Archive de la catégorie ‘Dans les médias’

Le Monde - La diversité, avantage concurrentiel de l’entreprise

ui est polytechnicien et énarque, patron de GDF Suez, président de la Fondation Agir contre l’exclusion (FACE). Elle, a fait « l’ENA de la rue » et est devenue secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville à la faveur de l’ouverture prônée par Nicolas Sarkozy. Les parcours de Gérard Mestrallet, 60 ans, et Fadela Amara, 45 ans, sont aux antipodes. Mais ils se retrouvent sur le constat d’une société française en profonde transformation sur la question de la diversité, sociale et ethnique. Où l’on s’aperçoit que les grandes entreprises sont probablement en avance sur la société, la fonction publique et les partis politiques.

Les grandes entreprises ont fait beaucoup d’annonces sur la diversité. Politique de communication ou vrai tournant ?

Fadela Amara : Je n’ai pas envie de culpabiliser les entreprises en les mettant au pilori à cause des pratiques discriminatoires. Cela existe évidemment. Mais je constate une évolution importante. Sans attendre de directive politique, les chefs d’entreprise ont compris que la diversité est un atout.

Ce n’est pas de la compassion. Je ne crois pas à la philanthropie des entreprises. Il s’agit d’une démarche de compétitivité et c’est ce que je trouve très positif. Car les habitants des quartiers ne veulent pas être perçus de façon misérabiliste et bénéficier de politique d’assistanat. Ils veulent être traités comme les autres. Ni plus ni moins.

Gérard Mestrallet : Il s’agit d’un mouvement structurel. Aujourd’hui, il est évident pour toutes les grandes entreprises que la diversité est un avantage concurrentiel. Ne pas prendre en compte ce vivier de recrutement, se priver d’éventuels talents serait une erreur et une faute. C’est l’intérêt bien compris des entreprises que d’avancer sur ce sujet.

Pour certains secteurs comme le nôtre, où la problématique du recrutement est centrale, c’est encore plus évident : GDF Suez doit embaucher 100 000 personnes d’ici à 2013. Nos métiers dans l’énergie et l’environnement nous amènent à intervenir au coeur des villes, des villages et des quartiers. Nous devons ressembler aux territoires pour lesquels nous travaillons. Donc, on expérimente, on tâtonne. GDF Suez a créé des bourses pour des étudiants issus de zones d’éducation prioritaire (ZEP). Nous travaillons avec des associations locales qui nous proposent des candidats, suivis par des coachs en interne. Nous soutenons les écoles de la seconde chance. Nous avons mis en place des classes passerelles pour les jeunes en échec.

Comment expliquez-vous cette évolution ?

G.M. : La compétition internationale et la mondialisation ont contribué à l’intensification de la diversité au sein des entreprises. C’est une force pour une entreprise mais aussi à l’échelle d’un pays. Regardez le Brésil. Le fait d’être une société totalement métissée lui donne une force inouïe. Pour moi, c’est un des principaux facteurs de son émergence parmi les grandes puissances. De ce point de vue, la composition sociologique de la France devrait être un avantage, nous permettant d’être moteur en Europe. On se focalise souvent sur les signaux sombres, mais voilà un indice de confiance très fort.

F.A. : Nous sommes en train d’accoucher d’une France diverse, d’une République métissée. Le mouvement n’est pas spectaculaire et ne se voit pas devant des caméras. Mais les discours et les pratiques ont radicalement évolué grâce à un travail de fourmi. C’est d’autant plus important que nous sommes un pays vieillissant. Or, où sont les jeunes ? Dans les quartiers. S’en priver, ce n’est pas seulement une injustice, c’est contre-productif. La société n’en a peut être pas encore conscience, mais les grandes entreprises l’ont bien perçu.

Comment se traduisent ces engagements ?

F.A. : Le monde économique n’est plus absent des discours politiques sur les banlieues. Les dispositifs imaginés par le passé – zones franches urbaines, zones de redynamisation urbaine – ont permis à des entreprises de s’installer dans des quartiers sensibles. Les raisons étaient d’abord fiscales. Aujourd’hui, le mouvement est complètement différent : les patrons que je rencontre veulent s’impliquer et conduire des politiques plus intenses. Ça n’est plus un intérêt de court terme, c’est une vision de long terme. Regardez les 20 000 jeunes engagés par des entreprises, sous forme de CDD, de CDI ou de stages, dans le cadre de la dynamique « Espoir banlieues ».

