A Sciences Po, les étudiants planchent sur les inégalités entre hommes et femmes – Le Monde

Article de la journaliste Anne Chemin, publié dans Le Monde du 01/06.

Il a hérité d’un joli nom qui lui portera peut-être chance : Présage. Le programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre de Sciences Po et de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) est sans équivalent en France. Pour la première fois dans l’Hexagone, des étudiants seront tenus, pour obtenir leur diplôme, de suivre des enseignements sur les inégalités hommes- femmes. « A notre connaissance, aucun programme de ce type n’existe à l’étranger, y compris aux Etats-Unis », constate le président de l’OFCE, Jean-Paul Fitoussi.

Ces enseignements destinés aux étudiants de Sciences Po commenceront dès la rentrée 2010 mais ils deviendront obligatoires en septembre 2011. Certains seront dispensés en cours de droit, d’autres en histoire, en sociologie ou en économie. Ils pourront aussi bien porter sur l’histoire du droit de vote des femmes que sur la situation des travailleuses à temps partiel ou la construction des stéréotypes filles-garçons à l’école.

Pour le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, cette petite révolution pédagogique était indispensable. « En France, on se contente souvent de vérifier que l’égalité est garantie par la loi, comme si cela garantissait l’égalité réelle, regrette-t-il. Regardez la situation des femmes en politique : à première vue, rien ne les empêchait, depuis 1945, d’accéder aux responsabilités, mais il a fallu inscrire la parité dans la Constitution pour que les partis acceptent de leur faire une place. On nous dit souvent, circulez, il n’y a rien à voir : en fait, il y a des tas de choses à voir ! »

Les nouveaux enseignements permettront justement d’« aller y voir » de près. Comprendre, par exemple, en quoi la répartition inégalitaire des tâches parentales et domestiques au sein des couples pèse sur les carrières professionnelles des femmes. S’interroger sur la place de la maternité dans la construction de l’identité féminine. S’attarder sur les recherches scientifiques consacrées au fonctionnement interne des partis politiques, qui, malgré la parité, peinent à s’ouvrir aux femmes.

« Eveiller la curiosité »

Piloté par deux économistes de l’OFCE, Françoise Milewski et Hélène Périvier, le projet conjuguera deux regards. « Nous enseignerons aussi bien l’approche socio-économique, historique et juridique des inégalités – marché du travail, politique, sphère familiale – que l’approche philosophique, psychologique et anthropologique, qui se concentre sur la construction identitaire des hommes et des femmes, souligne Mme Périvier. Notre but, c’est d’éveiller la curiosité intellectuelle des étudiants. »

Présage comprendra également des programmes de recherches, des séminaires, des sessions de formation continue pour les entreprises qui s’intéressent à l’égalité professionnelle et des conférences – la première a été donnée, le 27 mai, par Nancy Fraser, qui dirige le département de philosophie de la New School University de New York. « Tous ces travaux seront accessibles sur un site Internet, précise Mme Milewski. Notre but, c’est d’approfondir la réflexion sur les discriminations liées au sexe et de former ces étudiants qui auront un jour des responsabilités au débat sur ce thème. »

Anne Chemin – Le Monde

8 commentaires

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Pourquoi pas, c’est intéressant. Mais ce que je ne comprends pas c’est pourquoi rendre obligatoire un cours sur cette inégalité en particulier et celle-là uniquement.

Il existe de nombreuses discriminations en France: sociales, ethniques etc. Il aurait semblé plus logique à première vue de faire un cours obligatoire sur les inégalités en général.

Je suis tout à fait de votre avis Mathieu d’autant que Sciences-po ferait bien de se remettre aussi en cause.
Alors les inégalités sont multiples en France et ailleurs dans le monde et celle hommes -femmes importantes mais il existe aussi la discrimaination sociale lors du paiement des frais de concours à Sciences po…..
A bon entendeur….

Bravo !!

Ce serait bien également un cours obligatoire ou d’ouverture sur handicap (l’histoire des représentations sociales liées au handicap, par exemple par Charles Gardou ou Kristeva). Mais l’idée n’a pas été retenue….dommage.

donc, comme étude de cas, ils auront le rapport égalité hommes femmes portant sur les salariés de Sciences Po. chouette !

Bonne initiative,
Dommage que le dernier article du monde intitulé « sciences-po pense sexe » confonde discrimination faite aux femmes et sexualité, gender study et homosexualité, tout cela pour présenter les femmes comme une minorité alors qu elles sont la moitié de l humanité.
Finalement tout cela légitime une certaine forme de machisme….

Et les Inégalités entre étudiants à Sciences PO, Va t on plancher dessus?

Je m’explique et je vous raconte un peu ma vie par ailleurs.
Samedi dernier, je ne vais pas faire la fête en péniche, je travaille. Et je travaille dans un bel endroit c’est vrai. L’opéra Garnier, il n’y a pas mieux. Ce soir je suis « fil Rouge » c’est à dire que j’accompagne les VIP jusqu’à leur place, je leur offre un programme et je les emmène au coktail d’entracte et au repas dans les foyers. C’est sympa, on peut se faire un peu plus de pourboire qu’aux quatrième loges et on peut avoir la chance de croiser PPDA ou Claire Chazal (non, pas ensemble)
Prix estimé de ces petites banalités, 600E par personne. (Pour les petits malins c’est assez facile à vérifier, site de l’opéra de paris puis rubrique « Une soirée à L’opéra ») Mais ce n’est qu’un détail.
Arrivée à Mon poste, surprise, c’est Sciences Po qui est fil rouge ce soir. Je me dis que chouette qu’avaec un peu de chance Richard Descoings et son compere Duhamel seront là. Manque de bol, ce sont DES ETUDIANTS QUI ENTRENT et pas n’importe lesquels : ceux admis en convention ZEP cette année et à qui on donne le gout du luxe. Histoire de leur montrer comment sa brille là haut et comment c’est moche chez eux par rapport à ici et comment ils feraient mieux de se dépécher de bosser pour pouvoir avoir le fric necessaire à se payer ce genre de soirée.
Pourtant admise sur concours, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller à l’opéra avant de commencer à y travailler, pour moi un ballet est un ustensile qui permet de nettoyer une chambre et une cantatrice est férocement chauve dans une pièce de Ionesco.
C’est pas la peine de venir de ZEp pour ne pas connaitre grand chose à la haute culture. Moi aussi j’aurai bien aimé partager le cocktail d’entracte après L’Italienne à Alger. Manque de bol, je devais retourner ranger les manteaux au vestiaire, tout le monde n’a pas la chance de se voir invité par son école à passer une soirée à l’Opéra, et croyez moi je ne travaille pas QUE pour le plaisir. Quelqu’un peut m’expliquer ce que ces étudiant faisaient là et si c’est vraiment le rôle de l’école de les emmener à l’opéra?
Et bien ils ne m’ont même pas donné de pourboire.

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