Archive de la catégorie ‘Dans les médias’

Sciences Po Paris organise sa première Queer Week – Yagg.com

Article du site Yagg.com, sur la Queer Week organisée par des étudiants de Sciences Po.

À l’initiative d’un groupe d’étudiants en Master, la prestigieuse école de Sciences Po Paris organise cette année, et pour la première fois, une Queer Week, du 3 au 6 mai prochain.

La Queer Week, c’est une semaine de colloques, de débats, d’ateliers de discussion et d’événements festifs, entièrement consacrée aux questions de genres, d’identités et de sexualités. Soit une semaine de réflexion inédite qui réunira étudiants, chercheurs, associations et politiques, et qui sera ouverte à tous. Avec des intervenants très divers, allant de Didier Eribon à Judy Minx en passant par Éric Fassin ou les militantes de La Barbe.

“À la base, l’idée est partie des membres de Plug’n Play, l’association LGBT de Science Po, mais très rapidement plein d’autres étudiants se sont greffés au projet”, explique à Yagg Ghislain de Salins, l’un des étudiants organisateurs.

PREMIER ÉVÉNEMENT DU GENRE EN FRANCE
La tenue de cette semaine queer part d’un constat simple: alors qu’aux États-Unis, les queer et gender studies sont proposées dans la plupart des grandes universités, en France, ces questions sont absentes des programmes universitaires, “par conséquent, le monde de l’entreprise se trouve également peu sensibilisé à ces questions”, indiquent les organisateurs qui ajoutent que “les questions de genre et de sexualités sont aujourd’hui des questions primordiales (…) les sciences sociales du genre ont toute leur place à Sciences Po, et la Queer Week se propose de les rendre accessibles d’une manière innovante et originale”. La Queer Week de Science Po sera donc le premier événement du genre en France.

“IL EST IMPORTANT QUE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PRENNE CONSCIENCE DE TOUTE SA DIVERSITÉ”
Pour cet événement, les étudiants-organisateurs se sont fixés trois objectifs. Le premier consiste à “accompagner l’émergence et la percée des queer et gender studies à Sciences Po. La sensibilisation de la communauté étudiante et enseignante se trouve au cœur de ce projet ambitieux, et constitue désormais une audience de taille”.

Il s’agit également de “promouvoir la diversité. Organisée début mai, la Queer Week est le prélude idéal à la Journée mondiale de la lutte contre l’homophobie du 17 mai. Les questions des discriminations et de leur traitement par le droit seront abordées lors de différentes conférences”.

Le troisième objectif des organisateurs est de susciter des questionnements dans la société, au-delà des murs de Sciences Po. “Il nous semble important que la société française prenne conscience de toute sa diversité. Or, cela ne se fera positivement qu’avec la connaissance des problématiques qui existent”.

“On voudrait montrer que les questions de sexualités et de genres dépassent les simples questions du mariage et de l’adoption”, ajoute Ghislain de Salins,”on essaie d’aborder à travers cette semaine de réflexion tous les aspects de la vie, mais du point de vue des genres. Nous organisons par exemple un colloque sur “la vie professionnelle et la sexualité” avec la participation de l’association l’Autre Cercle. On souhaite parler de lutte contre les discriminations, dans l’entreprise et dans la société en général. Il s’agit de sensibiliser un public étudiant mais pas seulement. D’ailleurs ces étudiants sont des futurs cadres d’entreprise”.

UN RENDEZ-VOUS ANNUEL?
“Nous espérons que cette Queer week obtiendra le succès qu’elle mérite et que chacun trouvera un intérêt dans cet événement. Notre but est d’en faire un rendez-vous régulier, peut-être annuel, des questions de genres en France. C’est un événement ouvert à tous et il est important pour nous que les gens se mobilisent pour montrer que ces sujets sont importants et qu’ils méritent d’être traités”, conclut Ghislain de Salins.

L'Express - José Frèches: « Nos élites ne sont pas assez à l’écoute de la Chine »

José Frèches dirige le Pavillon français de l’Exposition universelle de Shanghai. Pour lui, les chefs d’entreprises tricolores n’ont pas pris la mesure de ce marché (L’Express)

Vous pilotez l’implantation à Shanghai du Pavillon français en vue de l’Exposition universelle : quelle image ont les Chinois des entreprises tricolores présentes là-bas ?

