Pourquoi une semaine de la recherche? – Bruno Latour (1/2)

Nos étudiants, qui soupçonnent que l’on ne leur donne pas assez accès à un trésor, se sentent lésés et ils ont raison ! La semaine de la recherche (consultez le programme) est unprofe levée du voile. Elle est accompagnée de bien d’autres initiatives (un site web, des blogs, des conférences de qualité en quantité ), mais c’est la semaine de la recherche qui donnera à toutes ces richesses la plus grande visibilité.

La recherche ne faisait pas partie de la mission de l’Ecole libre des Sciences Politiques, fondée en 1871. C’est lors de  la création de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, en 1945, qu’on lui assigna la mission de développer de la recherche dans les sciences politiques : histoire, économie, sociologie et science politique, disciplines aux quelles le droit a été récemment ajouté.

Dès lors, le développement de la recherche a été très important, des centres ont été créés, de nombreux chercheurs et enseignants chercheurs, de renommée internationale ont été recrutés. Ce recrutement est aujourd’hui encore renforcé. Au total, la recherche représente 37% du budget de Sciences Po.

Il est apparu aujourd’hui à la direction que les liens systémiques entre recherche et pédagogie devaient être resserrés, renforcés. La recherche est un facteur majeur de qualité : elle apporte des questionnements nouveaux, emmène à de nouvelles frontières. Elle apporte aussi des références historiques, des « classiques » tout à fait indispensables. Tous les masters, même les plus « professionnalisants », sont irrigués par la recherche : qu’il s’agisse de la finance, des ressources humaines, ou de l’urbanisme. Nombreux sont les enseignants chercheurs qui y participent. Il faut aller plus loin. Donner plus d’outils aux étudiants. Attiser leur curiosité, leur donner envie de tirer le plus grand profit des recherches en sciences sociales et humaines.

La semaine de la recherche souhaite donc rendre visibles tous les secteurs et tous les aspects de la recherche à nos étudiants. Et si certains d’entre eux sont tentés par les métiers de la recherche, ils pourront mûrir leur projet professionnel en connaissance de cause.

Bruno Latour

Pour en savoir plus

La semaine de la recherche se déroulera du 12 au 16 avril 2010. Consultez tout le programme.

L’histoire de la recherche à Sciences Po

http://www.sciences-po.fr/recherche/fr/presentation/histoire.htm

Le mot du directeur

http://www.sciences-po.fr/recherche/fr/recherche/polit_scientif.htm

Les liens recherche-enseignement

http://www.sciences-po.fr/recherche/fr/recherche/enseignement.htm

Sciences Po, de la Courneuve à Shanghai, Richard Descoings, Presses de Sciences Po, 2007

11 commentaires

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Cher M. Latour,
Comment pouvez-vous écrire que « Tous les masters, même les plus professionnalisants, sont irrigués par la recherche » ? C’est une parfaite contre-vérité.
Les étudiants de ScPo sont les étudiants de masters en sciences sociales les MOINS exposés à la recherche de toute la France.
Il y a très peu de cours faits par des enseignants-chercheurs. Il y a qu’à ScPo qu’il y a des masters où 100% des cours sont faits par des praticiens (ex. journalisme) ou que des masters de gestion se font sans un seul enseignant-chercheur en sciences de gestion. Et les étudiants de sciencesPo ne font pas systématiquement un mémoire de recherche, qui est obligatoire à HEC ou à l’ESCP…

Les académiques «Sciences Po» qui enseignent dans le master de journalisme sont : Pascal Perrineau, Elie Cohen, Pierre Grosser. Auxquels on peut ajouter Pascal Ory, Kader Adberrahim, Gérard Thoris, Hervé Brusini, ou Michèle Cotta. Des personnalités qui sont soit académiques dans d’autres universités ou soit qui en ont reçu la formation.
Certes les académiques ne sont pas majoritaires dans ce master. Leur part pourrait peut être renforcée. Les liens avec la recherche resserrés par d’autres biais (tutorat, exploitation des ressources…), mais il me semble que le journalisme nécessite aussi l’intervention des praticiens et que Sciences Po n’a guère à rougir de ses «recrutements».
Voir la liste complète
Quand au master « gestion », soyez plus précis. Un tel intitulé n’existe pas.
Enfin, malgré la courtoisie et la rigueur toute relatives de votre message, il est bien utile : il valide l’hypothèse que les liens entre recherche et enseignements doivent être renforcés. C’est un des principaux objectifs visés par la semaine de la recherche. Vous semblez partager ce point de vue, c’est un premier pas !
Nb : je suis responsable de la communication de la direction scientifique, je ne m’exprime pas à la place de Mr Latour, mais je me sens quand même concernée !

