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	<title>Richard Descoings &#187; challenges</title>
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	<description>Le blog de Richard Descoings</description>
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		<title>L&#8217;abstention des jeunes mine notre démocratie</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Apr 2010 08:02:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
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		<description><![CDATA[Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges
Les trois quarts des jeunes de 18 à 25 ans n&#8217;ont pas voté aux élections  régionales. Ils n&#8217;avaient déjà pas voté aux élections européennes. Ils  avaient faiblement participé aux élections législatives de 2007. Et le  21 avril 2002 la moitié des jeunes ne s&#8217;étaient pas déplacés. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.challenges.fr/magazine/analyse/0206.030133/?xtmc=richard_descoings&amp;xtcr=1" target="_blank">Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges</a></p>
<p>Les trois quarts des jeunes de 18 à 25 ans n&#8217;ont pas voté aux élections  régionales. Ils n&#8217;avaient déjà pas voté aux élections européennes. Ils  avaient faiblement participé aux élections législatives de 2007. Et le  21 avril 2002 la moitié des jeunes ne s&#8217;étaient pas déplacés. Le soir  même du premier tour de l&#8217;élection présidentielle, ils étaient dans la  rue pour manifester leur opposition au Front national&#8230; mais un peu  tard  : Jean-Marie Le Pen était au second tour, pas Lionel Jospin.</p>
<p>La  présidentielle de 2007 a pu faire illusion  : les jeunes ont voté  massivement, presque comme l&#8217;ensemble des Français  : plus de 80 % de  taux de participation. Mais sur la période longue un abstentionnisme  puissant et pérenne s&#8217;est installé chez les moins de 25 ans, de façon  nettement plus marquée que dans l&#8217;ensemble de la population électorale  abstentionniste.</p>
<p>Dans un livre à la fois limpide et humain, <em>Avoir  20 ans en politique, les enfants du  désenchantement</em> (Les Editions du Seuil), Anne Muxel décrypte ce  comportement politique qui peut surprendre les générations précédentes  qui s&#8217;étaient tant battues pour le droit de vote à 18 ans &#8211; une conquête  obtenue après l&#8217;élection de Valéry Giscard d&#8217;Estaing en 1974. Un  comportement abstentionniste que n&#8217;a pu endiguer l&#8217;inscription sur les  listes électorales, désormais automatique à l&#8217;âge de 18 ans. « Les  enfants du désenchantement » votent de moins en moins parce qu&#8217;ils  croient de moins en moins que leur vote soit utile et efficace. Quand,  dans une démocratie libérale représentative, une partie croissante des  citoyens ne voient plus le sens qu&#8217;il y a à participer au vote, c&#8217;est  déjà grave. Lorsque ce sont les plus jeunes qui donnent le moins de  force à l&#8217;acte démocratique fondateur, c&#8217;est mortifère.</p>
<p>Bien  sûr, il y a d&#8217;autres formes d&#8217;expression démocratique que l&#8217;élection &#8211;  et pour les jeunes la principale qui vient à l&#8217;esprit est la  manifestation protestataire. Celle-ci est sûrement devenue l&#8217;un des  rites initiatiques du passage à l&#8217;âge adulte  : le conflit collectif  avec le pouvoir est une forme de passage obligé, après celle du conflit  individuel avec l&#8217;autorité parentale. Tant que la manifestation, la  grève ou toute autre forme d&#8217;expression démocratique viennent compléter  ou amplifier la participation électorale, les mouvements protestataires  sont des signes de vitalité qu&#8217;il faut peut-être canaliser, mais qu&#8217;il  faut d&#8217;abord saluer.</p>
