Création d’une chaire sur le genre à Sciences Po – Libération

Article de Libération, publié dans l’édition du 26 mai (lire sur leur site).

Quarante ans après leur naissance dans les pays anglo-saxons, les études sur le genre débarquent en France. Elles auront désormais pignon sur rue à l’Institut d’études politiques de Paris. Obligatoires pour tous les élèves, et censées les décoiffer.

Ce sont des études d’un nouveau genre. Assumées et ambitieuses. Les gender studies débarquent en France. Et pas n’importe où. La question du «sexe social» (différenciation et hiérarchisation des sexes fondées sur l’excuse du sexe biologique) s’installe dans une chaire créée tout exprès à Sciences-Po Paris. Une innovation. Le projet intitulé Presage (Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre) a été présenté à l’Institut d’études politiques lors d’un déjeuner plutôt classe. Les premiers cours démarrent (1). Ils seront obligatoires dès 2011. Aucun élève ne pourra désormais sortir de la grande école sans avoir entendu à un moment ou à un autre un enseignement sur le genre. «Il n’existe pas de programme de ce type en France», s’est félicité, fourchette à la main, l’économiste Jean-Paul Fitoussi, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). La preuve ? «Amartya Sen [prix Nobel d’économie, ndlr] lui-même était étonné de ne pas trouver en France une structure dédiée à une réflexion sur le genre.» Dorénavant, on l’espère, on ne pourra plus ignorer le genre et les rapports de sexe. Emmanuelle Latour, de l’Observatoire de la parité (une institution créée en 1995) approuve la démarche : «Tout le monde n’adhère pas à la lutte des classes, mais tout le monde a étudié Marx à un moment donné.»

Quel genre d’ambition ?

Au fond, il s’agit d’une entreprise éminemment politique. «On veut faire progresser le combat contre les inégalités entre homme et femme.» assument les deux économistes de l’OFCE à l’origine du projet, Françoise Milewski, la soixantaine, et Hélène Périvier, pas encore quadra. L’enseignement s’adresse aux élèves de l’institut (55% de filles, 45% de garçons), c’est-à-dire à de futurs cadres, de prochains députés, des dirigeants de demain : «C’est un pari sur l’avenir», pose Richard Descoings. Le patron de Sciences-Po se prend à rêver : «Aujourd’hui, les réunions le soir, c’est chic. Même si personne ne dit aux femmes qu’il ne faut pas y assister, les hommes se sentent davantage libres d’y participer. Et d’ailleurs, si un homme refuse une réunion à 18 heures, on dit que c’est un tire-au-flanc. Tout cela met en cause l’organisation politique, professionnelle et la sphère privée». «Cet enseignement va éveiller les consciences», espère aussi Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE. Demain, fini les réunions tardives, les écarts de salaires et l’inégale répartition des tâches ménagères ? Tout ça grâce à Sciences-Po ?

Quel genre de contenu ?

Françoise Milewski et Hélène Périvier, spécialistes de l’emploi des femmes, des inégalités de sexe sur le marché du travail ou des politiques sociales et familiales, n’ont pas voulu cantonner le programme à l’économie. Bien au contraire. Le but : être «transversal et pluridisciplinaire». Il y aura donc du droit, de la philo, des sciences politiques, de l’histoire, de la psychologie. «Ce n’est pas un programme sur les femmes ou féministe», précise bien Françoise Milewski. Il s’intéresse aussi aux hommes, aux rapports de sexe. «Il y a beaucoup de recherches sur le genre en Grande-Bretagne, ou aux Etats-Unis (lire ci-contre), mais plus centrées sur une réflexion identitaire. Il y a par ailleurs un pôle socio-économique qui observe comment les inégalités se produisent», complète Hélène Périvier. L’originalité, ici, est d’unir les deux pôles. Les historiennes Joan Scott et Michèle Perrot, les philosophes Elisabeth Badinter et Geneviève Fraisse, ainsi que l’anthropologue Françoise Héritier devraient participer au conseil scientifique.

