Mon parcours
Mes jeunes années
Lorsque j’ai quitté mes fonctions de directeur-adjoint de Sciences Po en 1991, « L’indépendant de la rue Saint-Guillaume », à l’époque hebdo des élèves de Sciences Po, se moquait gentiment de mon « parcours scolaire et professionnel chaotique ». Et il est vrai qu’on peut difficilement faire plus lisse et linéaire : école primaire de la rue Las-Cases dans la partie la plus chic du 7è arrondissement, lycée Montaigne (à l’époque, on ne parlait pas encore de collège et Montaigne n’était pas surnommé « la Jamaïque »), puis Louis-le-Grand et Henri IV, Sciences Po comme élève, l’ENA, le Conseil d’Etat, Sciences Po, Sciences Po comme maître de conférence, Sciences Po comme chargé de mission, Sciences Po comme directeur-adjoint… ce n’était pas vraiment la diversité, ni l’ouverture internationale !
Un premier couac retentissant : j’ai été viré de Louis-le-Grand, ma professeure principale, en mathématiques, estimant que j’étais « totalement dépourvu d’esprit de synthèse et incapable de suivre la classe supérieure ». Ce fut un soulagement ; j’étais non seulement nul en math-physique-chimie, mais j’étais aussi malheureux comme les pierres. L’arrivée à Henri IV fut une découverte de la civilisation : la philosophie, l’amour, les fashion victimes qui se pressaient au Palace le jeudi soir, l’entrée en hypokhâgne pour ne pas avoir à choisir trop vite un avenir opaque – mais à l’époque ce n’était pas grave, on pouvait ne rien voir du futur et en être parfaitement insouciant.
Ce séjour heureux se finit mal. Apprenant que je ne voulais pas passer en khâgne, mon prof de philo à Henri IV me convoqua au milieu de la cour du méridien pour m’avertir solennellement : choisir Sciences Po, c’était un suicide intellectuel. Je fus malheureux mais conservai mon mauvais caractère et n’obtempérai pas.
Sciences Po
A Sciences Po, j’entrais en AP, à l’époque ce n’était pas trop difficile. Re-bonheur : nous étions une petite vingtaine d’un même groupe à suivre en tout et pour tout quatre conférences de méthode par semaine. A l’époque, on n’allait pas en cours, les amphis étaient clairsemés ; on n’avait pas à étudier deux langues ; il n’y avait pas de séjour à l’étranger. Beaucoup de temps se passait dans les sous-sols d’un café concurrent du Basile, à l’angle de la rue de Grenelle et de la rue de la Chaise, en parties de tarot effrénées.
Les deuxième et troisième années, rue Saint-Guillaume, furent moins plaisantes. La charge de travail n’y était pas plus considérable mais l’atmosphère y était plus lourde, les maîtres de conférence très formels, il n’y avait pratiquement pas d’associations. Je ne fus pas souvent là.
L’ENA
Un second couac fut le caractère laborieux de ma préparation à l’ENA. Il fallut m’y reprendre à trois fois, c’est à dire suivre deux prepENA, sans grand encouragement de mes maîtres de conférence qui disaient volontiers voir en moi l’illustration parfaite du clone Sciences Po-Service Public, sans facette ni couleur, et donc peu susceptible de retenir l’attention du jury. Ils eurent presque raison.
L’ENA fut un moment plutôt passionnant : les stages, au Bureau d’aide sociale de la Ville de Paris, à la préfecture de Chambéry puis chez Procter et Gamble : un mois sur la zone industrielle d’Amiens, en 3/8 et en bout de chaîne de mise en cartons des célèbres savonnettes de la firme ; deux mois à la direction du marketing pour défendre les mérites d’Ariel face à Skip. A la sortie, lorsque les résultats furent connus et que je pus choisir le Conseil d’Etat, un « camarade de promotion » effaré de cette situation qui lui échappait, se précipita vers moi et me demanda : « mais, tu es qui, toi ? ». On est toujours le « banlieusard » de quelqu’un, je n’appartenais effectivement à aucune « écurie » de préparation des épreuves de classement.