<p>En revanche, si parallèlement à ces  formes protestataires jusqu&#8217;à 80 % des jeunes ne croient plus à  l&#8217;utilité politique et sociale des urnes, l&#8217;organisation et le  fonctionnement de la démocratie républicaine sont en danger. <em>« Les  jeunes qui sont engagés dénoncent les  contradictions et les impasses d&#8217;une société menacée d&#8217;implosion si elle   n&#8217;arrive pas à mieux réguler les conditions de l &#8216;intégration sociale  des  individus,</em> note justement Anne Muxel à propos des mouvements  d&#8217;étudiants et de lycéens. <em>Ils revendiquent un droit élémentaire et  commun à tous : le droit d&#8217;exister socialement&#8230; »</em> Comment  répondre à cet appel venant d&#8217;une jeunesse qui nous dit sa défiance,  parfois son hostilité  ?</p>
<p>D&#8217;abord, rendons à la jeunesse sa  diversité. Il y a ceux dont la situation n&#8217;est jamais évoquée  : ceux  qui, dès 18 ans, travaillent &#8211; ou plus souvent cherchent à travailler -,  et ne poursuivent pas d&#8217;études après le bac, représentant 60 % des  18-25 ans. Parlons aussi des jeunes qui ont quitté le lycée, parfois le  collège, sans diplôme  : ils sont les laissés-pour-compte d&#8217;une société  qui glorifie les parchemins. Est-ce vraiment un hasard si les 18-30 ans  non diplômés qui sont allés aux urnes ont voté à 22 % pour Jean-Marie Le  Pen en 2007  ? Les lycéens et les étudiants qui ne cachent pas leurs  idéaux, souvent de gauche, sont entendus. Mais qui autorise à s&#8217;exprimer  les non-diplômés, plongés dans les soucis d&#8217;un monde du travail plus  précaire  ? C&#8217;est cette jeunesse-là qui s&#8217;abstient. Les forces  politiques de notre pays ont deux années pour la reconquérir. En  commençant par parler des jeunes comme d&#8217;une promesse d&#8217;avenir, et non  d&#8217;un problème. En comprenant que la participation électorale ne peut  résulter d&#8217;un sursaut de civisme paresseusement attendu, mais d&#8217;un défi  que notre société doit relever. En regardant lucidement le risque de  cassure entre les plus diplômés et les laissés-pour-compte du système  scolaire.</p>
<p>La jeunesse est notre seul espoir de solidarité  entre les générations  : ne comptons-nous pas sur elle pour financer nos  retraites, payer notre assurance-maladie, prendre soin de la grande  dépendance  ? Alors, évitons que ne deviennent étrangers et hostiles les  uns aux autres ceux qui sont confrontés à des conditions d&#8217;insertion de  plus en plus inégalitaires et ceux qui sont les mieux dotés par les  diplômes.</p>
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		<title>18 professeurs des Ecoles pour une seule classe en deux années scolaires &#8211; Challenges</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 05:15:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
		<category><![CDATA[ce1]]></category>
		<category><![CDATA[challenges]]></category>
		<category><![CDATA[pantin]]></category>

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		<description><![CDATA[Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges
Des parents  excédés: leurs enfants en cours préparatoires et en cours élémentaires  ont vu se succéder 18 professeurs des Ecoles en deux années scolaires.  Comment a priori ne pas les comprendre? Mais regardons les choses plus  en profondeur.