Les gender studies seront par ailleurs abordées dans des «enseignements professionnalisants» : la branche gestion des ressources humaines, ou l’école de journalisme par exemple, auront à y réfléchir. Voilà du concret. Sans compter un volet adressé aux entreprises, associations, ou collectivités locales en demande de formation. Car toutes sont confrontées aux nouvelles lois, par exemple sur les quotas de femmes dans les conseils d’administration, ou à la jurisprudence, comme cette femme qui vient d’obtenir 350 000 euros d’indemnités de la BNP parce qu’elle avait été discriminée après plusieurs congés parentaux…

Quel genre de frein ?

Tout cela intervient bien tard. Au début des années 80, cinq postes dédiés furent créés dans l’université sous l’impulsion d’Yvette Roudy (à Toulouse, Lyon, Paris, Rennes) et confiés à des femmes. «Elles ont essaimé, retrace Emmanuelle Latour, mais comme partout, elles se sont heurtées au plafond de verre.» Les enseignements sur le genre dans les universités françaises restent très spécialisés et éparpillés. «Les gender studies, c’est encore marginal, et vu comme militant» constate Hélène Périvier. Certaines se sont méfiées de cette notion anglo-saxonne, qui, trop neutre, pourraient faire passer les femmes à la trappe.«Le genre fait loupe mais peut aussi être un cache-sexe», analyse ainsi Geneviève Fraisse, directrice de recherches au CNRS. Quoi qu’il en soit le sexe et le genre demeurent «dans le hors champ, l’invisibilité, le refoulé, le bas-côté» (2).

Si les gender studies ont mis du temps à émerger en France, c’est aussi parce qu’elles mettent à mal l’égalitarisme républicain et formel si hexagonal. «On revient toujours à l’idée qu’il n’y a que l’Etat et les citoyens, et que tous sont égaux devant la loi», conteste Richard Descoings, déjà promoteur des conventions ZEP pour faciliter l’entrée dans la prestigieuse rue Saint-Guillaume d’élèves de quartiers défavorisés. Il poursuit : «Il y a 80% de filles en L au lycée. Quand on demande comment ça se fait, on nous répond : « les filles sont plus littéraires ! « Quand on voit que les femmes à l’Assemblée ou chez les cadres dirigeants des entreprises restent si minoritaires ou que 80% des profs d’université sont des hommes, franchement, est-ce naturel ?» Pour Richard Descoings, bien au contraire, «il y a des choses à voir».

CHARLOTTE ROTMAN, Libération

(1) Demain à 10 heures aura lieu la première conférence de ce cycle à Sciences-Po, par Nancy Fraser sur «les ambivalences du féminisme dans la crise du capitalisme». (2) Lors d’un colloque organisé par le CNRS «En quête des recherches sur le genre», le 8 mars.

23 commentaires

Connectez-vous tweeter connect

Ce n’est pas tout à fait la première initiative en France, puisqu’il existe déjà à Paris 8 le Centre d’études féminines et d’études de genre fondé par Hélène Cixous, mais c’est une très bonne chose que les gender studies arrivent à Sciences Po ! Je regrette presque de ne plus être étudiante rue Saint Guillaume…

Il n’y a que la prétention de Richard Descoings et l’ignorance d’une journaliste de Libé pour essayer de faire croire que cette démarche est nouvelle en France.
Hélène Cixous à Paris VIII, Le Centre Louise Labé à Lyon 2, le Groupe Simone Sagesse à Toulouse, le réseau RING, Mireille Calle-Gruber à Paris 3, Rebecca Rogers à Strabourg , et dans les écoles Elisabeth Badinter à Polytechnique, Jacqueline Laufer à HEC, Nicole Aubert à l’ESCP Europe, etc. Tous ces gens travaillent sur le genre depuis longtemps. A part ça, « les études sur le genre débarquent en France… »
SciencesPo s’y met, vingt ans après les autres. Pourquoi pas ? C’est peut-être une innovation, mais seulement au 27 rue Saint-Guillaume.

