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	<title>Richard Descoings &#187; Libération</title>
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	<description>Le blog de Richard Descoings</description>
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		<title>Diversité, des idées à l’appel &#8211; Libération</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 09:35:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'enseignement supérieur et la recherche]]></category>
		<category><![CDATA[diversité]]></category>
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		<description><![CDATA[Lire aussi l&#8217;article complet dans Libération
Zoom sur quatre des cent propositions pour une République multiculturelle et postraciale.
Cent propositions pour que la République rassemble et respecte mieux toutes les composantes de sa population. Voilà ce que proposent des chercheurs, des historiens, des artistes et des politiques de tous bords pour que la France bleu-blanc-rouge ajoute des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.liberation.fr/societe/0101616130-diversite-des-idees-a-l-appel" target="_blank">Lire aussi l&#8217;article complet dans Libération</a></h3>
<blockquote><p><strong>Zoom sur quatre des cent propositions pour une République multiculturelle et postraciale.</strong><br />
Cent propositions pour que la République rassemble et respecte mieux toutes les composantes de sa population. Voilà ce que proposent des chercheurs, des historiens, des artistes et des politiques de tous bords pour que la France bleu-blanc-rouge ajoute des couleurs à son drapeau. Ces propositions font suite à l’appel lancé le 20 janvier, date anniversaire de l’investiture de Barack Obama, pour une République multiculturelle et postraciale, édité dans un livret distribué avec la revue<em>Respect Mag.</em> Les signataires de l’appel (lire ci-dessous) réunissaient hier à Paris les rédacteurs de ces propositions. Parmi ces 100 idées qui rappellent des droits essentiels, des lois votées mais jamais appliquées, des leviers économiques qui tardent à montrer leurs effets, <em>Libération </em>en a choisi quatre emblématiques des conflits entre les besoins d’équité et la réalité de la Constitution, et a demandé à des experts la faisabilité de ces idées.</p>
<h3><strong>Contrôles d’identité </strong></h3>
<p>La proposition de Suzanne Bellnoun, membre du Cran (Conseil représentatif des associations noires), s’appuie sur l’étude du sociologue Fabien Jobard. Lors d’une enquête commandée par l’institut américain Open Society, il a démontré que les forces de l’ordre ciblaient lors des contrôles d’identité 6 à 8 fois plus <em>«les Noirs et les Arabes»</em> dans des lieux de passage, tels que les Halles et la gare du Nord à Paris. D’autre part, dans les quartiers populaires, les jeunes se plaignent souvent d’être contrôlés plusieurs fois dans la même journée. Suzanne Bellnoun propose donc <em>«que le citoyen contrôlé reçoive obligatoirement une attestation où figurent le matricule du policier et le motif du contrôle. Ceux s’estimant harcelés pourraient désormais le prouver. Les policiers aux pratiques abusives seraient identifiés et rappelés à l’ordre, afin que leurs dérives ne jettent pas le discrédit sur toute l’institution policière».</em> Pour Yannick Danio, du syndicat Union SGP-Unité Police, classé à gauche, ce dispositif serait difficile à mettre en place, représenterait une lourdeur administrative supplémentaire et retarderait la police dans sa mission : <em>«Il existe de toute façon déjà un moyen de pouvoir savoir si la personne a déjà été contrôlée, </em>assure le syndicaliste, <em>puisque, quand un contrôle d’identité est bien fait, le nom de la personne est passé au fichier pour savoir si elle est recherchée. Si un citoyen s’estime harcelé, il lui suffit de saisir la Commission nationale de l’informatique et des libertés [Cnil, ndlr], puis le procureur.»</em> Du côté du syndicat Alliance, classé à droite, le discours est le même, la police française est, selon lui, la plus contrôlée du monde démocratique : «<em>Il y a tout un système déjà existant pour contrôler l’activité policière : l’Inspection générale des services, les magistrats, la Halde [Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, ndlr], la CNDS [Commission nationale de déontologie de la sécurité].</em><em>Ce n’est pas au citoyen lambda de contrôler le policier. C’est même dangereux, cela fait peser sur le policier une suspicion permanente et cela va démobiliser les policiers.</em>» Aux citoyens les lourdeurs administratives et aux policiers la tranquillité de contrôler.</p>
