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	<title>Richard Descoings &#187; pantin</title>
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	<description>Le blog de Richard Descoings</description>
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		<title>18 professeurs des Ecoles pour une seule classe en deux années scolaires &#8211; Challenges</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 05:15:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Richard Descoings</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sciences Po]]></category>
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		<description><![CDATA[Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges
Des parents  excédés: leurs enfants en cours préparatoires et en cours élémentaires  ont vu se succéder 18 professeurs des Ecoles en deux années scolaires.  Comment a priori ne pas les comprendre? Mais regardons les choses plus  en profondeur.
C’est dans  la ville de Pantin en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.challenges.fr/index.php">Chronique publiée initialement dans le magazine Challenges</a></p>
<p>Des parents  excédés: leurs enfants en cours préparatoires et en cours élémentaires  ont vu se succéder 18 professeurs des Ecoles en deux années scolaires.  Comment a priori ne pas les comprendre? Mais regardons les choses plus  en profondeur.</p>
<p>C’est dans  la ville de Pantin en Seine-Saint-Denis. Des parents emmenés par la  FCPE, association de parents d’élèves habituellement considérée  comme proche de la gauche mais qui rassemble largement, décide de « porter  plainte » contre le Ministre de l’Education Nationale. Plus exactement,  ils menacent de déposer un recours devant le tribunal administratif  mettant en cause une défaillance de l’Etat dans la continuité qu’il  se doit d’assurer du service public de l’enseignement. Qu’en penser ?</p>
<p>Du point de  vue juridique, tout d’abord, il appartient à l’Etat de mettre en  œuvre cette loi fondamentale du service public qu’est sa continuité.  À l’Education nationale, c’est d’ailleurs la contrepartie de  l’obligation scolaire. Dans cette optique, un service minimum en cas  de grève a été institué qui consiste en l’obligation pour les  communes d’accueillir les enfants des écoles maternelles et à l’écoles  élémentaires lorsque leurs enseignants cessent de travailler.</p>
<p>Les reproches  les plus fréquemment faits aux services de l’Education Nationale  concernent l’absence de remplacement des professeurs hors situation  de grève. Lorsqu’il est saisi, le juge administratif examine les  affaires au cas par cas et avec prudence. Il s’efforce de prendre  en considération à la fois la durée des absences non remplacées,  les mesures prises par l’administration pour pourvoir aux remplacements  nécessaires et, enfin, les conséquences pour les enfants d’absences  répétées ou trop nombreuses.</p>
<p>La situation  de l’Ecole Joliot-Curie à Pantin semble bien différente. L’un  des parents auteurs du recours indique que sa fille s’est trouvée  placée en face de «18 maîtres ou maîtresses différentes entre son  année de CP et son année de CE1 » et a manqué 13 jours de classe  sur les six derniers mois. » Ce même parent assure que, par ailleurs,  il demande à la juridiction administrative de réparer le préjudice  subi par sa fille du fait des heures qui ne seraient pas rattrapées,  au besoin sous la forme d’une somme d’argent correspondant au coût  des cours qu’il devait faire assurer à domicile.</p>
<p>La situation  de l’Ecole Joliot-Curie est extrême et heureusement peu fréquente.  C’est en effet rarement dans le premier degré que les problèmes  de remplacement se posent avec le plus d’acuité mais bien plutôt  au collège et dans une moindre mesure au lycée.</p>
<p>Que peut-on  ou doit-on reprocher au service public dans cette affaire précise ?  Pas de n’avoir rien fait et ni d’avoir failli à trouver des remplaçants :  sinon, il n’y aurait pas eu une succession de « 18 maîtres ou maîtresses  d’Ecole ». Il y a eu au contraire une sorte de « trop-plein » ou plus  exactement une vitesse de rotation des enseignants radicalement excessive.</p>
<p>Pourquoi des  enseignants qui ont été trouvés et affectés par l’inspection  d’académie restent-ils si peu de temps dans un même établissement ?</p>
<p>On pointe là  l’un des problèmes qui vaut pour la Seine-Saint-Denis: celle-ci accueille  les tout nouveaux et tout jeunes professeurs des Ecoles, en très grande  majorité des femmes et le nombre de congés pour maternité est évidemment  élevé. Cela s’est vérifié à l’Ecole Joliot-Curie où plusieurs  congés de maternité se sont succédés. Ils ont été combinés à  un congé maladie et à la situation d’une classe où l’enseignant  principal est à temps partiel –un droit statutaire- et où la classe  se trouve donc assurée par deux maîtres sur une même semaine.</p>
<p>Pourquoi trouve-t-on  essentiellement des professeurs avec peu d’expérience dans un département  réputé difficile? Parce que l’affectation des enseignants se fait  dans les différents établissements essentiellement à l’ancienneté,  ce à quoi les organisations syndicales veillent avec une particulière  acuité. Les plus jeunes et les moins expérimentés sont affectés  là où des postes sont laissés vacants par des enseignants à peine  plus anciens.</p>
<p>Un deuxième  point mérite d’être souligné. Un parent en colère, élu FCPE,  demande à l’Etat que lui soit directement versé de l’argent pour  rémunérer des petits cours à domicile ou des entreprises de soutien  scolaire qui développent leur activité parallèlement à l’Education  Nationale. L’idée est séduisante. Est-elle le signal d’un mouvement  plus large? Si la juridiction administrative suivait la demande du requérant,  les parents pourraient faire financer par l’Etat les précepteurs  à domicile et ce que certains enseignants nomment pour exprimer leur  hostilité, « officines privées » , mais dont l’attractivité auprès  des parents s’accroît d’année en année.</p>
<p>Une dernière  réflexion: cette affaire est un signe supplémentaire de la « judiciarisation »  des rapports sociaux : l’appel au juge devient une tactique, parfois  une manie qui enferme les parties dans une procédure contentieuse là  où la meilleure justice serait, à mon sens, la justice de paix.</p>
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