Monsieur Descoings, je commenterai un détail de l’article, mais ce détail me semble révélateur : pourquoi toujours en revenir aux fameuses réunions tardives? Il me semble qu’un tel commentaire, battu et rebattu à tort et à travers par des pseudos féministes, dessert l’égalité hommes-femmes plus qu’il ne permet de s’en rapprocher. Avoir des enfants est un choix. On ne les fait pas toutes seules. or, présupposer que c’est aux femmes de s’occuper de leurs gosses et de s’en inquiéter pendant que leurs collègues masculins, eux, s’en moquent et se sentent libres, est un préjugé différentialiste en soi. Vous répondrez, et vous aurez raison, que c’est comme cela que ça se passe dans les faits. Certes, mais doit-on pour autant encourager de telles considérations en appelant à l’arrêt des réunions tardives, sous prétexte que les femmes doivent s’occuper de leurs enfants? Celles qui en ont n’ont qu’à trouver une baby-sitter ou rappeler à leurs chers maris qu’elles ne les ont pas fait toutes seules, point. Organiser des réunions en fonction des obligations familiales des femmes, c’est : 1. Très peu professionnel ; 2. Catastrophique pour une égalité véritable entre hommes et femmes.

moi je m’en fout homme femme , je veux des femmes et des hommes pauvres dans vont écoles institutions , si c’est avoir des femmes et hommes riches ca change rien a notre futur , nous les pauvres . et pour la diversité c’est pareil noir ou gris ou jaune féminin ou masculin ca change si c’est des riches .

Alors les « Gender studies », c’est le « machin » idiot importé du monde anglo-saxon, avec des décennies de retard, pour faire « bobo » dans le 7e. Mais Paris 8 (Seine-Saint-Denis, là où les idées brûlent) a encore une fois de plus des décennies d’avance sur Sciences Po, qui forme la pensée du vide. Je me souviens d’une fille admise à l’ENA qui citait le « Gender Studies » au grand Oral, comme si elle avait acquis un soupçon d’interdit. Ridicule ! Et dire, que cette fille sera administrateur civil, ça fait peur…

« Gender studies » ? Et alors ? La femme doit rester femme. Et l’homme un homme. L’homme porte le phallus, et la femme l’enfant, les ovaires. C’est un fait biologique. Ce n’est pas l’étude des genres par le prisme sociologique qui va changer l’Histoire et l’évolution de l’Homme. Encore des atermoiements pour de petits-bourgeois, en mal de je ne sais quoi dans leur couple, chaire qui va « perdre » des jeunes dans le méandre de leur identité personnelle et professionnelle, et « casser » une fois de plus la famille, le coeur et la structure même de la société.

Si les hommes sont assez « stupides » pour vivre dans le pouvoir, ce cache-sexe pour la mort, qu’ils y restent, le bonheur n’est assurément pas dans le pouvoir, mais ailleurs, dans les choses simples. Est-ce une chance d’être professeur d’université, être député, dirigeant d’entreprise (et défenseur du fascisme libéral ?) ? Non, je ne le pense sincèrement pas. Personnellement, je laisse ces places aux arrivistes et aux nuls.

Si certaines femmes veulent aller vers le pouvoir, qu’elles y aillent, quand un cancer de l’ovaire, ou d’ailleurs et un AVC, les stopperont dans leur élan, je rirai bien de leur chute. Fort heureusement, certaines femmes, les plus intelligentes, ont encore la sagesse de dire non à ce penchant ridicule de la femme au pouvoir. Le pari sur l’avenir, c’est ça.

Ohhh voilà quelqu’un qui détient la Vérité, et qui peut décerner le prix de l’intelligence aux femmes, celles qui refusent le pouvoir. Evidemment. La personne qui a écrit ceci a certainement fait le choix de l’indigence afin de ne pas faire partie de des méchants intellectuels formant « la pensée du vid »e…C’est vrai que nous nageons en eau profonde avec cette personne qui met sur le même plan le symbolique (phallus) et le biologique (ovaires)…

Misère… on peut répondre à cet excellent commentaire rempli de la paranoïa bien connue de la perte des valeurs familiales et patati patata, que c’est tellement naturel d’être femme, tellement naturel d’être homme, que la personne qui écrit appelle à ce que « la femme doit rester femme » et « l’homme doit rester l’homme ».

C’est tellement naturel qu’on ne comprend pas vraiment cette lamentation sur le déclin des valeurs traditionnels, sur l’effacement des sexes et sur les « méandres de l’identité personnelle »…Comment penser à la fois quelque chose de naturel, et craindre un changement de ce qui est sensé être le même de tout éternité dans toutes les sociétés ?