<h3><strong>La banlieue au Sénat</strong></h3>
<p>Pour <em>«réconcilier l’identité républicaine et la pluralité»,</em> Benoît Thieulin, directeur général et cofondateur de la Netscouade, propose de faire entrer des élus des banlieues au Sénat : <em>«Depuis la III<sup>e</sup> République, </em>écrit-il, <em>le Sénat avait pour but de préserver le poids d’une France rurale qui aurait pu être le parent pauvre d’une représentation démocratique dans une République qui s’urbanisait.»</em> Selon lui, il y a pire aujourd’hui : les banlieues. <em>«Alors pourquoi ne pas réfléchir à un moyen de surreprésenter ces territoires et ces populations mal défendues dans nos institutions ? Une mesure constituerait à attribuer 30 postes de sénateurs pour représenter ces zones, non plus par l’élection mais par tirage au sort sur les listes électorales des banlieues. La stochocratie inventée par les Grecs paraît étrangère à notre culture démocratique. Pas tant que ça : sait-on que ceux &laquo;&nbsp;qui rendent justice au nom du peuple&nbsp;&raquo;</em> [les jurés des assises, ndlr] <em>sont désignés par le même mécanisme.»</em> Pour Guy Carcassonne, spécialiste du droit constitutionnel, il faudrait une révision de la Constitution, car elle stipule que le Sénat est élu au suffrage indirect, donc si on change le mode d’élection, il faut que cela passe par une révision des textes : <em>«De plus,</em> poursuit-il, j<em>e ne suis sûr pas que ce soit envisageable, car il faut l’accord du Sénat, et ce dernier est conservateur de toute façon.» </em>Pierre Brunet, professeur de droit public à l’université Paris-Ouest-Nanterre, est moins catégorique devant cette idée <em>«infernale pavée de bonnes intentions et qui soulève un très grand nombre de difficultés juridiques,</em><em>mais le droit est chose qui se change».</em> La proposition de Benoît Thieulin lui semble inspirée de l’article 24 de la Constitution : le Sénat assure la représentation des collectivités territoriales de la République. «<em>Si on peut identifier facilement les Français établis hors de France ou dans les campagnes,</em> demande Pierre Brunet, <em>comment identifier les Français des banlieues ? </em><em>La proposition parle de &laquo;&nbsp;populations&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;territoires&nbsp;&raquo;</em>, <em>mais l’un et l’autre sont juridiquement non définis, et on voit mal comment opérer une distinction entre les banlieues et les autres (Le Vésinet et Sarcelles, par exemple), si ce n’est en prenant le risque de distinguer les </em><em>&laquo;&nbsp;populations&nbsp;&raquo;</em><em> en fonction de leur origine. On violerait alors l’article 1 de la Constitution, qui interdit à la loi de distinguer selon le critère de l’origine, de la race et de la religion, et ce au nom de l’égalité entre les citoyens français, ce qui ne veut pas pour autant dire uniformité.»</em> Quant au tirage au sort ? «<em>La démocratie grecque n’est plus la nôtre depuis bien longtemps. La nôtre est représentative depuis 1789. On pourrait changer les choses. Mais si le changement ne devait concerner que les sénateurs de banlieues, il y aurait là aussi un risque de violation du principe d’égalité…»</em></p>
<h3><strong>Profil des journalistes</strong></h3>
