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	<title>Richard Descoings</title>
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	<description>Le blog de Richard Descoings</description>
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		<title>Projection en avant première du film-documentaire &#171;&#160;LE JEU DE LA MORT&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.richard-descoings.net/2010/03/11/projection-en-avant-premiere-du-film-documentaire-le-jeu-de-la-mort/</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Mar 2010 13:40:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce soir, jeudi 11 mars, de 19h à 21h, en avant-première, sera projeté le film-documentaire &#171;&#160;Le jeu de la mort&#160;&#187;, suivie d&#8217;un débat avec Christopher Nick, auteur, réalisateur et producteur, et Jacques Semelin, Professeur à Sciences Po.
Lire la critique de Libération ou ce point de vue dans Le Monde, &#171;&#160;Zone extrême&#160;&#187;: est-ce la téléréalité qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-2255" href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/11/projection-en-avant-premiere-du-film-documentaire-le-jeu-de-la-mort/image-1-2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2255" title="Image 1" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/03/Image-11.png" alt="" width="200" height="205" /></a>Ce soir, jeudi 11 mars, de 19h à 21h, en avant-première, sera projeté le film-documentaire &laquo;&nbsp;Le jeu de la mort&nbsp;&raquo;, suivie d&#8217;un débat avec Christopher Nick, auteur, réalisateur et producteur, et <a href="http://www.ceri-sciences-po.org/cerifr/cherlist/semelin.php">Jacques Semelin</a>, Professeur à Sciences Po.</p>
<p><a href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/11/projection-en-avant-premiere-du-film-documentaire-le-jeu-de-la-mort/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>Lire <a href="http://www.ecrans.fr/Telerealite-L-electrochoc,7028.html" target="_blank">la critique de Libération</a> ou ce point de vue dans Le Monde, <a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/08/zone-extreme-est-ce-la-tele-realite-qui-peut-nous-transformer-en-tortionnaires-par-laurent-begue-et-michel-terestchenko_1316023_3232.html">&laquo;&nbsp;Zone extrême&nbsp;&raquo;: est-ce la téléréalité qui peut nous transformer en tortionnaire?</a></p>
<p><a href="http://capricorne.sciences-po.fr/evenements/inscription/inscriptionStep2.php?eventId=330&amp;tp=1">Inscription obligatoire sur le site de Sciences Po.</a></p>
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		<title>Le &#171;&#160;téléphone sonne&#160;&#187; spécial régionales à Sciences Po &#8211; France Inter</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 08:08:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
		<category><![CDATA[téléphone sonne]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ce que j&#8217;ai compris ce soir, cinq jours avant, c&#8217;est qu&#8217;une tendance se dessinait, mais que rien n&#8217;était joué, et qu&#8217;il y a une partie de l&#8217;électorat qui est toujours aussi volatile. On ne sait pas si elle ira voter ou pas.&#160;&#187; Alain Bedouet
Le téléphone sonne du mardi 9 mars 2010 spécial élections régionales, présenté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-2220" href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/10/le-telephone-sonne-special-regionales-a-sciences-po-france-inter/image-1/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2220" title="Image 1" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/03/Image-1.png" alt="" width="535" height="143" /></a></p>
<p><a href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/10/le-telephone-sonne-special-regionales-a-sciences-po-france-inter/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<blockquote><p><em>Ce que j&#8217;ai compris ce soir, cinq jours avant, c&#8217;est qu&#8217;une tendance se dessinait, mais que rien n&#8217;était joué, et qu&#8217;il y a une partie de l&#8217;électorat qui est toujours aussi volatile. On ne sait pas si elle ira voter ou pas.&nbsp;&raquo; </em>Alain Bedouet</p></blockquote>
<p><a href="http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/" target="_blank">Le téléphone sonne</a> du mardi 9 mars 2010 spécial élections régionales, présenté par Alain Bedouet, était en direct et en public de Sciences Po. Les invités:</p>
<ul>
<li> <a href="http://www.cevipof.msh-paris.fr/chercheurs/chercheurs_fiches/perrineau.html" target="_blank">Pascal Perrineau</a>, Directeur du Cevipof, Centre de recherches politiques de Sciences Po</li>
</ul>
<ul>
<li> Béatrice Jérôme, journaliste au Monde</li>
</ul>
<ul>
<li>Jean-François Achilli, Chef du service politique de France Inter</li>
</ul>
<ul>
<li> Edouard Lecerf, Directeur général adjoint de TNS-Sofres</li>
</ul>
<p>Réécoutez l&#8217;émission s<a href="http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/" target="_blank">ur le site de France Inter</a> ou en <a href="javascript:popcast(4170,%201);">Podcast</a>. Si vous étiez dans le public pendant l&#8217;émission, n&#8217;hésitez pas à faire part de vos impressions dans les commentaires.</p>
<p>Et vendredi 12 mars, <a href="http://www.sciences-po.fr/portail/fr-fr/actualites.html?id=421" target="_blank">les matins de France Culture spécial régionales</a> seront en direct et en public de Sciences Po de 7h à 9h.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2223" href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/10/le-telephone-sonne-special-regionales-a-sciences-po-france-inter/image-2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2223" title="Image 2" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/03/Image-2.png" alt="" width="477" height="55" /></a></p>
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		<title>18 professeurs des Ecoles pour une seule classe en deux années scolaires &#8211; Challenges</title>
		<link>http://www.richard-descoings.net/2010/03/07/18-professeurs-des-ecoles-pour-une-seule-classe-en-deux-annees-scolaires-challenges/</link>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 05:15:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
		<category><![CDATA[ce1]]></category>
		<category><![CDATA[challenges]]></category>
		<category><![CDATA[pantin]]></category>

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		<description><![CDATA[Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges
Des parents  excédés: leurs enfants en cours préparatoires et en cours élémentaires  ont vu se succéder 18 professeurs des Ecoles en deux années scolaires.  Comment a priori ne pas les comprendre? Mais regardons les choses plus  en profondeur.
