La Boudeuse, épisode 2
Suite du journal de bord d’Anatole Douaud, un étudiant de Sciences Po embarqué sur La Boudeuse.
Mercredi 17 février
Troisième journée à bord qui commence; peu à peu je prend mes repères, je pose des marques, c’est la seule manière que je connaisse pour m’adapter au plus vite. Cela n’est pas toujours facile, le sentiment de ne pas avoir sa place ici revient régulièrement, on se pose des questions: suis-je utile ici? Est-ce que je gène? Est-ce vraiment à moi d’être là, parmi ces gens hors du commun, qui ont déjà fait plusieurs fois le tour de la terre et des mers, bardés de diplômes et préoccupés par des objets dont je ne saurais reconnaître le nom ou la forme? Mais ce tourbillon de l’esprit n’est qu’une torture, qui me permet cependant d’essayer de me faire le plus utile en apportant mes bras, mes jambes et mon énergie afin que la mission suive son cours, même si je me sens petit comme une souris à côté de ces personnages qui m’impressionnent.
Après l’exploration des îles environnantes, les prélèvements, les relevés de la biodiversité végétale et entomologique, les bivouacs; la vie à bord de La Boudeuse suit son cours, rythmé par les quarts où l’on doit veiller sur le bateau, prêter attention au bon fonctionnement des instruments et des appareils. Le mien est de minuit à quatre heures du matin, horaire calme où l’on est sans cesse ébloui par le splendide spectacle qu’offre le ciel parsemé de milliers d’étoiles. Horaire solitaire qui permet de rêver, mais également de faire le bilan de ces journées chargée en actions, en émotions et en réflexions.














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