Archive de la catégorie ‘Dans les médias’

Le Monde - Apprendre à vivre sur la planète Pandora…, par Bruno Latour

Lire l’intégralité de cette analyse de Bruno Latour dans Le Monde.

Charte de l’environnement, article 4, qui a valeur constitutionnelle : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attribution, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

Le film de James Cameron Avatar offre un commentaire particulièrement frappant de cet objet non identifié qu’on appelle depuis une vingtaine d’années « le principe de précaution ». Le complexe militaro-industriel qui exploite sans remords apparents les ressources de la planète Pandora applique un principe exactement contraire de totale indifférence aux conséquences lointaines de ses actions. Pillons d’abord, on discutera plus tard. Ou plus exactement un principe de connaissance certaine : je sais, donc je n’ai pas – ou plus – à apprendre. « Je sais quelle est la véritable valeur de la planète (le minerai qui fait sa richesse et que les sauvages ignorants n’exploitent même pas), et j’agis donc en conséquence. Je sais que la planète Pandora, comme la Terre, ne peut qu’être inanimée, et donc je peux agir pour détruire les obstacles qui gênent l’exploitation sans avoir à prendre aucune précaution particulière. »

Lire la suite

Bruno Latour

Libération - Un nouveau mag pour le Grand Paris

Lire l’intégralité de l’article dans Libération.

Alors que Huchon, Delanoë et Blanc se disputent sur la définition du futur Grand Paris, des jeunes journalistes diplômés de l’école de journalisme de Sciences Po lancent un magazine sur la métropole.

Un nouveau magazine intitulé «Megalopolis, le journal du très Grand Paris» sortira dans les kiosques et librairies d’Ile-de-France le 15 février.

Au départ bimestriel, ce magazine grand format de 48 pages sur papier recyclé, qui fait une large place à la photo, doit devenir mensuel à partir de septembre.

Conçu par une dizaine de diplômés de l’école de journalisme de Sciences Po Paris pour qui «la presse écrite est un secteur viable dès lors qu’elle propose un contenu original», il veut accompagner l’émergence du Grand Paris au travers de sujets de société, de politique ou encore de sports et culture.

«Paris doit s’agrandir, il s’agit de repenser toutes les questions à l’échelle métropolitaine», a expliqué à l’AFP Marina Bellot, directrice de publication du magazine créé en association avec Christian Fevret, fondateur et directeur des Inrockuptibles.

Lire la suite

TF1 - « C’est la République qui a inventé les bourses, c’est la République qui veut que l’école vienne transformer la société » : 20h de TF1, le 8 janvier

Reportage sur la proportion d’élèves boursiers dans les Grandes Ecoles dans le 20h de TF1 du 8 janvier

http://www.vimeo.com/8668586

GQ - The Book of Me par Richard Powers

Lire l’intégralité de l’article dans GQ

If you could see into your future, would you want to? If you could know whether you’re going to contract Alzheimer’s, or if you’re likely to battle cancer or die of heart disease, would you want to? Last summer Richard Powers decided he did and became one of nine people on earth to have his entire genome sequenced. Here, a glimpse into his—and your—future

I come from a long line of folks, on my mother’s side, with congenital difficulty making choices. My father’s family, on the other hand, are born snap deciders. This time the paternal genes won out, and half an hour after reading the invitation, I was on board.

So I went shopping. A day online gave me my first taste of the bewildering range of consumer genetic products. There was Family Tree DNA, specializing in tracing genetic genealogies. There was DNA Direct, whose Web site asked, “Do you have a chronic, undiagnosed condition? It could be genetic.” For $260, I could get tested for cystic fibrosis; for $370, I could learn whether I’m at elevated risk of developing type 2 diabetes. Then there was Iceland-based deCODEme (“This is myCODE”), which could calculate my risks for twenty-five genetic maladies in one $985 package.
But why stop with just a few disease tests? As I always say, in for a few plot complications, in for the whole story.

