme un proche. On le voit revenir en 2012, en cas de deuxième mandat. Mais quand on a refusé ce genre de plat, peut-il repasser ? «Il peut espérer plus que ministre de l’Éducation nationale, juge un ancien conseiller du ministère. C’est un poste qui abîme une image. Et son domaine, c’est l’enseignement supérieur… » En attendant un destin à sa mesure, Richard Descoings se pose en réformateur.
Natacha Polony












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