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	<title>Richard Descoings &#187; chronique</title>
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	<description>Le blog de Richard Descoings</description>
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		<title>L&#8217;abstention des jeunes mine notre démocratie</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Apr 2010 08:02:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
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		<description><![CDATA[Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges
Les trois quarts des jeunes de 18 à 25 ans n&#8217;ont pas voté aux élections  régionales. Ils n&#8217;avaient déjà pas voté aux élections européennes. Ils  avaient faiblement participé aux élections législatives de 2007. Et le  21 avril 2002 la moitié des jeunes ne s&#8217;étaient pas déplacés. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.challenges.fr/magazine/analyse/0206.030133/?xtmc=richard_descoings&amp;xtcr=1" target="_blank">Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges</a></p>
<p>Les trois quarts des jeunes de 18 à 25 ans n&#8217;ont pas voté aux élections  régionales. Ils n&#8217;avaient déjà pas voté aux élections européennes. Ils  avaient faiblement participé aux élections législatives de 2007. Et le  21 avril 2002 la moitié des jeunes ne s&#8217;étaient pas déplacés. Le soir  même du premier tour de l&#8217;élection présidentielle, ils étaient dans la  rue pour manifester leur opposition au Front national&#8230; mais un peu  tard  : Jean-Marie Le Pen était au second tour, pas Lionel Jospin.</p>
<p>La  présidentielle de 2007 a pu faire illusion  : les jeunes ont voté  massivement, presque comme l&#8217;ensemble des Français  : plus de 80 % de  taux de participation. Mais sur la période longue un abstentionnisme  puissant et pérenne s&#8217;est installé chez les moins de 25 ans, de façon  nettement plus marquée que dans l&#8217;ensemble de la population électorale  abstentionniste.</p>
<p>Dans un livre à la fois limpide et humain, <em>Avoir  20 ans en politique, les enfants du  désenchantement</em> (Les Editions du Seuil), Anne Muxel décrypte ce  comportement politique qui peut surprendre les générations précédentes  qui s&#8217;étaient tant battues pour le droit de vote à 18 ans &#8211; une conquête  obtenue après l&#8217;élection de Valéry Giscard d&#8217;Estaing en 1974. Un  comportement abstentionniste que n&#8217;a pu endiguer l&#8217;inscription sur les  listes électorales, désormais automatique à l&#8217;âge de 18 ans. « Les  enfants du désenchantement » votent de moins en moins parce qu&#8217;ils  croient de moins en moins que leur vote soit utile et efficace. Quand,  dans une démocratie libérale représentative, une partie croissante des  citoyens ne voient plus le sens qu&#8217;il y a à participer au vote, c&#8217;est  déjà grave. Lorsque ce sont les plus jeunes qui donnent le moins de  force à l&#8217;acte démocratique fondateur, c&#8217;est mortifère.</p>
<p>Bien  sûr, il y a d&#8217;autres formes d&#8217;expression démocratique que l&#8217;élection &#8211;  et pour les jeunes la principale qui vient à l&#8217;esprit est la  manifestation protestataire. Celle-ci est sûrement devenue l&#8217;un des  rites initiatiques du passage à l&#8217;âge adulte  : le conflit collectif  avec le pouvoir est une forme de passage obligé, après celle du conflit  individuel avec l&#8217;autorité parentale. Tant que la manifestation, la  grève ou toute autre forme d&#8217;expression démocratique viennent compléter  ou amplifier la participation électorale, les mouvements protestataires  sont des signes de vitalité qu&#8217;il faut peut-être canaliser, mais qu&#8217;il  faut d&#8217;abord saluer.</p>
<p>En revanche, si parallèlement à ces  formes protestataires jusqu&#8217;à 80 % des jeunes ne croient plus à  l&#8217;utilité politique et sociale des urnes, l&#8217;organisation et le  fonctionnement de la démocratie républicaine sont en danger. <em>« Les  jeunes qui sont engagés dénoncent les  contradictions et les impasses d&#8217;une société menacée d&#8217;implosion si elle   n&#8217;arrive pas à mieux réguler les conditions de l &#8216;intégration sociale  des  individus,</em> note justement Anne Muxel à propos des mouvements  d&#8217;étudiants et de lycéens. <em>Ils revendiquent un droit élémentaire et  commun à tous : le droit d&#8217;exister socialement&#8230; »</em> Comment  répondre à cet appel venant d&#8217;une jeunesse qui nous dit sa défiance,  parfois son hostilité  ?</p>