C’est dans  la ville de Pantin en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.challenges.fr/index.php">Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges</a></p>
<p>Des parents  excédés: leurs enfants en cours préparatoires et en cours élémentaires  ont vu se succéder 18 professeurs des Ecoles en deux années scolaires.  Comment a priori ne pas les comprendre? Mais regardons les choses plus  en profondeur.</p>
<p>C’est dans  la ville de Pantin en Seine-Saint-Denis. Des parents emmenés par la  FCPE, association de parents d’élèves habituellement considérée  comme proche de la gauche mais qui rassemble largement, décide de « porter  plainte » contre le Ministre de l’Education Nationale. Plus exactement,  ils menacent de déposer un recours devant le tribunal administratif  mettant en cause une défaillance de l’Etat dans la continuité qu’il  se doit d’assurer du service public de l’enseignement. Qu’en penser ?</p>
<p>Du point de  vue juridique, tout d’abord, il appartient à l’Etat de mettre en  œuvre cette loi fondamentale du service public qu’est sa continuité.  À l’Education nationale, c’est d’ailleurs la contrepartie de  l’obligation scolaire. Dans cette optique, un service minimum en cas  de grève a été institué qui consiste en l’obligation pour les  communes d’accueillir les enfants des écoles maternelles et à l’écoles  élémentaires lorsque leurs enseignants cessent de travailler.</p>
<p>Les reproches  les plus fréquemment faits aux services de l’Education Nationale  concernent l’absence de remplacement des professeurs hors situation  de grève. Lorsqu’il est saisi, le juge administratif examine les  affaires au cas par cas et avec prudence. Il s’efforce de prendre  en considération à la fois la durée des absences non remplacées,  les mesures prises par l’administration pour pourvoir aux remplacements  nécessaires et, enfin, les conséquences pour les enfants d’absences  répétées ou trop nombreuses.</p>
<p>La situation  de l’Ecole Joliot-Curie à Pantin semble bien différente. L’un  des parents auteurs du recours indique que sa fille s’est trouvée  placée en face de «18 maîtres ou maîtresses différentes entre son  année de CP et son année de CE1 » et a manqué 13 jours de classe  sur les six derniers mois. » Ce même parent assure que, par ailleurs,  il demande à la juridiction administrative de réparer le préjudice  subi par sa fille du fait des heures qui ne seraient pas rattrapées,  au besoin sous la forme d’une somme d’argent correspondant au coût  des cours qu’il devait faire assurer à domicile.</p>
<p>La situation  de l’Ecole Joliot-Curie est extrême et heureusement peu fréquente.  C’est en effet rarement dans le premier degré que les problèmes  de remplacement se posent avec le plus d’acuité mais bien plutôt  au collège et dans une moindre mesure au lycée.</p>
<p>Que peut-on  ou doit-on reprocher au service public dans cette affaire précise ?  Pas de n’avoir rien fait et ni d’avoir failli à trouver des remplaçants :  sinon, il n’y aurait pas eu une succession de « 18 maîtres ou maîtresses  d’Ecole ». Il y a eu au contraire une sorte de « trop-plein » ou plus  exactement une vitesse de rotation des enseignants radicalement excessive.</p>
<p>Pourquoi des  enseignants qui ont été trouvés et affectés par l’inspection  d’académie restent-ils si peu de temps dans un même établissement ?</p>
<p>On pointe là  l’un des problèmes qui vaut pour la Seine-Saint-Denis: celle-ci accueille  les tout nouveaux et tout jeunes professeurs des Ecoles, en très grande  majorité des femmes et le nombre de congés pour maternité est évidemment  élevé. Cela s’est vérifié à l’Ecole Joliot-Curie où plusieurs  congés de maternité se sont succédés. Ils ont été combinés à  un congé maladie et à la situation d’une classe où l’enseignant  principal est à temps partiel –un droit statutaire- et où la classe  se trouve donc assurée par deux maîtres sur une même semaine.</p>
<p>Pourquoi trouve-t-on  essentiellement des professeurs avec peu d’expérience dans un département  réputé difficile? Parce que l’affectation des enseignants se fait  dans les différents établissements essentiellement à l’ancienneté,  ce à quoi les organisations syndicales veillent avec une particulière  acuité. Les plus jeunes et les moins expérimentés sont affectés  là où des postes sont laissés vacants par des enseignants à peine  plus anciens.</p>
<p>Un deuxième  point mérite d’être souligné. Un parent en colère, élu FCPE,  demande à l’Etat que lui soit directement versé de l’argent pour  rémunérer des petits cours à domicile ou des entreprises de soutien  scolaire qui développent leur activité parallèlement à l’Education  Nationale. L’idée est séduisante. Est-elle le signal d’un mouvement  plus large? Si la juridiction administrative suivait la demande du requérant,  les parents pourraient faire financer par l’Etat les précepteurs  à domicile et ce que certains enseignants nomment pour exprimer leur  hostilité, « officines privées » , mais dont l’attractivité auprès  des parents s’accroît d’année en année.</p>
<p>Une dernière  réflexion: cette affaire est un signe supplémentaire de la « judiciarisation »  des rapports sociaux : l’appel au juge devient une tactique, parfois  une manie qui enferme les parties dans une procédure contentieuse là  où la meilleure justice serait, à mon sens, la justice de paix.</p>
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		<item>
		<title>Pourquoi Sciences Po dérange? &#8211; Le Figaro</title>
		<link>http://www.richard-descoings.net/2010/03/06/pourquoi-sciences-po-derange-le-figaro/</link>
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		<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 15:11:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
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		<category><![CDATA[le figaro]]></category>
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		<description><![CDATA[Tribune publiée initialement dans le Figaro de ce samedi 6 mars 2010. 
On a beaucoup parlé des élèves de Sciences Po sélectionnés dans les lycées classés en Zone d’éducation prioritaire (ZEP).
Examinons les faits.