Aucune réflexion sur le contenu (immense) des Gender Studies, que des invectives sur les personnes qui s’en réclament. Les attaques ad hominem, solution de repli lorsqu’on n’a que la bêtise pour postulat.

Comme d’hab’, des injonctions stupides qui contiennent elles-mêmes la performativité de ce qu’est le genre « restez hommes, restez femmes ». Autrement dit toutes ces inepties sont l’aveu de la raison d ‘être des gender studies. Il y a des gens qui, parce qu’ils savent que les identités sexuelles sont socialement construites à partir de faits biologiques auxquels on donne une importance fondamentale, craignent l’ébranlement de toutes ces valeurs. Ils s’érigent en moralisateurs et décernent les prix de femmes « intelligentes, bien » et, alors même qu’ils se prétendent au-dessus de toute vanité, espère flatter l’égo de celles et ceux qui se complaisent dans une certaine définition surannée des rôles , et culpabiliser celles et ceux qui s’en éloignent.

Bref, un mail rempli d’autosatisfaction, de gloriole « moi je rejette la vanité, le pouvoir, blablabliblablo » et de véritables idioties qui se font passer pour politiquement incorrectes alors qu’elles sont tout ce qu’il y a de plus politiquement correct et conformistes dans l’ère de backlash idéologique que nous vivons en France par exemple.

ps: si la nullité est l’essence même des postes d’enseignant-chercheur, rassurez-vous, vous serez émérite en un temps record ^^

ps 2: pas la peine de prendre un prénom féminin pour rendre légitime son commentaire et écarter tout soupçon de machisme, lorsque l’obsession pour la chute des femmes émancipées en leur souhaitant toutes sortes de maladie, est un cas d’école de misogynie.

Comme on vous l’a fait remarqué par le premier commentaire vous répondant, c’est vraiment très très stupide de vous faire passer pour une femme, dans la mesure où le « personnellement je laisse ça aux arrivistes et aux nuls », donc le moment où vous vous identifiez, est dans la partie « homme » de votre invective. Comme la différence et la séparation des sexes vous obsède, vous avez eu besoin en conclusion de critiquer ces soit disant imbéciles qui suivent les Gender Studies, en séparant d’un côté les hommes et de l’autre les femmes. Mais comme vous étiez tellement animé de la volonté d’être plus véhément qu’intelligent, vous n’avez pas pu vous empêcher, malgré votre pseudo féminin, de vous identifier dans votre réflexion sur les « hommes ». « LOL »..

Queer week, outing homosexuals, genders studies. M. Descoings a une obsession. Vous ne pensez pas ?

@ kolezassiette

Je vous invite à faire un tour dans un bloc opératoire, vous y apprendrez l’anatomie, loin des « Gender Studies », un machin chic de bobo. Avez-vous déjà pratiqué une dissection au cours de vos études ? En médecine, oui.

Faites un stage avec un infirmier dans un hôpital qui fait chaque matin la toilette d’un « transexuel » greffé qui se sent mal dans sa « peau », vous comprendrez mieux la réalité, loin des propos futiles rapportés dans cet article.

Je vous invite enfin, « Madame » ou « Monsieur », à être un bon « père », ou une « bonne mère », c’est préférable aux apôtres des « gender studies »… Si vous parlez ainsi, c’est que vous ne devez pas être « père » ou « mère ».

Que Sciences Po inaugure une chaire sur cette matière est proprement futile et scandaleux, à mon sens, les priorités essentiels de réflexion dans une société sont ailleurs.

J’ignorai que les « cas », comme vous, avaient le droit, de déposer un message. Remarquez, votre stupidité petite-bourgeoise fait contraste avec les propos des autres interlocuteurs, charmants et compréhensifs.

En effet, l’article de Libé sur ce nouveau programme est assez malheureux. Si vous lisez l’article en entier vous verrez qu’il ne dit pas que Sciences Po serait la première institution française à faire des études du genre. Cela dit, non seulement cette information est tardive et curieusement formulée, elle est doublement incomplète par l’absence de référence aux programmes les plus connus dans le milieu et par le quasi-déni des initiatives déjà entamées à Sciences Po même.

