Vos réactions sur le débat boursiers et Grandes Ecoles
Vous êtes très nombreux à réagir chaque jour sur mon profil Facebook ou sur ce blog sur le débat qui a été lancé par les Grandes Ecoles sur le pourcentage de boursiers. Pas toujours du même avis, vous avez souvent des échanges fructueux entre vous ou avec moi. Petite sélection des commentaires argumentés qui soutiennent une plus grande ouverture et une plus grande diversité.
Nicolas Vidal-Naquet
Les GE sont réservés aux classes qui se disent supérieures… On le sait tous, combien d’énarques le sont de pères en fils, combien de polytechniciens également… Il suffit de voir qui sont les élèves présents en classes prépa. Déjà il y a 30 ans les classes prépa véto, math sup, HEC etc… étaient l’apanage des fils et filles de familles privilégiées… Ainsi cela continue aujourd’hui!
L’adage persiste: « mieux vaut être riche et en bonne santé »… pour rentrer en prépa et dans les GE!
c’est sûr qu’eu égard à ce qu’on apprend en école de commerce, la notion de « niveau » telle que l’ESSEC la conçoit laisse a minima songeur… Baisse du « niveau » social ou baisse du « niveau » intellectuel, that is the question? Ai récemment rencontré quelque diplômé de cet humble école de management qui n’avait que vaguement entendu parler d’Edgar Morin et ignorait tout de l’orthographe du nom de Todorov. J’aurais peut-être du lui conseiller de demander le remboursement de son coûteux diplôme avec des dommages et intérêts!
Le rôle (le projet) d’une école serait donc uniquement de sélectionner ceux qui savent déjà? Ceux qui savent déjà les contenus et ceux qui savent déjà les usages? Ceux qui maîtrisent déjà le code? Ceux qui déjà riches de ces savoirs sortiront de l’école encore plus riches de leur habileté à en tirer le meilleur parti au profit d’eux-mêmes et de ceux qui leur ressemblent?
Une école n’est peut-être pas un ministère des affaires sociales, mais une école n’est certainement pas non plus une machine à conforter et à légitimer les nantis dans leurs privilèges.
Triste d’apprendre qu’étant boursier je représente un frein pour le niveau d’une école comme l’ESSEC. Ou dois je dire triste d’apprendre qu’étant Banlieusard, je risquerais de faire tâche sur la renommé d’un école comme l’ESSEC (sans vouloir faire de vilaine allusion à mon éventuel couleur de peau bien entendu
) Pour rien au monde je ne voudrais avoir ça sur la conscience,il s’agirait là d’un fardeau trop lourd à porter pour ma conscience d’ignare de Banlieue…
Mais… si l’on en croit ce que nous dit Marie Donzel, je suis davantage en proie à l’ignorance à l’intérieur des murs de cet établissement, qu’à l’extérieur. sniff je n’intégrerai jamais l’ESSEC je suis fauché, donc j’ai une chance d’apprendre à connaitre ce bon vieux Todorov. Quant à E.Morin ?! Je suis déjà capable d’écrire quelques lignes à son sujet. Merci l’école gratuite et ses cours de philo passionnants
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J’aimerais juste faire une remarque (un peu longue, j’en suis navré): il ne faut quand même pas avoir un QI de 180 pour constater qu’il y a un problème de mixité sociale dans les grandes écoles, et que dans certaines être issu de la classe moyenne constitue déjà une exception. Je ne pense pas avoir besoin d’étaler des lignes de chiffres sur la proportion de «gens issus de milieu défavorisé» dans les grandes écoles, mais bon on peut admettre que dans les établissements style HEC par exemple, point de vue mixité sociale on peut mieux faire…
Admettons qu’on le justifie par le mérite républicain, par le fait de recruter «les meilleurs». Ce que je trouve le plus grave et le plus révoltant, et qui insulte l’idée du vrai mérite républicain, c’est le discours qui sous-tend notamment la position de M. Zemmour. Dire que les pauvres, parce qu’ils ne maîtrisent pas les mêmes outils que les plus favorisés, ont moins de mérite, c’est dire à mots couverts que les basses classes ne sont bonnes qu’à être bêtes, et n’ont qu’à faire comme les autres s’ils veulent accéder aux mêmes positions. Mais avec moins de moyens. Parce qu’évidemment, si on leur en donne, c’est aller contre le mérite républicain! Donner des avantages aux gens qui n’en ont pas, cela va contre la méritocratie!
