Le British Council demande aux universités britanniques de ne pas prendre les étudiants étrangers pour des « vaches à lait »

Article de l’agence de presse aef.info
Martin Davidson, directeur général du British Council (agence britannique internationale chargée des échanges éducatifs et des relations culturelles) met en garde les universités qui souhaitent se lancer dans des campagnes de recrutement d’étudiants étrangers dans un but purement lucratif. « Une telle politique serait gravement contre-productive, et, à long terme dommageable pour les universités », prévient Martin Davidson, s’exprimant lors d’une conférence sur les échanges internationaux d’étudiants organisée à Londres les 25 et 26 mars 2010. Il ajoute que les universités devraient plutôt réfléchir et mettre en place de réelles stratégies de manière à être compétitives sur la scène internationale. « Nous continuons à affronter une période économique difficile, et il est plus important que jamais d’adopter une approche équilibrée et stratégique qui s’appuie sur des fondations solides. Nous voulons que le Royaume-Uni soit considéré comme un partenaire de choix, et un lieu qui se soucie vraiment de l’expérience qu’il offrira aux étudiants étrangers qu’il reçoit », ajoute Martin Davidson.

Le directeur du British Council conseille notamment aux universités britanniques de développer des offres de diplômes conjoints avec des universités partenaires, de multiplier l’installation de campus offshore et de renforcer la collaboration internationale en recherche. « L’offre d’enseignement supérieur est plus large qu’auparavant et les étudiants étrangers ont plus d’options qu’ils n’en avaient il y a quelques années. Par ailleurs, à l’ère des réseaux sociaux et d’internet, cela se sait très vite quand une université considère les étudiants étrangers comme des vaches à lait », déclare aussi Martin Davidson. Il ajoute que certains gouvernements pourraient prendre des mesures contre les établissements se livrant à ce genre de pratiques.

4 commentaires

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Une lecture très intéressante. Surtout vu le fait à quelle point la politique des droits de scolarité rassemble à ce modèle critiqué… les étudiants étrangers issus hors de l’UE se demandent, à quoi servent les 12000€, s’il n’y a pas assez de places dans la bibliothèques, les responsables des programmes ne sont pas accessible assez vite électroniquement ou en personne.

En plus, le taux de droits de scolarité pour les non-européens fixé à 12000€ se traduit d’une manière bizare. Est exigé le même montant des citoyens des quelques pays riches ( se trouvant hors de l’Europe USA, Japon, Canada, Australie) comme de tous les autres, qui viennent pour la plupart des régions où le niveau de vie et la salaire moyenne ne s’approche pour la plupart qu’à une fraction des notres. ça risque de finir par ne pas attirer les esprits les plus malins du monde, mais les enfants des dictateurs…

Je rejoins le commentaire de Martin à ce sujet.
A la lecture de l’article, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire : « Etudiants internationaux = cash cow ; c’est bien ce que SciencesPo fait avec sa nouvelle réforme, nn? »
J’ai eu l’occasion d’en parler à certains membres de l’administration … En tant qu’étudiant international, je suis extrêmement sceptique face à cette réforme. A 12 500€ l’année, l’arbitrage entre une université britanique, canadienne et SciencesPo est vite fait. Après mon Bac, je suis allé à SciencesPo parce que je croyais en son projet éducatif bien sûr, mais aussi parce qu’à valeur perçue égale, les universités anglaises était plus chères.
A 12 500€ l’année, je ne suis pas sûr que l’arbitrage ait été en faveur de ScPo. Oui, ca reste moins que la LSE ou Oxford ou que les universités US , mais ces autres universités offrent des politiques d’aide au logement et des infrastructures telles que le coût total d’une année d’étude à l’étranger devient comparable.
(Le coût de la vie à Paris pour un international est élevé ; et le « retour sur Investissement » y est bien moindre qu’à NY par exemple!)

Très sincèrement, je vous invite à être très prudent et à suivre les conséquences d’une telle politique. Mon pronostic est que vous attirerez de plus en plus non seulement des gens d’abord motivés, mais surtout les plus riches. Ajoutez à cela la barrière de la langue: qd bien même vous offrez des masters en anglais, la méthode, le prestige est toute l’imagerie de SciencesPo reste d’abord importante pour des francophones.
Conclusion? il ne sera plus possible de recruter que parmis les 5% plus riches des lycées français à l’étranger…
Pour une institution qui tient à son rayonnement international et qui est fière (à raison) du cosmopolitisme de son corps étudiant, ça me paraît plutôt paradoxal .

On m’a expliqué que cela allait s’accompagner d’une extension du système de bourse aux étudiants étrangers hors UE , mais force est de constater que ce n’est pas encore mis en place. Ou du moins que c’est marginal. En plus, la plupart des autres bourses sont soumises à des conditions de citoyenneté.

Je me réjouis d’avoir pu rencontrer à SciencesPo des français d’origines sociales diverses (bien plus que ce à quoi on peut s’attendre avant d’intégrer ScPo). J’ai aussi rencontré des étrangers venus de tous les continents (et pas seulement de pays francophones) et qui n’étaient pas seulement issus des « upper upper classes » de leurs pays. Ce serait dommage que ce ne soit plus le cas dans les années futures.
Et très honnêtement, au regard de mon expérience personnelle, je suis assez pessimiste sur ce point. Après, j’espère du fond du coeur que j’ai tort. Mais permettez moi d’en douter, encore.

Alors M. Descoings, on en revient à la bonne vieille censure quand quelqu’un dévoile vos petits secrets de fabrication ?

Voici à nouveau le commentaire que Richard Descoings a censuré. Il n’y a pas là d’atteinte à l’ordre public ou aux bonnes moeurs. Ni attaque à la personne, ni propos injurieux, ni rien d’autre. Seulement une analyse à partir de faits établis et publics. Mais c’est ça qui est insupportable pour RD : qu’on dévoile la réalité de ses pratiques derrière l’écran de sa communication.

« Bien sûr, ScPo prend les étudiants étrangers pour des vaches à lait. Mais pas seulement eux. Le modèle économique qu’a mis en place Richard Descoings repose sur deux « astuces ».
 Coté recettes, ScPo est bon marché, voire gratuit, pour quelques’uns, dont on parle beaucoup, et très cher pour tous les autres, en prenant prétexte des tarifs des grandes institutions internationale.
 Mais côté dépenses, ScPo n’offre pas du tout le même service que ces institutions. A LSE ou Oxford les cours sont tous faits par des professeurs de niveau international. A ScPo, le même déséquilibre que pour les recettes s’applique : 10% des cours seulement sont faits par des vrais professeurs, 90% par des vacataires mal payés.
 Cette double illusion permet à Richard Descoings de dégager beaucoup de ressources pour faire de la communication, avec laquelle il entretient la tromperie à grande échelle.
 On appelle ça un « business model ». »

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