«Je crois en une philosophie empirique» – Grand Entretien avec Bruno Latour dans Philosophie magazine
Grand entretien dans le dernier numéro de Philosophie Magazine, avec Bruno Latour. Six pages absolument passionnantes.
« Philosophe, anthropologue, sociologue des sciences, Bruno Latour se définit comme l’un des rares pragmatistes français. Célébré à l’étranger, mal connu en France, celui qui a politisé les sciences aime démêler le vrai du faux, et s’intéresse aussi bien au droit, à la morale qu’à la politique, à tous ces lieux où s’élabore la vérité.
Propos recueillis par Patrice bollon / photos Richard Dumas
À l’étranger, quand on demande à un intellectuel réputé quels noms il retient de la pensée française, il est l’un des quatre ou cinq le plus souvent cités. Il collectionne d’ailleurs les titres de docteurs honoris causa et les prix pour son oeuvre. Bruno Latour n’a, hélas! pas la même aura en France. On ne le lit guère et on le commente aussi peu.
Ce Bourguignon, né à Beaune en 1947, issu de la famille des célèbres négociants en vins Louis Latour, n’a pourtant rien d’un marginal. Docteur en philosophie, il a toujours eu une place dans l’institution universitaire, d’abord au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), puis à l’École des mines de Paris ; enfin, depuis 2007, à Sciences-Po, où il occupe le poste central de directeur scientifique, en charge de la réflexion sur les orientations à long terme de l’école et de la gestion de ses 200 chercheurs. Auteur d’une quinzaine de livres, il s’est bâti une solide réputation dans la sociologie des sciences, mais aussi au-delà. Car son travail aborde autant la réflexion sur les sciences et les techniques que l’anthropologie et la philosophie politique. Là réside peut-être la raison de sa confidentialité. Bien qu’elle ne soit ni hermétique ni jargonnante, son oeuvre a longtemps paru éclatée, alors qu’avec le temps, sa cohérence apparaît. Bruno Latour n’aime aussi rien tant que débusquer nos classifications et autres idées toutes faites, ce qui en déroute, voire scandalise, plus d’un ! C’est un inlassable questionneur qui dynamite notre vision des sciences, de la société, de la politique, des relations entre les peuples, pour la renouveler.La suite dans Philosophie magazine.













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