Entre 2001 et 2010, le nombre de lycées partenaires est passé de 7 à 74. Quelque 4 000 lycéens ont été candidats. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lefigaro.fr/editos/2010/03/27/01031-20100327ARTFIG00010-pourquoi-sciences-po-derange-.php" target="_blank">Tribune publiée initialement dans le Figaro de ce samedi 6 mars 2010. </a></p>
<p>On a beaucoup parlé des élèves de Sciences Po sélectionnés dans les lycées classés en Zone d’éducation prioritaire (ZEP).</p>
<p><strong>Examinons les faits.</strong></p>
<p>Entre 2001 et 2010, le nombre de lycées partenaires est passé de 7 à 74. Quelque 4 000 lycéens ont été candidats. Le nombre d’admis a dépassé 600. Ce sont donc près de 75 000 jeunes et leur famille qui sont, chaque année, informés dès la classe de Seconde, par leurs enseignants, des multiples possibilités offertes par l’enseignement supérieur.</p>
<p>Entre 2006 et 2010, 4 promotions ont été successivement diplômées après 5 années d’études. Quels sont leurs résultats? 130 élèves au total avaient été sélectionnés de 2001 à 2004. Y-a-t-il eu des échecs ? Oui, bien sûr, mais très peu : 2 à 3 par an. Et ceux-là ont tout simplement changé d’orientation. Y-a-t-il eu des redoublements ? Oui, mais très peu : là aussi 3 ou 4 par an. Plus de 90% d’entre eux ont réussi à Sciences Po et ont gagné le droit de choisir leur avenir, soit en entrant directement dans la vie professionnelle, soit en poursuivant leurs études.</p>
<p>Sur 116 étudiants, 18 ont choisi de faire des stages complémentaires avant le diplôme pour enrichir leur formation et aiguiser leur choix d’orientation. Sur les 98 diplômés, 90 ont répondu à l’enquête. Sur ces 90, 13 ont choisi de prolonger leurs études au-delà du diplôme et sont en doctorat ou préparent un concours, à Sciences Po, à la Bocconi, à Dauphine ou à la Sorbonne. 77 ont préféré travailler dès leur diplôme en poche. Parmi eux, et en dépit de la crise actuelle, 73 sont en activité.</p>
<p>Le talent de ces diplômés a été reconnu. Par les recruteurs d’abord. Aussi divers que des entreprises comme L’Oréal, GDF-Suez, PriceWaterhousesCoopers, M6, BNP Paribas, HSBC ou des institutions comme le Parlement français ou la Commission européenne… Par des jurys de concours ensuite, à la Banque de France ou à la Préfecture de Paris. Par les électeurs enfin. Depuis 2008, 5 d’entre eux, sont adjoints au maire dans leur commune.</p>
<p>Après avoir pendant cinq ans participé aux mêmes cours que les autres, travaillé dur les mêmes examens, ces diplômés d’origine modeste ont gagné un droit à l’indifférence. L’action de Sciences Po montre qu’avec de la volonté on peut éviter les quotas, arme ultime pour faire progresser l’égalité des chances mise en oeuvre par notre Constitution en faveur des femmes. Un volontarisme qui renoue avec la mission éducative de la Troisième République et qui consiste à faire confiance aux équipes enseignantes des lycées pour pré-sélectionner des élèves sur le fondement de leurs talents et de leur réussite scolaire. Qui peut avoir oublié -ou avoir intérêt à oublier- que nos instituteurs des IIIème et IVème Républiques, ceux qui avaient repéré un Péguy ou un Camus, proposaient pour des bourses de l’enseignement secondaire ceux qu’ils avaient discernés, sur la même base de leur mérite et de leurs talents ? Oubliée, l’ascension sociale par ses études d’un Georges Pompidou, petit-fils de paysans du Cantal et fils d’instituteurs.</p>
<p>D’où viennent-ils ces jeunes ? Ils sont issus de toutes les périphéries, des grandes villes comme Paris ou Lyon mais aussi des campagnes isolées de l’ouest guyanais comme du centre de la métropole ; ils ont grandi là où l’on ferme les usines, en Normandie, dans le Nord, là où l’on a fermé les dernières mines, en Moselle. Des territoires où le taux de chômage dépasse 30%, 40% parfois dans certains quartiers.</p>
<p>Des jeunes qui appartiennent aux classes populaires et qui réussissent…Est-ce un scandale, un hasard, un artifice ? Selon les années, entre 50 % et 70 % d’entre eux sont boursiers de l’Etat. Ils sont presque tous enfants d’employés, d’ouvriers, de chômeurs… Ils sont ou seront diplômés grâce à leur travail et à leur mérite. Ils ont ou auront un emploi grâce à leur talent.</p>
<p>N’y a-t-il pas lieu de se réjouir quand on peut démontrer qu’avec une forte mobilisation des équipes enseignantes, la foi dans la jeunesse de notre pays, dans toutes ses jeunesses, on peut inverser la tendance à l’accroissement des inégalités ? Oui, les études et le travail peuvent mener à la réussite, même lorsqu’on naît sur un territoire frappé par la crise. Oui, il est essentiel de redonner un espoir ancré dans le réel aux enfants que la naissance n’a pas favorisés. Oui, le refus d’un pseudo fatalisme mérite d’être développé dans l’enseignement supérieur. Les équipes de Sciences Po sont disposées à réfléchir sur l’application dans d’autres établissements de ce qu’elles ont développé avec les équipes des lycées. C’est la contribution de Sciences Po à une certaine idée de la République.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La Boudeuse, quatrième et dernier épisode</title>
		<link>http://www.richard-descoings.net/2010/03/04/la-boudeuse-quatrieme-et-dernier-episode/</link>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 16:46:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
		<category><![CDATA[la boudeuse]]></category>

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		<description><![CDATA[Dernier épisode du journal de bord d’Anatole Douaud, un étudiant de Sciences Po embarqué sur La Boudeuse (retrouvez les épisodes 1, 2 et 3)
Vendredi 26:


Dernière journée  de mouillage à Saint-George de l’Oyapock, la mission mangrove  d’Ariadna se poursuit, mais pour la plupart, y compris pour moi, c’est  repos sous l’écrasante température guyanaise. Des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dernier épisode du journal de bord d’Anatole Douaud, un étudiant de Sciences Po embarqué sur <a href="../2010/02/28/2010/02/22/des-nouvelles-de-la-boudeuse/">La Boudeuse</a> (retrouvez les épisodes <a href="http://www.richard-descoings.net/2010/02/28/2010/02/22/des-nouvelles-de-la-boudeuse/" target="_blank">1</a>, <a href="http://www.richard-descoings.net/2010/02/24/la-boudeuse-episode-2/">2</a> et <a href="http://www.richard-descoings.net/2010/02/28/le-retour-de-la-boudeuse-episode-3/">3</a>)</p>
<h3><strong>Vendredi 26:</strong></h3>
<p><strong><a rel="attachment wp-att-2203" href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/04/la-boudeuse-quatrieme-et-dernier-episode/guy10_1382-copie/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2203" title="Guy10_1382 - copie" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/03/Guy10_1382-copie.jpg" alt="" width="500" height="332" /></a><br />
</strong></p>
<p>Dernière journée  de mouillage à Saint-George de l’Oyapock, la mission mangrove  d’Ariadna se poursuit, mais pour la plupart, y compris pour moi, c’est  repos sous l’écrasante température guyanaise. Des missions se préparent  sur la Boudeuse pour le mois à venir, plus particulièrement, la mission  «inselberg». Ces grands blocs rocheux qui s’élèvent jusqu’à  800 mètres, pour certains, au dessus de la jungle et qui abritent une  biodiversité propre. Ce sont toujours des missions spectaculaires car  ces formations géologiques se trouvent au sud de la Guyane, éloignées  de tout, nécéssitant un accès par hélicoptère, et un séjour prolongé  pour les scientifiques désignés.</p>