G.M. : Un patron moderne ne prend pas des décisions uniquement pour une incitation fiscale. Ce qui se passe en ce moment est plus profond. Deux exemples. Dans le domaine de l’enseignement et de la recherche, l’université Dauphine a créé une chaire sur le management de la diversité. Au sein du temple du management, ce n’est pas rien. La diversité est aussi devenue un objet du dialogue social. Nous avons signé un accord sur la diversité à l’unanimité des syndicats européens. Les objectifs sont précis et il sera facile d’évaluer s’ils sont tenus. On n’est pas dans une opération marketing, on a pris des engagements concrets.

La fonction publique semble évoluer plus lentement que les entreprises. Pourquoi ?

G.M. : La fonction publique a longtemps été le rêve de beaucoup de parents pour assurer l’ascension sociale de leurs enfants. Mais aujourd’hui, beaucoup privilégient, à juste titre, la promotion sociale par l’entreprise, jugée plus ouverte et plus flexible.

F.A. : Notre système de recrutement contribue à la reproduction sociale : un tri social a lieu en amont des concours eux-mêmes. Mais il existe aussi, c’est un fait, une noblesse d’Etat qui ne voit pas d’un bon oeil l’émergence d’une élite des quartiers. Le président de la République a eu le courage politique de nommer des Rachida Dati ou des Rama Yade au gouvernement. C’était un message très fort qu’il faut poursuivre. Nous mettons ainsi en place des classes préparatoires intégrées aux grandes écoles de la fonction publique. Ces classes, qui concernent 15 à 20 élèves, sont déjà créées à l’Ecole nationale d’administration (ENA), dans les Instituts régionaux d’administration (IRA), dans les écoles de la magistrature, de l’administration pénitentiaire, de la police…

Les partis politiques n’ont pas suivi, si l’on en juge par les dernières élections municipales et européennes…

F.A. : Le sommet de l’Etat a bougé. Les partis politiques, eux, ont toujours tendance à être repliés sur eux-mêmes. C’est le cas sur la diversité et ça l’est toujours pour les femmes alors que la question est nettement plus ancienne. Il faut que l’effort soit accentué. Qu’on ait des élus, des préfets, des procureurs, des directeurs issus des classes populaires et des quartiers.

Propos recueillis par Luc Bronner
Article paru dans l’édition du 04.10.09

EducPros.fr - Sciences po lance son école de droit

Camille Stromboni

30.09.09

L’article ici.

L’Institut de la Rue Saint-Guillaume lance officiellement son école de droit qui compte 280 élèves. Richard Descoings, directeur de Sciences po, accompagné de l’avocat Jean-Michel Darrois, qui a présidé une commission sur le sujet, et du directeur de l’école de droit, le professeur Christophe Jamin, ont présenté lors d’une conférence de presse les contours de cette nouvelle école, qui vient s’ajouter à celles de journalisme et de communication.

Une formation plus lisible de l’étranger

Sciences po poursuit ainsi la transformation de ses masters – cette fois-ci ceux de « Carrières judiciaires et juridiques » et de « Droit économique » – en école, arguant d’un souci de visibilité et d’efficacité.

« Nous sommes infiniment plus visibles à l’étranger », note Richard Descoings. Une image claire constitue également un point primordial auprès des recruteurs. « Quand nos étudiants s’adressent aux cabinets d’avocats ou aux entreprises, on leur dit souvent qu’ils ont une double formation qu’il devrait compléter ailleurs », raconte Christophe Jamin, pour qui ces diplômés sont employables immédiatement.

Une structure unique pour le cursus droit

Côté efficacité, la mise en place d’une « unité fonctionnelle », allant du « recrutement des élèves à l’intégration des diplômés sur le marché du travail » est nécessaire, note Richard Descoings. L’ampleur des moyens humains et matériels consacrés à l’école n’a pas encore été tranchée.

Le recrutement des étudiants de l’école de droit reste quant à lui le même que celui des masters, avec le traditionnel concours. Les deux masters juridiques vont d’ailleurs perdurer au sein de l’école. En effet, eux seuls donnent accès au concours du barreau, selon l’arrêté de 2007.