C’est dans  la ville de Pantin en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.challenges.fr/index.php">Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges</a></p>
<p>Des parents  excédés: leurs enfants en cours préparatoires et en cours élémentaires  ont vu se succéder 18 professeurs des Ecoles en deux années scolaires.  Comment a priori ne pas les comprendre? Mais regardons les choses plus  en profondeur.</p>
<p>C’est dans  la ville de Pantin en Seine-Saint-Denis. Des parents emmenés par la  FCPE, association de parents d’élèves habituellement considérée  comme proche de la gauche mais qui rassemble largement, décide de « porter  plainte » contre le Ministre de l’Education Nationale. Plus exactement,  ils menacent de déposer un recours devant le tribunal administratif  mettant en cause une défaillance de l’Etat dans la continuité qu’il  se doit d’assurer du service public de l’enseignement. Qu’en penser ?</p>
<p>Du point de  vue juridique, tout d’abord, il appartient à l’Etat de mettre en  œuvre cette loi fondamentale du service public qu’est sa continuité.  À l’Education nationale, c’est d’ailleurs la contrepartie de  l’obligation scolaire. Dans cette optique, un service minimum en cas  de grève a été institué qui consiste en l’obligation pour les  communes d’accueillir les enfants des écoles maternelles et à l’écoles  élémentaires lorsque leurs enseignants cessent de travailler.</p>
<p>Les reproches  les plus fréquemment faits aux services de l’Education Nationale  concernent l’absence de remplacement des professeurs hors situation  de grève. Lorsqu’il est saisi, le juge administratif examine les  affaires au cas par cas et avec prudence. Il s’efforce de prendre  en considération à la fois la durée des absences non remplacées,  les mesures prises par l’administration pour pourvoir aux remplacements  nécessaires et, enfin, les conséquences pour les enfants d’absences  répétées ou trop nombreuses.</p>
<p>La situation  de l’Ecole Joliot-Curie à Pantin semble bien différente. L’un  des parents auteurs du recours indique que sa fille s’est trouvée  placée en face de «18 maîtres ou maîtresses différentes entre son  année de CP et son année de CE1 » et a manqué 13 jours de classe  sur les six derniers mois. » Ce même parent assure que, par ailleurs,  il demande à la juridiction administrative de réparer le préjudice  subi par sa fille du fait des heures qui ne seraient pas rattrapées,  au besoin sous la forme d’une somme d’argent correspondant au coût  des cours qu’il devait faire assurer à domicile.</p>
<p>La situation  de l’Ecole Joliot-Curie est extrême et heureusement peu fréquente.  C’est en effet rarement dans le premier degré que les problèmes  de remplacement se posent avec le plus d’acuité mais bien plutôt  au collège et dans une moindre mesure au lycée.</p>
<p>Que peut-on  ou doit-on reprocher au service public dans cette affaire précise ?  Pas de n’avoir rien fait et ni d’avoir failli à trouver des remplaçants :  sinon, il n’y aurait pas eu une succession de « 18 maîtres ou maîtresses  d’Ecole ». Il y a eu au contraire une sorte de « trop-plein » ou plus  exactement une vitesse de rotation des enseignants radicalement excessive.</p>
<p>Pourquoi des  enseignants qui ont été trouvés et affectés par l’inspection  d’académie restent-ils si peu de temps dans un même établissement ?</p>
<p>On pointe là  l’un des problèmes qui vaut pour la Seine-Saint-Denis: celle-ci accueille  les tout nouveaux et tout jeunes professeurs des Ecoles, en très grande  majorité des femmes et le nombre de congés pour maternité est évidemment  élevé. Cela s’est vérifié à l’Ecole Joliot-Curie où plusieurs  congés de maternité se sont succédés. Ils ont été combinés à  un congé maladie et à la situation d’une classe où l’enseignant  principal est à temps partiel –un droit statutaire- et où la classe  se trouve donc assurée par deux maîtres sur une même semaine.</p>
<p>Pourquoi trouve-t-on  essentiellement des professeurs avec peu d’expérience dans un département  réputé difficile? Parce que l’affectation des enseignants se fait  dans les différents établissements essentiellement à l’ancienneté,  ce à quoi les organisations syndicales veillent avec une particulière  acuité. Les plus jeunes et les moins expérimentés sont affectés  là où des postes sont laissés vacants par des enseignants à peine  plus anciens.</p>
<p>Un deuxième  point mérite d’être souligné. Un parent en colère, élu FCPE,  demande à l’Etat que lui soit directement versé de l’argent pour  rémunérer des petits cours à domicile ou des entreprises de soutien  scolaire qui développent leur activité parallèlement à l’Education  Nationale. L’idée est séduisante. Est-elle le signal d’un mouvement  plus large? Si la juridiction administrative suivait la demande du requérant,  les parents pourraient faire financer par l’Etat les précepteurs  à domicile et ce que certains enseignants nomment pour exprimer leur  hostilité, « officines privées » , mais dont l’attractivité auprès  des parents s’accroît d’année en année.</p>
<p>Une dernière  réflexion: cette affaire est un signe supplémentaire de la « judiciarisation »  des rapports sociaux : l’appel au juge devient une tactique, parfois  une manie qui enferme les parties dans une procédure contentieuse là  où la meilleure justice serait, à mon sens, la justice de paix.</p>
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		<title>Des quotas pour établir l&#8217;égalité</title>
		<link>http://www.richard-descoings.net/2010/02/13/des-quotas-pour-etablir-legalite/</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 18:47:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'enseignement supérieur et la recherche]]></category>
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		<description><![CDATA[Cette chronique a aussi été publiée dans Challenges.