<p>Il est assez  excitant de voir se préparer sous ses yeux de telles missions, entre  une organisation rigoureuse, qui doit accepter les aléas du temps mais  aussi les besoins scientifiques, introduisant une dose certaine d’improvisation.</p>
<p>Les contraintes  sont telles que parfois la science ne parvient pas aux conditions idéales  de la production du savoir. Le travail «de terrain» des scientifiques  que j’observe depuis maintenant près de deux semaines à leur côté,  est bien souvent limité par des facteurs extérieurs de diverses natures.  Le travail de prélèvement effectué par les scientifiques, qu’ils  soient entomologistes, biologistes ou géologues, reste parcélaire  pour la simple raison qu’il est impossible d’observer et de relever  tout les individus ou spécimens d’une même espèce, les conclusions  sont alors basées sur des hypothèses concernant le milieu de prélèvement,  permettant la généralisation et ainsi la Science. Pourtant des moyens  de limiter ces aléas existent, ils consistent en une observation sur  le long terme et dans des milieux divers; l’obstacle rencontré est  ici évident: c’est celui du financement des études scientifiques.  Le système universitaire mondial reconnait le seul critère des publications  afin de déterminer la qualité d’un travail scientifique (et donc  le montant des financements aloués), ce, selon la revue qui publie  l’article; ce critère oblige les scientifiques à multiplier les  publications, cependant le travail de relevés de la biodiversité dans  tous les domaines est un travail de longue haleine, qui nécessite temps,  patience et un moral d’acier. Ce travail là est pourtant le plus  grand «chantier» de la Science moderne, celui de la constitution du  fameux arbre de vie, retraçant l’évolution des éspèces sur notre  planète, et il n’est aucunement reconnu par le système universitaire,  ni même par la société, à cause de ce caractère peu spectaculaire  qui le rend difficilement exploitable par les médias modernes.</p>
<p>A travers les  discussions avec les scientifiques du bord, on s’aperçoit vite qu’ils  sont passionnés, tant ils parlent avec bonheur de leur travail, mais  également, tant la multitude d’obstacles qu’ils rencontrent pour  mener leur recherche et qu’ils franchisent, bon gré malgré, est  impressionante.</p>
<p>Le soir se  couche sur Saint-George et la Boudeuse, rythmée par les allés et venus  des membres d’équipages entre la ville et le navire, les tâches  journalières et les tours de garde. Demain réveil à 5h45 pour un  briefing à 6h et un départ au plus tard une demi-heure après.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2204" href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/04/la-boudeuse-quatrieme-et-dernier-episode/guy10_1609-copie/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2204" title="Guy10_1609 - copie" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/03/Guy10_1609-copie.jpg" alt="" width="500" height="332" /></a></p>
<h3>Samedi 27:</h3>
<p>Après deux  petites heures de navigation sur l’Oyapock en direction de l’océan,  nous mouillons sur un site dénommé «kouman-kouman» où se trouvait  au XVIIIème siècle un fortin en bois, le fort Saint-Louis. L’Oyapock  est toujours aussi majestueux sous la lumière du soleil levant, les  brumes se dissipent et les nuages se déchirent pour laisser place à  un ciel bleu azur, le fleuve est calme, comme un plateau d’argent,  on y voit se dessiner les reflets de la forêt et du ciel qui finissent  par se confondrent à l’horizon, la Boudeuse brise ce tableau en fendant  ce miroir aquatique de sa silhouette élancée et de ses trois mâts,  provoquant toujours la surprise, l’étonnement et l’admiration sur  son passage, tout en avançant prudemment au dessus des roches et des  bancs de sables, qui menacent à tout instant l’apparente tranquilité  de son périple.</p>
<p>J’accompagne  tout au long de la journée Romain Garrouste, entomologiste spécialiste  de punaises aquatiques, spécialisation qui garde toujours une part  d’étonnement de prime abord, mais cette catégorie contenant diverses  éspèces, a conquis la plupart des milieux aquatiques, de la mer en  passant par les fleuves et les lacs jusqu’aux seuls espaces de suintement  des roches! Son travail consiste à prélever des punaises aquatiques,  à observer leurs comportements si possible, et à caractériser leur  milieu par des relevés de PH, de température et de salinité. Les  endroits où l’on trouve ces inscetes sont les berges, il s’agit  donc d’approcher au plus près des plantes marines peuplant les bords  du fleuves et de s’y frayer un chemin afin d’observer et de prélever  des punaises! Nous partons ainsi en kayak, à la chasse aux punaises  afin de pouvoir être au plus près de celle-ci sans les effrayer avec  les moteurs du zodiac; je suis à la navigation et à la propulsion,  Romain est à l’affut, prêt à bondir couché sur le ventre à l’avant  du kayak muni d’un petit filet pour récolter et de sa sonde pour  relever. Travail physique tant le courant est fort sur l’Oyapock,  mais très intéressant: saviez-vous que ces petites bêtes qui vivent  sur l’eau utilisent une propulsion chimique composée d’une molécule  aquaphobe qui leur permêt de se mouvoir à plus d’un mètre-seconde,  et ainsi d’échapper à leurs prédateurs en effectuant des mouvements  ultra-rapides et complètement désordonnés qui les rendent totalement  imprévisibles. Je me prends au jeu, en parcourant les berges nous faisons  une bonne équipe et repérons un nuage compact de punaises non loin  d’une petite plage rocailleuse, ce qui permet à Romain d’effectuer  toutes les mesures et les prélevements nécessaires. Excellente journée  pour l’entomologie, si je n’avais fait couler le filet attrapeur  de punaise de Romain en remontant dans le zodiac vers la fin de journée&#8230;  Je remonte à bord et me prépare à assurer la garde de minuit à 2h  sur un fleuve éclairé par la lumière blafarde de la pleine lune et  ponctué par les petits cris aigüs des chauve-souris qui grouillent  tout autour du bateau pour chasser les insectes nocturnes.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2205" href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/04/la-boudeuse-quatrieme-et-dernier-episode/guy10_1679-copie/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2205" title="Guy10_1679 - copie" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/03/Guy10_1679-copie.jpg" alt="" width="500" height="332" /></a></p>
<h3>Dimanche 28:</h3>
<p>Dernière journée  complète à bord, le départ se rapproche de plus en plus, pourtant  je n’ai pas envie d’y penser. Nous «dérapons» à 6h du matin,  pour la quatrième et dernière fois je vais dans le puits à chaînes  afin de «lover» la chaîne qui retient l’ancre de la Boudeuse, poste  extrêment physique. le puits à chaîne se trouve à l’avant du bateau  au niveau de la proue, on y descend pour s’y placer sur la chaîne  qui n’est pas utilisée (oui, il y a toujours deux chaînes sur un  bateau, une tribord, une babord), dans un espace triangulaire d’environ  deux mêtres carrés, puis lorsque l’ordre est donné de relever l’ancre,  le «gain d’eau» (la machine qui remonte l’ancre) émet ce bourdonnement  affreux, rythmé par les claquement de la chaîne qui saute régulièrement  sur la poulie d’acier, en dessous, dans le puits. Le principe est  d’éviter que la chaîne ne fasse des noeuds quand on mouillera la  prochaine fois et donc de l’enrouler, ou de la «lover», dans un  espace triangulaire, cela sur une centaine de mètres de chaîne pleine  de vase, de glaise, et de boue visqueuse. La chaîne y semble sans fin,  les minutes d’effort intense passent comme des heures, il y fait une  chaleur innommable doublée de cette odeur repoussante de la rouille  mêlée à cette mixture de fond de fleuve; les muscles se tendent rapidement  sous le poids de la chaîne et des mouvements inhabituels, plié en  deux, glissant sur la chaîne, poussant, tirant, levant; on en ressort  peint de la tête au pieds couleur boue, la sueur aidant, les muscles  endoloris, la tête vidée&#8230;</p>
