Ces ZEP qui profitent de l’effet Sciences-Po – TF1 News
Lire l’intégralité de l’article sur TF1 News
Depuis que l’Institut d’études politiques a signé des conventions avec les établissements de Zone d’éducation prioritaire, leur image s’est améliorée du jour au lendemain. On n’évite plus ces lycées. Mieux, on les courtise.
Au lendemain des émeutes de banlieue, Dominique de Villepin reçoit à Matignon un groupe de jeunes des quartiers sensibles. Parmi eux, un habitant de Bondy, Anyss Arbib qui lance au Premier ministre : « Comme vous, je veux faire Sciences-Po et l’ENA ». Quatre ans plus tard, les rôles sont inversés, l’ancien lycéen pleins d’ambitions est l’hôte et Dominique de Villepin l’invité, quand ce dernier se rend à Bondy pour une opération de charme dans le 9-3. Et comme il en a fait le souhait, Anyss Arbib, membre du club Villepin, suit les pas scolaires de son mentor : il est à Sciences-Po Paris.
Comme tous les étudiants de cette vénérable institution, il revient d’un stage d’un an à l’étranger, dans une grande entreprise au Maroc, son pays d’origine. S’il a pu suivre ce brillant parcours c’est grâce à la convention ZEP (Zone d’éducation prioritaire), passée entre l’Institut d’Etudes Politiques et le lycée où il étudiait à Bondy.
Des lycées qu’on fuyait
Avant que Sciences-Po n’y pose sa « griffe », Jean-Renoir, c’était le lycée que les élèves évitaient quand ils avaient de l’ambition ou des parents qui en avaient pour eux. On lui préférait les établissements plus en vus des communes voisines, quitte à faire quelques kilomètres de plus. Les écoles privées du Raincy (surnommé la Neuilly du 9-3), celles dotées d’une classe prépa, ou le lycée technique Gustave Eiffel de Gagny, réputé pour l’excellence de sa cantine et son mur d’escalade, étaient courtisés par nombre de jeunes bondynois sectorisés sur Jean Renoir. »Maintenant je connais des élèves qui pourraient aller ailleurs, mais qui veulent venir absolument à Jean Renoir, juste pour tenter Sciences-Po », affirme Anyss Arbib. Il faut dire que la formule initiée par Richard Descoing, directeur de l’IEP, est très alléchante. Elle permet à des Terminales sérieux et travailleurs, qui ont suivi les heures supplémentaires de l’atelier Sciences-Po, d’entrer en première année sur dossier et sur entretien. Depuis 2001, 660 lycéens ont pu accéder à l’institut par ce chemin de traverse. Le taux d’échec des élèves issus de ZEP est très bas, moins de 5%. A la sortie, on retrouve ces prestigieux diplômés dans des postes à responsabilités, partout. A Hong Kong, Washington, Alger et même… en banlieue. Nombre d’élèves « des quartiers » ont fait campagne, sur des listes de droite comme de gauche, aux dernières élections municipales, accédant parfois à des postes de maire adjoint dans les communes où ils ont grandi.
Idir Hocini












6 commentaires
Connectez-vous