En outre, selon vous, qui est le meilleur: celui qui a les meilleures notes, ou celui qui a connu le parcours le plus difficile et qui s’en sort? Parce que c’est facile d’être l’élite quand on sort d’un bon lycée parisien, qu’on a fait une prépa d’été, qu’on peut aisément payer le concours. Mais celui qui a enduré 10 ans de ZEP, qui a eu des mauvais profs, dans un mauvais lycée, et qui s’en sort avec une MTB, n’a-t-il pas autant de mérite? La différence étant que lui n’a jamais été préparé aux épreuves style concours, et pour cause: à l’origine, il n’est pas censé avoir d’avenir. N’oublions pas que nous sommes tous entre autres choses le produit de l’argent qui nous entoure. Donc en terme de mérite, je ne pense pas que les élèves de ZEP soient en dessous de ceux qui passent le concours; en revanche ils n’ont pas été préparés, on ne leur a pas donné les moyens de se préparer, à une telle sélection.
Je le dis clairement: je ne suis pas de gauche. Mais arrêtons d’être hypocrites: le mérite républicain n’existe pas, c’est au mieux un idéal, au pire une fantaisie pour faire croire aux pauvres qu’ils sont pauvres par leur faute.
Réponse de Marie Charlotte à Dimitri Lecerf
Vous avez raison monsieur Lecerf, mais donner plus de moyens aux classes défavorisées veut dire à mon sens leur donner les outils nécessaires afin de se préparer au meme concours que les autres, et non pas les exonérer de ce concours.
Plutot que d’instaurer une procédure CEP, il aurait fallu créer des classes de prépa spécifiques aux élèves issus de milieux défavorisés, sur 1 an, 2 ans, peu importe, afin de les aider à acquérir le bagage culturel que les classes favorisées acquièrent dans les lycées parisiens, ou simplement au sein de leur famille.
Car leur donner les moyens de réussir le concours comme les autres, c’est aussi leur assurer une meilleure intégration aux sein des autres étudiants. Une mixité sociale oui, mais pas n’importe comment.
Réponse de Camille Apelbaum à Marie Charlotte
@Marie Charlotte : quand on vient d’un milieu défavorisé, on n’a pas forcément les moyens de « perdre » deux ans à se préparer pour un concours qu’on n’est pas sûr d’avoir, la nécessité de gagner sa vie est incompatible avec l’idée d’obtenir un niveau Master en sept ans ! De telles prepas spéciales sont dissuasives, d’autant qu’on n’acquière pas les usages « dominants » (façons de parler, d’écrire, de se tenir, etc.) en passant deux ans dans une classe où tout le monde est d’origine modeste, mais au contraire en se mélangeant avec les « élus » qui ont simplement eu plus de chance à la naissance… On favorise ainsi non seulement l’intégration à un milieu plus favorisé (et plus tard une meilleure place dans le domaine pro) mais aussi l’échange culturel et l’enrichissement de chacun.
Qui a lancé l’amalgame boursier=débile qui entre que parce qu’on fait une action sociale pour les défavorisés? Je suis boursière et j’ai eu le concours, avant de connaitre les résultats j’ai démarré une BL à Henri IV, l’ESSEC n’est vraiment pas sérieux…
PS pour trancher le débat, on n’a pas forcément besoin d’une prépa si on bosse bien sa terminale en gardant l’esprit un peu au delà des manuels, si les « riches parisiens » veulent rattraper leur retard avec une Ipesup, tant mieux. J’ai perso un ami de ma terminale qui l’a fait, ça n’a rien changé, il ne fait pas partie de la promo. Il faut déstresser un peu…
Thami Kabbaj
La réaction de la CGE est LAMENTABLE. Cela illustre une fois de plus le conservatisme de nos élites qui n’ont pas encore pris la mesure des enjeux du 21ème siècle. La diversité sociale est une richesse et je suis convaincu que les personnes issues de milieux défavorisés ont une véritable rage de gagner et peuvent contribuer de manière positive dans une économie. Certes, elles n’ont pas les mêmes facilités mais peut-on sincèrement évaluer le talent et le potentiel d’une personne à un très jeune âge ? Personnellement, j’en doute fort.
C’est d’ailleurs l’une des critiques de Mintzberg sur notre système des grandes écoles. Je parle en connaissance de cause puisque j’ai moi-même été boursier et je connais parfaitement les difficultés de l’étudiant désargenté et sans capital social pour percer dans les études. Les préoccupations sont tout autres : trouver un logement, se nourrir correctement, trouver un stage, etc. Je me suis accroché et j’ai réalisé un parcours honorable mais j’ai perdu un temps fou, subi de nombreuses humiliations et je me considère comme une erreur statistique. … See More
Amitiés, courage et mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année…












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