Among the most visible of new genotyping services was 23andMe, with their slogan “Genetics just got personal.” Their attractive pastel home page wondered, “What do your genes say about you? Who were your ancient ancestors? Do you have your mother’s sense of taste?” For $999, a signed consent with legal waiver, and a cupful of spit, 23andMe would look at 600,000 SNPs—single-nucleotide  polymorphisms, or individual points of possible variance—within the 6 billion base pairs of my diploid genome. I could then use the site’s interactive tools to browse the data and learn what my mutations mean.

Lire la suite

MJN - La revanche des juristes « new look » et leur nouvelle formation ?

Lire l’article dans la revue du mouvement jeune notariat (pdf, page 5)

Sous la III ème  république, avant 1914, le personnel politique était, dans bason ensemble, de formation juridique. L’opinion publique en avait conscience. On vit apparaître cette expression « La République des Avocats ».

Après la première guerre mondiale, le monopole des juristes dans le cadre du Pouvoir fut combattu par la montée en puissance des Normaliens, dont Edouard Herriot a été l’illustration parfaite. Cela donnera lieu à une nouvelle expression « La République des Professeurs ».

Avec la IV ème République, mais surtout la V ème République, l’Ecole Nationale d’Administration est devenue le vivier des hommes politiques, de droite comme de gauche. Ce fut le règne de « l’Enarchie ».

Après les dernières élections présidentielles et législatives, on constate que les postes clefs de la politique sont occupés désormais essentiellement par des juristes.

Il faut ce demander si ce retour en faveur des juristes est un phénomène passager ou s’il correspond à une mutation dans les formations de nos élites politiques.

Pour tenter de sonder l’avenir, on peut regarder l’origine professionnelle des politiques chez nos principaux voisins anglo-saxons : aux USA, mais aussi en Angleterre, la plupart des leaders charismatiques des 40 dernières années sont de formation juridique. Il suffit de se rappeler la formation de KENNEDY, NIXON, BUSCH, CLINTON, Tony BLAIR, Barack OBAMA (*).

Ces exemples ne sont pas en soit la démonstration d’une réorientation dans la formation de nos élites, même s’ils donnent une orientation.

Plus significatif, la tendance de plus en plus fréquente pour les Enarques, d’embrasser une deuxième carrière, une profession juridique (avocat -service juridique d’une entreprise, etc..) L’évolution de notre système juridique devrait confirmer cette orientation. A un droit fondé sur de nombreux textes d’ordre public, on substitue progressivement le principe de la liberté contractuelle. Le droit nouveau nécessite imagination, rigueur, innovation. Il ne suffit plus de connaître la règle de droit, il faut la créer. Cette révolution est de nature à attirer les esprits les plus brillants comme cela a été le cas dans le monde anglo-saxon, où la règle d’ordre public est l’exception et la liberté contractuelle la règle.

Parallèlement, les enchevêtrements de normes juridiques européennes, nationales, font apparaître
un droit de plus en plus compliqué, propre à séduire les esprits les plus ambitieux.

Faut-il en conclure à la fin programmée de l’énarchie ? Cela serait excessif. On peut, pour le moins, saluer le grand retour du droit et des juristes, mais des juristes dotés de l’esprit de synthèse en plus de leur esprit traditionnel d’analyse. L’ère des juristes, ouverte à l’économie, à la sociologie, à la stratégie, semble avoir sonné. De technicien, le juriste de demain sera devenu un possible décideur politique, économique et social.

Aussi, il est normal que le rapport DARROIS, sur la réforme des professions juridiques et judiciaires soulève le problème de la formation des praticiens du droit. Il faut adapter le contenu et les méthodes d’enseignement du droit à cette révolution silencieuse. Le Notariat ne doit pas rester à l’écart de ce mouvement. Il devrait, rapidement proposer une réforme drastique de son système de formation en privilégiant le système de la tête bien faite au système de la tête bien pleine.

Au niveau de la réflexion, le Barreau a pris une longueur d’avance en présidant la Commission d’experts chargée d’étudier la création d’une pseudo Faculté de Droit au sein de Sciences-Po Paris. Le Notariat doit prendre le train en marche, sinon il restera sur le quai.

Par Bernard Monassier (notaire)