<p>La matinée  se passe, pour moi qui suis de propreté-linge, avec l’aspirateur,  la serpillère et le lave-linge (je vous laisse imaginer le linge d’une  vingtaine de personnes partant régulièrement en expédition dans la  jungle&#8230;); le repas puis mon tour de garde jusqu’à 14h, ensuite  je pars avec nos deux entomologistes du bord pour explorer et prélever  sur la montagne Bruyère à coté de laquelle nous mouillons, sur la  rive française de la baie de l’Oyapock et qui est entourée de marais,  d’où sa potentiel richesse pour nos chasseurs d’insectes.</p>
<p>On enfile nos  habits d’expédition, pantalons longs, ceinture munie d’une gourde  et d’un «sabre d’abati» (machette) pour pouvoir avancer vers le  sommet de la montagne dans une végétation qui semble épaisse selon  les premiers repérages du matin.</p>
<p>Nous accostons  les pieds dans l’eau et la vase, puis nous nous ouvrons un layon à  travers une forêt dense où chacun de nos pas doit être pensé et  repensé, de même que nos coups de machette qui risquent de nous faire  dégringoler dessus. Une masse impressionnante de lianes qui se sont  développées en formant des noeuds autour des arbres, construisant  une voute épaisse constituée de branches mortes, de lianes déssechées,  et parfois même d’arbres morts, sont autant de menaces à chacun  de nos mouvements. Nous pénétrons dans la montagne, où nous découvrons  d’immenses blocs de roches érodés par la pluie, le vent et la jungle;  formant d’étranges chemins que nous empruntons. Entre deux rochers,  dans une faille, sous une épaisse canopée, nous avançons sans trop  pouvoir nous diriger dans ces défilés rocailleux qui nous guident  en aveugles. Pour ne pas nous y perdrent nous déroulons un «topofil»  derrière notre passage afin que le retour se fasse sans encombres.  J’ouvre le layon et dans une des ces failles rocheuse où je m’apprête  à grimper, je distingue une liane enroulée de manière bizarre&#8230;  Une grosse vipère sommeillant! Il était moins une! Nous nous écartons  promptement et prenons une direction différente. Ponctués par les  coups de filets et les observations des entomologistes, nous atteignons  une arrête de la montagne Bruyère, il est presque 6h du soir et nous  devons faire demi-tour pour ne pas être surpris par la nuit qui tombe  ici comme un épaix rideau, sans prévenir. Nous redescendons aidé  du topofil, et sur le layon que nous avons tracé, nous découvrons  avec joie une multitude d’androbates, petites grenouilles noires,  couvertes d’un bleu ciel profond, et de petites rainures entre le  gris et le noir. Retour magique sur le navire entre le coucher de soleil  virant du rose au orange pour atteindre des pointes rouges, et le lever  d’un disque lunaire ocre, si gros que l’on voit en détail les cratères,  les montagnes et les plaines de notre satellite. Arrivés sur la Boudeuse,  nous préparons un pot de départ car nous serons huit à quitter le  navire demain, la nuit s’en suit, éteignant doucement, la fatigue  aidant, de longues discussions avec des personnes et des personnages  que je garderai en mémoire.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2206" href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/04/la-boudeuse-quatrieme-et-dernier-episode/img_5181/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2206" title="IMG_5181" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/03/IMG_5181.jpg" alt="" width="500" height="667" /></a></p>
<h3>Lundi 1er Mars:</h3>
<p>Ce soir nous  serons dans l’avion pour Paris&#8230; Quitter définitivement quoique  ce soit laisse toujours un gôut amer, une tristesse, un vague à  l’âme; mais là, c’est différent, notre rétine a imprimé dans  le fond de notre cerveau non seulement des images d’une beauté forte,  puissante et parfois même féroce, mais aussi des hommes et des femmes,  qui sont eux d’une couleur inexprimable, d’une beauté jaillisant  de la profondeur, de la nuance et de la diversité de leurs caractères.  Au bout de ces deux semaines, j’ai appris, échangé, et partagé  avec des personnes venues d’horizons si divers, entre scientifiques,  marins, photographes et réalisateurs; au coeur de la jungle, autour  d’un verre, ou sur le pont de la Boudeuse; que ce soit pour leur savoir  pratique, technique ou scientifique; leurs qualités humaines, ou leurs  approches différentes et bien souvent divergentes de notre monde et  des grands problèmes écologiques.</p>
<p>La journée  commence tôt, nous dérapons à 5h ce matin, je suis de quart  jusqu’à huit heures, j’alterne entre le poste de timonier (tenir  la barre et le cap), et celui de vigie sur la proue; j’ai le plaisir  renouvelé de me délecter du lever de soleil ainsi que du coucher  de lune sur la baie de l’Oyapock. Une baie aux dimensions particulièrement  vastes, entourée par quelques monts, des marais et de la forêt, surplombée  par des nuages bourgeonnants de chaque coté de l’embouchure, laissant  une belle ouverture vers l’océan. L’atmosphère douce s’éclairci  lentement, puis à l’Est, derrière quelques nuages que l’on dirait  figés dans un tableau tant la composition est parfaite, transparait  une lueur rose qui bientôt colore la totalité de la cime des nuages  de ce cirque naturel qu’ils forment, puis les rayons du soleil les  percent pour atteindre la peau de mon visage rafraichit par la brise  saline venue de la mer, puis l’eau ocre du fleuve s’irise de ce  bleu concentré, profond et majestueux reflètant un ciel azur qu’illumine  ce soleil matinal. A l’ouest, la lune se couche, plate, blanche, et  pâle comme fatiguée d’une longue nuit, juste à coté, au dessus  des marais qui entourent la montagne d’argent, un gros nuage gris  est en train de fondre sur la terre, et au fur et à mesure que le soleil  s’élève, un arc-en-ciel se dresse, paré de toute les couleurs,  il irradie la baie de cette lumière si particulière, nuancée, contrastée  et chatoyante. Un dernier gôut de la magie, de la beauté et de la  force qui émane de cette terre, et qui restera associé à ces hommes,  à ces femmes et à La Boudeuse.</p>
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		<title>AXA valorise le parcours des syndicalistes avec Sciences Po &#8211; Entreprise et Carrières</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 15:18:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
		<category><![CDATA[AXA]]></category>
		<category><![CDATA[entreprise et carrières]]></category>
		<category><![CDATA[RH]]></category>

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		<description><![CDATA[Lire l&#8217;intégralité de l&#8217;article dans Entreprise et Carrières
Une formation qualifiante doublée d&#8217;un VAE est proposée aux cadres syndicaux chez AXA.