Oui, cette nouvelle chair présage une présence plus ancrée des études du genre à Sciences Po mais il faudrait aussi reconnaître l’ouverture créée avec les séminaires de Bruno Perreau et Françoise Gaspard, Elsa Dorlin, Laure Adelet, Delphine Gardey, Michel Bozon, Marie Scot, j’en passe et des meilleurs.

Il paraît être une évidence aujourd’hui, en Europe en France en Amérique ou ailleurs, que le monde dans lequel nous vivons est controversé et incertain. Du changement climatique aux fluctuations boursières, du dirigeant au paysan, la capacité de réflexion critique sous-tend notre capacité de vivre ensemble. Les « gender studies » ne sont pas juste la chasse gardée des féministes et des PD, c’est un prisme qui ne s’impose pas mais s’articule avec une vaste panoplie de disciplines. Comment comprendre l’histoire intellectuelle et la mondialisation en ignorant les genres? Ou la régulation juridique? Ou encore les réformes éducatives?

Penser non par ni contre mais avec les genres n’est que truisme et évidence pour nos amis des arts, mais aussi du marketing. De gauche ou de droite, on ne cesse de dire que ces deux domaines nous singent d’une main et nous éclairent de l’autre. Faire du genre une réflexion commune aux élèves de Sciences Po c’est du sens commun.

Oui, bien sûr, votre premier mail est d’une courtoisie charmante.Il n’y que moi ici qui ait fait preuve d’hystérie, de stupidité. Ce n’est pas bien grave, de toutes les façons, je suis un « cas ». Et oui, même nous, pouvons parler. Vous aspirez peut-être à un monde où seuls les gens qui pensent comme vous auraient le droit de s’exprimer ?

Si par le fait de mentionner la medecine, et par là de présupposer que n’étant pas medecin, je ne saurais parler « nature », je vous inviterai donc à réviser votre légitimité à parler des « Gender Studies » puisque visiblement vous n’en connaissez que ce que votre paranoïa sur l’effondrement des valeurs vous laisse voir.

Comme je m’y attendais, vous n’avez répondu à rien de ce que j’ai dit dans mon premier mail, mais n’avez fait que des tentatives impertinentes de déviation. Contrairement à moi qui reprenait chacun de vos paragraphes, vous ne discutez rien de ce que je dis, mais tentez une approche psychologisante sur ma personne…Aucune réponse sur la soit disant naturalité du genre que vous défendez en vous appuyant sur les différences biologiques(qui justifieraient qu’on ne fasse pas d’études sur le genre), et dans le même temps, vous parler du danger de voir les rôles de chaque genre disparaitre, ce qui revient à dire « c’est nul les gender studies, pire, c’est grave car les rôles de sexes, c’est naturel, ça se trouve dans le fait d’avoir un pénis ou un vagin, organes qui ne disparaitront pas, MAIS en même temps les rôles qui sont sensés être fondés par ces pénis et vagin disparaitront. « ??!! » ça montre toute la pertinence de la pensée anti gender studies…

Bref, pour les gens qui souhaiteraient faire autre chose que lancer des anathèmes, et s’instruire sur le sujet, il faut savoir une chose simple, penser le genre, c’est penser une approche qui interroge les rapports sociaux masculin/féminin, tels que les sociétés les construisent selon une époque et un contexte à éudier. C’est interroger autrement le monde dans lequel nous vivons. Cela ne se place pas sur le terrain de la biologie, comme la biologie ne se place pas sur le champ des sciences humaines.

C’est vrai, les études de genre sont déjà amplement pratiquées en France (Paris 8, Paris 7, Paris 1, Paris 3, EHESS, etc.), mais de façon éparpillée et marginale.
J’espère seulement que la/le titulaire de cette chaire saura intégrer dans ses cours les dernières contributions dans les études de genre (qui datent déjà elles-mêmes de presque vingt ans, à vrai dire), apportées par le féminisme de la troisième vague et par les études queer, et ne s’arrêtera pas aux études de genre telles qu’on les pratiquait précisément il y a quarante ou trente ans aux EU (et heureusement qu’on les a pratiquées, je ne voudrais pas qu’il y ait de malentendus sur mes propos). Je veux dire que ce que l’on remet en discussion maintenant, ce n’est pas uniquement la différence des genres, mais aussi (que l’on soit d’accord ou pas, bien entendu), celle des sexes, sans doute trop biologisante, comme de nombreux médecins et psychiatres le reconnaissent désormais eux-mêmes.
Vivement cette nouvelle chaire (pas exactement la première dans les faits, mais peut-être la première avec cet intitulé en France), pourvu que sa/son titulaire, au-delà de ses convictions personnelles, ne reste pas trop attachéE à un certain essentialisme, mais au moins présente aussi les théories issues du (post)constructivisme et du féminisme matérialiste.

