Sciences Po Paris donne une chance aux lycéens de la région Champagne-Ardenne – France 3

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Un partenariat a été signé entre Sciences Po Paris et trois lycées de la région de Champagne-Ardenne.

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Mais que cherchez-vous à faire ? Faire de Sciences Po Paris l’IEP des provinciaux ? Réserver le concours aux élèves parisiens ? Parisiens qui, au final, auront le moins de chance, alors que déjà l’accès leur est plus difficile car ils ne sont qu’admis à titre exceptionnel sur la mention très bien ! Alors que tous savons très bien que la mention très bien est plus difficile à obtenir au sein de l’académie de Paris que dans n’importe quelle autre…
Est-ce donc ça l’égalité des chances ?

Chère citoyenne, je ne sais pas si la mention TRES BIEN est plus difficile à obtenir à Paris qu’en Province … mais je sais en revanche que les parisiens bénéficient de « prépas » sciences-po à l’année ou sur les vacances, ce dont les provinciaux (surtout éloignés, et dans des villes petites ou moyennes) sont majoritairement privés. Je sais aussi que « viser » SciencesPo quand on habite une ville petite ou moyenne en province est souvent perçu comme étant une « ambition démesurée », et que les lycées de province (non partenaires de SciencesPo) ne préparent guère leurs élèves à des études ambitieuses appelant l’éloignement géographique. Donc, il est souhaitable que SciencesPo Paris aille à la rencontre des élèves brillants de province car il y a aussi des élèves brillants en province !!!

Ce serait mal me comprendre que croire que je suis absolument contre l’ouverture à la province, et je suis loin d’affirmer que les élèves brillants sont uniquement parisiens.
Cependant, cher levraisud, j’ai eu l’occasion de constater, et ce constat est chaque année réaffirmé par les résultats au bac et au concours de sciences po, que :
- d’une part, selon les académies, il peut y avoir entre 1 et 3 points de différence dans la moyenne au bac de deux élèves de même niveau, l’un à Paris l’autre en province
- de même, les « bonnes surprises » au bac, je les ai constatées majoritairement en province (particulièrement en Bretagne) et les « mauvaises surprises » et les résultats médiocres pour des élèves d’habitude brillants (10 au bac au lieu de 16 habituels) presque tous à Paris
- enfin, et c’est un point sur lequel je souhaite insister, pour la mention très bien : les élèves parisiens ne sont pas acceptés en dessous d’un bon 18 de moyenne au bac, alors que les provinciaux peuvent se contenter de ne pas avoir de note en dessous de 14 dans les matières « clés » sciences po. En faisant un petit calcul rapide, on s’aperçoit qu’un 14 est une note très faible pour un 18 de moyenne et peut même l’empêcher…

A partir de là le raisonnement est simple : beaucoup de provinciaux ont plus intérêt, en particulier s’ils ne font pas partie de la convention, à se concentrer sur une mention très bien. Un élève ayant 14 de moyenne toute l’année aura sa mention très bien de justesse à Paris (sauf accident) et ne pourra pas compter dessus. Au même niveau en province, l’élève aura plus confortablement sa mention très bien, peut-être 17 de moyenne, et sera sans doute accepté s’il rempli les conditions. A même niveau dès lors, l’élève parisien est éliminer.

Aussi deux autres points me perturbent : 1/ il y a des prépas sciences po en province… certes elles sont moins nombreuses, mais parce que la demande est moins grande. A Paris, n’allez pas croire que tout les parisiens peuvent s’offrir le luxe d’une prépa prestigieuse. Aussi beaucoup préparent le concours en ligne, comme le font certains provinciaux aussi, ou le prépare seuls. 2/ J’ajouterais même que certaines prépas vantent leurs 50% de réussite au concours, résultat gonflé non pas par leurs élèves parisiens mais provinciaux. Pourquoi ? parce que leurs classes se font en petit comité, ce qui leur permet d’avancer plus vite et plus en profondeur.

Un dernier point pour conclure : il y a des IEP dispersés un peu partout en France. Certes Sciences Po Paris reste le plus prestigieux, mais de nombreux parisiens, qui ne sont pas acceptés à Paris, doivent déménager en province pour faire un IEP. Il n’y a pas de distances pour eux ? Leur ambition pour Sciences Po Paris n’est-elle pas démesurée elle aussi ? Et pour les Littéraires dont on oublie souvent combien il est difficile d’être noté sur 20 et non pas sur 18, avec une variante de subjectivité encore plus forte…

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