Une première promotion de 15 syndicalistes d’AXA France suit actuellement une formation qualifiante à Sciences Po. Celle-ci, d’une douzaine de jours sur huit mois, porte sur le management et l’efficacité personnelle, la culture économique et sociale, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.wk-rh.fr/">Lire l&#8217;intégralité de l&#8217;article dans Entreprise et Carrières</a></h3>
<p><strong>Une formation qualifiante doublée d&#8217;un VAE est proposée aux cadres syndicaux chez AXA.</strong></p>
<blockquote><p>Une première promotion de 15 syndicalistes d’AXA France suit actuellement une formation qualifiante à Sciences Po. Celle-ci, d’une douzaine de jours sur huit mois, porte sur le management et l’efficacité personnelle, la culture économique et sociale, le syndicalisme et les relations sociales. <a href="http://www.dialogues.asso.fr/">L’association Dialogues</a>, spécialisée dans les relations sociales, est la cheville ouvrière de ce dispositif qu’elle porte également chez PSA. A l’issue de la formation, chacun devra présenter un mémoire devant un jury pour faire valider ses acquisitions théoriques et son expérience de représentant du personnel.</p>
<p>« Nous ne pouvions être juge et partie. Pour faire évoluer les détenteurs de mandat qui exercent une activité syndicale à plein temps, dont la carrière était figée, il nous fallait une évaluation externe », explique Corinne Guillemin, directrice du développement social d’AXA France.</p>
<p>« Ceux qui auront suivi le cycle de formation et réussi leur mémoire pourront grimper d’un échelon selon le système des classifications d’AXA », ajoute-t-elle. Cette mesure ne concerne que les VAE des syndicalistes. Celles des autres salariés peuvent être valorisées lors des évaluations annuelles. Les salaires des syndicalistes à plein temps augmentent, eux, depuis des années, au rythme des augmentations individuelles dans l’entreprise.</p>
<p>(…)</p>
<p><strong>Mandat et carrière</strong></p>
<p>Joël Mottier, coordinateur syndical national CFE-CGC, ne cache pas qu’il aurait aimé s’inscrire. « Je regrette de ne pas avoir le temps… Je suis aussi président de la fédération CGC de l’assurance. Ce cursus formation/VAE est très intéressant, ajoute-t-il, car il valorise le parcours des militants et acte le fait qu’ils ont acquis des compétences, parfois fabuleuses. » Pour lui, la démarche offre l’avantage d’éviter le dilemme : syndicalisme ou carrière. (…)</p>
<p>Martine Rossard</p>
<p><strong><br />
</strong></p></blockquote>
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		<title>Lord Peter Mandelson, Dominique de Villepin, Timothy Mitchell&#8230; Ils ont débattu à Sciences Po depuis le début de l&#8217;année</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 10:10:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
		<category><![CDATA[dominique de villepin]]></category>
		<category><![CDATA[lord peter mandelson]]></category>
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		<category><![CDATA[sciencespo]]></category>
		<category><![CDATA[timothy mitchell]]></category>

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		<description><![CDATA[Lord Peter Mandelson, numéro 2 du gouvernement britannique
Dominique de Villepin, Jean-Luc Mélenchon
Timothy Mitchell, professeur à Columbia University
Howard Davies, Directeur de la London School of Economics
Adam Lowe, Directeur de Factum Arte et Simon Schaffer, professeur à l&#8217;Université de Cambridge
Et vous pouvez retrouver toutes les vidéos de Sciences Po sur Vimeo.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Lord Peter Mandelson, numéro 2 du gouvernement britannique</h3>
<p><a href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/01/lord-peter-mandelson-dominique-de-villepin-timothy-mitchell-ils-ont-debattu-a-sciences-po-depuis-le-debut-de-lannee/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<h3>Dominique de Villepin, Jean-Luc Mélenchon</h3>
<p><a href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/01/lord-peter-mandelson-dominique-de-villepin-timothy-mitchell-ils-ont-debattu-a-sciences-po-depuis-le-debut-de-lannee/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<h3>Timothy Mitchell, professeur à Columbia University</h3>
<p><a href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/01/lord-peter-mandelson-dominique-de-villepin-timothy-mitchell-ils-ont-debattu-a-sciences-po-depuis-le-debut-de-lannee/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<h3><strong>Howard Davies, Directeur de la London School of Economics</strong></h3>
<p><a href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/01/lord-peter-mandelson-dominique-de-villepin-timothy-mitchell-ils-ont-debattu-a-sciences-po-depuis-le-debut-de-lannee/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<h3>Adam Lowe, Directeur de <a href="http://www.richard-descoings.net/2009/11/15/prix-microsoft-pour-les-humanites-scientifiques/">Factum Arte</a> et Simon Schaffer, professeur à l&#8217;Université de Cambridge</h3>
<p><a href="http://www.richard-descoings.net/2010/03/01/lord-peter-mandelson-dominique-de-villepin-timothy-mitchell-ils-ont-debattu-a-sciences-po-depuis-le-debut-de-lannee/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><a href="http://vimeo.com/sciencespo">Et vous pouvez retrouver toutes les vidéos de Sciences Po sur Vimeo</a>.</p>
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		<title>Halal ! &#8211; Olivier Duhamel &#8211; Valeurs Actuelles</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 09:04:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Duhamel]]></category>
		<category><![CDATA[sicnecesPo]]></category>
		<category><![CDATA[valeurs actuelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Lire aussi cette chronique d&#8217;Olivier Duhamel dans Valeurs Actuelles
Cinquante mille emplois perdus chaque année dans l’industrie depuis dix ans (Valeurs actuelles de la semaine dernière) et on se focalise sur des fils d’Algériens déployant le drapeau du pays de leurs parents après un match de foot.
L’industrie française a perdu 25 % de ses parts de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.valeursactuelles.com/notre-opinion/notre-opinion/halal.html" target="_blank">Lire aussi cette chronique d&#8217;Olivier Duhamel dans Valeurs Actuelles</a></h3>
<p>Cinquante mille emplois perdus chaque année dans l’industrie depuis dix ans (Valeurs actuelles de la semaine dernière) et on se focalise sur des fils d’Algériens déployant le drapeau du pays de leurs parents après un match de foot.</p>
<p>L’industrie française a perdu 25 % de ses parts de marché en Europe en une décennie ; et l’on se polarise sur quelques centaines de femmes se couvrant intégralement de noir. Et au lieu de consacrer le consensus très large qui existe pour refuser la burqa et contenir son expansion, chacun l’instrumentalise pour affirmer son identité et soigner sa carrière.</p>
<p>Le chômage qui augmente, la précarité qui s’aggrave, des PME en faillite, l’emphase sarkozyste sur les usines et l’incantation estrosiste sur les filières industrielles mais la désindustrialisation réelle ; et l’on se cristallise sur une candidate anticapitaliste pour un foulard. Et au lieu d’en débattre calmement et rapidement pour passer à autre chose, politiques et philosophes s’enflamment pour sauver rien de moins que la laïcité en danger.</p>
<p>Israéliens et Palestiniens enfoncés dans la détestation, la guerre en Afghanistan désavouée par les opinions, Haïti dans la désolation ; et l’on s’hystérise sur la vente de hamburgers halal dans un établissement de restauration rapide à Roubaix. Et Marine Le Pen se déchaîne, le maire socialiste saisit le procureur, les élus UMP l’appuient.</p>
<p>Deux explications possibles pour ces dévoiements. Une vieille passion très française pour des querelles sociétales exemplaires mais secondaires. Ou une nouvelle obsession française contre l’islam sous toutes ses formes. L’une ou l’autre? L’une et l’autre.</p>
<p><em><strong>Olivier Duhamel, professeur à Sciences Po</strong></em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le retour de la Boudeuse, épisode 3</title>
		<link>http://www.richard-descoings.net/2010/02/28/le-retour-de-la-boudeuse-episode-3/</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Feb 2010 20:55:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>

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		<description><![CDATA[

Suite du journal de bord d&#8217;Anatole Douaud, un étudiant de Sciences Po embarqué sur La Boudeuse.