La Constitution de la Ve République encourage le législateur à créer des quotas pour favoriser le rétablissement de l&#8217;égalité effective&#8230; entre les femmes et les hommes. L&#8217;Assemblée nationale et le Sénat, réunis en congrès, ont inscrit dans l&#8217;article premier de notre loi fondamentale en 1999, puis en 2008 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.challenges.fr/magazine/international/0199.28686/">Cette chronique a aussi été publiée dans Challenges.</a></p>
<p>La Constitution de la V<sup>e</sup> République encourage le législateur à créer des quotas pour favoriser le rétablissement de l&#8217;égalité effective&#8230; entre les femmes et les hommes. L&#8217;Assemblée nationale et le Sénat, réunis en congrès, ont inscrit dans l&#8217;article premier de notre loi fondamentale en 1999, puis en 2008 : <em>« La loi favorise l&#8217;égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives »,</em> puis en 2007  : <em>« ainsi qu&#8217;aux responsabilités professionnelles et sociales »</em>. Il s&#8217;agissait, en 1999, d&#8217;une majorité de gauche ; en 2008, d&#8217;une majorité de droite. Une proposition de loi émanant de l&#8217;UMP vient d&#8217;être adoptée par l&#8217;Assemblée nationale pour faire une place aux femmes dans les conseils d&#8217;administration des entreprises cotées.</p>
<p>Peut-on imaginer mesure politique et juridique plus forte ? Peut-on oublier que, pour en arriver là, il a fallu des décennies de lutte des femmes ? Que <em>L &#8216;Express</em> a dû publier il y a près de quinze ans un Manifeste des dix réclamant <em>« une pratique renouvelée du pouvoir et de la démocratie soutenue par une volonté et une pression politiques sans faille. L&#8217;objectif est d&#8217;arriver, par étapes, à la parité »</em> ? Suivaient six mesures, dont la dernière est sans équivoque  : <em>« Et s&#8217;il faut modifier la Constitution pour introduire des discriminations positives, nous y sommes favorables. »</em> Qui étaient ces dangereuses pasionarias attaquant l&#8217;ordre républicain &#8211; dont on nous dit qu&#8217;il s&#8217;oppose radicalement aux quotas ? Michèle Barzach, Frédérique Bredin, Edith Cresson, Monique Pelletier, Yvette Roudy, Catherine Tasca, Simone Veil&#8230;</p>
<p>En juin 2000, le Parlement instaura un quota de 50 % de femmes pour les élections politiques avec scrutin de liste (Parlement européen, conseils municipaux, conseils régionaux), à l&#8217;unanimité des groupes politiques. Le titre de ce texte est explicite : <em>« Loi tendant à favoriser l&#8217;égal accès des femmes et des hommes&#8230; »</em> Oui, le corpus légal français donne un fondement juridique à la volonté déterminée de construire les instruments qui permettent d&#8217;établir ou de rétablir de l&#8217;égalité. A vrai dire, le législateur n&#8217;avait pas attendu pour intervenir dans un autre domaine : c&#8217;est une loi de&#8230; 1987 qui instaure un quota de 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises de plus de 20 salariés.</p>
<p>A chaque tentative pour faire progresser notre société vers moins d&#8217;inégalités, les mêmes arguments sont utilisés. Le premier consiste à affirmer sans rire que les quotas font baisser le niveau : il n&#8217;y aura jamais assez de gens « capables » pour que l&#8217;ouverture visée puisse s&#8217;accompagner du maintien de ce fameux niveau. Ainsi, l&#8217;instauration de quotas de femmes aurait dû faire baisser le niveau du Parlement européen comme celui de la gestion des villes et des régions en France&#8230; C&#8217;est certainement pour une question de niveau qu&#8217;une bonne partie des internats des lycées préparant aux grandes écoles d&#8217;ingénieurs n&#8217;acceptent pas de jeunes filles.</p>