Si la France, pour mille raisons qui tiennent à son histoire et à son patrimoine, dispose d’une image très forte en Chine, il n’en va pas de même pour nos entreprises. Car la Chine est avant tout un immense marché qui a considérablement évolué. S’il était presque facile d’accès, voilà une quinzaine d’années, parce que les entreprises vendaient leurs produits à l’Etat, dans le cadre d’accords politiques négociés en amont, aujourd’hui les choses ont changé. Le marché chinois tend à se compliquer en se banalisant, et la compétition y est devenue rude. L’Etat ne joue plus un rôle de promoteur de contrats et l’ »exception française », qui pouvait prévaloir autrefois, ne vaut maintenant que si nos produits sont meilleurs que ceux de nos concurrents. Or je ne suis pas sûr que nos entreprises aient pris conscience des bouleversements en cours.

D’autres nations européennes ont-elles mieux intégré cette réalité ?

Oui, l’Allemagne. Ce pays a une tradition d’exportations qui ne s’est jamais démentie et dont ne bénéficie pas la France. Et, aujourd’hui, la présence des intérêts allemands dans ce pays est bien enracinée, et reste forte. Il n’y a d’ailleurs qu’à voir l’énergie qu’ont mise, de tout temps, les chanceliers allemands à soutenir le développement en Chine de leurs entreprises. Je me souviens de Gerhard Schröder : il débarquait à Pékin pratiquement tous les trois mois. Angela Merkel est aussi très présente.

Des politiques transformés en VRP, ce n’est pas nouveau, et Nicolas Sarkozy le fait aussi…

On touche là aux limites de l’exercice, même si on ne peut pas reprocher au chef de l’Etat de se dépenser sans compter. Car, dans ce monde complexe, quantité d’éléments qui s’entrechoquent entrent en jeu : le rapport coût-efficacité d’un produit, le poids de l’euro face au dollar, les intérêts politiques, les enjeux économiques… Bref, la prise de décision, qui relevait seulement de l’Etat il y a encore quinze ans, est devenue multipolaire.

Diriez-vous que les entreprises françaises manquent de pugnacité ?

C’est moins un problème de pugnacité que de culture. Nous avons trop souvent, en France, une démarche technocratique, quand nos concurrents affichent des stratégies purement commerciales. Certes, nous avons de bons produits et de la haute technologie à revendre, mais nous éprouvons souvent les plus grandes difficultés à nous mettre à la place du client chinois. A cela s’ajoutent des erreurs de jugements cruelles. Je me souviens de propos tenus par l’ancien président de PSA Peugeot Citroën, Jean-Martin Folz, qui expliqua un jour que le marché chinois n’était pas un marché stratégique ! Les choses ont naturellement évolué depuis, et ce constructeur, comme son concurrent, Renault, ont fait l’an passé une bonne année en Chine.

Comment les autorités locales ont-elles interprété que certaines grandes entreprises, comme BNP Paribas, Air liquide ou Carrefour, rechignent à parrainer le Pavillon français ?

Pour réussir cette exposition, les Chinois ont besoin que les grandes entreprises étrangères participent à son financement. Ils connaissent celles qui ont fait l’effort et ont listé celles qui se sont pour le moment abstenues… Je rappelle que le « ticket d’entrée » pour ces sociétés est symbolique : de l’ordre de 500 000 euros, voire moins. Si le patron d’Air liquide, Benoît Potier, me dit qu’il a les poches trouées et qu’il ne peut me donner que 100 000 euros, je serai très heureux de les prendre et de le faire savoir aux autorités chinoises…

Renaud Revel pour L’Express du 11 février 2010. Lire la suite

Le Monde - Ecole : l’échec du modèle français d’égalité des chances

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En matière d’éducation les apparences sont parfois trompeuses. Les récentes discussions sur l’ouverture sociale des grandes écoles – via un quota imposé de 30 % de boursiers – ne contribuent pas forcément à faire avancer l’égalité des chances. En détournant le regard, elles feraient même oublier que le système éducatif français est un des plus inéquitable de l’OCDE ; qu’au fil d’une scolarité, les inégalités entre les classes sociales se creusent et que sur ces dix dernières années les enfants les plus défavorisés n’y acquièrent plus le socle minimum.