Jeudi 18 Février:
Quelques  jours, quelques petites journées et pourtant je ne sais plus quel jours  ni quel mois nous pouvons être si il n’y avait ce journal  à écrire&#8230; Preuve d’éloignement? Non, jamais je ne me suis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<div>
<p>Suite du journal de bord d&#8217;Anatole Douaud, un étudiant de Sciences Po embarqué sur <a href="../2010/02/22/des-nouvelles-de-la-boudeuse/">La Boudeuse</a>.</p>
<h3>Jeudi 18 Février:</h3>
<p>Quelques  jours, quelques petites journées et pourtant je ne sais plus quel jours  ni quel mois nous pouvons être si il n’y avait ce journal  à écrire&#8230; Preuve d’éloignement? Non, jamais je ne me suis sentis  aussi près des enjeux majeurs de notre société  que sur <em>La Boudeuse, </em>au milieu de ces scientifiques et marins  qui chaque jour travaillent, relèvent, notent, classifient, sans jamais  voir le bout de ce qu’ils ont entrepris; ils ne peuvent qu’émettre  de précaires hypothèses. Comme s&#8217;il y avait là  une métaphore de la vie humaine en société, qui chaque  jours est un renouvellement sans fin d’efforts pour concilier, construire  et avancer dans un cadre qui me parait toujours si fragile.</p>
<p>La  perte des repères conventionnels de notre société  n’est-elle pas une sorte de lâcher prise? Le besoin, l’envie, la  tentation d’échapper à une vie qui me parait bien souvent inexorable,  contraignante, vide de tout sens comme les secondes, les minutes et  les heures qui s’égrainent sans fin, est parfois réellement là,  quelque part dans ma tête. Cependant ce sens, ici, est sans  équivoque: la vie est un sens à elle seule. Sur  « l’îlet de la Mère » sur lequel nous avons posé le pied, la pelle,  le filet et le sécateur, nous avons  été confronté à un environnement maintes fois bouleversé par l’homme:  premier lieu du bagne en Guyane il fut déserté  suite à une sévère épidémie de fièvre jaune, puis ce fut une grande  ferme et enfin un terrain d’expérience sur des petits singes pour  l’institut Pasteur; toutes ces phases ont apporté  une nouvelle faune et une nouvelle végétation de manière successive;  pourtant c’est un milieu riche, composé  d’une multitude d’espèces différentes. Cette vie jaillissante,  vivace, et vorace n’est jamais détruite, elle n’est que renouvelée&#8230;  le temps: ces mois, années et siècles qui s’écoulent, sont, comme  depuis toujours, le terreau fertile de cette régénération perpétuelle  et créatrice. Dans un monde qui vit au décompte des secondes, la vie  asphyxie, privée de son terreau nourricier.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2181" href="http://www.richard-descoings.net/2010/02/28/le-retour-de-la-boudeuse-episode-3/pan_3773/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2181" title="PAN_3773" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/02/PAN_3773.jpg" alt="" width="500" height="333" /></a></p>
<h3>Vendredi 19,  Samedi 20, Dimanche 21:</h3>
<p>Trois jours à terre, au quai de la base appartenant à la  marine nationale de «Degrad des Cannes» près de Cayenne, trois  jours pour penser, revoir et encaisser ces quatre journées intenses  et sans répit.</p>
<p>Difficile de ne pas être saisi par une telle brutalité dans le changement  de rythme, compliqué de ne pas tout revoir et tout refaire dans sa  tête; ces moments sont pourtant les plus déterminants. Ces temps où  tout semble usé, fatigué, calme, où les minutes se font sentir, aidées  par la chaleur, pesante, suante, perlant sur le front; ils sont angoissants  ces moments, et pourtant il font naître la contemplation de l’action.  Comme dans le monastère l’astreinte est constante, tout pousse à  cette lente réflexion qui n’a pour autre but que d’orienter l’action  vers le mieux.</p>
<p>Ce retour permanent vers le passé se traduit bien souvent par  une angoisse pour celui qui, à la différence du moine, ne l’a  pas choisi, celle-ci succède à des moments où l’intensité est  telle que l’on se sentirait presque en train de goûter la vie, de  boire sans fin un nectar qui ne pourra jamais épancher la soif humaine  de vivre.</p>
<p>C’est pourtant  bien ce sentiment qui semble parfois douloureux qui nous pousse vers  l’action.</p>
<p>Comme le marin qui part longtemps loin de celles et ceux qu’il aime,  et qui éprouve une joie incomparable et connaît des moments intenses  où les mots amour, famille et amitié prennent tout leur sens lorsqu’il  les retrouve. Pourtant il repart pendant longtemps sur les mers, certains  le qualifieraient de différent, voir même de marginal car il est si  éloigné de ce besoin de prévisibilité, de constance et d’immédiateté  du plaisir porté par la société. Comment appréhender ce choix irrationnel:  indifférence? Détachement? Folie? Il choisit l’incertitude, il renie  l’habitude, il accepte la vie, en se débarrassant de ces illusions  prétendues rationnelles par la société: il sait que rien ne dure,  ni l’Homme, ni la richesse, ni le bonheur. Le temps lui est compté,  à lui comme à nous, et il ne veut pas en profiter le plus possible,  il veut le mieux&#8230; Pour cela il lui faut regarder plus loin que demain,  et accepter de perdre et de souffrir afin de maîtriser son action,  ses plaisirs et ses désirs.</p>
<p>C’est étrange  que ce soit précisément ces temps morts, pesants, où l’on se languit,  où l’on cogite sans cesse, qui nous portent, nous entraînent et  nous emmènent au delà de ces petits ronds que notre existence trace  d’elle même.</p>
<p>Puis c’est le départ, vers l’Oyapok à la frontière Brésilienne,  un nouvel horizon, un nouveau défi car les fonds y sont incertains:  le retour à la navigation et à l’action.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2182" href="http://www.richard-descoings.net/2010/02/28/le-retour-de-la-boudeuse-episode-3/pan_3728/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2182" title="PAN_3728" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/02/PAN_3728.jpg" alt="" width="500" height="333" /></a></p>
<p>Nous larguons  les amarres, avec cette question en tête: y arriverons-nous? Jamais  un tel navire n’a remonté ce fleuve immense, courants, bancs de sable,  îlets et roches sont les incertitudes qui pourront être fatales au  bateau et à la mission. Une lutte contre la nature? Contre les éléments?  Ou plutôt un désir, un essai, une tentative, pour sortir de cette  routine, de ces habitudes, de ces routes faciles, rentables et profitables,  mais tellement ennuyeuses! Non une lutte, mais une maîtrise, pas de  la «Nature», mais de nous même, une discipline et une rigueur que  l’on oppose pas à l’inventivité et à la créativité.</p>