<p>Le second argument est merveilleusement pervers : les quotas sont « humiliants » pour les personnes qu&#8217;ils concernent ! Si, si, il vaut mieux être discriminé, évincé, écarté, exclu de l&#8217;accès aux postes à responsabilité en politique, dans les entreprises, dans les administrations publiques&#8230; et dans les grandes écoles qu&#8217;être aidé par l&#8217;intervention de l&#8217;Etat. Laissons faire le mouvement naturel&#8230; il creuse l&#8217;inégalité dans le silence de ses victimes.</p>
<p>En réalité, le quota est la mesure qui doit intervenir en dernier recours, lorsque les acteurs de la discrimination concernée ont apporté la preuve réitérée et massive de leur refus obstiné de rétablir l&#8217;égalité par d&#8217;autres moyens. Le quota est un instrument, pas une fi n. Mon espoir est que son usage soit provisoire : le temps, nécessairement long mais cependant limité, que les conditions structurelles dans lesquelles évolue un groupe social assure de façon effective une véritable égalité des chances. Le retour à la non-intervention de l&#8217;Etat est conditionné par la démonstration que les objectifs recherchés sont atteints.</p>
<p>Le quota est aussi un instrument qui peut et doit être évité si la seule menace de son emploi fait bouger les lignes. La Conférence des grandes écoles est pour la diversification sociale du recrutement des élèves, mais contre les quotas &#8211; parce qu&#8217;elle prétend appliquer avec succès et depuis longtemps déjà d&#8217;autres méthodes ? Chiche ! Que le gouvernement désigne un groupe de chercheurs qui examine l&#8217;évolution entre 2000 et 2015 de la sociologie des dix meilleures écoles d&#8217;ingénieurs et de commerce, des trois ENS et de Sciences-Po, ces institutions qui assurent en France l&#8217;accès aux positions-clés dans les entreprises, les médias et l&#8217;administration. La comparaison sera faite avec des filières universitaires comme le droit et la médecine, et les résultats rendus publics chaque année. Et l&#8217;on pourra enfin débattre, à partir d&#8217;une analyse fine, précise, menée sur le temps long.</p>
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		<title>&#171;&#160;Pécresse calme les grandes écoles en leur donnant des devoirs&#160;&#187; &#8211; Routier/Fauconnier &#8211; Challenges</title>
		<link>http://www.richard-descoings.net/2010/01/29/pecresse-calme-les-grandes-ecoles-en-leur-donnant-des-devoirs-routierfauconnier-challenges/</link>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 13:29:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'enseignement supérieur et la recherche]]></category>
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		<description><![CDATA[Lire l&#8217;intégralité de cet article dans Challenges
Lundi  18
Valérie Pécresse reçoit ce  matin les directeurs des grandes écoles, suite à la polémique sur les boursiers.  Officiellement, pour lever les malentendus : «Pas question de «quotas» de boursiers !» Mais les directeurs repartent avec une  grosse pile de devoirs : élaborer rapidement une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.challenges.fr/magazine/0196-028397/double_je.html" target="_blank">Lire l&#8217;intégralité de cet article dans Challenges</a></h3>
<p><strong><em>Lundi  18</em></strong></p>
<p>Valérie Pécresse reçoit ce  matin les directeurs des grandes écoles, suite à la polémique sur les boursiers.  Officiellement, pour lever les malentendus : <em>«Pas question de «quotas» de boursiers !»</em> Mais les directeurs repartent avec une  grosse pile de devoirs : élaborer rapidement une <em>«Charte de l&#8217;égalité des chances qui aura valeur  contraignante»</em> et devra contenir  une dizaine de mesures pour l&#8217;ouverture sociale. En prévision : développement  des concours d&#8217;admissions parallèles, ouverture de 100 nouvelles classes  préparatoires et d&#8217;internats d&#8217;excellence, création de «classes préparatoires  aux prépas»&#8230;<br />