Dans Les Places et les chances (un livre à paraître le 11 février, au Seuil), le sociologue François Dubet interroge le modèle français qui consiste à panser ici ou là les plaies de l’inégalité, plutôt que de penser une société plus égalitaire. A ses yeux, il existe en effet deux grandes conceptions de la justice sociale. La première passe par l’égalité des places, la seconde par l’égalité des chances. L’égalité des places vise à réduire les inégalités de revenus, de conditions de vie entre les cadres et les ouvriers. L’égalité des chances maintient, elle, intacte le cadre social mais tente de donner des chances de mobilité aux plus méritants des classes défavorisés.

Au fil de son argumentaire, le sociologue observe que les initiatives qui permettent d’offrir un ascenseur social à une toute petite frange des « mal-nés » – tels les conventions Sciences Po, les cordées de la réussite dans les grandes écoles – autorisent en fait à laisser sur le bord de la route le gros des troupes. Ce que ne démentent pas les dernières statistiques. Sur dix fils de cadre entrés au collège en 1995, huit étaient encore étudiants dix ans après et un seul avait arrêté ses études sans avoir obtenu le bac. Sur dix enfants d’ouvriers en revanche, trois sont dans le supérieur quand la moitié a quitté le système sans le bac.

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Sud Ouest - L’autonomie des universités s’est imposée

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Depuis le 1er janvier, de nouvelles universités de la région sont autonomes. Après la contestation des débuts, les craintes semblent oubliées

Dans le grand sud-ouest de la France, il ne reste plus que trois universités qui n’ont pas franchi le pas. Bordeaux 3, Bordeaux 4 et Toulouse 2 ne sont pas encore autonomes. Mais elles le seront très certainement d’ici deux ans, puisqu’elles ont jusqu’à 2012 pour se mettre en conformité avec la loi. Le moins que l’on puisse dire est que les établissements d’enseignement supérieur de la région n’ont pas traîné les pieds pour obtenir ces nouvelles compétences et responsabilités. Et, la plupart des temps, les conseils d’administration ont approuvé ce changement important à une large majorité.

Loi mieux acceptée

Pourtant, cette loi d’autonomie ou plutôt de responsabilité des universités avait suscité une vive contestation après son adoption par le Parlement, en août 2007. Pour de nombreux universitaires, elle s’apparentait au cheval de Troie du libéralisme et de la privatisation. Désormais, un an après le passage des premières universités à ce nouveau régime, un deuxième wagon a obtenu cette quasi-indépendance depuis le 1er janvier de cette année. L’autonomie est en marche. Elle s’est imposée et n’est plus vraiment un sujet de revendication syndicale. Même s’il est encore critique et méfiant sur bien des points de cette loi, le Snesup (1), principal syndicat du supérieur, n’en fait plus son cheval de bataille. Il préfère concentrer ses tirs sur l’accroissement du personnel précaire et des suppressions de postes dans l’enseignement supérieur.

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Bruno Béziat

Les Echos - Budget : les petites universités de province remportent la mise

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Les universités ont reçu hier leur enveloppe annuelle, en hausse de 112 millions d’euros. Après avoir récompensé les sciences humaines l’an passé, le ministère a mieux doté les établissements pluridisciplinaires.

Elles sont 83 à se partager un gâteau de 2 milliards d’euros, qui, d’une année à l’autre, devient plus joufflu. Les universités ont reçu hier leurs traditionnelles enveloppes de fonctionnement, en hausse de 112 millions (+ 6 %) cette année. Un budget qui conditionne au quotidien les projets et le fonctionnement des établissements, auquel s’ajouteront des crédits spécifiques pour la sécurité des bâtiments (70 millions d’euros au total) ou la revalorisation des carrières (44 millions).

Sur trois ans, le budget des universités a littéralement explosé : + 16 % en moyenne. Cette amélioration profite à tous les campus, mais pas de la même manière : en 2010, les moins bien loties (Nancy, Mulhouse…) verront ainsi leur dotation plafonner à 3,7 % quand la plus chanceuse (Bretagne Sud) empochera 13,8 % de crédits supplémentaires. L’an passé, le rattrapage ministériel avait favorisé les universités de sciences humaines. Cette année, la mise en place d’un nouveau mode de calcul qui fait la part belle à la performance (présence des étudiants aux examens…) et à l’insertion professionnelle (IUT…), au détriment des mètres carrés, avantage les petites universités qui enseignent toutes les disciplines, y compris la santé. Leurs crédits sont en hausse de 7 % contre 4,5 % pour les scientifiques.

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Laurence Albert


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