Le Conseil d’Etat
Le Conseil d’Etat, c’était une consécration… et (à l’époque) un mi-temps. Je consacrais l’essentiel de mes journées, entre 1985 et 1987, à Aides que Daniel Defert, Frédéric Edelman et Jean-Florian Mettetal venait de créer, à la mort de Foucault. J’étais l’énarque de service, en charge de faire fonctionner l’association. J’y appris la vie en voyant tant de très jeunes gens mourir du SIDA en quelques mois et en participant à l’invention des campagnes de prévention contre le VIH.
La suite…
La suite est mieux connue. De 1987 à 1991, je secondais Alain Lancelot. En 1991, j’entrais au cabinet du ministre du Budget, Michel Charasse, pour m’occuper du budget de l’Education nationale, de la masse salariale des fonctionnaires et de leurs statuts, du budget des Anciens Combattants. En 1992, au grand dam de la direction du Budget, je devins le « budgétaire » de Jack Lang, rue de Grenelle. Les élections de 1993 me renvoyèrent au Conseil d’Etat. Je fus chargé de veiller à la bonne exécution par les administrations publiques des décisions prises par le juge administratif. Puis je fus nommé par Michel Gentot, à l’automne 1995, commissaire du gouvernement. Ce passage contentieux fut éclair : Alain Lancelot fut nommé au Conseil constitutionnel à la fin de l’hiver 1996 ; je lui succédais le 8 mai, prenant mes fonctions le 9, Journée de l’Europe, devant un amphithéâtre Boutmy vide, à la grande douleur des jeunes européens qui avaient préparé la fête.
L’aventure commençait.
- Universités :
- Lycées/collèges :
- Employeur :
- Présidence de la République
- Fonction :
- Chargé de mission
- Durée :
- janvier 2009 à aujourd’hui
- Description :
- Mission de concertation et de propositions en vue de la réforme des lycées.
- Employeur :
- Conseil d’Etat
- Fonction :
- Conseiller d’Etat
- Durée :
- 2000 à aujourd’hui
- Lieu :
- Paris, France
- Employeur :
- Sciences Po Paris
- Fonction :
- Directeur, Administrateur de la Fondation Nationale des Sciences Politiques
- Durée :
- 1996 à aujourd’hui
- Lieu :
- Paris, France
- Employeur :
- Ministère de l’Education Nationale et de la Culture – Cabinet de Jack Lang
- Fonction :
- Chargé de mission
- Durée :
- En 1992
- Lieu :
- Paris, France
- Description :
- Chargé des questions budgétaires de l’Education Nationale.
- Employeur :
- Ministère du Budget – Cabinet de Michel Charasse
- Fonction :
- Conseiller technique pour les questions d’éducation
- Durée :
- En 1991
- Lieu :
- Paris, France
- Employeur :
- Conseil d’Etat
- Fonction :
- Maître des Requêtes – Section du contentieux et des travaux publics
- Durée :
- En 1988
- Lieu :
- Paris, France
- Employeur :
- Sciences Po Paris
- Fonction :
- Maître de conférences – Droit public
- Durée :
- 1986 – 2000
- Lieu :
- Paris, France
- Employeur :
- Conseil d’Etat
- Fonction :
- Rapporteur général adjoint – section du rapport et des études du Conseil d’État
- Durée :
- 1993 – 1996
- Lieu :
- Paris, France
- Employeur :
- Sciences Po Paris
- Fonction :
- Directeur Adjoint
- Durée :
- 1989 – 1991
- Lieu :
- Paris, France
- Employeur :
- Ministère de la Culture, de la Communication, des Grands Travaux et du Bicentenaire
- Fonction :
- Conseiller juridique
- Durée :
- 1988 – 1989
- Lieu :
- Paris, France
- Employeur :
- Conseil d’Etat
- Fonction :
- Auditeur – Section du contentieux
- Durée :
- 1985 – 1989
- Lieu :
- Paris, France