Cela calmera-t-il la fièvre qui a saisi  certains anciens des grandes écoles ? Pas sûr à lire la rogne, ce week-end dans  le <em>Journal du  dimanche</em>, du banquier et trader Marc  Fiorentino, ancien de HEC, qui dénonce une entreprise <em>«démagogique de destruction de ce qui  fonctionne. Fils d&#8217;un trieur aux PTT et d&#8217;une ouvrière, j&#8217;ai été admis en 1979 à  HEC après une prépa dans le public. On m&#8217;y a accordé une bourse qui n&#8217;était pas  un droit opposable pour une intégration rendue obligatoire par une volonté  frénétique d&#8217;égalitarisme, mais une reconnaissance des efforts !»</em></p>
<p>Airy Routier</p>
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		<title>Les grandes écoles endogames mettent la République en danger</title>
		<link>http://www.richard-descoings.net/2009/12/01/les-grandes-ecoles-endogames-mettent-la-republique-en-danger/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 15:08:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'enseignement supérieur et la recherche]]></category>
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		<description><![CDATA[Tribune publiée sur Challenges.fr
On a, un temps, accusé Nicolas Sarkozy d&#8217;être séduit par les méthodes de discrimination positive «à la française» pour rétablir un peu de justice et d&#8217;égalité. A tort : dans un discours symboliquement prononcé à l&#8217;Ecole polytechnique à Palaiseau, en décembre 2008, il s&#8217;est laissé convaincre que le très classique système des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.challenges.fr/magazine/analyse/0190.27574/" target="_blank">Tribune publiée sur Challenges.fr</a></h3>
<blockquote><p>On a, un temps, accusé Nicolas Sarkozy d&#8217;être séduit par les méthodes de discrimination positive «à la française» pour rétablir un peu de justice et d&#8217;égalité. A tort : dans un discours symboliquement prononcé à l&#8217;Ecole polytechnique à Palaiseau, en décembre 2008, il s&#8217;est laissé convaincre que le très classique système des bourses versées aux étudiants, et notamment aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles, suffirait, sous réserve d&#8217;être intensifié, pour que ne soit pas remis en cause l&#8217;ordre social et républicain assuré par les concours.</p>
<div>Valérie Pécresse a conduit avec efficacité la politique décidée par le président de la République : à la rentrée 2009, il y avait 30% d&#8217;élèves boursiers en première année de classe préparatoire. Et, <a href="http://www.richard-descoings.net/2009/11/11/un-contrat-quadriennal-signe-et-bientot-30-deleves-boursiers/" target="_blank">depuis l&#8217;amphithéâtre Gay-Lussac dans les locaux du ministère de l&#8217;Enseignement supérieur et de la Recherche, là où se trouvait autrefois l&#8217;Ecole polytechniqu</a>e, la ministre vient de lancer un appel solennel pour que les grandes écoles sachent accueillir en leur sein la même proportion de boursiers que celle désormais constatée dans les classes préparatoires. A ne pas répondre positivement à la ministre, les écoles risquent fort de voir se réaliser la fameuse prophétie d&#8217;un préfet de la République : <em>«Nos têtes finiront en  haut d&#8217;une pique !»</em> avait lancé l&#8217;éminent homme, sans pour autant proposer de remèdes face à l&#8217;immense incapacité des hauts fonctionnaires qui l&#8217;entouraient, incapacité à comprendre les attentes des classes moyennes et populaires à l&#8217;égard d&#8217;un service public réactif et adaptable. De la même façon, bien des cadres dirigeants d&#8217;entreprise semblent décontenancés face aux réactions de l&#8217;opinion publique devant des fermetures d&#8217;usines, l&#8217;annonce de bonus dans les services financiers, ou encore la distorsion entre le retour des profits et l&#8217;accélération du chômage.</p>