Chère Hélène Naudet,
Je comprend que votre position de responsable de la communication de la direction scientifique soit inconfortable. Vous me demandez d’être plus rigoureux, j’en suis d’accord.
1) Je vous prie de m’excuser si j’ai, de mémoire, écrit qu’il n’y avait pas d’enseignants-chercheurs dans le master de journalisme. Vérification faite sur la liste fournie par Richard Descoings sur ce blog, il y en a quelques uns, si on cherche bien. Précisément 7 sur 105 intervenants, soit 6,6%. Comme vous dites, « Certes les académiques ne sont pas majoritaires dans ce master ». C’est un euphémisme audacieux. Quand à votre conception extensive des « académiques », elle n’est pas… très académique !
2) Je n’ai pas parlé d’un master de gestion, mais des masters de gestion (Finance et stratégie, marketing, ressources humaines, communication). Vérification faite, il y a UN seul professeur de sciences de gestion qui intervient dans l’un de ces masters (encore s’agit-il d’un professeur bien connu pour se consacrer davantage à la société financière qu’il dirige qu’à la recherche).
3) Vous ne répondez pas sur la question du mémoire de recherche.

Je ne critique pas la semaine de la recherche, mais je considère que c’est, une fois de plus, une opération de communication superficielle alors que que c’est le fond de la politique qui est en cause. Je maintiens que dans la plupart des masters de ScPo le contact des étudiants avec la recherche dans leur domaine de spécialisation est très faible et dans certains cas inexistant. Ce qui est très étrange, compte tenu des critères d’évaluation des masters par l’AERES. L’adossement de chaque master à une activité de recherche correspondante est un critère essentiel d’habilitation. Pouvez-vous nous indiquer quand les programmes de masters de ScPo ont été évalués ?

ok pour nuancer. c’est ce qu’il m’avait semblé faire dans mon premier message mais exclure, non. ceci dit c’est une position toute personnelle qui n’engage pas l’institution. quand aux questions de fond auxquelles je n’aurai pas répondu il y a en a peut etre, je ne vois pas lesquelles à part celles qui ne sont pas de mon ressort. compte tenu de la qualité de nos échanges, je vous propose d’en rester là.

@doctorant.
Je ne peux répondre à toutes vos questions. par exemple, l’accréditation n’est pas de mon ressort. Cependant, la semaine de la recherche n’est pas une pure opération de communication superficielle. Tous les centres de recherche font des portes ouvertes. L’amphi du jeudi 15 à 15h, ce sont tous les directeurs de labo qui viennent parler de la politique scientifique. Il y a aussi les doctorales ou les étudiants parlent aux étudiants. Tout cela est très concret.
Je ne dis pas que tout est parfait, car c’est une première et la formule devra être améliorée. Quant au fait que cela vous permette de dire ce que vous pensez des liens recherche-enseignement, je trouve cela un bon point. D’autres que moi pourront s’en saisir. Cordialement.Hn

La com, ou comment faire semblant de répondre tout en esquivant toutes les questions de fond.

@doctorant.
Nb : ce que vous appelez une conception peu académique de l’académique, c’est une ouverture d’esprit. Sur d’autres universités. C’est aussi une reconnaissance de la formation académique, même si les personnes évoluent ensuite dans un autre milieu. Si avec votre doctorat, vous venez à travailler dans la presse, je pense que vous apprécierez que l’on reconnaisse la qualité de votre formation. Ce sont des acquis qui durent.

Vous confondez tout simplement avoir une formation académique et exercer un métier académique. Ce qui dans votre position est quand même regrettable.
Je vous suggère quelque critères simples pour savoir si quelqu’un est un « académique » :
-occupe-t-il un poste de chercheur ou d’enseignant-chercheur dans une institution d’enseignement supérieur ou de recherche ?
-a-t-il publié dans des revues scientifiques à comité de lecture ?
-a-t-il dirigé des thèses ?
Il est probable que Michèle Cotta, qui ne satisfait aucun de ces critères, serait elle-même très étonnée qu’on puisse la considérer comme une « académique ».

Combien de doctorants inscrits à Sciences PO et combien de doctorats délivrés par année ? Le site de Sciences Po donne les chiffres : 550 étudiants en thèse (plus de 60.000 en France) et une quarantaine de doctorats par année (plus de 10.000 pour l’ensemble de la France)(http://www.sciences-po.fr/portail/fr-fr/programmes/doctorats/).

Sciences Po est donc loin d’être au top niveau pour les études doctorales (moins 0,4% des thèses délivrées)et donc pour la recherche. N’est-ce pas d’abord parce que le nombre de professeurs, enseignants-chercheurs titulaires, est faible ? La semaine de la recherche ne cachera pas la « misère » de Sciences Po.

Chronique du blog « Histoires d’universités » : « doctorants et docteurs : http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2010/04/05/doctorants-et-docteurs/

Cordialement

Heureusement qu’il y a a Sciences Po des doctorants pour remonter le niveau…

Et oui, c’est vrai quantité = qualité. Vous reprendrez bien un Big Mac ?

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