ce programme pourrait être complété par un travail concret sur l’égalité hommes femmes parmi les salariés de sciences po. Enseigner une chose et en faire une autre, ce n’est pas très crédible.
Et pour répondre à Justine Bourdais : les réunions tard le soir, effectivement ce n’est pas uniquement nuisible aux femmes, aux hommes aussi : on ne fait pas du travail de qualité, quand on est trop fatigué(e)s et qu’on a plus de vie privée de qualité.

Monsieur Descoings,

En tant qu’ancien élève, j’ai su apprécier nombre de vos réformes à Sciences po.

L’introduction des ‘Gender studies’, qui semble obligatoire pour les étudiants, me semble toutefois très grave.

Sur le fond, les gender studies sont le reflet d’une idéologie très claire, la philosophie contructiviste, et hautement contestable pour ne pas dire fausse. L’échange d’argument, s’il était possible, serait très intéressant, et surtout plus essentiel encore que les remarques que je voudrais maintenant développer.

Trois impostures à dénoncer : imposer les gender studies n’est ni un reflet d’ouverture, ni un acte de courage, ni un respect de la liberté.

Rien n’est en effet plus conformiste, plus soumis à l’esprit du temps que les « gender studies », n’en déplaise à la rhétorique de ses représentants qui tentent le tour de force de se présenter du coté de la subversion alors qu’ils sont aujourd’hui du coté de l’ordre et de la domination idéologique. Imposer un tel parti pris aux étudiants me semble très problématiques, voire dangereux.

L’ouverture, le courage et l’esprit de liberté auraient plutôt demandé de soumettre ces théories à la controverse -ce qu’il est encore le temps de faire- plutôt que de considérer le contenu de ces théories comme acquis, comme « hors débat ».

Réfléchir sur l’altérité biologique, sexuelle, sociale, en dehors des concepts de la domination et de la construction sociale, dans un esprit de contemplation et de respect du donné naturel, voilà ce qu’aurait pu être une véritable révolution à Sciences po.

M. Descoings ne comprendra rien à vos propos, cher VM. Vous lui parlez comme s’il était un intellectuel. Grave erreur. Sa raison d’être à lui, c’est faire de la Com. Et puis, comme tout le monde, si possible, satisfaire ses fantasmes. Les « genders studies » lui paraissent satisfaire ces deux critères ? Alors, « genders studies pour tout le monde ». Lui expliquer en termes savants qu’il faudrait réfléchir un peu avant d’imposer cela à tous les étudiants ? L’intention est bonne, mais c’est sans espoir. Et puis, depuis quand ce serait aux intellos de décider ce qu’on enseigne à ScPo ? Il y a un Directeur pour ça.

Encore une fois, M. Descoing nous donne un aperçu de son « politiquement correct ». Le « gender studies » ? Une sciences comme les autres !

Mais à tous ceux qui critiquent (et à juste raison) les créationnistes en les taxant d’idéologues incapables de voir la réalité en face, je réponds que ce genre de théories comporte les même errances. Que cela vous plaise ou non, les hommes et les femmes sont génétiquement différents, leurs hormones fonctionnent différemment et ils se servent de leur cerveau différemment. Les hommes et les femmes sont différents par nature, et même si la société peut véhiculer une image type de l’homme et une image type de la femme, les deux genres seront rigoureusement différents et ce n’est malheureusement pas la faute de la société.

On pourrait cependant en dire autre chose de l’identité sexuelle qui en effet est façonnée par la société. L’homme nait effectivement de par ses instincts naturels hétérosexuel, et la société crée les autres forment de sexualité (bi, trans, homo). Il ne s’agit nullement d’un jugement de valeur refusant à ces personnes le même droit à vivre leur sexualité librement et en toute sécurité, mais bien d’une observation empirique.