Une année de stage entre le M1 et le M2

Que va alors changer cette nouvelle structure concrètement ? Un nouveau programme doctoral accueillera entre cinq et sept étudiants maximum. Au sein même de la formation niveau master, le projet pédagogique a évolué. Outre la mutualisation croissante des cours entre les deux formations, l’interactivité avec le professeur est placée au cœur de l’enseignement, avec des groupes qui ne dépasseront pas 10 à 20 étudiants pour l’année de M2.

Grande nouveauté : une année de césure sera désormais possible à la fin du M1, avec deux stages de longue durée (4 à 6 mois) en cabinet d’avocats et en entreprise. « Il existe une réelle demande des étudiants », note Richard Descoings. Cette période de stages n’est pas obligatoire, certains par exemple préfèreront préparer l’ENM (Ecole nationale de la magistrature) de manière intensive.

Une concurrence accrue avec les grandes universités juridiques ?

L’école de droit de la Rue Saint-Guillaume risque-t-elle de relancer la polémique avec les universités de droit, souvent défavorables à la place grandissante de l’IEP dans la formation des futurs juristes ? Richard Descoings n’en voit pas les raisons. « Je ne pense pas qu’on puisse faire de l’ombre aux grandes universités juridiques. Nous sommes plus petits et sur des niches plus restreintes », a-t-il affirmé, en citant en comparaison Paris 1 et Paris 2.

EducPros.fr - Sciences po – Assas : le match

Sciences po Paris lance officiellement son école de droit ce mercredi 30 septembre 2009. Une véritable déclaration de guerre à l’université de Paris 2 – Assas. A la tête de ces deux établissements parisiens d’enseignement supérieur, deux fortes personnalités s’opposent : Richard Descoings, pour Sciences po, Louis Vogel, pour Assas. Le match s’annonce serré.

Assas et Sciences po sont confrontés aux mêmes défis, de la chasse aux mètres carrés dans Paris à la formation de leur réseau d’anciens, en passant par le lancement de campagnes de levées de fonds auprès d’entreprises et de mécènes. Quels sont les atouts de ces deux institutions d’enseignement supérieur ? Hommes, stratégie, réseaux, marque, international : Educpros a mené l’enquête. Sciences po – Assas : le match, un dossier de Sarah Piovezan.

Retrouvez l’article sur le site d’EducPros ici.

Les filles brillent en classe, les garçons aux concours

LE MONDE | 07.09.09 | 13h52  •  Mis à jour le 07.09.09 | 20h08

Elles obtiennent de meilleurs résultats en cours de scolarité, mais réussissent moins bien les concours des meilleures grandes écoles que les hommes. Raison : les femmes souffriraient plus dans un « environnement concurrentiel ». Développée depuis une petite dizaine d’années, cette théorie expliquerait en partie la sous-représentation des femmes à des postes à haute responsabilité et l’existence d’un plafond de verre. Pour la vérifier, trois économistes – Evren Örs, professeur à HEC, Eloïc Peyrache, directeur d’HEC, et Frédéric Palomino, ancien de l’école parisienne et actuel professeur associé à l’Edhec Lille – ont étudié à la loupe les résultats obtenus entre 2005 et 2007 au concours d’admission en première année d’HEC, une des écoles de management les plus réputées. (Lire la suite…)

FT.COM - Londres calling

l’article ici.

Londres calling

By Emiliya Mychasuk and Emiko Terazono

Published: September 26 2009 03:00 | Last updated: September 26 2009 03:00

The French invaded the House of Commons this week, as Baron David de Rothschild led the London-based alumni of Sciences Po, the Paris grande école, into the members’ dining room.

Dressed in « costume de ville », the notable French expats included Jean-Pierre Mustier , the Société Générale investment bank boss who quit this summer.

Baron de Rothschild said he would not depress the audience by discussing the financial crisis, or titillate with tales of a steamy affair with a Princess of Cardiff, as former French president Valéry Giscard d’Estaing had in a new book. Instead he spoke about the Rothschilds’ unification of its French and British arms, and his early years at NM Rothschild in London.

« When I arrived at the bank in London, the English accepted me, probably because they said to themselves that a Frenchman called Rothschild was better than just a plain old Frenchman, » he said.

The financiers in the audience, including Goldman Sachs’ Charles de Croisset, applauded heartily . The coup of securing Baron de Rothschild went to Sciences Po director Richard Descoings , an ally of French president Nicolas Sarkozy , and Veni Partners headhunter Stephane Rambosson , attracting other prominent guests such as the French ambassador Maurice Gourdault-Montagne.