<p>D&#8217;abord, rendons à la jeunesse sa  diversité. Il y a ceux dont la situation n&#8217;est jamais évoquée  : ceux  qui, dès 18 ans, travaillent &#8211; ou plus souvent cherchent à travailler -,  et ne poursuivent pas d&#8217;études après le bac, représentant 60 % des  18-25 ans. Parlons aussi des jeunes qui ont quitté le lycée, parfois le  collège, sans diplôme  : ils sont les laissés-pour-compte d&#8217;une société  qui glorifie les parchemins. Est-ce vraiment un hasard si les 18-30 ans  non diplômés qui sont allés aux urnes ont voté à 22 % pour Jean-Marie Le  Pen en 2007  ? Les lycéens et les étudiants qui ne cachent pas leurs  idéaux, souvent de gauche, sont entendus. Mais qui autorise à s&#8217;exprimer  les non-diplômés, plongés dans les soucis d&#8217;un monde du travail plus  précaire  ? C&#8217;est cette jeunesse-là qui s&#8217;abstient. Les forces  politiques de notre pays ont deux années pour la reconquérir. En  commençant par parler des jeunes comme d&#8217;une promesse d&#8217;avenir, et non  d&#8217;un problème. En comprenant que la participation électorale ne peut  résulter d&#8217;un sursaut de civisme paresseusement attendu, mais d&#8217;un défi  que notre société doit relever. En regardant lucidement le risque de  cassure entre les plus diplômés et les laissés-pour-compte du système  scolaire.</p>
<p>La jeunesse est notre seul espoir de solidarité  entre les générations  : ne comptons-nous pas sur elle pour financer nos  retraites, payer notre assurance-maladie, prendre soin de la grande  dépendance  ? Alors, évitons que ne deviennent étrangers et hostiles les  uns aux autres ceux qui sont confrontés à des conditions d&#8217;insertion de  plus en plus inégalitaires et ceux qui sont les mieux dotés par les  diplômes.</p>
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		<title>Des quotas pour établir l&#8217;égalité</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 18:47:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'enseignement supérieur et la recherche]]></category>
		<category><![CDATA[bourse]]></category>
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		<description><![CDATA[Cette chronique a aussi été publiée dans Challenges.
La Constitution de la Ve République encourage le législateur à créer des quotas pour favoriser le rétablissement de l&#8217;égalité effective&#8230; entre les femmes et les hommes. L&#8217;Assemblée nationale et le Sénat, réunis en congrès, ont inscrit dans l&#8217;article premier de notre loi fondamentale en 1999, puis en 2008 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.challenges.fr/magazine/international/0199.28686/">Cette chronique a aussi été publiée dans Challenges.</a></p>
<p>La Constitution de la V<sup>e</sup> République encourage le législateur à créer des quotas pour favoriser le rétablissement de l&#8217;égalité effective&#8230; entre les femmes et les hommes. L&#8217;Assemblée nationale et le Sénat, réunis en congrès, ont inscrit dans l&#8217;article premier de notre loi fondamentale en 1999, puis en 2008 : <em>« La loi favorise l&#8217;égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives »,</em> puis en 2007  : <em>« ainsi qu&#8217;aux responsabilités professionnelles et sociales »</em>. Il s&#8217;agissait, en 1999, d&#8217;une majorité de gauche ; en 2008, d&#8217;une majorité de droite. Une proposition de loi émanant de l&#8217;UMP vient d&#8217;être adoptée par l&#8217;Assemblée nationale pour faire une place aux femmes dans les conseils d&#8217;administration des entreprises cotées.</p>
<p>Peut-on imaginer mesure politique et juridique plus forte ? Peut-on oublier que, pour en arriver là, il a fallu des décennies de lutte des femmes ? Que <em>L &#8216;Express</em> a dû publier il y a près de quinze ans un Manifeste des dix réclamant <em>« une pratique renouvelée du pouvoir et de la démocratie soutenue par une volonté et une pression politiques sans faille. L&#8217;objectif est d&#8217;arriver, par étapes, à la parité »</em> ? Suivaient six mesures, dont la dernière est sans équivoque  : <em>« Et s&#8217;il faut modifier la Constitution pour introduire des discriminations positives, nous y sommes favorables. »</em> Qui étaient ces dangereuses pasionarias attaquant l&#8217;ordre républicain &#8211; dont on nous dit qu&#8217;il s&#8217;oppose radicalement aux quotas ? Michèle Barzach, Frédérique Bredin, Edith Cresson, Monique Pelletier, Yvette Roudy, Catherine Tasca, Simone Veil&#8230;</p>
<p>En juin 2000, le Parlement instaura un quota de 50 % de femmes pour les élections politiques avec scrutin de liste (Parlement européen, conseils municipaux, conseils régionaux), à l&#8217;unanimité des groupes politiques. Le titre de ce texte est explicite : <em>« Loi tendant à favoriser l&#8217;égal accès des femmes et des hommes&#8230; »</em> Oui, le corpus légal français donne un fondement juridique à la volonté déterminée de construire les instruments qui permettent d&#8217;établir ou de rétablir de l&#8217;égalité. A vrai dire, le législateur n&#8217;avait pas attendu pour intervenir dans un autre domaine : c&#8217;est une loi de&#8230; 1987 qui instaure un quota de 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises de plus de 20 salariés.</p>