En espérant que les « gender studies » se sortent un peu de leur « culturalisme intégriste » …

De grâce, que les opposants au projet de Richard Descoings concernant les « gender studies » arrêtent immédiatement leurs élucubrations hexagonales si stériles !!!

Combien de décennies faudra t’il à la France et aux Français pour adopter une approche éducative plus ouverte, plus riche, empreinte de plus d’ »humanisme » et de plus de largesse d’esprit…. Regardons de l’autre côté de l’Atlantique et de la Manche !

En quoi les « gender studies » pourraient-elles représenter une menace pour la « famille » et les « valeurs traditionnelles »? Si tant est que de telles valeurs existent encore …

Cessons donc ces enfantillages pour regarder les choses en face, avec intelligence et rationalisme.

Parfois, je me demande si Descartes n’est pas né hors de l’hexagone !!!!

Mais justement, Athis, les « genders studies » sont jugées complètement ringardes dans les grands établissements de l’autre coté de l’Atlantique et de la Manche. Quelle est leur place à Harvard ou à LSE, que RD prend pour modèles (très lointains) ? Sont-elles des sujets obligatoires dans les cursus de ces établissements ? Evidemment, non. Et les imposer comme tels serait considéré comme un abus de pouvoir et un scandale intellectuel par la communauté scientifique.
A ScPo, le directeur peut imposer ses fantasmes, sans avoir à en rendre compte à quiconque. Sommes-nous dans un établissement scientifique ? Sommes-nous dans un établissement de la République ?

Vous êtes sûre de bien connaitre les « grandes » universités américaines ? Vous connaissez Berkeley, Standford, Yale etc ? Faites-y un tour, et regarder bien si les gender studies y sont vues comme ringardes.

Ensuite la seconde objection qu’on peut vous faire est de se demander si la valeur d’un nouvel objet de connaissance dépend de ce que les gens en disent, dans un sens ou ds un autre ? Il me semble que le côté ringard, comme le merveilleux des gender studies dépend du point de vue selon lequel on parle.

Relisons un peu l’histoire, et posez-vous la question de comment les programmes que vous trouvez scientifiques et normaux aujourd’hui ont été imposés de force par une idéologie républicaine. Alors ne nous effarouchons pas de tout ce qui rompt l’ordre établi (qui réussit un tour de passe passe en se faisant passer pour anticonfirmiste) bref… Les gender studies n’ont pas 150 ans d’ancienneté, donc forcément selon le sens commun, c’est de la merde, c’est suspect, c’est dangereux, c’est un abus de pouvoir.

Et puis quant à l’adjectif « scientifique » il sert à discréditer les conceptions auxquelles on s’oppose, c’est bien connu depuis longtemps. Encore une fois, relisons encore un peu l’histoire.

Je confirme que les genders studies sont considérées avec condescendance par les grandes universités américaines, un monde que je connais bien. Les départements de gender studies sont des petites niches de médiocrité dans des universités de second rang. Aucune université de premier rang n’offre, et n’imaginerait offrir, un cours obligatoire spécifique sur ce thème. Pas par aveuglement, mais simplement parce que les questions de genre sont et doivent être traitées dans les disciplines fondamentales (sociologie, économie, science politique, etc.) pas dans un cours omnibus, condamné à être superficiel.

[...] Article de Libération, publié dans l’édition du 26 mai (via le blog de Descoings) [...]

tous ces commentaires reflètent la diversités de pensée : heureusement, on a cette liberté de pensée en France.
mais :
le genre humain est homme et femme, cela est une question de bon sens…
ceux qui se cherchent, mieux vaut apprendre à les aimer et les accueillir, ils se trouveront sûrement mieux, plutôt que de pondre des théories fumeuses pour les pseudo-rassurer, ou cautionner des comportements risqués; ceux qui promeuvent ces théories, mieux vaut prier pour qu’ils soient éclairés par l’intelligence du coeur, et agissent en conséquence.
 » on reconnait l’arbre à ses fruits. Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits  » : le Christ nous a laissé cette parole à méditer ( Matthieu, chap. 7, versets 15-20 ). au travail !

Additional comments powered by BackType