<p>Nordine Nabili, directeur de l’école supérieure de journalisme (ESJ) de Bondy, propose de généraliser l’expérience qu’il mène depuis la rentrée en Seine-Saint-Denis pour changer le profil des médias : «<em>Parce qu’ils parlent à tout le monde, les journalistes doivent être représentatifs de la diversité de la société française. Malheureusement, la sélection à l’entrée des écoles de journalisme fonctionne comme un plafond de verre. L’ESJ Lille et le Bondy Blog ont créé une classe préparatoire aux concours des écoles de journalisme ouvertes à des jeunes diplômés de l’université, issus de familles à revenus modestes</em>.» Edith Rémond, de l’Institut de journalisme de Bordeaux (IJBA), une des treize écoles de journalisme conventionnées et une des rares à ouvrir leur recrutement dans les DOM-TOM, regrette déjà la multiplication des classes préparatoires privées pour les écoles de journalisme : «<em>C’est une calamité absolue pour nous</em>, tranche-t-elle. <em>Leurs étudiants sont des bêtes de concours mais pas forcément les candidats qu’on cherche, puisqu’on veut des gens avec des cursus atypiques, des centres d’intérêts véritables qu’ils veulent mettre au service de la profession</em>.» Anciennement institut universitaire de technologie (IUT), l’IJBA avait la possibilité de recruter des profils différents grâce à son année spéciale, mais celle-ci a été supprimée en 2006, et aujourd’hui en recrutant après la licence, Edith Rémond déplore que l’université ait déjà fait son écrémage. L’enseignante trouve également que les médias ont beau jeu de reprocher aux écoles de journalisme leurs difficultés à s’ouvrir à la diversité et de leur faire porter toutes les difficultés d’emploi d’un secteur : «<em>Je suis obligée de constater qu’après les stages les entreprises fidélisent et sédentarisent les étudiants les plus lisses, les plus conformes à leur image. Ils jouent la sécurité et choisissent des gens qui leur ressemblent.»</em></p>
<h3><strong>Une diplomatie représentative</strong></h3>
<p>Pascal Boniface, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), fait un parallèle entre l’image donnée par les Bleus et celles de nos diplomates à l’étranger. «<em>Equipe de France de football : 11 places. Ambassades françaises : 166. Les représentants de ce qu’on appelle la diversité sont plus nombreux dans la première que dans les secondes. Où est l’erreur ? Il faut une démarche volontariste d’ouverture en réservant un pourcentage des postes d’ambassadeur qui soient attribués aux éléments brillants des membres de la diversité qui ont déjà réussi dans la société civile.</em>» Au ministère des Affaires étrangères, son porte-parole Bernard Valero invite Pascal Boniface à consulter l’annuaire diplomatique car, selon lui, la diversité y est déjà une réalité et d’ajouter : «<em>Si on veut avoir une politique volontariste, il faut changer les règles de la fonction publique</em>.» Au ministère du Budget, on dit déjà s’y employer tout en rappelant que les ambassadeurs sont nommés en Conseil des ministres : <em>«1 000</em> <em>allocations de 2 000 euros sont attribuées tous les ans,</em> soutient Pierre-Antoine Lachal<em>, du cabinet d’Eric Woerth, pour aider les plus défavorisés à préparer les concours. Des classes préparatoires intégrées à l’ENA, à l’Ecole des finances et des douanes ont été mises en place. De plus, nous titularisons des étudiants en alternance dans la fonction publique.</em>»</p>
<p>par <a href="http://www.liberation.fr/societe/0101616130-diversite-des-idees-a-l-appel">Stéphanie Binet, Libération</a></p></blockquote>
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		<title>Un nouveau mag pour le Grand Paris</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 10:56:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans les médias]]></category>
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		<category><![CDATA[megalopolis]]></category>

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		<description><![CDATA[Lire l&#8217;intégralité de l&#8217;article dans Libération.
Alors que Huchon, Delanoë et Blanc se disputent sur la définition du futur Grand Paris, des jeunes journalistes diplômés de l&#8217;école de journalisme de Sciences Po lancent un magazine sur la métropole.