<p>A chaque tentative pour faire progresser notre société vers moins d&#8217;inégalités, les mêmes arguments sont utilisés. Le premier consiste à affirmer sans rire que les quotas font baisser le niveau : il n&#8217;y aura jamais assez de gens « capables » pour que l&#8217;ouverture visée puisse s&#8217;accompagner du maintien de ce fameux niveau. Ainsi, l&#8217;instauration de quotas de femmes aurait dû faire baisser le niveau du Parlement européen comme celui de la gestion des villes et des régions en France&#8230; C&#8217;est certainement pour une question de niveau qu&#8217;une bonne partie des internats des lycées préparant aux grandes écoles d&#8217;ingénieurs n&#8217;acceptent pas de jeunes filles.</p>
<p>Le second argument est merveilleusement pervers : les quotas sont « humiliants » pour les personnes qu&#8217;ils concernent ! Si, si, il vaut mieux être discriminé, évincé, écarté, exclu de l&#8217;accès aux postes à responsabilité en politique, dans les entreprises, dans les administrations publiques&#8230; et dans les grandes écoles qu&#8217;être aidé par l&#8217;intervention de l&#8217;Etat. Laissons faire le mouvement naturel&#8230; il creuse l&#8217;inégalité dans le silence de ses victimes.</p>
<p>En réalité, le quota est la mesure qui doit intervenir en dernier recours, lorsque les acteurs de la discrimination concernée ont apporté la preuve réitérée et massive de leur refus obstiné de rétablir l&#8217;égalité par d&#8217;autres moyens. Le quota est un instrument, pas une fi n. Mon espoir est que son usage soit provisoire : le temps, nécessairement long mais cependant limité, que les conditions structurelles dans lesquelles évolue un groupe social assure de façon effective une véritable égalité des chances. Le retour à la non-intervention de l&#8217;Etat est conditionné par la démonstration que les objectifs recherchés sont atteints.</p>
<p>Le quota est aussi un instrument qui peut et doit être évité si la seule menace de son emploi fait bouger les lignes. La Conférence des grandes écoles est pour la diversification sociale du recrutement des élèves, mais contre les quotas &#8211; parce qu&#8217;elle prétend appliquer avec succès et depuis longtemps déjà d&#8217;autres méthodes ? Chiche ! Que le gouvernement désigne un groupe de chercheurs qui examine l&#8217;évolution entre 2000 et 2015 de la sociologie des dix meilleures écoles d&#8217;ingénieurs et de commerce, des trois ENS et de Sciences-Po, ces institutions qui assurent en France l&#8217;accès aux positions-clés dans les entreprises, les médias et l&#8217;administration. La comparaison sera faite avec des filières universitaires comme le droit et la médecine, et les résultats rendus publics chaque année. Et l&#8217;on pourra enfin débattre, à partir d&#8217;une analyse fine, précise, menée sur le temps long.</p>
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		<title>Pourquoi les universités nationales passent en mode international</title>
		<link>http://www.richard-descoings.net/2010/01/09/pourquoi-les-universites-nationales-passent-en-mode-international/</link>
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		<pubDate>Sat, 09 Jan 2010 15:12:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'enseignement supérieur et la recherche]]></category>
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		<description><![CDATA[Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges
La mondialisation a radicalement bousculé les traditions universitaires. Alors que les universités s&#8217;étaient développées partout dans le monde sur un mode national, parfois nationaliste, elles vivent désormais dans la compétition. Et subissent la loi des classements internationaux &#8211; ni plus ni moins que le sport. Comme pour les titres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.challenges.fr/magazine/international/0194.28144/" target="_blank">Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges</a></p>
<p>La mondialisation a radicalement bousculé les traditions universitaires. Alors que les universités s&#8217;étaient développées partout dans le monde sur un mode national, parfois nationaliste, elles vivent désormais dans la compétition. Et subissent la loi des classements internationaux &#8211; ni plus ni moins que le sport. Comme pour les titres olympiques, chacun rêve de faire reconnaître sa discipline, ses règles du jeu, ses héros. Ce culte de la performance n&#8217;est pas pour rien dans la volonté de 33 nouvelles universités françaises de franchir le pas de l&#8217;«autonomie» à partir du 1<sup>er</sup> janvier.</p>
