Inauguration de la statue de Jan Palach à Dijon

J’étais à Dijon vendredi 15 janvier pour l’inauguration d’une statue en honneur de Jan Palach de l’artiste András Beck et pour un débat en compagnie des étudiants, des représentants de la région, du département, de la mairie, du préfet et du ministre tchèque des droits de l’homme, Michael Kocáb.
Avant d’inaugurer la statue en hommage à ce symbole de la liberté tchèque, mort il y a 41 ans, le débat était autour de «Pourquoi un ministre des droits de l’homme dans un pays européen aujourd’hui ? »
J’étais très honoré que le ministre tchèque choisisse de consacrer du temps aux étudiants et à Sciences Po. Michael Kocáb a témoigné sans détour sur son expérience personnelle pendant l’URSS (il avait participé aux négociations pour le départ des soldats soviétiques en 1990), sur la situation actuelle en République Tchèque, et a longuement débattu avec les étudiants.
Il considère ainsi que seulement 50% des Roms vivent mieux depuis la chute de l’URSS. Pour les autres, « la situation ne s’est pas améliorée ». La République Tchèque a récemment été critiquée dans un rapport de l’Agence européenne pour les droits fondamentaux.
J’ai apprécié cette honnêteté, loin de la langue de bois politique habituelle. La réalité, c’est de dire que c’est compliqué. Mais à quel prix ? A quelles conditions ? Nous parlons des Roms en République Tchèque, mais on pourrait poser la question aujourd’hui à propos de certaines communautés en France. Mais cela serait trop incorrecte. On ne reconnaît pas et on ne veut pas du communautarisme, heureusement. Cependant, comment savoir si une communauté va mieux aujourd’hui qu’hier si on ne peut pas en parler, s’il n’y pas d’informations ? Peut-être est-ce un rôle que les établissements de recherche peuvent avoir, nous qui sommes là pour méditer sur le rôle du doute, sur la complexité qui nous entoure. Je n’affirme rien, je pose juste la question.
De plus, l’inauguration de cette statue nous rappelle qu’il ne faut pas confondre la mémoire et l’histoire. Il faut savoir honorer la mémoire et ne jamais oublier de réfléchir sur l’histoire. Faites de l’acceptation de la complexité de l’histoire un élément de votre humanité.












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