Un nouveau magazine intitulé «Megalopolis, le journal du très Grand Paris» sortira dans les kiosques et librairies d’Ile-de-France le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.liberation.fr/medias/0101613217-un-nouveau-mag-pour-le-grand-paris" target="_blank">Lire l&#8217;intégralité de l&#8217;article dans Libération.</a></h3>
<blockquote><p><strong>Alors que Huchon, Delanoë et Blanc se disputent sur la définition du futur Grand Paris, des jeunes journalistes diplômés de l&#8217;école de journalisme de Sciences Po lancent un magazine sur la métropole.</strong></p>
<p>Un nouveau magazine intitulé <a href="http://www.megalopolismag.com/" target="_blank">«Megalopolis, le journal du très Grand Paris» </a>sortira dans les kiosques et librairies d’Ile-de-France le 15 février.</p>
<p>Au départ bimestriel, ce magazine grand format de 48 pages sur papier recyclé, qui fait une large place à la photo, doit devenir mensuel à partir de septembre.</p>
<p>Conçu par une dizaine de diplômés de l’école de journalisme de Sciences Po Paris pour qui <em>«la presse écrite est un secteur viable dès lors qu’elle propose un contenu original»</em>, il veut accompagner l’émergence du Grand Paris au travers de sujets de société, de politique ou encore de sports et culture.</p>
<p><em>«Paris doit s’agrandir, il s’agit de repenser toutes les questions à l’échelle métropolitaine»,</em> a expliqué à l’AFP Marina Bellot, directrice de publication du magazine créé en association avec Christian Fevret, fondateur et directeur des Inrockuptibles.</p>
<p><em><a href="http://www.liberation.fr/medias/0101613217-un-nouveau-mag-pour-le-grand-paris" target="_blank">Lire la suite</a></em></p></blockquote>
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		<title>«Cela va rendre la filière S moins élitiste»</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 17:17:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans les médias]]></category>
		<category><![CDATA[Libération]]></category>
		<category><![CDATA[Luc Chatel]]></category>
		<category><![CDATA[Lycée]]></category>
		<category><![CDATA[réforme]]></category>

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		<description><![CDATA[Lire aussi l&#8217;intégralité de mon interview dans Libération
La suppression de l’histoire en terminale S suscite de vives réactions. Etes-vous pour ?
Aujourd’hui, au bac S, l’histoire représente un coefficient 3 sur un total de 36. Pour optimiser leurs chances d’obtenir leur bac, les élèves des sections S se focalisent sur les matières aux plus gros coefficients (maths, science physique…) et ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.liberation.fr/societe/0101607348-cela-va-rendre-la-filiere-s-moins-elitiste">Lire aussi l&#8217;intégralité de mon interview dans Libération</a><strong></strong></h3>
<blockquote><p><strong>La suppression de l’histoire en terminale S suscite de vives réactions. Etes-vous pour ?</strong><br />
Aujourd’hui, au bac S, l’histoire représente un coefficient 3 sur un total de 36. Pour optimiser leurs chances d’obtenir leur bac, les élèves des sections S se focalisent sur les matières aux plus gros coefficients (maths, science physique…) et ont tendance à délaisser l’histoire, qui n’est pas considérée comme une discipline stratégique pour réussir ses examens. En mettant l’épreuve d’histoire en fin de première S, on incite les élèves à travailler davantage cette matière, à se l’approprier, pour capitaliser des points d’avance, comme ils le font déjà pour le français. Je suis donc favorable à cette réforme. Je pense que loin de pénaliser l’histoire, elle va au contraire renforcer l’intérêt des lycéens de la filière S pour cette matière.</p>
<p><strong>Pourtant, de nombreux professeurs d’histoire, même à Sciences-Po, sont vent debout contre cette réforme…</strong></p>
<p>C’est une réaction de gens tout à fait sincères et très attachés à leur discipline. Mais je crois qu’ils n’ont pas pris la mesure des dérives qui sont à l’œuvre au lycée depuis une bonne dizaine d’années. A leur époque, on pouvait être un très bon élève et choisir une filière littéraire. Aujourd’hui, les meilleurs élèves optent pour la section S, les élèves un peu moins bon vont en ES et les plus faibles sont orientés en L. Tout le monde admet que la série S est davantage une filière généraliste élitiste qu’une filière scientifique.</p>
<p><strong>En quoi la suppression de l’histoire en terminale S va-t-elle modifier la donne ?</strong><br />
Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une réforme beaucoup plus vaste qui vise à rendre plus généraliste la classe de première en facilitant les réorientations sans redoublement et à rééquilibrer les séries. Si on veut que la série L retrouve une attractivité, il faut cesser de faire de la série S une filière généraliste élitiste qui mène à tout. Dans un souci d’équité et de rééquilibrage entre tous les baccalauréats, à Sciences-Po, nous avons décidé d’instituer dès 2010 au concours d’entrée une épreuve de littérature pour les bacheliers L, une épreuve d’économie pour les ES et une épreuve de maths pour les S.</p></blockquote>
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		<title>«Comme un ennemi dans sa propre République»</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 08:53:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
		<category><![CDATA[algérie]]></category>
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		<category><![CDATA[Libération]]></category>

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		<description><![CDATA[Lire l&#8217;article de Libération en intégralité ici (accès payant)
C’est un billet d’humeur d’un jeune Français qui s’appelle Anyss Arbib, étudiant en quatrième année à Sciences-Po Paris et habitant Bondy, en Seine-Saint-Denis, dans l’une de ces banlieues dites «sensibles». Sur sa page Facebook, il a intitulé son texte «Au cœur d’une guerre franco-française». Ce qui en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.liberation.fr/societe/0101604736-comme-un-ennemi-dans-sa-propre-republique" target="_blank">Lire l&#8217;article de Libération en intégralité ici (accès payant)</a><strong></strong></h3>
<blockquote><p>C’est un billet d’humeur d’un jeune Français qui s’appelle Anyss Arbib, étudiant en quatrième année à Sciences-Po Paris et habitant Bondy, en Seine-Saint-Denis, dans l’une de ces banlieues dites «sensibles». Sur sa page Facebook, il a intitulé son texte «Au cœur d’une guerre franco-française». Ce qui en dit long sur le ressenti de cet étudiant témoin de <em>«violences policières aveugles»,</em> à l’encontre de Français issus de l’immigration le soir de la qualification de l’Algérie aux dépens de l’Egypte pour la Coupe du monde de football en Afrique du Sud. Lui-même et son ami se sont fait copieusement asperger de gaz lacrymogène par un CRS, geste accompagné d’insultes xénophobes : <em>«Dégage, sale Arabe !»</em> Sur sa page, il écrit : <em>«Je ne pouvais même pas lui répondre que j’étais au moins autant français que lui, la menace physique et l’impunité étant bien trop grandes. Mon honneur, mes valeurs et mes certitudes sous le coude, je rentrais chez moi blessé… par la nation. Blessé dans une guerre franco-française qui, malheureusement, semble être banalisée»</em>. <a href="http://www.liberation.fr/societe/0101604736-comme-un-ennemi-dans-sa-propre-republique">Voici le témoignage qu’il a livré à </a><em><a href="http://www.liberation.fr/societe/0101604736-comme-un-ennemi-dans-sa-propre-republique">Libération</a>.</em></p>
<p><strong>«Terreur».</strong> «Mercredi soir, quand l’Algérie se qualifie, en banlieue, il y a des explosions de joie. Moi, je suis français issu de l’immigration marocaine. J’ai un ami d’origine algérienne qui me dit : <em>&laquo;&nbsp;Viens, pour une fois, on va aller fêter ça à Paris.&nbsp;&raquo;</em> On monte dans sa voiture immatriculée 93 (le département de Seine-Saint-Denis). Des milliers d’autres personnes ont eu la même idée. Sur le périphérique, le trafic est bloqué. Des gens descendent de leur véhicule et agitent des drapeaux algériens. On finit par rejoindre l’Arc de triomphe et les Champs-Elysées. Quand on arrive, c’est calme. Mais, dix minutes plus tard, ça commence à dégénérer. Des jeunes lancent des bouteilles et des pétards sur les forces de l’ordre. Les habituels casseurs profitent des circonstances pour briser des vitrines et se livrer à des larcins. J’en vois certains courir avec des costumes dans les mains. Les forces de l’ordre répliquent. Ce qui est normal. Là on se dit : <em>&laquo;&nbsp;Stop ! On rentre.