<p>Et toujours cet espoir, cette petite lueur au loin, que la pluie, les  vents et l’orage nous font apprécier, même si nous ne l’atteignons  jamais, elle reste là, persistante et magnifique.</p>
<p>Ce fleuve nous  ne le maîtriseront pas, nous l’apprivoiseront, nous joueront avec  ses courants et ses obstacles; accepter cette force incontrôlable et  imprévisible est la seule manière d’atteindre notre but et de ne  pas échouer sur un de ses bancs de sable et d’être refoulés au  large vers ces petits ronds qui étreignent notre monde.</p>
<h3><strong>Lundi 22:</strong></h3>
<p>Ce matin, je  prends mon quart à 4 heures du matin, nous sommes en train de faire  le mouillage dans l’estuaire de l’Oyapok suite à une après-midi  et une nuit de navigation plutôt agitée. La mer est calme, mais le  ciel est chargé, durant quatre heures je vérifie que nous ne dérapons  pas (que l’encre joue bien son rôle) et m’assure de la sécurité  du navire. Au petit matin, après un petit peu de sommeil, je découvre  un endroit grandiose. Nous sommes du côté Français de l’estuaire,  à quelques encablures du seul relief de l’estuaire, «la Montagne  d’argent», couverte d’une jungle épaisse d’où émanent ces  sons caractéristiques, mélange de cris d’animaux divers, d&#8217;insectes  et de bruissements des feuilles sous la légère brise marine; le tout  accompagné de cette odeur chaude et humide que la jungle libère aux  premiers rayons de soleil, une senteur sans pareil, indescriptible tant  ce parfum est profond, complexe et subtil. La vue se perd à l’horizon  jusqu’à apercevoir une ligne verte qui semble trop ténue pour contenir  l’eau jaillissant avec force de l’Oyapok et allant se libérer dans  l’Océan.</p>
<p>Cette rive  au loin, c’est le Brésil, mais ici la notion de frontière n’a  que très peu de sens et tout cela ne sont que des noms pour la jungle  comme pour l’homme; le lieu est frappant par son immensité, le fleuve  et la mer se confondent et il est difficile de déterminer de quel coté  se trouve l’un et l’autre tant les distances sont grandes. Outre  cette sensation toujours surprenante de se sentir tout petit au milieu  de ce monde qui m’entoure, ne rien voir qui soit humain autour de  soi jusqu’à l’horizon, voilà qui fait réfléchir. On s’imagine  aisément ce qui se passait dans la tête d’un homme qui n’ayant  aucune connaissance de cette terre se retrouve là, au milieu de ce  «rien» humain, de cette «nature» qui semble si mystérieuse, infinie  et hostile; ce sentiment qui dépasse la raison, cet instinct profondément  ancré qui refait surface, l’impression de solitude tout d’abord,  «moi», l’Homme, entouré par l’inconnu, l’étrange, l’anormal.  Puis, cet incontrôlable force fondatrice, si belle et si dangereuse,  qui part du ventre vers l’esprit, libérant une fougueuse envie d’ôter  le voile qui m’empêche de voir là bas, de tirer ce fil pour avancer  là-bas, de détruire ce «rien» là-bas. Transformer l’inconnu en  connu, rendre l’étrange sien, puis imposer sa norme&#8230;</p>
<p>Ce matin là  nous attendons la marée pour qu’elle nous porte et nous permette  de passer au dessus des bancs de sable, la navigation est délicate  et la tension est palpable à bord, jusqu’à ce que nous arrivions  à l’heure où la mer se retire du fleuve, nous contraignant à mouiller  en début d’après midi, ce qui permet aux scientifiques d’effectuer  des prélèvements fructueux dans une zone aussi préservée.</p>
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		<title>La Boudeuse, épisode 2</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 15:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
		<category><![CDATA[la boudeuse]]></category>
		<category><![CDATA[suite]]></category>

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Mercredi 17 février
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite du journal de bord d&#8217;Anatole Douaud, un étudiant de Sciences Po embarqué sur <a href="http://www.richard-descoings.net/2010/02/22/des-nouvelles-de-la-boudeuse/">La Boudeuse</a>.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2171" href="http://www.richard-descoings.net/2010/02/24/la-boudeuse-episode-2/pan_3672/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2171" title="PAN_3672" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/02/PAN_3672.jpg" alt="" width="500" height="333" /></a></p>
<p><strong>Mercredi 17 février</strong></p>
<p>Troisième  journée à bord qui commence; peu  à peu je prend mes repères, je pose des marques, c’est la seule  manière que je connaisse pour m’adapter au plus vite. Cela n’est  pas toujours facile, le sentiment de ne pas avoir sa place ici revient  régulièrement, on se pose des questions: suis-je utile ici? Est-ce  que je gène? Est-ce vraiment à moi d’être là, parmi ces gens hors  du commun, qui ont déjà fait plusieurs fois le tour de la terre et  des mers, bardés de diplômes et préoccupés par des objets dont je  ne saurais reconnaître le nom ou la forme? Mais ce tourbillon de l’esprit  n’est qu’une torture, qui me permet cependant d’essayer de me  faire le plus utile en apportant mes bras, mes jambes et mon  énergie afin que la mission suive son cours, même si je me sens petit  comme une souris à côté de ces personnages qui m’impressionnent.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2172" href="http://www.richard-descoings.net/2010/02/24/la-boudeuse-episode-2/pan_3806/"><img class="aligncenter size-full wp-image-2172" title="PAN_3806" src="http://www.richard-descoings.net/wp-content/uploads/2010/02/PAN_3806.jpg" alt="" width="500" height="340" /></a></p>
<p><span style="font-family: Helvetica; font-size: small;">Après  l’exploration des îles environnantes, les prélèvements, les relevés  de la biodiversité végétale et entomologique, les bivouacs;  la vie à bord de <em>La Boudeuse </em> suit son cours, rythmé par les quarts où  l’on doit veiller sur le bateau, prêter attention au bon fonctionnement  des instruments et des appareils. Le mien est de minuit  à quatre heures du matin, horaire calme où  l’on est sans cesse ébloui par le splendide spectacle qu’offre  le ciel parsemé de milliers d’étoiles. Horaire solitaire qui permet  de rêver, mais également de faire le bilan de ces journées chargée  en actions, en émotions et en réflexions.</span></p>
<p><span style="font-family: Helvetica; font-size: small;"><br />
</span></p>
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