<p>Or, jusqu&#8217;à très récemment, qu&#8217;il s&#8217;agisse de la durée des cycles de formation, la nature mono ou pluridisciplinaire des enseignements, la valorisation des diplômes, le moment de l&#8217;entrée dans le monde du travail et le retour ou non sur les bancs de l&#8217;enseignement supérieur après une première expérience de vie professionnelle, tout différait d&#8217;un pays à l&#8217;autre, d&#8217;un système d&#8217;enseignement supérieur à l&#8217;autre. Et plus encore les conditions faites aux étudiants : l&#8217;accès aux professeurs, les bibliothèques, les logements, les activités sportives et culturelles, l&#8217;aide à l&#8217;insertion différencient autant les établissements que la qualité des enseignements.</p>
<p>Tout a changé. D&#8217;abord, les étudiants qui en ont les moyens, ou plutôt qui ont des parents suffisamment éclairés et fortunés pour leur fournir ces moyens, voyagent, comparent et choisissent. C&#8217;est une infime proportion des étudiants de chaque pays, mais c&#8217;est celle des meilleurs étudiants, ou, plus précisément, celles et ceux qui occuperont plus tard les principaux postes à responsabilités dans les entreprises, les institutions internationales, les grandes ONG, les médias, et même les administrations publiques. Ces étudiants-là, toutes les universités de rang international cherchent à les attirer, y compris en leur proposant des bourses attribuées sur des critères académiques et pas du tout sur des critères sociaux.</p>
<p>Ces étudiants sont recherchés pour une raison de court terme : ils sont les plus passionnants pour les professeurs et placent le métier d&#8217;enseignant parmi les plus captivants qui se puissent imaginer. Pour une raison de moyen terme : les futurs diplômés se feront les hérauts de leur université et constitueront entre eux de solides réseaux d&#8217;amitié et de travail. Pour une raison de long terme enfin : s&#8217;ils réussissent leur vie professionnelle, les anciens auront peut-être la capacité et l&#8217;envie de soutenir financièrement leur aima mater. L&#8217;exigence de qualité exprimée par ces étudiants tire ainsi vers le haut toutes les universités&#8230; qui peuvent suivre. Et la compétition n&#8217;est plus entre écoles d&#8217;ingénieurs ou entre écoles de commerce, ou encore entre universités et grandes écoles; le champ de la compétition n&#8217;est plus «domestique» mais international.</p>
<p>Tout a changé aussi parce que la réussite dans les domaines scientifiques est devenue le thermomètre de la valeur des universités. Or s&#8217;il y a bien une mondialisation réussie, c&#8217;est celle de la communauté scientifique internationale. Les travaux de recherche sont évalués à l&#8217;échelon de la planète pour toutes les grandes sciences et les technologies de pointe. En mathématique, en physique, dans les sciences du vivant, celles du numérique, en économie, les communautés scientifiques se connaissent, s&#8217;évaluent, se rencontrent, débattent. La cote des départements s&#8217;établit et n&#8217;est jamais acquise. Pour les meilleurs professeurs-chercheurs, un marché du travail mondial s&#8217;organise, avec ses spécialités, ses hiérarchies, ses salaires, donc son coût. Pour les découvertes qui se traduisent par des inventions, des brevets se déposent, se défendent, se vendent. Les transferts de technologie ont une origine, un cheminement, une destination.</p>
<p>Et un coût. L&#8217;argent qui va à la recherche universitaire est mobile. Bien sûr, chaque Etat veille sur «ses» universités, «ses» organismes de recherche, «ses» savants. A des degrés bien divers, d&#8217;ailleurs. Mais l&#8217;argent public ne suffit jamais. Les fondations, les entreprises, les particuliers jouent un rôle tout aussi important. Si tel n&#8217;était pas le cas, alors pourquoi reprocherait-on à Pierre Berge d&#8217;avoir lancé une polémique sur le Téléthon ? Ou pourquoi s&#8217;émeut-on de la formidable force de frappe en recherche et développement de Microsoft, Google ou Apple &#8211; qui freine considérablement l&#8217;accès aux marchés qui en découlent ? L&#8217;argent de la recherche va aux meilleurs et seulement aux meilleurs : il est extrêmement concentré &#8211; certains trouvent qu&#8217;il l&#8217;est trop, ne laissant alors pas l&#8217;espace de liberté créatrice nécessaire à toute recherche véritablement novatrice. Mais la dispute ne porte que sur une question de degrés&#8230;</p>
<p>Dans cette compétition inéluctable, les sciences de l&#8217;homme et de la société sont absentes. Celles-là-même qui donnent à réfléchir sur le sens de notre existence, individuelle et collective. Un manque fâcheux.</p>
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