<p>Dans un cas comme dans l&#8217;autre se manifeste une coupure sans cesse aiguisée entre les élites professionnelles, et celles et ceux en qui ces élites devraient chercher leur légitimité : celles et ceux qui leur font confiance et dont la confiance donne sens aux responsabilités exercées. Chacun admet préférer une prof à une autre, témoigner plus de confiance à tel médecin plutôt qu&#8217;à son remplaçant, préférer les conseils de tel avocat&#8230; Dans tous les métiers, dans tous les secteurs professionnels se dégagent des élites professionnelles. Ce n&#8217;est donc pas l&#8217;élitisme qui est source de péril. C&#8217;est le rétrécissement de la base sociale dans laquelle ces élites sont recrutées et formées. Rétrécissement dont les sociologues ont bien analysé les causes et les mécanismes.</p>
<p>Ce qui s&#8217;apparente à de l&#8217;endogamie a deux conséquences graves. La première est que hauts fonctionnaires, dirigeants d&#8217;entreprise et professions libérales ne comprennent pas, ou ne comprennent plus comment fonctionne notre société, ne voient pas le désarroi de groupes sociaux qui ressentent amèrement leur déclin relatif sur l&#8217;échelle des revenus &#8211; à commencer par les enseignants -, ne s&#8217;expliquent pas les accès de révolte sociale qui rythment spasmodiquement la vie de nos banlieues. Vous souvenez-vous de l&#8217;automne 2005 ? Dans 300 villes françaises, 10 nuits d&#8217;émeutes fissurent l&#8217;espoir d&#8217;une cohésion sociale; le gouvernement de Dominique de Villepin doit décréter l&#8217;état d&#8217;urgence pour rétablir l&#8217;ordre public &#8211; une première depuis 1954.</p>
<p>La seconde conséquence est le terrible sentiment d&#8217;injustice qui nourrit la révolte sociale. Les places les plus enviées, les rémunérations les plus sûres et les plus élevées, les positions les plus valorisées sont réservées non pas aux «meilleurs», à celles et ceux qui auraient fait leurs preuves avec le temps et le travail, et qui se seraient petit à petit imposés par la considération de leurs pairs, comme c&#8217;est le cas avec les Meilleurs Ouvriers de France. Non, le <em>cursus honorum</em> est de plus en plus étroitement réservé à celles et ceux qui, dans les groupes sociaux les mieux dotés par la culture et l&#8217;argent, se montrent les plus doués pour le sprint scolaire qui mène de la fin de la troisième aux classes prépa : les enfants de professeurs, bien sûr, mais aussi ceux des familles où l&#8217;on est déjà cadres ou hauts fonctionnaires, parfois depuis plusieurs générations.</p>
<p>En quarante ans, depuis la fin de l&#8217;école à deux vitesses qui séparait les élèves de l&#8217;enseignement primaire de ceux de l&#8217;enseignement secondaire, depuis la lente instauration du collège unique, rien n&#8217;a changé. Ou plutôt si : les élites scolaires se sont recroquevillées au sein des élites sociales, les élites professionnelles se sont socialement plus cadenassées. L&#8217;Ecole normale supérieure et l&#8217;Ecole polytechnique, qui incarnaient l&#8217;idéal républicain alliant l&#8217;excellence à l&#8217;égalité, ont laissé s&#8217;instaurer le primat de la première sur la seconde. Les deux écoles brillent au firmament des classements universitaires internationaux, et nous en avons bien besoin. Mais que reste-t-il de la République scolaire, de l&#8217;école de la République ?</p></div>
</blockquote>
<p>Richard Descoings</p>
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