&nbsp;&raquo;</em> On retourne en voiture vers la Porte Maillot. Avant de prendre le périphérique pour rentrer à Bondy, on stationne sur le bas-côté pour attendre le frère de mon ami, qui se trouve dans une autre voiture avec un copain. On s’est appelé sur les portables. Des CRS sont présents, mais tout se passe bien jusque-là. D’autres automobilistes arrivent, et stationnent. Ils sont comme nous : ils sont partis en groupe et veulent rentrer en groupe. Comme nous, ils ont quitté les Champs-Elysées parce qu’ils ne veulent pas être mêlés aux violences. Certains descendent de voiture pour fumer une cigarette. Il est autour de 0 h 30. Là arrivent d’autres cars de CRS. Des hommes descendent et commencent à donner des coups de matraque à toute personne en dehors de sa voiture. Ils cognent sans raison et sans aucun ménagement sur des gens qui n’ont rien à se reprocher. Ils instaurent un climat de terreur. La logique est manifestement de faire peur à tout le monde. Plus ils arrivent nombreux et plus ils sont violents. Un père de famille debout devant son véhicule se prend un grand coup de matraque sur le flanc. Il repousse le CRS. Et là, à plusieurs, ils se mettent à le matraquer. Ils agissent avec beaucoup de vulgarité. Ils disent aux gens <em>&laquo;&nbsp;dégage&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;casse-toi &laquo;&nbsp;,</em> au lieu de dire <em>&laquo;&nbsp;partez&nbsp;&raquo;. </em>A un moment, on assiste à une scène hallucinante : une BMW arrive des Champs coursée par des policiers en civil. Je suppose que le conducteur avait commis quelque chose. Porte Maillot, la voiture est obligée de ralentir. Un policier parvient à ouvrir la porte avant. Le conducteur perd le contrôle et emboutit deux autres automobiles. Ils sortent le jeune de son véhicule et commencent à le rouer de coup sans retenue. Ils ont cessé lorsque des témoins se sont mis à crier : <em>&laquo;&nbsp;Arrêtez, vous allez le tuer !&nbsp;&raquo; </em>Je considère qu’il est du devoir de la police d’arrêter des gens qui ont commis un délit. Mais pas avec un tel déchaînement de violence.</p>
<p><strong>«Révoltant».</strong> «Peu après, la voiture dans laquelle se trouve le frère de mon ami arrive. On décide de partir. A ce moment-là, on voit un CRS fracasser le nez d’un jeune d’un coup de matraque net et précis. On regarde, atterrés. Un CRS s’approche de notre voiture, tape du poing sur la tôle et lance: <em>&laquo;&nbsp;Qu’est-ce que tu regardes ? Dégage, dégage !&nbsp;&raquo;</em> Je commence à trouver cela révoltant. J’ai l’impression que nous ne sommes plus dans un Etat de droit. On est livrés à une police qui agit comme elle le veut, qui déploie une violence incroyable sans légitimité. Porte Maillot, il n’y a pas de casseurs. Au policier qui me demandait ce que je regardais, je lui réponds : <em>&laquo;&nbsp;Je regarde devant moi, je connais mes droits, je suis étudiant à Sciences-Po.&nbsp;&raquo;</em> Réponse : <em>&laquo;&nbsp;J’emmerde Sciences-Po !&nbsp;&raquo;</em> Je lui fais observer que je suis poli avec lui et qu’il n’a pas à utiliser un tel langage. Il coupe court : <em>&laquo;&nbsp;Ferme ta gueule.&nbsp;&raquo;</em> Son collègue me pulvérise sur le visage un gel lacrymogène. C’est la première fois que cela m’arrive. C’est une agression gratuite. Un geste injustifiable. Je n’arrive plus à respirer. Je sors de la voiture, je m’allonge par terre. J’ai la sensation d’agoniser en étouffant. Mon ami est dans le même état. Quand je reprends mes esprits, j’essaie d’avoir des explications. On me dit : <em>&laquo;&nbsp;Dégage, sale Arabe !&nbsp;&raquo;</em> Après coup, mes copains m’ont dit : <em>&laquo;&nbsp;Sciences-Po ou pas, tu restes un Arabe !&nbsp;&raquo;</em> Ce soir-là, j’ai eu l’impression que la police agissait en se disant : <em>&laquo;&nbsp;Ils nous ont fait chier sur les Champs-Elysées, on va les castagner avant qu’ils ne rentrent, pour marquer les esprits.&nbsp;&raquo;</em> Quand il y a des manifestations de ce type, on se retrouve identifié comme un ennemi dans sa propre République. Or les seuls points communs entre un casseur et moi, c’est qu’on est tous les deux français et qu’on a tous les deux le teint bronzé. A part ça, je n’ai pas plus de point commun avec lui qu’avec quelqu’un qui promène son chien avenue Foch. Je ne suis pas dans la victimisation. Je me suis toujours battu pour atteindre mes objectifs en utilisant l’offre qui est faite à tout citoyen. Je veux juste témoigner des dérives auxquelles j’ai assisté. Des gens se sont battus pour avoir des droits dans ce pays, je ne veux pas que, plus tard, mes enfants subissent encore ce genre d’injustices.»</p>
<p><small>Par <strong>TONINO SERAFINI</strong></small></p></blockquote>
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